ANCIEN DÉPUTÉ
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En ces graves conjonctures où l’usurpation qui triompha en août 1830, vient d’être emportée par la tempête, j’élève une voix que reconnaîtront quelques amis sincères de l’ordre et des libertés nationales.
Le plus honteux pouvoir pesait sur la France: les jours de l’expiation sont venus ; ces jours ont été tardifs sans doute, mais l’action de la Providence a été visible pour tous ! C’est à l’endroit même de la place de la Révolution où fut élevé, par Philippe-Égalité, l’échafaud de Louis XVI, que le fils d’Égalité a lu son abdication aux gardes nationales rassemblées sur la place ; puis , il est parti laissant pour adieux à la France, où il a soulevé tant de colères, l’épouvante et l’anarchie.
En de si graves conjonctures où la France est placée, la question n’est pas de plaire ou de déplaire aux triomphateurs du jour; la question est de chercher la vérité et de la dire à tous, amis ou adversaires.
On nous promit, aux nouvelles barricades, la liberté de la parole et de la presse, ce serait donc faire injure aux membres du Gouvernement qui s’est institué à l’Hôlel-de-Yille , si je retranchais un mot de l’expression de mes convictions.
Dans les luttes qui se préparent, les opinions diverses qui partagent la France doivent se produire avec la plus entière liberté; que l’expression de la pensée soit libre, pour tous; car si elle ne l’était pas, s’il y avait oppression de la pensée, nous mériterions le jugement sévère que porta, en d’autres temps, un écrivain célèbre qui attacha son nom à la première république. Ils veulent être libres , disait Sieyes . et ils ne savent pas être justes.
Lorsque surgit dans la tempête un nouveau système de gouvernement, pour connaître si ce système est au cœur de la nation, s’il a des racines dans le pays, il faut examiner si avant sa réalisation les vœux libres du pays l’appelaient, il faut reconnaître si l’industrie, le com-
mercc, cette grande puissance des temps modernes, avaient foi dans ce mot magique qui agite tous les esprits.
Nous sommes en république, crie- 1- on do toutes parts : à plusieurs, cela semble être un rêve. Il faut le dire, cette république a la plus étrange origine. Ce serait une grande erreur que celle des provinces qui, sur la foi des journaux, s’imagineraient que la garde nationale de Paris a proclamé la république avec enthousiasme. Le cri de république n’a inspiré que l’effroi, et ce sentiment dominait les pensées de tous : c’est là une de ces vérités irréfragables reconnues par tous. Toutes les réclames des journaux n’empêcheront pas que ce soit une vérité; j’en appelle à la conscience publique.
Dans les journées du mardi et du mercredi, 22 et 23 février, le mot de république n’est pas prononcé une seule fois ; la partie même la plus exaltée de la population, dans ces heures d’agitation, n’invoque pas une seule fois le nom de république en élevant des barricades. La garde nationale aurait regardé comme une immense victoire la réforme avec un ministère formé par les chefs de l’opposition.
Le jeudi matin, aux barricades, le cri de vire la République! n’a pas clé prononcé. Ce
n’est qu’après la reddition sans combat des Tuileries, que quelques centaines d’inSurgés envahissant le Palais- Bourbon, au bruit des clitmeurs et des menaces, jettent quelques cris de vive la République! Un Gouvernement provisoire se formait pour se rendre à l’Hôtel-de-Ville. Dans la nuit du jeudi au vendredi 25 février, quelques bandes de communistes traversant lés quartiers populeux, ont, pour la première fois, prononcé le cri de vive la République! au bruit duquel se fermaient les magasins.
