‹ La révolution du 24 février (volume 2)Chapitre 101 sur 111 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

l’exemple de ce que ce régime avait fait pour les cultes, pour l’enseignement, pour les travaux publics et pour d’autres branches d’activité d’une moindre importance, le gouvernement provisoire, dès le lendemain de la révolution, a entrepris de concentrer dans des ateliers sociaux des industries livrées jusque-là à l’activité particulière. C’est ainsi qu’un peu plus tard il a conçu, manifesté et partiellement essayé de réaliser la pensée de mettre la main sur les mines, les canaux, les chemins de fer, les banques, les assurances, et d’en transformer l’exploitation, jusque-là privée, en régies publiques, dont la direction et tous les principaux emplois seraient livrés aux chapeaux ronds et aux habits noirs du socialisme. C’est encore ainsi qu’ayant l’intention de ne rien négliger pour rendre les fonctions publiques accessibles à toutes les classes de citoyens, il a demandé au delà de 47 millions pour l'instruction primaire des classes les moins aisées, et manifesté l’intention de leur donner gratuitement aussi l’éducation professionnelle et tous les genres possibles d’éducation. 11 serait long d’énumérer tout ce que projetait ce singulier gouvernement pour agrandir encore le champ déjà illimité des services publics et mener à la perfection cette administration générale qui, en quarante-six ans, j’en ai déjà fait la remarque, de 1802 à 1848, a fait monter nos budgets de cinq cents à plus de dix-huit cents millions !

Ces entreprises ont rencontré de vives résistances , il est

que le trè$-honor»ble M. Thiers, dans un livre élégant et raisonnable sur la |iropriété, et ailleurs, ne fasse au communisme cl au socialisme une guerre animée. On fait la guerre au communisme, et on défend à outrance un système administratif qui y conduit imemiblcmcni.

vrai, et l’assemblée nationale notamment a été loin de les approuver toutes. Mais que n’a-t-on pas admis néanmoins? On a admis que l’Etat assumât sur lui la responsabilité de toutes les misères et qu’il érigeât partout l’aumône en service public. On a admis qu’il ouvrît à ses frais aux classes les plus dépourvues les Écoles militaire et polytechnique. On a admis qu’il organisât à leur profit sur toute la surface du sol l’enseignement professionnel de l’agriculture. On a admis qu’il fût fait à ses frais des avances à diverses classes d’industries et d’associations. On a admis qu’il concentrât toutes les banques en une, et que cet ordre d’entreprises fût érigé en une sorte de service public. On a admis qu’il fût autorisé à organiser sur toute l’étendue du pays un vaste service d’hygiène publique, et qu’il se chargeât d’une sorte de gouvernement général de la santé. Que sais-je? Dans la folle manie dont nous sommes atteints de tout convertir en fonctions et en fonctionnaires , ne s’est-on pas avisé , dans ces derniers temps, de donner des médecins en titre aux chemins de fer, et ne voudra-t-on pas qu’ils aient aussi leur aumônier, leur avocat, leur notaire’? La république, en fait de créations d’emplois et de services, est loin, sans doute, d’avoir accompli tout ce qu’elle aurait voulu; mais, dans cette voie d’arrangements communistes ou socialistes, elle a laissé bien loin derrière elle la monarchie qu’elle avait renversée, et si je ne puis dire de combien elle a accru la masse du peuple fonctionnaire, il est au moins assuré que, dès la première année de son règne, elle a augmenté la

' Il a élé nommé des médecins alliirés, notamment, pour le chemin de Paris à Chartres et pour celui de Paris à Lyon.

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