VICTOR MASSON, LIBRAIRE
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J’ose croire qu’on ne trouvera rien dans cet écrit, absolument rien, qui porte l’empreinte de ma situation personnelle. En présence de si grandes choses, quiconque ne s’oublierait pas soi-même mériterait
d’être à jamais oublié. Je n’ai pensé qu a la situation de mon pays. Plus j’y pense, plus je demeure convaincu que son grand mal, le mal qui est au fond de tous ses maux, qui mine et détruit ses gouvernements et ses libertés, sa dignité et son bonheur, c’est le mal que j’attaque, l’idolâtrie démocratique.
L’avénement de M. Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République sera-t-il, contre ce mal, un remède efficace? L’avenir nous l’apprendra. Ce que je dis aujourd’hui , après lelection de M. Louis-Napoléon Bonaparte, je le dirais également, sans y rien changer, si le
général Cavaignac avait été élu. Ce n’est à aucun nom propre que s’adressent les grandes vérités sociales; c’est à la société elle-même.