La stupeur régnait dans tous les foyers domestiques , mais surtout dans les maisons de commerce, lorsque ce cri s’est fait entendre1"; car le commerce de Paris redoute par-dessUs tout la République; le dimanche même, à la Bastille , il n’y avait pas l’ombre d’enthousiasme. Ainsi donc, quelques enfans encore sur les bancs des écoles, avant-garde des bandes communistes , ont pris l’initiative ; et les membres du Gouvernement provisoire, oubliant les devoirs que leur imposait la mission de salut à laquelle ils devaient , disaient-ils , se dévouer , cédant aux clameurs des communistes , ont déèrété le lendemain que lu République, à l’avenir, était le gouvernement de la France. ^ ■ « ■ ji
Rappellerai-je ici le scandale dos derniert*
ins tans de la Chambre des députés qui est venu affliger ceux qui croient encore à l’avenir du Gouvernement représentatif ; tout le monde u vu , avec un sentiment de pitié , ce président qui, en présence des insurgés, n’a eu quîune seule pensée, celle de fuir. Mais le président qui fuit lorsque des troubles s’élèvent dans la salle des délibérations , lors môme que lu salle est envahie, c’est le général qui, à la
tête de son armée, déserterait à l’ennemi!
Flétrissons de tels actes en de telles occurences! Lo eourage civil , il faut lo dire, n’est que trop rare dans une nation où tant d’hommes savent affronter la mort sur les champs de bataille. Je regrette, pour l’honneur du Gouvernement représentatif , qu’à sa dernière heure, le président de l’assemblée ne se soit jKiiat souvenu du grand exemple donné par Hoissy-d’Anglas , présidant la Convention , lorsque les insurgés de prairial vinrent lui présenter la tète du représentant Féraud. Quoi qu’il en soit, le Gouvernement provisoire ne pouvait avoir qu’une seule mission: rétablir l’ordre matériel dans cette immense capitale, puis en appeler AtLA. France pour connaître les voeux de tous sur la nature du gouvernement que voulait 1» France librement consultée. Hors de là, il n’y
a que la plus insigne et la plus téméraire usurpation.
Je dirai aux hommes qui ont surgi au pouvoir au bruit de la tempête : Ne vous enivrez point des cris de la multitude; pensez au jugement de l’avenir, car c’est l’avenir seul qui met à leur véritable place toutes les renommées et toutes les gloires.
La République est née d’hier, et déjà on trouve par milliers des hommes qui crient à tous qu’ils sont républicains. La République de Paris ressemblerait-elle à la nouvelle Jérusalem dans les saintes visions des prophètes?
D’où lui viennent de tous côtés
Les enfans qu’en son sein elle n’a point portés ?
Lorsque les républicains étaient en si petit nombre et que leurs doctrines étaient combattues par les tribunaux, par la chambre des pairs ; lorsqu’ils expiaient leur franchise et leur audace dans les cachots, qui donc eût jamais pensé que la République comptait un nombre si immense de partisans ? Tous les Courtisans de Louis-Philippe se sont voués tout-à-coup au culte de la République. Certes, ce sont là des conversions rapides ; car le nom
de République , selon l’expression de Lafayotte lui-même, inspire à la France des mouvemens de crainte et de répulsion. Mirabeau souffrant un jour d’une rage do dents, s’écriait : J'ai une République dans la bouche.
Nous allons voir sans nul doute, nous voyons déjà, une nuée de nouveaux républicains, avides d’exploiter la République comme d’autres ont exploité le gouvernement qui vient de tomber avec tant de honte : ceux-là viendront nous rappeler ce que plus d’un demi-siècle n’a que trop appris à l’Europe, la rapidité avec laquelle les opinions, toujours mobiles, entraînent les têtes françaises.
Les journaux ont raconté que M. de Lamartine, rencontré par un de ses amis, et interrogé sur ce qu’il faisait à l’Hôtel-de- Ville aurait répondu : Nous remuons le monde. Oui, certes, vous remuez le monde , le mol est vrai, vous remuez le monde , car vous avez pris entre vos mains le plus puissant levier, le cri de Vive la République!
