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HENRI COBDIEB.
Quand on parle des Chinois, il faut bien se pénétrer de l'idée qne tons, sauf les négociants qni trouvent leur bénéfice dans leurs relations avec les Européens, tous voient avec méfiance Tétratiger, s*ils ne Texècrent cordialement. Le lettré pousse la haine plus loin que d'autres, parce qu'il sait que l'introduction de la civilisation occidentale dans l'empire du Milieu ferait crouler le système de gouvernement sur lequel il étaye sa fortune. Ceux-là mêmes qui sont venus chercher leur instruction dans nos facultés de droit et dans nos arsenaux, — je pourrais faire des personnalités — sont souvent nos adversaires les plus acharnés. Les deux hommes incontestablement les plus éclairés de la Chine actuelle, Li Hongtchang *), vice-roi des deux Eouang, et Tchang Tché-tong '), vice-
1) Cet notes avaient para en partie dans le Tempt da 18 Juillet 1900.
8) ' ^h yR "^f Li Uong-tchang eit trop eonna poar qne j'en parle à nouvean; je rappelerai Mulement qa'il est né en 1828 à Ho-Fei, dans le Ngan-Hooei; il est depuis longtemps cAèbre par la part qa'il a prise à la goerre des Ta!-Pîng eomme foataï da Kiang-Soa (1868) et ses relations avec Oordon; il a été gonTemear-gJnéral da Hoa- Koaang (0eaz-Hoa) (septembre 1870), pois da Tche-Li à la place de Tseng Kouo-Fan
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roi des deux Hou, trop intelligents pour entrer en lutte ouverte, n'en partagent pas moins les sentiments de leurs compatriotes. Dans un rapport confidentiel de la Compagnie de navigation à vapeur des marchands chinois, créée sur Tordre du premier, Tong Eingsing (1875), son directeur, ne cache pas que cette entreprise a été lancée dans le but, non-seulement de faire concurrence aux tentatives étrangères, mais encore de les ruiner, si possible. Chaque fois qu'on s*est laissé séduire par les paroles insidieuses des Chinois, de terribles catastrophes sont venues en démontrer la fausseté. Aux discours fleuris d'Anson Burlingame, ambassadeur de la cour de Peking à Boston, puis dans les capitales de TEurope, la Chine répondait par le massacre de Tien Tsin.
Cependant beaucoup de Chinois, tout en n*aimant pas les étrangers, les redoutaient. La guerre d'Opium sous Tao Kouang, la guerre franco-anglaise sous Hien Foung, la dernière lutte contre le Japon, leur montraient clairement que le Céleste Empire devait changer ses errements sous peine de succomber devant une ingérence
après le massacre de Tien-Tsin (1870), ensuite du Se-Tchoaen (L876); grand secrétaire en 1876; il a été envoyé an Japon pour traiter de la paix après la guerre sino-japonaise; son voyage en Europe est encore trop récent pour qa'il soit utile d*en parler. Dernièrement gouverneur général des deux Kouang, il a été nommé Tsong-Tou du Tche-Li. Il est en ce moment à Ckang Haï en route pour le Nord, où il est chargé de traiter avec les puissances.
8) ^ ^ ^^ Tchang Tcké-tong est né en 1885 ou 1887 à Nan-p'i dans le Tche-Li. Sa grande fortune politique date du rapport violent qu*il adressa au Trône en 1880 en qualité de censeur, dénonçant le traité signé en 1879 à Livadia par Tchong- Heou par lequel la Chine cédait à la Russie la pins grande partie du Tien-Chan Pe-Lou y compris la passe de Mouzarte. Tchang a été gouverneur du Chan-Si (janvier 1882), gouverneur-général des deux Kouang (août 1884) puis des deux Hou (8 aoAt 1889). Cest un homme fort intelligent qui a donné une grande impulsion aux travaux d''ingénieor entrepris dans le centre de la Chine; il a installé à Han-Yang, en face de Han Keou, au confluent de la rivière Han et du Kiang, de vastes établissements de construction de machines, des ateliers de métallurgie, etc. Il est en m6me temps un lettré distingué et il a publié en 1898 un traité iCiem-Ew Fie» (Exhortations à l'Btude) j^ ^ ^ plein d'idées personnelles. Cest le personnage le plus remarquable de la Chine actuelle après Li Hong-tehang.
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tautôt pacifique, tantôt goemàre du dehors. L'impératrice douairière, avec le concours du prince Eong^) et de Li Hong-tchang, avait pendant les minorités des empereurs Tonng Tchi et Eouang Siu, retardé le danger; le règne de Toung Tchi (f 13 janvier 1875) dura trop peu de temps ponr amener de grands changements. Il en est tout autrement depuis la majorité de Eouang Siu.
Des Chinois réformateurs, comme le docteur Soun Yat-sen et Eang YeoU"Wei ^), prêchèrent les idées nouvelles, de simplifier les rouages du gouvernement, de demander plus d'honnêteté aux fonctionnaires, d'en assurer le recrutement par des examens dont les sujets ne fussent pas entièrement tirés des Livres Classiques, de prendre aux barbares d'Occident ce que leurs sciences et leurs arts pouvaient présenter d'ntile à l'empire, etc. Soun Yat-sen, qui s'était rendu à Londres, fut saisi en plein jour dans Portland Place, par les gens de la légation de Chine et claquemuré en attendant qu'on pût le transporter secrètement en Extrême-Orient, où le sort qui lui était réservé n'était douteux pour personne, encore moins pour le prisonnier lui-même. Sous la pression de l'opinion publique, le gouvernement anglais fut obligé d'intervenir, la légation de Chine, forcée, rendit son prisonnier qui gagna Hong-Eong, colonie britannique, d'où il exerce son influence sur les sociétés secrètes.
Eang Yeou-wei, originaire de Canton, réussit à s'assurer le concours de fonctionnaires partageant ses vues qn'il parvint à faire prévaloir auprès de l'empereur: il ouvrit les yeux de celui-ci sur le péril que faisait courir à sa dynastie la politique suivie jusqu'alors par l'impératrice douairière ou par lui-même sous l'influence de cette dernière.
Sans doute, les nombreuses émeutes et les mouvements révolu-
4) Ti Siu ^ ^ Prinee Kong ^ 6« fils de Tao Koaang ^ -^ .
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tionnaires des dernières années étaient causés sait par la haine de Tétranger, soit par le désir d'expnlser la dynastie mandchone, soit par les deux motifs à la fois. Les troubles fomentés dans les provinces méridionales par le chef des Triades, le docteur Soun Yat-sen, malgré la protection accordée à ce dernier par les Anglais, avaient leur origine dans un sentiment national, mais non réformateur dans le sens occidental du mot.
Eang Yeou-wei et ses amis, sans aucun doute sympathiques à TAngleterre, probablement vus d*un œil pea bienveillant par la Russie, s'apercevaient bien du danger que couraient tout à la fois la dynastie et le pays en suivant des errements qui les laissaient dans un état de faiblesse et d'infériorité, mettant la première à la merci d'un hardi aventurier poussé par le flot populaire, le second au pouvoir des puissances étrangères. La guerre avec le Japon était une dure leçon, mais qui pouvait être fructueuse si l'on savait en profiter. A ces idées de réforme, Eang Yeou-wei ajoutait une haine féroce contre l'impératrice douairière et son favori Jong Lou, qu'il savait hostile aux nouveautés et il marque bien ses sentiments à leur ^ard dans l'ouvrage qu'il fit paraître peu de temps après sa disgrâce:
«Mais Chine n'est pas réellement le nom par lequel nous sommes appelés. L'empereur jaune seul était notre grand ancêtre, et nous sommes ses descendants — une race compacte. Nous sommes vraiment sa race intelligente et glorieuse. La race jaune tout entière a les mêmes caractères. Maintenant l'empereur est le fils des fils d'un ancêtre; ainsi sont nos mandarins; ainsi sont nos adminisfcrateurs, l'impératrice et Jong Lou. Mais l'impératrice douairière et Jong Lou ne sont pas nos souverains. Us sont seulement la concubine et l'esclave d'un empereur précédent, qui ont emprisonné le jeune empereur, qu'ils ont dépouillé. Ils ont vendu non-seulement les possessions qui sont l'héritage de nos ancêtres, ils voudront aussi vendre tout notre peuple. Ils préparent journellement cet acte à
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fftire signer par les étrangers. Le Tsong-li Yamen ®) n'est qn*un office où ces transactions d'affaires sont arrangées et coaclnes. L*impéra-
6) lie TtouHff'H Tamm, oa mieux le Ttonç-H Ko Kouo Châ Wou Tamen, ^^ B9 ^ï ^^ '^^ P^ ) bareaa des Afiaires ^traDgères est ane création relativement récente que la goerre de 1860 avec la France et l'Angleterre a rendue nécessaire. Jadis, les relations avec les étrangers étaient réglées par les yice-rois des provinces par lesquelles ils entraient dans l'Empire et comme pendant longtemps, les étrangers, sauf les Russes, ne débarquaient qn''à Canton, c'était le vice-roi des deux Kouang, résidant dans cette ville^ qui débattait avec eux tontes les questions. Ce haut fonctionnaire avait également dans ses attributions les affaires d'Annam, pays limitrophe de son gouvernement. Au contraire, les affaires des Russes qui pénétraient par le Nord, étaient réglées par le Zt- Fan-7ou9n jflL 9k ^^ , chargé du contrôle des tribus mongoles et des affaires du Tibet. Ce bureau ne comprenait qu'un président et deux vice-présidents. Lorsque tout récemment deux censeurs conseillaient de rattacher à nouveau les affaires étrangères a ce bureau, c'était placer les nations occidentales dans la situation d'états tributaires. Après la signature des conventions de Peking (octobre 1860), un Conseil spécial, présidé par le prince de Houei, adressa au Trône un rapport h la suite duquel le Tsong-li Yamen fut créé par décret du 19 janvier 1861. Les fonctionnaires de ce nouveau ministère étaient pris dans les différentes branches de l'administration et leur nombre a varié suivant les époques.
