‹ La révolution de 1830: et le véritable parti républicain, exposé du plan de ce parti en juilletChapitre 5 sur 50 · MESSIEURS DU CONGRÈS · texte numérisé non relu

MESSIEURS DU CONGRÈS

«La séance du congrès belge du 19 confirme « toutes les tristes prévisions que contenait notre « correspondance. MM. Seron et Pirson ont fait » entendre les* véritables accens de la raison et du «patriotisme; mais tout annonce que ce sera « vainement. Les doctrinaires sont nombreux « dans Je congrès; plus nombreux peut-être les «Basiles, qui, sans écouter les raisons des amis « de la liberté , pèsent avec délices les argumens « irrésistibles des rois. Voilà qui est dégoûtant. « Voici qui est ridicule. La veille, plusieurs dé- « pûtes ont parlé avec assurance du secours que « prêterait à la Belgique le peuple français , du

c tèle avec lequel on verrait accourir pour la dé» « fendre notre garde nationale et l'élite de nos € jeunes gens. En vérité , ceci est trop fort. Sans

• doute les Français patriotes exposeraient avec « joie leur vie pour les patriotes belges. Us l'ont « déjà prouvé. Mais que nous allions nous foire « tuer pour soutenir les oppresseurs de ces mêmes «patriotes, c'est, je pense, ce que personne ne « peut croire. Il serait vraiment curieux de nous « voir combattre pour la royauté républicaine de «M. le prince d'Orange, pour le sceptre libéral « de M. Charles d'Autriche, ou pour M. de Mérode, « roi constitutionnel ! Encore quelques séances « comme celle du 19, et Messieurs du congrès « n'auront plus pour eux en France que Messieurs c de la Chambre. Alors nous leur conseillons de « ne plus songer à lutter contre la Sainte-ÀHianctey « et de reprendre tout de suite le roi Guillaume ; « sans donner la peine au généralissime Wellington «de venir le restaurer. La monarchie du roi Guil» « laume n'était-elle pas constitutionnelle ? Ne ga» « rantissait-elle pas la tranquillité publique et la « prospérité du commerce? Les pavés sauglans de

* Bruxelles , l'entrepôt vide et fumant d'Anvers ne « prouvent rien contre Ut stabilité de ces garanties. « C'est la faute des révolutionnaires , des hommes <t à utopies , et non de la bonne loi fondamentale , « ni du bon M. Van Maanen. »

28 Novembre 1830.

LA 91LCIQUE.

«Nos abonnés auront sans doute donné une «attention particulière à la séance du congrès « belge , publiée dans notre numéro d'hier ; mais ce il est nécessaire de nous y arrêter un moment. « Une circonstance nous avait paru si grave, que « nous n'avions pas voulu la rapporter. Nous at- « tendions le Moniteur de ce matin. Le Moniteur «est resté muet; et un autre journal parle de « cette circonstance en approuvant notre cabinet. « Nous ne pouvons plus nous taire*

«La décision du congrès était presque aussi « importante pour la France que pour la Belgique, a De quoi s'agissait-il en effet? De savoir si, par « l'exclusion ou par l'adoption des Nassau , quatre « millions de Belges seraient pour nous ou contre « nous dans la grande lutte qui se prépare ; si vingt « forteresses du premier rang nous serviraient de «défense ou deviendraient le point d'appui des «alliés dans leurs attaques contre nous. Cette «séance a été suspendue pour entendrç, en comité « secret, des envoyés étrangers; parmi ces envoyés « se trouvait M. Langsdorff. Eh bien ! qu'allait-il

« demander au nom de notre gouvernement? On « ose à peine le croire, on ne peut le dire que la « honte sur le front et l'indignation dans lame, « il allait demander de donner à nos ennemis ces « vingt forteresses , ces quatre millions d'hommes.