Le temps des illusions a dès long-temps fui loin de nous; je voudrais croire que la nouvelle République ramènera dans notre vieille France, avec les vertus antiques, les Fabricius, les Soi pion et les Régulus; certes, je n’aurais
pas assez ; cl 'admiration pou r les fondateurs de la République «cnivetlep si- dot sii hautes vertus veriaimt/ entourer t San i JwïrceMj.M Si ses: fondai leurs rom jsesî, partisans concauraifentqà déve-> loppenlés germes si: féeonds que>la civilisation chrétienne apporta dans le moodo : tentes, je eompren)dpais que lenre noms resteraient chers à 1 tou» ceu xfquiy comme moi , placent la liberté sous la sa uve-garde 'dénia justioerét de léréUq gion fimais tei n’estpointlbvéniiiréServâ àl la K’raaceîob «m;b JnolJcd znoiènàg aao/nilnoa gyî nie- netsuis dpnc point sarns'i craintd^je 'ib eohfesse àtousç { si mesjeunes adversaires iblâ* ment ces tristes pressen ti mens, qu’ils on voient b' cause dans l’amour si vrai que je porte à mon pays-- see n’tjst pais l’indiflerenco>quiJ «’inquiètew o) le vois Ih domination' de Péris; se) développer d»1 pkis on- plus) et peser sar les) provinces. ’«h ÿ- j était t de tontes paris la confusion et la -ruine r Je Vois la liberté disparaître sans relooriét fuir vers de lointains ritagésj; a n'Ofuoi o :noj aauoj üolLa rionVelld Hépilbtiqueno porte-t+elle pbiot dans) ses llanCsune; guerre dont'llosmrpsnltals pepvftntdev'ènirfa'tab î) ta-F rance 8<p oJqu&q >J / "Nul pins qpiie' naoi ne eroj t aux -prodiges ida la valbuv dr&ndaisd1; il y . a; dans' - le sang - frcl r>prfi$ une) puissance d'ardeur air iép champs de)ba+
taille qui FempdrUy sur toutes les nations du mondes mais Ifr ne sont point toutes les qdeslions; les- armées lest plus braves peuvent être trahies par la fortune, et, avec; desqjuerres au* doutables, les divisions incessantes densifia* teneur, résultat de notre caractère national fci ardent'et si mobile, ne peuvent-ellespasamo^ ner des calamités immenses donfela penséeda plus ferme demeure épouvantée ? a/ a i;I gu og
Je Fai dit en d’autres temps, je trois que tous; les sentimens généreux battent dans des'cœurS dé vingt ans ; jeforoisiànqette puissance d’ënthousiasme qüi enfante des prodiges -sur les champs do bataille et fait de l’armée française la première armée dti monde ; mais, dans les questions do gouvernement! et de politique, je refonte cèlte ardenté mobilité ; jie lia redoute dans ces luttes! incessantes qo’Omène le gouvernement républicain! Ne : l'oublias» :pa$,; il ji ; a dans . lai démocratie > .une puissante; tou+, jours jeune, toujours ardente; puissande lormi^ dablo dont l’homme d’Éltit doit ! calculer, Iles forces pourlles diriger dans; il’intôrêt de tous. Ce peuple qui a des Vertus admirables,1 mais que lTenlraifiement des passions peut çondqire êux plus' funestes égUremens, càr il est avide' id’é^ irnHions ce pouple ;< u, rauti -dOrc se bévovkh a
LE SERVIR ET NON l\VS A. LE FLATTER. Ne séparons
jamais la pensée des droits du peuple, de la pensée de ses devoirs. Droit et devoir, c’est dans leur plus intime connexion qu’est le salut et la vérité.
La France oublierait-elle qu’il n’y a de durable et de fécond que la liberté progressive. Les libertés brusquement improvisées sont toujours violemment emportées; l’histoire est là pour l’attester. Toute liberté qui mène à l’anarchie ramène le despotisme. Toute liberté nouvelle est comme ces jeunes arbres qu'on vient de planter, elle a besoin d’un tuteur qui la préserve ou la fortifie. Le temps est la condition indispensable, chez un peuple, des progrès de la liberté. Il faut que ses racines pénètrent de toutes parts avant qu’elle puisse porter des fruits.