A l'origine, il fut composé du prince Kong, frère de l'empereur Hien-Foung, de Kouei- Liang, Tun des grands secrétaires et de Wen-Siang, ^^ J|^ l'un des vice-prÀidents du ministère de la guerre. L'année suivante, quatre nouveaux membres furent désignés et en 1869, ils atteignaient le chiffre de dix. La mort de Wen-Siang (mai 1876) d*une part, et l'admission de deox membres du Grand Conseil (décembre 1877) a porté le nombre des membres de ce ministère à onse. Il est depuis redescendu à neuf. Le prince Kong fut le premier pr^ident du Tiong-li Yamen; il a été remplacé en avril 1884 par le prince K'ing. Ce dernier (Yi-k'onang ^^ ^ , Prince K'ing ^g ^^ ^ du premier raug depuis 1894, descend de l'empereur K'ien-long; il est le prince C'hing des Anglais), qui a été également directeur général du bureau de l'Amirauté (1891) est un homme énergique qui était en mauvais termes avec l'impératrice douairière. Il commandait les 60.000 hommes de troupes de la plaine de Peking. Outre les membres titulaires qui étaient au nombre de dix dans les derniers temps (prince K'ing, contrôleur général du bureau des Finances et de la Guerre; Jong-lou, c|> TR , mandchou, ancien général tartare à Si-ngan, Dec. 1891, contrôleur-général du bureau des Finances et de la Guerre; Wang Wen-chao ^T 'làr ^9 ancien vice-roi du Tche-li; relevé de ses fonctions le 16 juin 1898 et remplacé par JoogloOf puis nommé huit jours après (28 juin) par Kouang Siu, membre du Tsong-li Yamen et chargé avec Tohang Yn-houan V& JB^ iQ de l'administration du poste central des mines et ehemins de fer (3 août 1898); Timpératrioe douairière le nomma avec Tchao Chou-k'iao (vice-prÀident du ministère des travaux), directeur du bureau général des chemins de fer et des mines. Le 27 déc. 1899, Wang a été nommé assistant Grand Secrétaire et Président du bureau des Finances.
Voici les étapes de sa carrière officielle: originaire du Tché-Kiang; gradué à Peking, 1852;
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trice et Jong Lou se parjurent eux-mêmes et sont les principaux agents de cette afhire. Ainsi nos 400,000,000 de frères, de nos oe et de notre chair, nos empereurs morts divinement, doués intellectuellement arec tout ce qu'ils nous ont laissé, comme palais, villes, cités, et villages, terres et douanes, ainsi que nos bagages et nos marchandises, sont pour passer dans les mains des autres» ^).
Eouang Siu, -^ j|^, qui pariât avoir été animé de nobles sentiments, mais a été mal dirigé par des conseillers pressés de mettre
secrétaire de seconde classe da miaistère des finances, 1867; tao-ta!, an Hoa-Pé, octobre 1864; tao-taï de Han-Kéoa, 1866; commissaire des finances an Hou-Nan, juin 1869; goa- ▼ernear da Hoa-Nan, jain 1872; appelé à Peking, 1878; vice-président du ministère de la guerre, mars 1878; ministre an Tsong-li-Yamen, août 1878; ministre an grand conseil, janvier 1879; en retraite près de sa mère, décembre 1882; goaverneur da Hoa- Nan, avril 1888; goavernear-général da Tan-Nan et da Konei-Tchéoa , 20 jain 1889 et président da bareaa des Finances; Liao Gheon-heng, j^ fSr ffl, da Kiang-soa, président da bureaa des Rites; Tch'ong Li, J^ jêB , membre da Tsoog-li Yamen depais le 15 déc. 1891, président da bareaa de la Justice; Tchao Ghoa-k*iao, ^^ ^^f da Chen-si, ancien tao-taï k Wen-toheoa (Janv. 1892), président da bareaa de la Jostice (Peines); Tchao, qui était président da ministère des Peines, a été nommé goavernear de Peking, 27 dèc. 1899, à la place de Saen Kia-naî, démissionnaire. S'ia Yong-i f^ ^^ 'n ,
du Tche Kiang, président da bareaa de la Guerre; S'ia King-tebeng ^4^ "S* j§» , da Tche Kiang, exécuté plus tard à l'instigation de Li Ping-heng; il avait passé ses examens dans la capitale en 1868; en avril 1884, il avait été nommé ministre pour l'Allemagne, la Prance, TAntriche, l'Italie et la Hollande; le 9 septembre 1890, il avait été nommé ministre pour la Russie, l'Allemagne, l'Autriche et la Hollande; premier vice-président du bureau des Affaires civiles 28 déc. 1899; Lien-Yuen, directeur de la Cour des Banquets; Yuen-Tch'ang ^^ "m^ , est moins connu que son collègue Sia Kiog-tcheng, exécuté en même temps que lui le 27 jaillet. Cest un Chinois des Bannières {Ean^iimn); il était, en 1897, tao-taï de Wou-Hou, dans le Ngan-Houei; le 21 juillet 1899, il a été nommé président de la cour des cérémonies des sacrifices (7*0» Tch^ang ste Hgj^ 'a ^F^)> Tune des quatre cours de second ordre.) Le Tsong-Li Yamen comprend quatre secrétaires principaux, deux secrétaires adjoints et une trentaine de clercs, charge suivant leurs connaissances des affaires des divers pays étrangers. C'est en se rendant au Tsong-Li Yamen, on se le rappellera, que le baron Von Ketteler fut assassiné. Dans une entrevue récente avec le comte Cassini, ancien ministre de Russie à Peking, le correspondant parisien de la Rostia dit qu*à l'époque du s^our de ce diplomate dans la capitale de la Chine, le prestige de la Russie était si grand qu'il n''avait pas à se rendre au Tsong-Li Yamen, dont les membres venaient au contraire le trouver à sa légation. 7) North'China Herald, 25 avril 1900.
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U eognée dans un chêne Yermonla dont la chute trop rapide ne pouTsit entndnèr en même temps que des désastres, allait voir échouer ses efforts, grâce à Tactirité, à l'énergie et à l'ambition de l'impératrice.
Il nous est facile de refaire l'histoire de cette tentative de réforme mort-née, grâce à la traduction du chinois des décrets impériaux de 1898 par le P. Jérôme Tobar 3. J., publiée à GhangHai récemment par M. J.-Em. Lemière, rédacteur en chef de VEcho de Chine.
C'est le 10 juin 1898 (vingt-deuxième jour de la quatrième lune) que pariût un premier décret, suivi de beaucoup d'autres, que nous allons examiner, jusqu'au 20 septembre suivant, époque de la réaction.
Le 11 juin, les idées de réforme reçoivent l'approbation officielle de l'empereur par le décret suivant:
<Â présent que tous les royaumes du monde sont en communication mutuelle, l'acquisition des hommes de talent à qui l'on puisse confier des charges est une des affaires les plus urgentes. Nous ordonnons donc aux vice-rois et aux gouverneurs des provinces de proposer immédiatement au Tsoog-li Yamen les sujets qu'ils auraient reconnus, en temps ordinaire, doués de science et de droiture, entendus aux affaires actuelles et exempts des défauts vulgaires et de le faire sans considérer le rang élevé ou inférieur que ces officiers occupent. Les candidats proposés seront examinés; ceux qui auront été reconnus capables seront conduits par groupes à Notre audience et attendront que Nous leur donnions un emploi.»
Trois jours après (14 juin 1898), un nouveau décret impérial nous fait connaître les noms des chefii du parti de la réforme et, à leur tête, Eang Yeou-wei.
<Siu Tche-tsing, ^ ^1^ lecteur assistant à l'Académie, Nous a fait un mémoire pour Nous proposer des hommes de talent et entendus aux affaires actuelles. Nous ordonnons que Eang Yeou-
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wei, secrétaire-adjoint au ministère des travaux, et Tch'ang Youen- ^^ S^ 7C 9i tenant même emploi au ministère de la guerre, se préparent à être présentés à Notre audience le 28® jour de cette lune. Quant à Houang Tsuen-hien, ^ ^ ^ intendant du sel au district de Tch'ang-pao, dans le Hou-nan et Tan Se-t'ong, §§[ JS^ ^ préfet eu expectative d'emploi dans le Eiang-sou, que par leurs yice-rois ou gouverneurs respectifis, ils soient conduits au ministère que Taftaire concerne, lequel les présentera à Notre audience. Enfin que le licencié Liang Ei-tchao ^ ^ ^ soit examiné par le Tsong-li Yamen, qui, après examen, nous en donnera connaissance.»
Avec une activité fébrile, Tempereur (ou plutôt ses conseillers) lance décret sur décret; il ne se passe presque pas un jour sans décret pendant les mois de juin et de juillet; les tièdes et les réactionnaires sont soumis à des enquêtes et frappés d'avertissement, tel le président du tribunal des Rites, Siu Yng-k'ouei f^ jfiH J|^ dénoncé par les censeurs Song Pé-lou -^ ^j^ ^ et Yaug Chensieou ^ ^ ^ ; tour à tour le commerce, Tagriculture, sont l'objet de l'attention impériale: le censeur T'seng Song-yen ^ -^ ^ demande (20 juin 1898) l'établissement d'une école de minéralogie au nord et au midi de la Chine; Suen Eia-nai ^ ^ |||, président du ministère des charges réclame, 9 septembre, la création d'une école de médecine qui dépendra de l'université de Peking.
C'est ce même Suen Eia-nai qui est nommé (S juillet) recteur de cette université fondée à l'exemple des universités occidentales; la bibliothèque publique et le bureau de traduction de livres, nouveau rouage administratif, sont rattachés à l'université; Ting Weiliang ~r j^ ]^ (9 août 1898) est nommé préfet général des sciences européennes à l'université. On touche à l'arche sacro-sainte des examens militaires, et, chose plus grave en Chine, littéraires; le wen tchang^ ^ j^ matière principale de l'examen, est supprimé; (23 juin). «C'est, dit le P. Etienne Zi, dans Examens littéraires^
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p. 7, note 1, un genre de composition oratoire qui n'a son équivalent exact dans aucone des littératures européennes»; c'est une amplification littéraire sur les Quatre Livres Classiques qui avait d'ailleurs été supprimée, en 1664, par l'empereur E'ang Hi qui la remplaça par une espèce de dissertation, qui devint l'unique matidre du concours. Réforme des règlements en usage aux ministères, suppression d'emplois inutiles.