« Supposez qu'un général français, établi sur « les rives de l'Escaut, pliât bagage avant même « le premier coup de canon , évacuât la Belgique « et vînt établir ses drapeaux sous les murs de « Lille, quel nom lui donneriez-vous? Quelle ce peine lui appliquerait le conseil de guerre le plus a indulgent ? V oilà cependant ce qu'a voulu faire « le ministère français.

« Il a cru par là prévenir la guerre , dira-t-on. « C'est possible; je le crois même : l'idée de trace hison est si horrible, qu'on recule devant les apa parences les plus fortes. Mais voici tout à l'heure « quatre mois que ,pour prévenir la guerre , on nous « ôte peu à peu tous les moyens de la soutenir ; « et cela malgré nos avertissemens sans cesse re- « nouvelés, malgré nos prédictions sans cesse accc complies. Lorsque, dans les derniers j ours de ce juillet, nous demandions la liberté, la manifes- « tation légale du vœu public , une véritable reee présentation nationale , on nous répondit que, ce pour prévenir la guerre, il fallait nous contenter « des libertés doctrinaires , et de la Chambre de « Charles X. Nous eûmes beau soutenir que la H-

«bërté, en faisant insurger à Fins tant tous les c< peuples, pouvait seule empêcher les rois de «r nous attaquer. Bientôt on vit le seul bruit de « nos grandes journées exciter partout des mouce vemens , et on put facilement juger que si la « France avait suivi une autre route, ces mouve- <r mens seraient devenus des révolutions.

« Lorsque nous exposâmes toute l'imprudence <r qu'il y avait à poursuivre, à injurier la partie « énergique delà nation qui pouvait donner des <r volontaires à la patrie , lorsque nous voulûmes « engager à recevoir au moins les volontaires que « tant de fautes n'auraient pas dégoûtés, on notis réor pondit que des anarchistes seuls pouvaient croire a à la guerre, que le seul moyen de la rendre pos- « sible serait de faire des arméniens. Pendant ce « temps les rois armaient de toutes parts.

« Lorsque nous cmnes que, pour donner au gouvernement l'appui des masses, pour conserver « quelques chances de voir la population s'armer «contre l'ennemi, et faire une guerre nationale, « il était urgent de donner au plus grand nombre « des citoyens quelque participation aux affaires « publiques, de promulguer, au moins provisoirece ment, les lois électorales de 91 , on nous répon- « dit que des mesures si favorables au peuple in- « disposeraient les rois , et que , pour prévenir la

* guerre } il fallait bien se garder de les rappeler*

ce Enfin (car il serait trop long de continuer au* « jourd'hui le parallèle des dire de la Tribune et « du pouvoir, nous y reviendrons plus tard), en- « fin , lorsqu'on se courrouça grandement contre «t quelques réunions patriotiques ; lorsqu'on pré- « tendit qu'elles pouvaient déplaire aux ennemis, « et que , pour prévenir la guerre, il fallait ieà dis- «aoudre; lorsqu'on arma contre elles M. Persil, « M. Benjamin Mord et les fabricant de chapeaux

* de paille , nous soutînmes que la guerre étant « inévitable députe le 7 août , à moins qu'on ne « Voulût rapporter aux Tuileries Charles X et le

* drapeau blanc , il y aurait de la prudence à ne « pas sacrifier aux rois des réunions qui ne leur « étaient désagréables que parce qu'elles pouvaient « servir à préparer la défense du territoire fran- « çais.

« Du reste , nous engageâmes ceux qui les com- « posaient, et dont quelques-uns étaient nos amis, « à Se garder avec soin de tout ce que le ministère «pourrait faire considérer comme ayant entravé « Sa marche ; nous leur conseillâmes de lui laisser « toute entière la responsabilité des malheurs qu'il « attirait sur le pays , et de l'attendre au moment > «trop prochain s'il ne changeait pas de système *

* où il viendrait nous prier de le défendre contre

t la guerre civile et la guerre étrangère , que ses

«fautes auraient amenées (i).