Lorsque, par le malheur des temps, de tristes dissenlimcns sont venus agiter les enfans de la même patrie, il y a un grand devoir à remplir pour les honnêtes gens de tous les partis, c’est d’oublier leurs querelles et de s’unir dans la seule pensée de sauver la société des crises et des orages de la politique ; qu’ils se dévouentàla plus grande, à la plus sainte des causes, à la cause de l’ordre : monarchie ou république, c’est toujours la France, et c’est à la France
seule qu’ils doivent se dévouer sans réserve.
Dans les temps ordinaires, quand tout est calme, ce devoir sans doute est moins pressant, mais en dos conjonctures si extraordinaires, lorsqu’il s’agit de la formation d’une assemblée qui doit décider des destinées de la France, le dévoùment est le premier devoir.
Le problème à résoudre est d’obtenir pacifiquement la solution des grandes questions politiques et sociales qui divisent le pays; cette solution, il faut la demander à l’ordre, il faut bien comprendre que l’ordre n’est jamais sorti et ne sortira jamais de l’excès du désordre; l’histoire est là pour nous enseigner que c’est le despotisme, l’oppression, sous quelque nom (pic la tyrannie impose.
Nous sortons d’un tremblement de terre, et la société française, ébranlée jusqu’en ses fondemens, semble s’agiter comme ces îles flottantes, filles des volcans et de la mer. On en appelle aux suffrages de tous, sachons être hommes publics, et montrons à tous, amis et adversaires, que nous savons dire à tous nos pensées; montrons-nous à tous avec le caractère de franchise (pic le beau nom de France nous impose; montrons-nous dignes d’ôtre libres en sachant faire respecter nos droits.
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Les hommes du Gouvernement provisoire qui { ont étéi!pbrtés au sommbt du pouvoir par lèftot! (les- révolutions n’auront pas te' pensée, nous de- } von» Uespérer j de faire/ au bruit de l'agita tien dé» 1 partisj-ou do tolérer l’iNTiMioArros au profit 'de combinaisons électorales) 'là serait la violation dé toute» Ueà promeshefe. Sans doute nous W ver-1 rbns intimer à leurs agehs, dans une ins truc-' tion rendue publique, l'ordre sévère <te> veiller à ce quei, sur todslospointsdela France,’ ladi* berté dos suffrages soit hautement respectée ■ c’est là dpur premier devoir. Hors de là, fil nly aurait pour le pouvoir qu’une honte ineffaçable laissée par lés hommes de rHôtel-de-Vifle dans leur donàiéation de quelques joins -sur la France et surPariSli''0'1'} fi* moine? i,m /noa auo.» eup ! ‘L? esprit humain ne saurait' concevoir d’eeuvrè plus difficile que celle imposée, »en de telle» cohjoncturèfe^d l’Assemblée constituante; appëlons dünc, pour résoudre de' si immenses diffUq cultéSf des homniesde éens, dès hommes 'd’ex péri ence,des hommes d’ i a te l I igence et découragé.! - Puissent tous tesFrançais avoir le courage-de manifester leur opinion; 't'est la première' condition dosalut tous doivent proclamer ; à *la facedu ciel ce qu’ils ont amfohd de leurs 4mus. Une kmgufe et triste expérierica nV-queitrop’
prouvé* en franco,, -qu’on, pouvait réunir,. au plus haut degré, , tou tes les vertus de Tjhommo privé,, et r cependant a’^voir, daoe-son organisa^, tion, aucune do» condjrtious de rhoimiieipiiblûî»/