Les chemins de fer ne sont pas oubliés: ordre est donné à Gheng H'iuen-houei ^ ^ '^ d'activer les travaux du chemin de fer de Peking à Han-Eéou (26 juin 1898); création à Pekingd'un bureau central de mines et de chemins de fer que les grands officiers du Tsong-li Yamen, Wang Wen-chao et Tchang Yn-houan sont chargés d'administrer (S août 1898). Décrets relatift à la protection de la religion chrétienne (12 juillet 1898) et aux relations avec les étrangers (18 septembre 1898):
«Il 7 a quelque temps, Nous avons ordonné au Tsong-li Yamen de réunir en volume les traités et règlements sur le commerce avec les étrangers {T^ong^chang^tchang^teheng S|^^^) et de distribuer le volume à tous les tribunaux de l'empire, afin de faciliter l'observance des règlements fixés».
Sur un mémoire du censeur Song Pé-lou (17 juillet) et un rapport de Suen Eia-nai, la revue Cfie^ou Pao ^ ^ ^ , fondée à Chang Haï, est transformée en journal officiel dont Eang Yeou-wei est nommé directeur responsable.
Les rues mêmes de Peking sont l'objet d'une haute sollicitude (5 septembre 1898):
«La capitale de l'empire est aussi le lieu où doivent commencer les bonnes entreprises. Or, actuellement, ses rues sont boueuses et sales; de plus, les canaux sont obstrués et leurs communications sont interceptées. Il est donc de toute nécessite de réparer les rues et d'ouvrir les canaux; en outre de l'utilité, l'aspect général sera
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grandement amélioré. Nous ordonnons donc an ministère des travaux, arec le concours du bureau de la gendarmerie, du corps des censeurs pour les cinq enceintes de la capitale, et du corps des commissaires des rues, de prendre ensemble des mesures pour curer tous les égouts qui existent tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des murs, en sorte qu'ils communiquent entre eux, ainsi que pour aplanir et réparer toutes les rues et ruelles. Qu'on ne se permette pas de considérer cette opération comme une chose de peu d'importance, et de la faire négligemment. . .»
Ceux d'entre nous qui ont connu tour à tour la poussière, la pluie et la boue de la capitale du Céleste-Empire auraient béni Eouang Siu si ses ordres avaient été exécutés!
Malheureusement, nous touchons à la fin de cette période de réformes, hâtives il est vrai, mais dues à de méritoires intentions, que nous pouvons désigner sous le nom déjà historique: les Cent Jours (10 juin-20 septembre 1898).
Toutefois l'empereur va trop vite en besogne; non seulement il veut des réformes, mais encore il veut châtier ceux qui s'y opposent; nous l'avons vu déjà sévir contre d'importants fonctionnaires, mais il désire frapper plus haut encore. M. Pritchard Morgan, membre du Parlement anglais, qui a récemment voyagé en Chine, raconte que la cause principale du coup d'Etat a été la promulgation de deux édits par l'empereur: le premier était relatif à l'exécution de Jong Lou, actuellement généralissime des forces chinoises. Depuis le 23 juin 1898, Joug Lou avait remplacé par intérim Wang Wenchao, nommé membre du Tsong-li-Tamen, comme vice-roi du Tche-li et surintendant général du commerce du Nord. L'ordre d'exécution avait été confié, dit M. Morgan, au général Yuan; je pense que ce dernier n'est autre que Yuen Ché-kai, i^ "(U^ ^ grand juge au Tche-li qui, après le coup d'Etat, fut nommé vice-président d'un ministère en expectative d'emploi et chargé de la formation des
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troupes (15 septembre 1898) et reçut à titre de récompense 4,000 onces d'ai^ent (29 septembre 1898) et, plus tard par décret (6 janvier 1899), cette insigne marque de faveur impériale:
«Nous accordons à Song E'ing, ;f^ ^ général de division du Se-tchouen, et à Yuen Gbé-kai, vice-président en expectative d'emploi, la £aveur de pénétrer à cheval à l'intérieur du palais Siyuen-men S ^ P^ et de se servir soit d'une barque, soit d'un traîneau». (Dans le lac qui entoure l'île Yong-t'aî, où se trouve la résidence actuelle de l'empereur).
Yuen, fort peu soucieux de remplir sa tache, alla trouver Jong Lou: «Mes lèvres, dit-il en tendant l'arrêt de mort, ne me permettent pas de prononcer de paroles. Avec calme, Jong Lou lut le document, le rendit à Yuen et lui répondit: «Il est de votre devoir d'exécuter les ordres de votre empereur.» Yuen insinua que Jong Lou avait peut-être quelques affaires privées à régler avant d'être décapité et dit en se retirant qu'il reviendrait le surlendemain. A bon entendeur, salut! Jong Lou n'attendit pas naturellement la seconde visite de son bourreau désigné; immédiatement, il prenait le train pour Peking, prévenait l'impératrice du sort qui lui était réservé à lui Jong Lou et du danger que faisait courir à elle, impératrice, un second édit qui l'éloignait de Peking et l'exilait dans an de ses palais d'été. Sans perdre de temps, l'impératrice faisait séquestrer Eouang Siu à Yong-t'aî, petite île du parc impérial, dont on coupait les ponts et elle s'emparait du gouvernement; le décret du 20 septembre 1898 marquait la déchéance de Eouang Siu. !En voici la teneur:
«En ce moment le gouvernement de l'empire est plein de difficultés et toutes sortes d'affaires demandent à être mises en ordre. Nuit et jour. Nous Nous sommes donné beaucoup de mal et de peine pour traiter les innombrables affaires qui se présentaient continuellement. Cependant, après avoir épuisé Nos efforts dans
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l'exercice de Notre charge, Nous craignons continuellement qu'une multitude d'affaires ne soient négligées. £n repassant dans Notre esprit ce qui est arrivé depuis le règne de Tong Tchi (1874-1875) jusqu'à présent, Nous n'oublions pas que l'impératrice, Notre mère adoptive a, à deux reprises, administré l'empire comme régente. Pendant les années de son gourernement, les moyens employés par Elle [K)ur porter un secours efficace aux pressantes difficultés par où l'empire a passé, ont tous été excellents et pratiques. Noos rappelant la grande importance de la charge qui Nous a été laissée par Nos ancêtres, Nous arons plusieurs fois prié instamment (Notre mère adoptire) de vouloir bien Nous faroriser de ses conseils dans le gouvernement et Nous avons appris respectueusement qu'Elle accédait à Notre demande, ce qui fera le bonheur de Nos officiers et de Notre peuple. A partir d'aujourd'hui, les affaires de l'administration seront traitées dans la salle Pien-tien-tien JH ^. De plus, le huitième jour de cette présente lune. Nous, à la tête des princes impériaux et des grands officiers, dans les palais Ein-tcheng-tien IHl ^ Wi f ^0^^ présenterons Nos devoirs à l'impératrice régente, Notre mère adoptive. Que les divers ministres et les cours que l'affaire concerne préparent respectueusement et soigneusement d'avance les rites, qui, à cette occasion, devront être accomplis».
Le jour suivant, le 21 septembre, le censeur Song Pé-lou est déposé, la surveillance des portes du palais impérial est augmentée; de nombreux décrets, y compris celui qui crée un journal officiel (26 septembre), sont annulés; le Wen-tchang est rétabli (9 octobre), enfin, les réformateurs sont mis en jugement par un décret du 26 septembre: «Le ministère des peines Nous a présenté un mémoire où il Nous prie, à cause de l'excessive gravité d'une affaire criminelle, de déléguer les grands officiers, membres du grand conseil, pour l'examiner ensemble. Nous ordonnons donc aux grands officiers, membres du grand conseil, de se joindre aux membres du ministère
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des peines et à ceax de la censure pour examiner rigonrensement le cas des officiers coupables Sia Tche-tsing, Yang Ohen-sieoa, Yang Jouei ^ ^ , Lin Hin jj^ ff^ , âgé de 22 ans, Tan Se-tong, Lieon Eouang-ti ^ ^ ^ et Eang Eouang-jen j^ H "^^f frère cadet de Eang Yeou-wei. Quant à Tchang Yn-houan, quoique des officiers Nous aient présenté des mémoires pour nous dire que les apparences de sa mauvaise conduite sont déjà bien manifestes, cependant il n*a pas pris part à la conspiration tramée par Eang Yeou-wei. Nous ordonnons qu'il soit gardé à vue temporairement en attendant que Nous donnions un décret statuant sur son sort. Le cas de Eang Yeou-wei, qui a tramé la conspiration en ?ue de ses intérêts personnels, est ezcessiyement gra?e. Nous arons déjà précédemment chargé le ministère des peines d'examiner Siu Tche-tsing et les autres adhérents à la conspiration; mais la Oour, voulant se montrer libérale et indulgente envers des officiers et des gens du peuple qui ont été trompés par les principaux conspirateurs, n*a pas permis qu'on fit des recherches sévères à leur égard, ni qu'on les impliquât dans le châtiment avec les principaux coupables. Elle veut ainsi montrer par là les excellents désirs qu'elle a de ne se servir des peines qu'avec grande circonspection».
Le 29 septembre, les malheureux étaient condaunés, mais Eang Yeou-wei était en fuite et il était ordonné <à tous les vice-rois et à tous les gouverneurs des provinces de faire secrètement des recherches sévères pour le prendre et le juger d'après la rigueur des lois».