(i) Un des grands reproches adressés à la Tribune de cette époque A été d'avoir défendu la société des Amis du Peuple. Ces reproches tnt touchaient peu. Mais je ne pouvais ma dissimule* qu'au ffiiMeu des calomnies répandues par le ministère contra cette société , prendre sa défense ne pût nuire au journal, et par Conséquent au parti patriote dont il était alors le seul organe ; je craignais même , ce qui était encore bien plus capable de me faire 1 hésiter, je Craignais avec trop dé raison , que le pouvoir, après avoir* eherehét détruire les Atnii du Peuple, ne prie une autre Marché, et neparvJju à y glisser quelques-uns de ses agent, pour donner plus ton! Une apparence de vérité à ce qui était alors (Tune fausseté é vid en te . Toutefois la manière dont les journaux et les députés du. mfnfstère attaquaient Cette société était si perfide, les principes Sur tésejuels fis se fondaient dans ces discussions pouvaient être si atteste» » il était si révoltant dé voir invoquer, deux mois après là ie vot utton , l'article 91 du Code pénal de l'empire , que je crus devoir stMtenit contré ces prétentions intolérables , et le droit d'association, et les Citoyens qui s'efforçaient d'en user.

En même temps , je cherchai à prévenir les dangers dont j'ai parlé , par mes conseils à ceux des membres que je connaissais. Je blâmai hautement le projet de rendre leurs séances publiques J je leur Sa observer que Ce serait un point de ressemblance avec les anciens clubs que le gouvernement ne manquerait pas d'exploiter; je leur prédis que la police enverrait alors des gens pour troubler leurs travaux. Je leur fis sentir le mauvais effet que pouvait produire l'espèce de déclaration qu'ils avaient imprimée, et, même quandon l'eut s alsie , même dans le journal , après avoir inséré tin article où l'un âei rédacteurs s'élevait avec raison contre cette saiôie, illégale puisqu'il n'y avait pas eu publication, j'ajoutai, le ■septembre, les lignes suivantes : « La Tribune, qui certes n'a pas l'ha>

• bitude de donner des conseils timides, croit devoir engager tous *les amis de la liberté à éviter soigneusement tout ce qui pourrait

• prêter à de fausses interprétations. Si les ministres persévèrent « dans la route de perdition où ils se sont engagés , nous devons sans « doute continuer à les avertir du danger ; mais gardons-non» de

« On ne parla plus de sociétés patriotiques; et « depuis quatre cent mille hommes se sont ras- « semblés sur nos frontières.

«Il semblerait qu'après tant de leçons, le gouvernement aurait dû se défier de ses doctrines « et de sa prévoyance. Jusqu'à présent il avait joué ,

« leur fournir le moindre prétexte de dire un jour que nous les ayons

• fines dans leur marche. Ce serait alléger la responsabilité terrible « qui doit peser sur eux. Attendons-les au moment, malheureusement « trop prochain s'ils ne changent pas de système , où ils viendront « nous prier de les défendre contre la guerre étrangère et la guerre

• civile, que leurs fautes auront amenées. »

.Après l'arrestation de MM. Hubert et Thierry au sujet de cette Déclaration , tous les membres de la société demandèrent à être mis aussi en jugement; et en cela ils firent très bien : mais pour donner plus d'éclat à cette démarche, ils prirent une résolution fâcheuse. Ils ouvrirent un cahier où tout le monde pouvait venir s'inscrire comme membre de la société. Il était inévitable que le ministère profiterait de ce laissez-patser général pour les entourer de. ses agent. Je leur en fis la remarque. Mais l'en vie. de pouvoir dire : Vous vous attaquez à une société qui compte deux mille citoyens l'emporta sur mes observations. C'était de toute manière un très mauvais calcul. Dans une société formée pour amener ou pour diriger une insurrection , telle qu'il s'en est établi .plusieurs sous la restauration, on a besoin pour avoir quelque force d'être très nombreux, et comme quelques chefs seulement délibèrent, que les autres membres ne doivent qu'agir, on peut n'exiger d'eux que Ja sincérité dans l'opinion qu'ils manifestent. Mais s'il s'agit d'une société créée pour discuter des doctrines , d'une société dont tous les membres délibèrent, ce n'est plus seulement de la bonne foi f ce sont aussi des lumières qu'on doit exiger de ceux qui se présentent pour en faire partie ; et les hommes éclairés étant toujours fort rares, plus une société de ce genre est nombreuse, plus il lui devient difficile d'acquérir la considération, l'autorité qui lui serait nécessaire pour parvenir a son but.