, tîN’ou Mfona jamais qu’ntie - de» causes, de i oe*| épouvantable régime qui a reçu de l’ histoire le > nom de règne, 4e i& teweur fut dan» ^a Ad blesse i de1(miHier» de gens, irès honnêtes , sans au!) doute, mais -qui cédèrent à leurs adversaires et ) nesurenlpaS défendre leurs- droits* Iluç.’y. a d'hommes dignes d’être libres que ceux qui; expriment à tous! leurs opinions politiques. t* > r> -Que tous ceux qui aiment leur: patrjepquA ont , Combattu l’esprit de ruse et de mensonge t d’un pouvoir, Lrop long- temps imposé àJàJFrance?! que tous ceux qui veulent la probité; idatouleso affaires marchent deconeert dans-ceile grandc lutteélectorale., ,<n.]it;i atloo ocp olioffïib anlq Qq’, ils défendent, avebn l’inviolabilité de, la . propriété, la i, liberté!) de ! la-presse,; laliberté d’enseignement,* et! quelles: suffrages no soient' donnés qu’à, ceux i qui ont la ferme: i résolution ; de! servir, avec te désintéressement le plus; 'Absolu, les gramlf intérêts de la Francd.-' U^ ibesm Appelons à cette assemblée des hommes qui connaissent, !à, fond des; besoins s de nos villes,1, mais pan dessus, tout, -les besoins de nos catii-
pagnes, les besoins de la France kcrai.e; c'est là qu’est la source des richesses du pays ; ses droits trop long-temps méconnus doivent enfin être défendus avec ardeur, car là est pour la France une question fondamentale, une question de ruine ou de prospérité.
Ne livrez point la France à ces médiocrités jalouses, à ces hommes pleius de fiel , qui, parce qu’ils ont cpiéçfVe la République! croient avoir acquis le drojt^fj, Apposer à la France leurs rêves et leurs utopies,, dont la réalisation amènerait la ruine de la, patrie.
Faisons appel àjqutes les probités, à toutes les intelligences, à Ipus les courages; honoronsles de nos suffrage^, dans les luttes électorales auxquelles sont attachées les destinées de la France. Allons cjtepcher dans leur retraite les hommes qui qnt l^onor^ lq ppin français. KergorIay,Hydc dc^TcuYillc;,ce§ppt là,, ^on^ plusieurs, des hommes de mopqrçlpp, oui sans dpute, mais ce sont encore des hommes de liberté, et il n’y a pas en France d’hommes plus dévoués aux véritables intérêts du peuple que ces grands citoyens; car toute leur vie fut consacrée à les défendre. En des conjonctures aussi redqufab^es, de tels hommes .peuvent être présentés fleurs adversaires çopimp à leurs amis. J’aurai^ mis qp
première ligne Chàteaubriand, si ses jambes avaient autant de force que sa tête a de lucidité et de verdeur.
Sans nul doute, ce sont les départernens qui doivent choisir leurs candidats, mais il est des hommes qui sont les candidats de la France entière. En première ligne se rencontrent les députés de la droite, ceux de leurs amis qui on^ succombé aux dernières élections ; tous, avec des, nuances diverses, ont défendu à la chambre toutes les libertés chères à la France. — Honneur aux départernens où ils seront élus. Avec eux, et sur la même ligne , nous plaçons les hommes de la presse de droite. A Paris et dans les provinces, c’est sur les journaux de la droite que sont tombées à la fois toutes les colères de la dynastie d’Orléans, toutes les colères des tribunaux et du fisc. On a eu recours à tous les moyens, à toutes les ruses, on s’est livré à toutes les indignités pour ruiner la Mode, la Gazette de France, la Quotidienne, la France t Y Echo français. J'ai rencontré sous les verroux de la Conciergerie des directeurs de ces journaux, je les ai vus là expier leur noble couragei
L’honneur de la France exige que la presse de droite soit largement représentée dans la nouvelle assemblée, car depuis dix-sept ans elle
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défend avec la plus énergique constance',* téutes les libertés chères à la patrie. Quand donc la société est en péril, appelons pour la défepdre ceux qui ont fait leurs preuves d’intelligence et de courage, en marquant chaque jour par des combats. De tels hommes, je le répète, sont des candidats qüi appartiennent k lâ France entière. Dans ces journaux divers, Je beaux talèns ont grandi pendant une si longue lutte, et sont devenus une des gloires de la patrie : nommerai-je en première ligne Alfred Nettement, qui s’est élevé à de si hautes considérations morales et politiques en défendant les principes éternels qui sont la Vie des sociétés.