Le Sifi'Ouen Pao ^ |^ ^ * publié à Ohang Hai, raconte que les réformateurs avaient été traduits devant un tribunal composé des présidents et vice-présidents du grand conseil du ministère de la justice et de la cour des censeurs. Siu Tche-tsoog, second vice-président
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du tribunal des rites, le censeur Yang Chen-sleou, Yang Joueî, rédacteur à l'académie Han-lin, Tan Se-tong, fils du gourerneur du Hou-Pé, Lin Hiu et Lieou Eouang-ti, secrétaires de première classe au grand conseil et Eang Eouang-jen, licencié, frère cadet de Eang Yeou-wei, furent jugés, sauf le premier, comme traîtres, indignes de pardon. Le 28 septembre, les accusés étaient devant le tribunal, il était presque nuit, lorsque l'ordre arriva de les décapiter sur-lechamp. Les condamnés moururent bravement, et à l'exception de Eang Eouang-jen, dont personne, par crainte de châtiment, n'osa ensevelir le cadavre, les cinq autres corps et les têtes furent recueillis par les familles des victimes et placés dans des cercueils. Ceci se passait dans la partie du palais impérial qui se trouve au bout de la rue des Légations. Lee diplomates étrangers étaient dans l'ignorance la plus profonde de la tragédie qui se passait à deux pas de leurs demeures.
Siu Tche-tsong n'était coupable que d'avoir recommandé Eang Yeou-wei, camarade de classe de son fils, chancelier littéraire du Hou-nan, sur la demande de ce dernier; aussi eût-il la vie sauve, mais il fut condamné à la prison perpétuelle.
Un tél^pramme fut lancé pour arrêter Eang Yeou-wei à Tchéfou, où Ton pensait qu'il s'arrêterait, ce qui eut lieu en effet; heureusement pour celui-ci, lors de son débarquement le tao-taï était absent à Eiflo-tchéou. Jong Lou lança le contre-torpilleur Fei-ying de Weï- Hai Wei à la poursuite du Chung^King qui portrait Eang à Ohang Haï. Le fugitif échappa une fois encore à ses bourreaux et il arriva enfin sain et sauf à Hong-Eong le 30 septembre 1898 sur le vapeur de la Péninsulaire BàUaarat^ escorté, pour éviter toute attaque, du croiseur Bonaventure. Depuis, Eang Yeou-wei a passé par le Tong-Eing et a enfin trouvé asile à Singapour, d*où les agents secrets chinois ont essayé à plusieurs reprises de le faire sortir. Il était parti de Singapour pour Londres le 23 fév. 1900, mais il se ravisa, et le
même jour il rentrait dans la première ville dans le bateau da pilote. Depuis an édit impérial a ordonné à Li Hong-tchang de détraire les tombeaox des ancêtres de Eang et a mis la tête du réformatear au prix de 100.000 taels.
On raconte que le jour même du coap d*Etat de Timpératrice (22 septembre), quatorze eunuques dévoués à Tempereur furent exécutés dans la cour du Grand-Eunuque, Li Lien-yin, qui fut d'ailleurs empoisonné quelque temps après. Jong Lou lui était hostile.
En dehors de Eang Yeou-wei, Liang Ei-tchao, rédacteur en chef du Chinese Progress, et Wang Tchao ^ f^ , secrétaire du ministère des Rites, avaient également réussi à prendre la fuite.
Des perquisitions avaient été faites dans la maison de Eang Yeou-wei à Canton, pour j trouver des preuves de sa rébellion:
<T*an Tchong-lin ^^IH, vice-roi des deux Eouang *), Nous
S) Il y a en Chine hnit Tica-rois on goaYernenn-généraaz (têonç-iw), qui sont tctnel* lement: 1^ Le Tehe-IÀ Isan^-iou. qai administre le Tche-Li: Wang Wen-chao, qni était vioe-roî, fat nommé membre dn Teong-li Yamen (88 jain 1896) et remplacé par intérim par Jong Lon, le généraliasime ; ce dernier, placé an Grand Conseil, Yû Ion Sg( jw Mandchou, ancien maréchal tartare de Foa-Tchéon, goavernear da Ngan-Hoaei (octobre 1874), gonvernear général do Hoa-Koaang (arril 1885) pais da Se-Tchouen, à la place de Lieott Ping-tchang ^{|| ^^ JiSl , fat nommé yice-roi da Tche-Li (28—89 septembre 1898). Il s'est saicidé, paraît-il, après la bataille de Peî-Tsang; pea de temps auparavant, l'impératrice lai donna Li Hong-tchang comme saccessear, qai n'avait pas rejoint son nouveau poète; an télégramme annonçait qu'elle aurait fait choix maintenant de Tchao Chou-k'iao, da Chen-8i, ancien tab-tai de Wen>Tchéon (janvier 1892), premier vice-président dn ministère des travaux, ennemi acharné des étrangers, dont les généraux alliés réclament l'exé* cation. 8® Le Lûmç (deux) Kianff tiong^tou^ qui administre le Kiang-Sou, le Ngan-TIouei et le Kiang-Si (les deux Kiang sont le Kiang-Si et le Kiang-Nan, dédoublé sous K'ien Long en Kiang-Sou et en Ngan-Hoaei) : Lieou Kouen-i, voir infra. H^ L^ Mim-TeAâ isonç-iom, qui administre le Fou-Kien et le Tche-Kiang (le Min est la principale rivière du Fou-Kien) : Sin Ying-k*oaei, §f jm fS^ originaire du Kouang-Tonng, a été chancelier littéraire du Kan-Sou (1878), vice-président du ministère des finances (mars 1882), etc. M. Pichon, M. Conger, lui ont fait visite cette année. 4® Le JÀamg'Hou têong-tou, qui administre le Hoa-Pé et le IIou Nan (ancien Hou-Kouang): Tchang Tche-tong, voir supra. 6® Le lÀang-Koiuatg ttOMg-tùu^ qui administre le Kouang-Toung et le Kouang-Si, sans titulaire, Li Hong-tchang ayant été nommé au Tche-Li; Li avait remplacé, Tannée dernière, T'an Tphong-lin, originaire da Hoa*2Can, ancien vice-roi de Fou-Tcbéou (juin 1898), qui avait
18 HINBI OORDIBR.
a adressé un mémoire que Noas avons reça hier, où il Noos dit qne, dans la maison de Ejing Yeoa-weï, il a tn^nyé plasieura lettres écrites par les conjarés; il les a fait lithographier et il Nous les envoie ponr que Nous puissions les examiner. On peut constater
M d^plac^ de Canton, à la demande des Français. 6** Le Twê-Komei Uong-tou, qni administre le Yan-Nan et le Koaei-Tcheoa : Song fan, Jfj^ js Mandchoo, ancien gonverneur da Koaei-Tcheou (jaillet 1891); lors de Teiode de M. François, il ^iait absent; le gouyemenr par intérim était Ting. 7® Le Cken-Kam Uong-tau, qoi administre le Chen-Si et le Kan-Son: Tao Mo, UH 7^L originaire da Tehe-Kiang, ancien jage an Tehe-Li (octobre 1685) et commissaire des finances an Chen-Si (mai 1888). 8® Le Se-Tehomen, tWMff'tau, qui administre le Se-Tchoaen : K'oaei-ldonn ^^ 'W , Mandchou, ancien gOQTf r^ nenr da Chan-Si (novembre 1891) et da Kiang-Soa (mai 1892), a remplacé an Se-Tchoaen Yû Loa, qoi a saooédé à Lieoa Ping-tehang, aaqael on avait yoola donner li Ping-heng comme snccessear. Yû Lon a été nommé depuis au Tche-Li.
Au-dessous des ttong-tou il y a quinze gouverneara ou fou-im; ceux du Chang-Tonng, du Chan-Si et du Ho-Nan ne relèvent toatefois d'aucun tsong-tou; le Se-Tchouen n'a pas de fou-taî. 11 est nécessaire de connaître quelques-uns de ces fonctionnaires: CAamSiz Yu H'ien, ennemi des étrangers, désigné par les généraux alliés pour 6tre exécuté, est Mandchou; il a remplacé Hou Fin-tchi, révoqué parce qn*il était trop dépensier; il était gouvemear du Chan-Tonng, oil il avait remplacé, le 16 mars 1899, Tchang Jou-mei, du Ho-Nan, qni avait été dénoncé par le leeteur des Han Lin, Tch*èn Ping-ho; Yu H'ien fut déplacé à la demande des Allemands et remplacé au Chan-Toung par Yuan Che-k'ai, — CAoïi- Tnmffi Yuan Che*k*ai; inutile de revenir sur ce personnage, dont nous avons d^a parlé.
— CÂen^Sii Wei Kouang-tao, du Hon-Nan, ancien gouverneur du Turkcstan. — So»-Nitm: Yfi Lien-san, du Tehe-Kiang, a remplacé Tch'èn PaoHshên, du Fou-Kien. — Kouâi-TeÂsom: Tëng Houa-h'i, du Kouang-Toung, gouverneur du Ngan-Hooeî, il avait été désigné pour remplacer Hou Pin-tcbi an Chan-Si, mais sa place fut donnée à Yu H'ien, sous le prétexte qu'étant Cantonais il devait 6tre partisan des réformes; il remplaça, le 15 mars 1900, an Konei-Tcheou, Wang YÛ-tsao, da Hou-Pé, mort en mara cette année. — Kùmç- Soui Lou Tch'ouan-lin, du Tche-Ii, ancien gouverneur du Chen-Si, nommé le 11 jaillet 1899. — Tehe-Kiang: Lieou Chou-t'ang, du Yun-Nan. — NçM-Hau&i,' Wang Tchi-k'ioun, du Hou-Nan, ancien trésorier du Hou-Pé (janvier 1891), avait été nommé au Chan-Si, lorsqu'il fat transféré au Ngan-IIonei à la place de Têng Houa-h*i, nommé au Chan-Si (3 novembre 1899), qui fut lui-même remplacé dans ce dernier poste qu'il n'a pas occupé par Yu H'ien ; Wang a été l'ambassadeur envoyé spécialement à Saint-Pétersbourg pour présenter à l'empereur Nicolas II les condoléances de la Chine lors de la mort d^Alexandre III, h la fin de 1894; il a pris une part active aux négociations qni ont amené la signature de la convention Caisini ; il est ami de la Russie, du prince K'ing et de Siu King-tcheng — Ho-Htm: Yû Tch'ang, Mandchou, ancien trésorier du Tche-Li (10 août 1889), frère de Yfi Lou — Kouang-Si: Houang Honei-sèo, du Konang-Tonng, ancien trésorier du Kouang-Si (mars 1898).