« à l'égard de la Sainte-Alliance , le rôle d'un homme « à qui son ennemi dirait : Écoute , tu m'as fait un «vilain tour, et je te soupçonne de vouloir me « tuer , donne-moi ton fusil pour me prouver que « tu n'as pas de mauvaises intentions, ou je t'attaque «à l'instant. — Le voilà, et laissez-moi tranquille. « — Ton sabre. — Le voilà. — Tes pistolets. — Les « voilà. Dans l'affaire de la Belgique , l'ennemi «demandait de découvrir la poitrine; on obéissait «encore. Si les Belges n'avaient pas refusé, le «glaive prussien entrait au cœur sans obstacle.

« En vérité , c'est inconcevable , et à toute autre « époque, on n'aurait pas balancé à porter le ver- « dict de trahison. Mais depuis le règne des doc- « trinaires et des 221 , on sait qu'au jugement d'un «grand nombre de Français, la politique, au lieu « d'être l£réunion de la prévoyance et du courage, « consiste dans la myopie et la pusillanimité. »

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§ X. Du I er Décembre i83o au 3 Janvier i83i.

Craintes peu fondées conçues par les légitimistes sur la conduite du peuple a leu* égard, au moment d'une nouvelle invasion.— Du projet de fortifier Paris, — Procès des ex-ministres. Troubles qu'il occasione. Ce qu'aurait pu faire M. de Lafayette. — Résumé de la situation. Analogie entre la conduite du gouvernement et •elle du Directoire. —Qu'il pourrait y avoir aussi de l'analogie dans les résultats. Nos gouvernant doivent craindre de jouer le jeu du parti bonapartiste. Ce parti commence à se dessiner. — Gomment les doctrinaires cherchent à travestir et à exploiter les derniers troubles.-*- Destitution de M. de Lafayette. Effet qu'elle produit sur toutes les classes de citoyens.

1 er Décembre 1830.

LES LÉGITIMISTES CRAIGNENT A TORT QUE L* ANNONCE D'UNE NOU- VELLE INVASION NE PORTE LE PEUPLE A EXERCER SUR EUX DE* VENGEANCES.

« Nous nous élevions souvent contre la Gazette a de France, lorsqu'elle était l'organe, je ne dirai « pas du ministère, mais du parti qui tenait le pou- « voir en main. Incomparablement mieux rédigée « que les autres journaux contre-révolutionnaires, « elle devait avoir la préférence dans le combat , « comme notre ennemi le plus habile. Depuis le « 29 juillet, nous avions cessé de la combattre, « d'abord parce que son parti avait cessé d'être

« tout-puissant, ensuite parce qu'elle semblait re- « noncer à invectiver les patriotes et à dénaturer

* leurs intentions , laissant sou ancien rôle au « Journal des débats et au Temps.

« Mais voici qu'elle recommence et paraît vour « loir lutter avec ses successeurs. Ce n'est plus par la

* bouche de M. Henri Fonfrède ; ce n'est plus par « des extraits de l'honorable journal du Havre a qu'elle lance l'anathème sur les amis de la U«ctberté. Un long article de sou cru les accuse de « vouloir la guerre pour organiser le désordre. « Ou dirait un discours de M. Dupin , une philip* a pique de M. Salvandi, ou l'éloquence desmar- « chands de chapeaux de paille.