C^st 1» l’Assemblée nationale qu’est la place de Genoüdé , LaUrentie, Alfred Nettement, Walsh, Lourdôueix, de Brian, Beauregard, Théodore Ahne , Merle , Blossevilîe , Théodore Muret ét leurs nobles amis: représentât! s de l’intelligence , soldats- éprouvés pendant Ces jours difficiles , sentinelles vigilantes, ils ont toujoursveillé à la garde de la sociétés Ne soyons pas ingrats envers de tels services ; de téls hommes peuvent être montrés à lëurs adversaires Comme à leurs amis. C’est la presse de l’opposition de gauche, le National, la Réfbrtbë, 1 eCourtier, qui ont élevé le Gouvernement provisoire. — Cette
presse qui compte des hommes d’énergie et de talent , sera largement représentée dans l'Assemblée nationale. Que la presse de droite le soit aussi dans la même proportion; là les adversaires seront placés en face; ils combattront à la tribune comme ils ont combattu dans les journaux.
D’autres écrivains combattaient dans divers journaux que des nuances diverses séparaient de ceux que je viens de/ ci 1er dans la presse de Paris. Mais ils ont combattu pour des libertés fondamentales, mais,; jls-ont combattu pour la liberté religieuse, pour. la liberté d’enseignement; ils ont combattu avec la plus noble persévérance ; je les appelle de tous mes vœux à la nouvelle Assemblée : nous nvoos besoin , en de si redoutables conjonctures , d’unir dans un faisceau toutes les forces vives de la société. Ne nous, livrons point à de vaines disputes; ce sera.) t renouveler les temps des Grecs du Bas-Empire. Encore une fois, tout serait perdu si, après une telle commotion, nous ne réunissions pas nos efforts pour envoyer des hommes d'intelligence et de cœur.
[J’ai parié de la presse de Paris; certes, je n’qublierai pas la presse de province, qui combattait pour toutes les Jibertés contre toutes les
tyrannies , et qui partout a été écrasée par les amendes et la prison. — Ce sont de rudes campagnes que celles qu’ont faites pendant de trop longues années ces coùragëüx écrivains. — J’ai vu de près ce que sont de tels hommes dans l’Ouest, en Bretagne, en’Normandie, à Dinan, à Rouen ; dans les provinces du Midi comme dans les provinces du Nord , à; Toulouse , à Nîmes, à Rodez à Lyon, à Montpellier, à Lille, à Cambrai , à Douai, à Périgueux ; dâhs les provinces du cètifrë, Ofï&ins, à Moulins, à Clermont, à Bourges'*, 'à 1 Limoges , et dans tant d’autres villes ‘éhëéfè'.1 Que ne puis-je ici citer tant de noms si dignes d’honneur, qui ont pris part à de si beaux combats, et ont mérité de recueillir les suffrages de tous lés hommes de bien !
Il y avait la’ rChambre des pairs quelques
hommes qui ont i&rhbattu pour les libertés de la France. Encore une fois , tous les hommes cjüi'ont prit part à ces combats de la tribune et de la presse, sont les candidats de la France entièrè. C’est aux départemens à prendre l’initiative ët à leur donner leurs suffrages.
Dans une assemblée nationale, l’exclusion systématique d'une seule classe de la société constituerait la plus flagrante injustice. Tous les grands intérêts de la France doivent être
représentés : l’agriculture, les sciences, les lettres, la religion, mère de la patrie, la religion, car ce fut elle qui civilisa la France. Il y a plus de dix-huit siècles qu’elle nous montre le progrès auquel nous devons tendre ; il y a plus de dix-huit siècles qu’elle met en action cette fraternité dont nous venons d’écrire si fastueusement le nom sur nos monumens publics.