— Kwanç-Toung : T6 cheoo, ancien trésorier du Ngan-Houei (mai 1892), nommé à Canton I 11 jaillet 1899; il appartient aux Bannières chinoises {Han kimn, ^£ S?)*
LA RivOLUTIOV BN CHINK. 19
qae les propos de rébellion forment des chapitres et occupent des lettres entières; on j honore même Tang Se-tong da titre de président, et l'on y afiSrme qae la Gonr impériale est dans an état sans remàde. Poar dater les lettres, on ne s'y sert jamais des années da r^ne de Eoaang Siu, mais on écrit en gros caractères «après >Gonfocias, tel millième, tel dixième (et) telle • année» . Toutes et chacune de ces absurdes et extravagantes circonstances montrent le plus clairement possible que Eang Yeou-wei et ses correspondants étaient tous des sujets séditieux et des fils rebelles. Dans la correspondance en question, beaucoup de personnes sont impliquées; mais pour Noas montrer généreux, Nous ne voulons jpas que l'on fasse des recherches sur les membres de la conspiration et Nous ordonnons qu'on brûle toutes les lettres originales indiquées plus haut. Eang Teou-wei ayant le premier lancé des propos séditieux qui ont trompé et séduit plusieurs. Nous n'avons pas pu Nous empêcher de publier ses méfaits, en vue d'étoufier les germes de la rébellion» ^).
Le grand tort des réformateurs a été de chercher à transformer la Chine en un temps trop court, de toucher en même temps à tous les rouages de l'administration, de frapper à la fois tous les abus. La révolution de 1868 au Japon était une reprise du pouvoir par le roi fainéant sur le maire du palais, par le souverain sur le chef militaire, par le Mikado sur le Shogoun. Il y avait une féodalité à écraser, non une tradition séculaire à bouleverser.
Un des hommes les plus intelligents de la Chine actuelle, Tchang Tche-tong, vice-roi des deux Hou, dans son Kien'hio PUen (Exhortations à l'Etude), ne voit pas le danger que fait courir à son pays sa routine indéracinable; à plus forte raison, le lettré ordinaire qui vit de cette routine, la défendra-t-il plus âprement encore:
«Dernièrement une revue anglaise se moquait des Chinois en disant: «Ceux-ci ne veulent pas que la Chine devienne un empire
9) Tobar, p. 96.
20 HBNRI OORDIKB.
paissant en changeant ses vieilles méthodes», et on donnait comme raison de cette déraisonnable conduite leur excessif attachement à la doctrine de Confncins. Mais en disant cela, la Revue se trompait; car nos Quatre Classiques que les Européens ont traduits ne contiennent que la doctrine telle qu'elle leur a été expliquée par quelque lettré vulgaire, ou par quelque maître d'école de village; en sorte que le journaliste anglais, ne connaissant pas la doctrine de Confiicius, est après tout assez excusable. . . En vérité, la doctrine de Confucius développe grandement la culture (intellectuelle et morale) de ses adeptes; elle façonne et restreint Fortement leurs mœurs au moyen des rites; elle prescrit de repasser les connaissances de l'antiquité tout en apprenant les choses nouvelles; elle aide le ciel (et la terre) dans la production et le développement des êtres et pénètre jusqu'au fond l'intime nature des choses. Quant au gouvernement enseigné par Oonfucius, il se réduit à faire respecter ceux qui sont dignes de respect et à faire aimer ses proches; il enrichit d'abord le peuple, puis il s'occupe de son éducation; il cultive les vertus propres au temps de la paix et fait des préparatifs pour la guerre; il accomode enfin son enseignement aux besoins du temps présent. En un mot, C!onfucius, par ses vertus, s'est joint aux mille saints, il égale les cent rois, il forme une troisième puissance avec le Oiel et la Terre et coopère ainsi à la transformation de toutes choses».
Les deux principaux auteurs du coup d'Etat étaient l'impératrice douairière et Jong Lou, dont Eang Teou-wei, dans l'ouvrage que nous avons déjà cité, fera le portrait suivant'^):
«Jong Lou possède un cœur de tridtre et complote pour luimême de prendre le trône. Pendant un long temps, il n'a pas été
10) North-Ckma Herald, 25 ayril 1900.
ha RÉVOLUTION BN CHINE. 21
meilleur que Tsa Tsa (250 ans après J.-O.) et il se sert de l'impératrice douairière comme d'une patte de chat pour poursuivre ses propres projets de trahison. Il ne craint ni les dieux ni les hommes. Il a publiquement détrôné l'empereur à la pleine lumière du jour. Il détruit cruellement le juste et le loyal. Cependant ce traître usurpateur s'en réfère au droit du Teh*oun Ts*ieou pour soutenir ses actes. C'est à cause de cela que, sans hésitation, nous l'appelons un voleur rebelle et que son assassinat serait tout à fait justifié. Combien plus encore depuis qu'il a usurpé le trône et emprisonné celui qui, volontairement, sacrifiait sa vie pour le salut de son pays?»
La vengeance de l'impératrice douairière n'était pas assouvie; il fallait d'abord faire reconnaître ses erreurs à l'empereur et désavouer son principal conseiller Eang Teou-wei. La Gazette de Peking du 18 décembre enregistre cet aveu, arraché à sa faiblesse:
«Dans Notre recherche d'hommes de talent et capables. Nous Nous en sommes beaucoup rapporté à Tavis et à l'aide de Notre tuteur, Wéng T'ong-ho ^ ^ ^- Nous eûmes confiance en lui, naturellement. Quels ne furent pas depuis Nos pensées et l'excès de Notre indignation quand il fut prouvé que ce même Eang Yeou-wei cherchait secrètement à créer une révolution, à grouper autour de lui un parti d'hommes dégradés et égoïstes et Nous avait presque engouffrés déjà dans la révolution qu'il avait l'intention de déchaîner sur l'empire! Lui qui Nous avait presque chargé du crime d'impiété filiale vis-à-vis de l'impératrice douairière, ruinant Notre réputation et faisant de Nous une figure de mépris à montrer du doigt aux générations futures! Eang Yeou-wei a créé une faction dont le mot d*ordre était «Protéger et défendre la Chine», non prot^er et défendre la dynastie impériale (Ta Ts'ing). Son intention, de plus, était d'inaugurer une république à la place de l'empire — pour avoir un prudent à la place d'un empereur. Mais, du moment où Nous eûmes vent de ces plans. Nous Nous hâtâmes de nous jeter
22 HKNRI COBDIBll.
SOUS la protection de Timpératrice douairière et nous suppliâmes Sa Majesté de venir à Notre seconrs et d'assumer les rênes du gouvernement à Notre place. Par ce moyen seulement, Nous réussissons éventuellement à être sauf et à changer le dfanger pour la paix» ^^).
Mais l'impératrice n'est pas encore satisfaite; cet empereur qui a osé la braver doit être châtié, il est désormais indigne de régner. Grâce aux gazettes de Peking et aux commentaires qu'en donne lenr excellent traducteur dans le North-China Herald^ nous pouvons reconstituer ce nouvel acte de la tragédie.
La Gazette du 23 janvier 1900 ordonne à P'ou Wei j^ ^ , prince de Kong; aux princes Tsai Lien ^ ^, Tsai Ting ^ ^ et Tsai Lan ^ }|| ^^); aux grands secrétaires, aux grands chambellans, aux contrôleurs généraux de la maison impériale; aux fonctionnaires du collège impérial des inscriptions; aux membres de l'Académie Han lin et aux présidents mandchous et chinois des six ministères de se préparer à une audience spéciale pour le lendemain. Le grand secrétaire, Li Hong-tchaug, qui a vent de la chose, est le seul des grands mandarins de la capitale qui n'assiste pas à l'audience, il a eu soin de prendre à temps le bateau pour rejoindre son poste à Canton.
La Gazette du 24 nous marque le cérémonial usité pour le couronnement d'un nouvel empereur:
«Ici Nous ordonnons que tous les princes, ducs et ministres de la cour impériale soient revêtus de robes de cour le 26 courant; on attend de chacun d'eux de présenter une paire de sceptres (jou y ^ ^) »» trône».
11) NoHh-CHna HeraU, é arril 1900,
12) Tous les trois fils de Yi Tsoaog, prince de Toan, oinqaième fils de Temperenr Tao Koaang. *
LL RivOLimON EV OHINB. 28
Le tradactear commente cet ordre de la manière suirante:
«La cérémonie d'offrir des sceptres est observée seulement au couronnement d'un nouvel empereur et est considérée comme un signe d'allégeance au lieu d'un serment de fidélité comme dans les contrées occidentales. Les apologistes de l'impératrice douairière essayent tout ce qu'ils peuvent pour niçr son intention de déposer l'empereur Eouang Siu et disent qu'elle dâsire seulement nommer un héritier présomptif, mais le décret ci-dessus apparaît en noir et blanc comme une claire réfutation. Car dans la loi chinoise la présentation des sceptres ne signifie pas autre chose que le signe d'all^eance à un nouvel empereur. Il est bien entendu, naturellement, que, même depuis le coup d'Etat de 1898, tous les décrets soi-disant «impériaux» ont toujours été publiés par l'impératrice douairière; Eouang Siu depuis ce temps ayant été considéré comme n'existant pas».