« Or , écoutez , vous dont la foi naturellement « robuste a été fortifiée encore par dix fois trois «cent soixante-cinq numéros d'un journal du a centre ; écoutez , et retenez bien ce sermon ; « car, à la troisième visite de nos amis les enne» « mis, il y aura indulgence plénière pour ceux «qui l'auront répété. Ce ne sont ni les pairs de « Charles X, ni les émigrés de Véronne, ni les

* émigrés de Gand, ni les chouans de la Vendée, « ni les verdets de Toulouse, qui souhaitent l'in- « vasion : ce sont les ouvriers et les étudians du a $8 juillet, ce sont les écrivains patriotes qui se « trouveraient les premiers inscrits sur les listes « de proecription. Ces bons diplomates d'ÀUtri-

* che et de Russie ne demandent que le bonheur « de la France; ils seraient désolés de se voir en- « core obligés à recevoir de nous deux milliards « de rançon. Si depuis quatre mois ils'arment de «toutes parts, s'ils s'avancent sur le Rhin, sur « la Sambre et sur les Alpes , c'est uniquement « pour nous empêcher d'entrer à Vienne et à « Pétersbourg. Pitt et Cobourg n'étaient que deux «fantômes. 11 fallut cependant leur opposer treize « cent mille hommes. Mais cela vint probablece ment de ce que nos soldats républicains étaient «comme les guerriers de Godefroi, dans la forêt «enchantée, effrayés par des prestiges et re- « poussés par des visions. Ce sont les patriotes, a nommés fauteurs de l'anarchie en style de mes- « sieurs Polignac et Jars, ce sont eux qui veulent «appeler sur la France sans armée les armées de «dix empires militaires. Et pourquoi le veulent- «ils? Pour ramener les échafauds de la terreur, « où sur cinq exécutions on voyait tomber quatre « têtes de patriotes.

«Une pareille accusation est certainement le «fruit du délire; mais c'est un délire coupable. « Soyons justes toutefois , soyons même indulgens « envers ceux qui se montrent envers nous si in- « justes. I,a bonté est un des caractères du pa- « triote; ce sont les calculs d'intérêt personnel qui «rendent dur et méchant. Une chose peut atté-

■ nuer le tort de la Gazette, et rendre un pareil « langage plus excusable dans sa bouche que dans « celle des écrivains doctrinaires. On dit qu'il s'est « répandu parmi les royalistes de la branche aînée «une vive appréhension de voir la nouvelle du a commencement des hostilités exciter contre «eux la colère du peuple et amener de déplora- « blés excès. Ils cherchent alors par tous les moyens « possibles à montrer qu'ils n'appellent point la « guerre , et leur fureur contre les patriotes n'est «que l'effet de leur terreur. Je crois ppuvoir les «rassurer. Nous ne sommes plus au temps où l'en- « trée des Prussiens en Champagne fut le signal «d'horribles malheurs. Des journées de septçm- «bre ne souilleront pas deux fois notre histoire. « Sans doute , il y a eu de la part du ministère une «haute imprudence , une négligence extrême de « ce qui peut le plus maintenir l'ordre , à ne pas «mettre dès long-temps une armée formidable « entre les frontières et Paris. Nous avons dit , il « y a long-temps , que c'était la première mesure « à prendre, si l'on désirait sincèrement cette tran- «quillité publique dont on faisait chaque jour « tant de bruit , en la compromettant chaque jour. «Mais, lors même que l'invasion commencerait « avant qu'on eût pris enfin cette précaution, «j'espère qu'eu cette circonstance, comme en tant «d'autres, le bon sens du peuple et l'humanité

a des patriotes influens suppléeraient à la prudence « du ministère. Le peuple sait très bien que les rois «absolus n'ont pas besoin des instigations du parti « royaliste pour désirer de nous attaquer ; le peu* 4 pie sait très bien quq ce n'est pas sur l'appui de « ce parti que comptent les généraux étrangers , a mais sur les fautes du parti qui tient le pouvoir. << Si je craignais la fureur du peuple dans de telles « circonstances , ce ne serait pas pour les hommes a du faubourg Saint-Germain.