J’appelle enfin de tous mes vœux des hommes d’intelligence dans les opinions diverses qui divisent la France; des hommes d’intelligence, placés dans des rangs divers, peuvent parvenir à s’entendre dans les intérêts de la patrie; mais des hommes d’intelligence qui ont à combattre des médiocrités pleines de fiel et de jalousie, ont tout à redouter pour les grands intérêts de la France. Leurs efforts ne seraient que trop souvent impuissans. L’intelligence, c’est le plus beau don de Dieu, c’est la flamme divine qui nous révèle nos immortelles destinées.
La France marche à la tête des nations européennes ; plus que jamais les idées françaises gouvernent le monde, mais ne l’oublions pas, après tant de destructions et de ruines, il n’y a qu’une propagande digne delà nation française: c’est celle de l’exemple. Que notre pays fasse
triompher dans son sein la religion, la justice, le droit, l’humanité ,, et sa puissance sera in-r destructible. La France alors sera comme ce rocher d’aimant que la fable plaçait au milieu des mers, .et vers lequel les vaisseaux
de toutes les nations étaient sans cesse at-r
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, Pour atteindre cç grand but, marchons aux élections comme on marche au combat. Nul nç peut déserter sans hpnte. $ue les dangers dé la patrie réveillent dans les i âmes le sem
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tirent du devoir! Quel est l’bppn^fe homme pourrait yester dans qua^|,
ent^dpnt sonnçr , l’heure éleptoraj^jl ,penserâitt <jpe pon peut, d^çjd^^la.vi^,
toire pn de la défaite? . Joll y, Aj-je^somded^^tjci 8$%
timens tle tousles ho^es^^jep^a^^p^ de dire que quplles ijue.s^ent le^p^ps
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fond de nos^es. aveç le F%.MdPPM^W* de la patrie , up itpp^i^ab^ prospérité, à spn bop^qp, nou^ donc dans^ç^s^tqne^f ^ v;^
Portas à la f ranpe, et
ino^pi(ens!diYers,: fflfa àp
hps ^iqes,, . ,, ,Jfi foagoo IPnp ,olHY-»b
P. S. J’avais écrit ces pages , lorsqu’on mef Sous mes yeux la dernière circulaire de M. le ministre de l’intérieur à ses commissaires dans les départemens. Que signifie l’intervention du ministre et de ses agens dans les luttes électorales ? — Qui donc a conféré la dictature électorale au pouvoir surgi des nouvelles barricades ? L’éducation du pays n’est pas faite , c’est à cous de la guider, écrit le ministre à ses agens dans les provinces. Ainsi donc, les hommes de l’Hôtel-de-Ville n’auraient combattu pendant
dix-sepl ans le système électoral, ce système de ruse et de mensonge qui pesait si tristeinent sur la France, ils ne l’auraient combattu que pour en appeler à l’intimidation et à la peur, quand le flot populaire les aurait portés au sommet du pouvoir ! Le Gouvernement de l’Hôtel- de- Vil le n’a jamais reçu la mission de diriger les élections. — Il ne peut donner ce pouvoir à ses délégués : ce serait l’acte de l’usurpation la plus inouïe. — Le Gouvernement provisoire a reçu de la révolution une seule , une unique mission, celle de laisser a la France la
LIBERTÉ LA PLUS ENTIÈRE, LA PLUS ABSOLUE. Hors
de là, il n’y a que tyrannie. — Si cette circulaire a l’assentiment du pouvoir qui siège à l’Hôtelde-Ville, qu’il cesse, au moins, de nous parler'
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de liberté : c’est prostituer ce nom. La liberté qu’on essaie de donner à la France en 1848, est celle qu’en d’autres temps le comité de salut public lui imposa^