Enfin, on arrache au malheureux Eouang Siu son abdication, en lui fÎEdsant désigner un héritier présomptif au trône:
«Lorsque encore pendant notre enfance, Nous fûmes, par la grâce de l'empereur Toung Tchi choisi pour lui succéder dans les lourdes responsabilités comme chef de tout l'empire, et quand Sa Majesté mourut, Nous cherchâmes jour et nuit à mériter une telle bonté par Notre énergie et la fidélité dans Nos devoirs. Nous fûmes aussi redevable à l'impératrice douairière qui Nous enseigna assidûment et Nous chérit et Nous lui devons, aujourd'hui. Notre salut. Maintenant il doit être coxinu que lorsque Nous fûmes choisi pour le trône, il fiit alors convenu que, si jamais Nous devions avoir un fils, ce fils serait proclamé héritier du trône. Mais même avant l'année dernière (1898) Nous avons été constamment malade et c'est pour cette raison que le huitième mois de cette année (septembre (1898), l'impératrice douairière accéda gracieusement à Nos prières instantes et prit en main les rênes du gouvernement à l'ef-
24 HBNEl OOBDIBB.
fet de Nous instruire de nos defoirs. Une année a passé maintenant et Nous Nous trouvons encore un invalide; mais, gardant toujours à Notre esprit qu'un I^éritier légal devrait être choisi pour le trône, par égard pour le salut de l'empire de nos ancêtres, Nous priâmes de nouveau l'impératrice douairidre de choisir avec soin parmi les membres du clan impérial un prince vertueux et sobre pour Nous succéder, et cela elle l'a fait en la personne de P'ou Tch'un ]^ 0^, fils de Tsai Yi ^y|^f prince de Touan, de second ordre >•
Eouang Siu désigne son successeur:
«Nous ordonnons ici que P'ou Tch'un, le fils de Tsai Yi, prince de Touan J{|^ ^ B£ « ^® second ordre, soit déclaré héritier de feu l'empereur Toung Tchi».
C'était un véritable suicide, si ce n'était la préparation d'un assassinat. C'était en d'autres mots, dit le traducteur, succéder à Toung Tchi comme empereur, tandis que Kouang Siu est considéré comme usurpateur du trône, son élection comme successeur de Toung Tchi étant soudainement découverte comme ayant été illégale, après vingt'Cinq ans!
Enfin, un dernier décret marque bien la déchéance impériale:
« Nous ordonnons ici qu'au premier jour du nouvel an (SI janvier), le devoir qui nous incombait habituellement de sacrifier aux autels du Très-Haut, à la salle des Ancêtres impériaux et an temple de la Longévité impériale sera entrepris par le Ta A Ko (héritier présomptif P'ou Tch'un > ").
n est nécessaire maintenant d'entrer dans quelques détails sur la famille impériale pour comprendre la situation respective de l'empereur et de son héritier dâsigné, P'ou Tch'un, jeune prince de quinze ans. La dynastie mandchoue Ta T^sing ^ ]||, qui
18) Oauttâ da 24 janvier 1900. — NortA-CAina Herald, 18 avril 1900.
LA BBYOLirnON BN OHINE« 25
règne sur Tempire du Milieu depuis 1644, a compris les empereurs suivants: Choueu Tchi j|g }^ (1644-1661), E'ang Hi j^ Bg (1662-1722), Yong Tcheng ^ JE (1728-1735), K'ien Long ^ ^ (1736-1795), Eia E'ing ^g (1796-1820), Tao Kouang ^it (1821-1850), Hien Poung J^ ^ (1851-1861), Toung Tchi ^ yj§ (1862-1875), Kouang Siu ^ ^ (1875-. . .)• L'empereur Tao Eouang a eu neuf fils, désignés par le nom de Ti ^ , pour les distinguer des fils de Eia E'ing désignés par Mien jf^\ le quatrième fils de Tao Eouang, Yi Tchou ^ |^, régna comme Hien Foung: il fut remplacé naturellement par son fils Tsai Tchoun {Tsai ^ étant le caractère désignant sa génération) qui monta sur le trône comme Toung Tchi.
Quand Toung Tchi mourut sans postérité, on choisit parmi les enfiEints de ses oncles celui qui pourrait lui succéder et le choix se porta sur le fils de Yi Houan Z(^ ^ , prince de Tchouen ^jf ^ ^ , Tsai Tien ^ ^^ , par conséquent de la même génération que son prédécesseur Tsai Tchoun, né à Peking le 2 août 1872. C'est lui qui règne sous le nom de Eouang Siu; il a donc été très régulièrement nommé empereur. Ceux qui discutent la ralidité de son élection disent que Toung Tchi étant mort sans enfants, on devait rechercher son successeur, non pas dans la descendance de Tao Eouang, mais dans celle de ses frères, génération Mitn^ fils de l'empereur Eia E'ing, génération Tong ^ . En effet, l'empereur E'ien Long avait décidé que sa postérité serait désignée, suivant chaque génération par les caractères Yong, Mien, Yi et Tsai.
L'empereur Tao Eouang ajouta les caractères P'ou |^, Yû ^^^ Heng jg et E'i jgH^ , et Hien Fonng ceux de Tao ^ , E'ai ^ , Tseng Jt «* K'i j^.
Suivant la théorie des adversaires de Eouang Siu, il fallait chercher le véritable successeur de Toung Tchi, dans la descendance de liien E'ai, ^ i|§ prince de Toun E'io '^ t^ ^ B£ ' troisième
UBNBI CORDISR.
filfl de rempereur Eiâ E*ing et frère de l'empereur Tao Eouang;
Mien E'ai avait adopté son neveu, le cinquième fila de Tao Eouang,
Yi Tsoung ^ ^, prince de Toan '|^ ^ 3^t dont le second fils,
Tsai Yi ^V^i adopté comme héritier du quatrième fils de Eia
E'ing, Mien Hien ^ ^ , est le prince Touan, qui fait tant de bruit
aujourd'hui, et qui est le propre père de P'ou Tch'un, l'héritier
f désigné du trône. Comme on vient de le voir, la génération P^ou
succède à la génération Tsai.
Yi-k'ouang ^ ^ , prince E'ing JH ^ B£ ^^ premier rang (le prince Ghing des Anglais) appartient à la famille impériale, mais sa lignée remonte au delà de l'empereur Eia E'ing, à E'ien-long ^*).
Ces détails sont extrêmement arides, mais il est indispensable de les donner pour faire comprendre le drame qui vient de se jouer à Peking.
vn.
Cependant l'impératrice rapportait tous les décrets, entre autres celui qui créait un journal officiel; elle rétablissait le Wen tchang, etc.; elle contremandait une grande revue de l'armée, ordonnée par Eouang Siu, et pour se concilier les bonnes grâces des troupes, elle donnait (29 septembre) «au général de division Nié Ché-tchen ^ dL J^ une récompense de 6,000 onces d'argent, au viceprésident Yuen Ché-kai une autre de de 4,000, à Tong Fou-siang lEâliÂ^' onfii^) une autre de 8,000 à distribuer: la première somme parmi le corps d'armée Wou-i-Eiun "0^^^^ la seconde parmi le corps d'armée Sin-Eien-lou-Eiun ^ ^ |^ ^ * et la troisième parmi le corps d'armée de la province du Ean-sou».
Les diplomates étrangers assistent avec une inconscience rare aux graves événements qui se passent sous leurs yeux; ils permettent même à leurs femmes d'assister à une audience impériale et
14) Voir A. Vissière, T*aunff Pao, Séné II, Vol. I, p. 842—344.
LA BivOIiUTION HT CHINK. 27
l'on voit, le 13 décembre 1898, lady Macdoaald, femme de sir Claude Macdoaald, représentant la reine d'Angleterre, à la tâte des femmes de sept ministres étrangers, aller saluer la soureraine qui vient de se couvrir de crimes et qui se prépare à faire disparaître l'empereur.
Parlant de l'impératrice-douairidre, Mrs. Conger, femme du Ministre des Etats-Unis, écrivait apràs cette audience: «Elle semble gaie et heureuse; sa figure respirait la bonne volonté. On n'y apercevait aucune trace de cruauté. Elle nous souhaita la bienvenue en des paroles simples, mais ses gestes étaient plein de liberté et de chaleur. Elle se leva et nous souhaita d'dtre bien. Elle tendit les deux mains vers chaque dame, et disait, avec beaucoup d'empressement enthoQsiaste: «Une famille; toutes, une famille». Elle était tràs cordiale, et lorsqu'on nous passa le thé elle s'avança et trempa ses lèvres dans chaque tasse. Elle en prenait un peu, puis levait la tasse de l'autre côté jusqu'à ses lèvres, et disait encore: «Une &mille; toutes, une famille». Cette excellente Mrs. Conger devait apprendre bientôt ce que pensait véritablement l'impératrice de sa «famille» et à connaître le traitement qu'elle lui réservait.
Le 8 mars 1900, l'impératrice donna un banquet aux dames des légations dans la Salle du Trône des Cérémonies de la Cour.
Mais Eang Yeou-wei n'abandonne pas son maître; dans son ouvrage, que nous citons encore, il crie à tout le monde les mauvais traitements dont l'empereur est l'objet;
«Mettez Eouang Siu sur le trône et la Chine sera rajeunie. Les sou£frances que l'empereur a personnellement endurées parce qu*il essaya de réformer le gouvernement et de sauver l'empire, ont été terribles.
«1^ Autrefois il était fort. H est émacié maintenant et des docteurs indigènes sont employés pour lui administrer des poisons.
«2^ Il est confiné dans l'île de Tong t'ai, comme un vulgaire félon, et il lui est interdit de voir qui que ce soit.
28 HBVKI OOBDIKR.
<8^ Ses fonctionnaires loyaux ont tons 6\é on bannis ou ezécntés.
<4® Ses pieds ont 6t6 brûlés avec des fers ronges.
«5^ Quand il demande la moindre douceur, elle lui est refusée et on ne lui donne que le riz le plus grossier.
«6^ Son épouse, même pendant la saison la plus dure, n*est autorisée à porter aucun vêtement chaud et doit se vêtir d*habits d*été.
«Ne sommes-nous pas enragés à la pensée de Tignominie et de la peine auxquelles notre bon empereur est exposé? Ceux — Tim* pératrice douairière et Jong Lou — qui ont entassé toute cette misère sur lui sont des voleurs, des scélérats et des traîtres, et chacun est justifié de les assassiner, comme les Japonais, jadis, tuaient leurs généraux ambitieux, qui, inspirés par les mêmes motifs, agissaient de même» ^*).