« Quant à ceux qui n'ont pas su comprendre a qu'avec une sage liberté donnée aux citoyens, et a un état militaire imposant, il n'y aurait rien à a craindre pour l'ordre public, que le véritable «parti de l'ordre, de la justice, de l'humanité, « était le parti patriote, il faut les plaindre de s'être « trouvés portés aux affaires avec une tête si étroite a ou si faible : c'est l'un des plus grands malheurs « qui puissent arriver à un honnête homme. Les « plaindre , les défendre même , s'ils en avaient ja- «mais besoin , est un devoir. Quant à ceux qui a n'auraient pris nos couleurs que pour les avilir, « qui n'auraient paru dans nos rangs ou près de (/nos rangs que pour nous livrer, qui auraient « continué leur route avec la conscience de la jus* a tesse de nés prévisions > ceux-là doivent être res- «ponsables devant la justice, mais devant la ju$* «tiee seule , de tous les maux qua, pourra

a la nation et de tous les excès qui pourraient» a paalgré çps efforts et contre notre attenta , dé* «mentir un moment son noblg caractère qu'ils « caÎPOWtfmt, et sa raispq qui te§ jugera, s

S Décembre 1830.

JL/jBmmTB DE SilNT-rS|ÉBA8TIBÎf.

4 Quand un journal suit invariablement la routa « que dictent à ses rédacteurs un patriotisme sifi» acèra et une profonde étude de la politique, il a doit l'attendre à trouver force accusateurs. Aussi «les accusations n'ont-elles pas manqué à la Tri* « bune. On nous accusa d'abord d'être bien diffi» «ciles, parce que le ministère Martignae, qui, «selon nous, devait amener nécessairement 1»

< ministère Polignac, ne nous paraissait pas 1* «meilleur de$ ministères possibles. Quand, sui* a vant notre prédiction , Polignac fut arrivé, on a noue taxa de misanthropie, parce que nous avions % de la peine h croire que les 22 1 en masse , et sans « exception aucune, fussent à la hauteur de toutes « les circonstances qui , selon nous , devaient «bientôt se présenter. Lorsque ces circonstances «venues ont rendu impossible à nos accusateurs t de tester cor ce terrain, ils noue ont traités

« d'alarmistes , parce que nous insistions pour «qu'on se mît en mesure de ne pas craindre la « guerre , etc. , etc.

a À la bonne heure, toutes ces accusations pouvaient, aux yeux des niais, avoir quelque appa- « rence de fondement. Mais en voici une dont « personne en France , tant niais fût-il , ne se se- « rait [jamais douté. Aussi part-elle d'un familier « de la très sainte inquisition d'Espagne. V Estait fette de Saint-Sébastien, journal que nos carlistes a considèrent comme l'organe semi-officiel du ca- « binetde l'Escurial, en invoquant contre nous les « réquisitoires de tous les tribunaux de France , « pour venger Ferdinand VII et le duc de Bruns- « wick , s'imagine de nous appeler V organe avoue « d'un membre du conseil des ministres. Cette insulte, « partie de si bas, ne s'est guère élevée plus haut « par l'insertion de l'article espagnol dans quelce ques feuilles de Paris. On se prendrait à rire si « nous y répondions sérieusement. Il suffit de nous « connaître , ou même de nous avoir lus pour sa- « voir que nous nous soucions fort peu , je ne di- «rai pas des bonnes grâces, mais même de la « place des ministres, et qu'aucune force au monde «ne pourrait jamais nous rendre l'organe d'un « autre homme. Si nous avons préféré voir arri- « ver au conseil tel ou tel individu , c'est unique- « ment parce qu'il nous paraissait moins éloigné

« que tel autre de connaître et de favoriser les « vœux de la nation , moins ennemi des principes « que nous devons et voulons défendre. Tout le « monde sait cela , même le dévot calomniateur « de San Sébastian, dont le style rappelle, au reste, « pour la politesse et l'urbanité, celui des valets a de théologiens dans le douzième ou treizième « siècle.»

3 Décembre 1830.

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