La province murmure des tortures infligées à l'empereur; les vice-rois du sud de Tempire laissent entrevoir la possibilité d*un soulèvement général; l'impératrice entre dans une fureur qu'augmente encore l'empoisonnement de son favori, le grand eunuque; elle est prête à commettre tous les excès. Ses conseillers la poussent dans la voie de la réaction à outrauce. Deux censeurs ne vont-ils pas jusqu'à lui conseiller de supprimer le Tsong-li Tamen, créé le 19 janvier 1861, et de le remplacer par le Li-fan Touen, bureau chargé des affaires de Mongolie et des Etats tributaires? . . .
L'attitude de l'armée est inquiétante; on en a confié le commandement au général Tong Fou-siang, notoirement connu par son hostilité contre les étrangers.
A la suite d'un mémoire de Yi-k'ouang, adressé à l'empereur, pour rendre compte de la revue qu'il avait passée de l'armée du Ean-son, où il dit «qu'il a passé en revue toutes les troupes commandées par Tong Fou-siang, qu'il a trouvé tous les o£5cier8
15) North'China Herald, % mai 1900.
LA BârOLUTION RN OHINB. 20
et soldats également habiles et Tigonrenx, que les divers régiments et escadrons sont dans un ordre excellent, qu'ils sont très exercés dans les divers monyements militaires et que le susdit général, ayant si bien discipliné ses troupes, et les ayant si bien exercées», il est ordonné par décret impérial du 11 novembre 1898, «que les objets suivants soient envoyés en cadeau au général Tong Fou-siang, à savoir: un tube à plumes de paon et un anneau digital, l'un et l'autre en pierre précieuse blanchci et une petite épée avec garde de la même matière; nous voulons par là lui manifester notre estime. De plus, nous ordonnons qu'une somme de 10.000 taëls, fournie par le ministère du cens, soit distribuée parmi les soldats, et que deux cents petits rouleaux de soie pour fitire des habits soient également fournis par le même ministère et remis à Tong Fou-siang pour qu'il les distribue en cadeaux parmi les chefs de régiment et de compagnies. Enfin, nous ordonnons que les troupes commandées par le général Tong Fou-siang, après s'être reposées pendant quelques jours, aillent s'installer dans leurs campements respectifs; elles y continueront sérieusement leurs exercices militaires, afin de s'y perfectionner de plus en plus. Par là elles répondront aux excellents désirs de la cour pour la formation de l'armée > ^*).
Enfin, les ministres étrangers s'inquiètent; ils demandent des gardes. Le général Yuen, vice-roi par intérim du Tehe-li, s'oppose à leur départ pour Peking. Le Tsong-li Yamen finit cependant par accorder l'autorisation nécessaire aux détachements étrangers d'entrer à Peking et d'occuper leurs légations. Le 1^' octobre 1898, 66 soldats russes, dont 30 cosaques et 36 soldats d'in&nterie de marine, avec deux pièces d'artillerie de campagne, 25 soldats anglais d'infanterie de marine et 30 soldats allemands traversent la ville pour occuper leurs postes respectifs.
16) Tob«r.
80 HBHBI OOBDXBB.
L'impératrice dissimule encore sa colèrCf mais il lai tarde d*agir. Ses conseillers dans la réaction et dans sa haine de l'étranger ne l'arrêteront pas dans sa fante suprême, Quos vult perdêre Jupiter • . .; elle va faire appel aux sociétés secrètes qui troublent son empire et qui, si elles combattent l'étranger, menacent également son trône. En complotant la destruction des barbares d'Occident, elle déchûne la tourmente qui a dû l'emporter elle-même à l'heure actuelle.
vm.
J'ai eu l'occasion de parler des nombreuses sociétés chinoises, il 7 a douze ans, dans la Betme d'ethnographie. Je me bornerai donc à dire que la principale des sociétés politiques est celle des Triades Sau-ho-hœi H -^ ^ ou du Ciel et de la Terre Tien-Ti-hoei ^ iA'^9 qui a pour objet le renversement de la dynastie actuelle; elle a d'ailleurs failli réussir. Les fameux rebelles T^axPUng ^ ^ ou Tchang Mao ^ ^ ^ étaient d'origine triade et l'on sait quelle fut la rapidité des succès de leur chef Hong Siu-tsuen ^ ^ ^ . Partis du Eouang-Si et du Eouang-Toung, les T'aî-ping remontèrent jusqu'au Eiang, s'emparèrent de Nanking en 1853, firent une pointe dans le Nord à travers le Ho-Nan jusqu'au Tche-li, se répandirent dans les riches provinces du Eiang-sou et du Tchékiang et ne furent définitivement écrasés qu'en 1864 (reprise de Nanking par Tseng Eouo-fan, 9 juillet 1864), grâce à l'appui donné aux troupes impériales chinoises par des contingents français et anglais Les T'aï-P'ing, refoulés du Eouang-Si dans le Tongking, y formèrent les Pavillons noirs et les Pavillons jaunes.
A cette société des Triades se rattachent presque toutes les sociétés secrètes dont on a parlé pendant le courant du siècle', la société du Nénuphar blanc, Pei-lien^kiao ^ ^ ^ , dont les adhérents réussirent à occuper le palais impérial à Peking le 18 juillet 1813, sous l'empereur Eia E'ing; le Ko Lao-Hoei ^ -^ '^ y le
LA BlBVOLTTTION IN CUimB. 31
Ta Tao-Hoei (Grand Couteau), etc. L'association maintenant célèbre des Boxeurs est Tappellation locale, dans le Chan-toung, du Ta Tao'Hoei ^ yj '^. La niau Taise administration, le commerce illégal de l'opium, la contrebande du sel, la destruction entière ou partielle d'un millier de villages par le fleuve Jaune, au sud-ouest du Chan-toung, ont été l'origine de l'association du Grand Couteau; l'occupation de Eiao-tcheou par les Allemands a été le prétexte du soulèvement des Boxeurs qui, du Chan-toung et de l'est du Tche-li, menaçaient la Chine entière. M. E.-H. Parker, dans une lettre récente au Times, dit qu'un auteur chinois les fait remonter jusqu'à la dynastie des Soung, détruits au treizième siècle par les Mongols, et qu'antérieurement les souverains turcs et toungouses de Chine jouaient au polo et assistaient à des concours de boxe.
Depuis plusieurs années, il n'y a pas pour ainsi dire de province de Chine qui n'ait été troublée par des émeutes, causées soit par la haine de l'étranger, soit par la famine ou tout autre motil L'une des plus tenaces a été celle de la préfecture de Eouo-Yaug dans le nord du Ngan-houeï; elle a été terminée en 1809 par la prise de son grand chef Lieou «Ea-ta». Ea-ta est un surnom marquant que le cou et la figure de cet homme étaient couverts de boutons; le soi-disant roi de cette confédération rebelle, Niu Chih'iu et ses fonctionnaires lui obéissaient. Niu a été décapité immédiatement. Le vieux Lieou Eouen-I '^)| vice-roi des deux Eiang, avait eu toutes les peines du monde à réprimer cette révolte.
Au mois d'octobre 1899, à dix milles au nord-est de Si-Ngan
17) Lieon Kooen-I ^|| i^ — * est né le 21 janvier 1880, dans le Hoa-Nan; entra dans l'armée en 1856, pais passa an civil, devint juge an Koaang-Si pnis gonvemenr (jnin 1S66) de cette province, gonvemenr-général des denx Kouang (septembre 1875), des denz Kiang (décembre 1879; disgracié en 1881, il fat réinstallé dans son poste le 82 novembre 1S90.
82 HBNRI OORDIBB.
foQt capitale da Chen-si, on tentait ua nouveau soulèvement du Ko Lao^Hoei.
Enfin, dans une lettre d*un correspondant du nord du Ghantoung, le Narth'China Herald du 4 décembre 1899 marque qu'au commencement de la huitième lune on anponce un soulèvement de la société du Grand Couteau, appelée dans la région I Ho Viuên ^-^r^, «Poing de Tharmonie publique >, ou «Lutteurs pour la justice et la concorde > qui a pour devise sur son pavillon: «Protéger la dynastie, exterminer les étrangers» Wk,1^f^^ Hdu Tsing^ mié Tang. Le 15 huitième lune était fixé pour l'attaque et sur la demande du consul de Tien-Tsin, des troupes ayaient été envoyées par le gouverneur du Ghan-Toung et le gouverneur général du Tche-Li; néanmoins des familles chrétiennes, surtout protestantes, avaient été pillées à Ping-Youen. Le correspondant ajoutait à la fin de sa lettre fort longue:
«Bien ne semble maintenant plus certain que les autorités chinoises ne peuvent ou ne veulent pas gouverner cette province, pour ne pas parler de celles qui sont voisines; s*il y a quelques gouvernements étrangers, allemand ou autres, en position d'étendre leurs «sphères d'infiuence> au Ghan-Toung, le changement sera accueilli avec joie par une grande partie de la population indigène et en maeee par les étrangers aujourd'hui nombreux».
Quelle est l'origine de ces Boxeurs:
Le Père Ignace Mangin, S. J., qui a été depuis leur victime dans le Tche-li 3ud-Est, écrit: >*)
«Le docteur Lao Ngai-Siuen, sous préfet de Wou-Eiao, a écrit une brochure sur les Boxeurs. H y dit ceci:
«La secte des l'ho'kiuen n'est qu'une branche de la société des Pcd^lien-kiao (Nénuphar blanc); les noms dont ils se servent, les incantations qu'ils récitent les rangent parmi les Sié-kiao (sectes
18) Siudet pvièUéôê par dât Pères de la Ompaçniâ de Jétui, 6 août 1900, p. 866.
LA EivOLUTION BU CHIVB. 38
hétérodoxes). Quoique dès le règne de Eia-k*iiig ils aient été ponrsaifis et punis, ils se sont perpétués dans plusieurs districts du Ghan-toung et du Tche-Li; peu à peu leur audace 8*est accrue. L'année dernière (1898)» ils se sont déclarés les adversaires du christianisme. Les populations se sont laissé séduire, oubliant que la descente des esprits et la récitation de charmes magiques sont des preuves de la perversité de la secte. Elle a été proscrite sous Eia-k*ing. A cette époque, les religions du MaUre du ciel (catholique) et de JésiLs (protestante) étaient peu répandues: la secte n'a donc pas pour origine la haine du christianisme. Son vrai but est la rébellion; les multitudes ignorantes s'y sont trompées».
Il est très-probable que sans l'appui du gouvernement impérial, ces «Boxeurs» auraient été facilement réduits comme les autres membres des sociétés secrètes dont ils se distinguaient par leurs pratiques magiques, qui les rendaient, disaient-ils, invulnérables:
«Le 2 octobre, jour de marché à Song-Menn, bourg à trente lis ouest de Eing-Tchéou, les sectaires procédèrent à l'installation solennelle d'un tehang-tzeu (arène-centre) et annoncèrent pour le marché suivant (25), des exercices d'invulnérabilité.
Ce jour-là, des milliers de curieux se trouvèrent réunis à Song- Menn, désireux de jouir du spectacle promis; ils furent déçus, les exercices furent remis au 30; la foule n'y fut que plus nombreuse et plus avide. Le chef désigné d'avance et ses deux disciples se mirent à genoux devant les tablettes où sont inscrits les noms des esprits protecteurs de la secte; ils firent maintes prostrations, brûlèrent maints bâtons d'encens, récitèrent force prières et incantations, l'esprit ne descendait pas. Enfin, vers quatre heures après-midi, le cbef se releva soudain: ses traits étaient changés, il était semblable à un homme possédé par une puissance irrésistible. Les deux disciples se levèrent aussi, chargèrent le fusil; le midtre, dépouillé d'une partie de ses vêtements, mit sa poitrine à nu; un coup de
84 HBNRI CORDIEB.
fea retentit, et l*on vit le malheureux tomber à genoux, puis s'étendre de tout son long. Le coup tiré à bout portant lui avait fait une large et profonde plaie. Vite ses compagnons l'enveloppent dans une couverture et l'emportent tout sanglant: il ne tarde pas à expirer» ^®).
«Les Boxeurs, ayant ainsi raté leur tour d'escamoteurs, accusèrent les chrétiens d'avoir méchamment assassiné un de leurs che£3. Et il en résulta un peu plus de pillages, d'incendies et de massacres.
«L'accusation généralement lancée par les Boxeurs contre les chrétiens est d' «empoisonner les puits». (D'où l'on peut conclure que l'humanité manque décidément d'imagination, puisque tel est — partout et en tout temps — le prétexte de persécutions religieuses.) Un pharmacien chinois d'Ou-k'iao profita de ces bruits d'empoisonnement pour inventer et vendre un contre-poison. Sa boutique ne désemplissait pas» '^).
Un correspondant du London and China Télégraphe Âug. 29, 1900, écrit à sujet:
« Premièrement, ils [les Boxeurs] sont supposés ou être tombés des cieux, ou être devenus «Boxeurs». Apres un stage d'épreuve durant, je crois trois mois ou quelque quatre-vingt dix jours, ils sont supposés être invulnérables aux balles, quoi que quelques centaines ont déjà succombé parmi ceux sur lesquels ont tiré les troupes étrangères et autres. Cependant ils ont sous la main une explication toute prête: Si un homme est tué pendant la période de noviciat, c'est-à-dire, avant qu'il n'ait accompli les quatre- vingt dix jours, on dit qu'il n'est qu'à moitié un «Boxeur». A proprement parler, il n'est pas qualifié et n'a pas atteint le degré d'invulnérabilité. D'un autre côté, s'il était devenu complètement emplumé et que néanmoins il avait été tué, on a£Brme sérieusemenl qu'il n'est pas
19) Etudes, p. 875.
80) Le Temp», 16 août 1900.
mort réellement, et que dans peu de jours, il revivra encore une fois et sera prêt à se battre de nouveau.
«Un incident arriva tout à fait récemment à bord d'un vaisseau qui a des officiers européens et est attaché au service des Douanes: deux marins que nous observions avec intention étudiaient deux étoiles. Quand nous les interrogeâmes sur ce qu*ils faisaient, ils répondirent sérieusement que: ^That largee star hâve got six piecee ^ Boxer' man aUo iame innde^ and smallo star hâve got tvoo pièces man. Just now corné downiide> ^').
«Telle était leur idée qu*ils tombaient des cieux!
«Il est difficile de dire dans quelle proportion les troupes du Nord de la Chine étaient pénétrées de Tidée des Boxeurs avant la révolte, mais il est couramment rapporté que le pourcentage était de 25 à 50 pour cent. Il paraîtrait que certainement, elles devaient être de leur côté. Il a été curieux aussi de noter combien les serviteurs des Européens étaient convaincus des Boxeurs envoyés du Ciel. Pendant qu'ils servaient encore, et dans quelques cas s'étaient attachés à leurs maîtres, pendant les troubles quand ils devinrent actifs, ils TOUS disaient ouvertement qu'ils croyaient aux «Boxeurs». L'extension qu'a prise cette croyance est vraiment, extraordinaire.
«Ce que j'ai mentionné n'explique pas toute leur étrange croyance, mais est suffisant pour montrer de quelles vues ils sont imbus».
Les gouverneurs du Chan Toung, Yu-H'ien tout le premier, s'étaient montrés tout d'abord fort hostiles aux étrangers; l'assassinat d'un missionnaire protestant allait attirer l'attention de la Légation d'Angleterre: le Bév. S. M. W. Brooks, allant de T'aian à Ping Yin, fut assassiné le 80 décembre 1809, à Tchang-Kia tien, village à 80 lis à l'ouest de Fei tch'éng. Les assassins furent jugés le ^8 Février et les ^onrs suivants à Tsi*nan fou, devant le juge proyincial
81) Je n'ai pas cra devoir détruire par une tradaction la saveur de cette phrase en pidgi» atçUih.
36 HBVKI CORDXBft.
du Chan Toung et Mr. C. W. Campbell, da service consulaire anglais, envoyé exprès de Chang Haï. Mr. Campbell avait comme secrétaires le collègue de Brooks, Mr. Henry Mathews et Mr. Coaling, de TEaglish Baptist Mission, du Chan Toung. Sept individus étaient plus ou moins impliqués dans l'affaire; Mêng Eouang-wên était le principal accusé. Trois furent condamnés à être décapités, (l'un fut exécuté le 16 Mars 1900 en présence de M. Campbell) un est étranglé, un est emprisonné pour la vie, un est condamné à dix ans d'emprisonnement, un à deux ans de bannissement, une indemnité de 9000 taêls devait être payée et une chapelle être érigée à la mémoire de Brooks, à Ping Tin, lieu de sa résidence.
D*autre part, des missionnaires américains de Pang tchonang adressaient une plainte contre les fonctionnaires suivants à cause de la protection qu^ils accordaient aux Boxeurs: Yû H'ien, ancien gouverneur du Chan Toung, Tchi, taotai dans le Chan Toung occidental, Tchêng se, fonctionnaire de Ping youen.
Les représentations des étrangers ne pouvaient rester indéfiniment sans être écoutées; en Octobre 1899, les Boxeurs avaient été battus par les troupes impériales; l'arrivée de Yuen Che-k'ai détermina leur exode. En 1898, ils avaient ravagé la sous-préfecture de Wei bien et fait leur première apparition dans la préfecture de Ho«Eien fou au printemps de 1899. Au commencement de cette année, ils remontent dans le Tche li sud-est, où ils se livrent aux massacres et aux pillages qui nous sont connus.
Suivant Tusage, des pamphlets sont lancés dans la circulation:
«Les quatre faces et les huit horiaM>ns deviennent des théâtres
de guerre. Vous qui avez de bons destins, montes Rapidement vers
le rivage; d'un coup de main vous arriverez dans la patrie. Immortel
venant de TOccident, de la montagne du Chaos, de la caverne de
l'Ârc-en-Ciel doré, mon nom est Tao, mon prénom est Ts'ing-tsin (Tranquillité); je Tiens de la part de T'ai-koug-lao-tson (fondateur de la dynastie des Tcheo, 1200 avant Jésas-Christ), ponr avertir les hommes de bien de cette pagode, afin qn^ils propagent partout cet écrit, qui exhorte les peuples à suivre les I-ho-k'iuen. Formes vite des soldats, car treize royaumes étrangers vont venir pour attaquer le Céleste-Empire: la Chine sera profondément troublée; il y aura des soldats massés comme une montagne, des généraux immenses comme TOcéan; il y aura des montagnes d'ossements, le sang coulera comme des fleuves; c'est pourquoi que tous, sans distinction de sexe et d'âge, s'adonnent aux exercices divins pour apprendre l'art des génies immortels, pour échapper au péril de la guerre et éviter cette grande catastrophe. Ce trouble durera pendant trente ans, puis régnera la paix. Bientôt plus de soixante-dix royaumes nous envahiront comme un flot. Bon peuple, prenez une prompte résolution afin que nous leur opposions des armées.
«Les Européens sèment des poisons dans les puits, dans les fleuves, dans les mers, dans les céréales, sur les marchés; seuls, les gens bien exercés à l'art divin peuvent en ériter le venin. Ce sont les indigènes gagnés par les diables d'Occident qui répandent ces poisons; ce qu'ils n'achètent pas sur les marchés est empoisonné. Prenez-y garde!
«Tous ces détails nous les avons appris du génie immortel. Ceux qui sont initiés comprendont mes paroles.»
^Pamphlet affiiché dans le Ho^kien^hien. — Les chrétiens troublent l'univers, s' appuyant sur les Européens; ils se montrent arrogants, insultent les gens simples, oppriment la dynastie des T'sing, méprisent les relations sacrées en supprimant la doctrine des saints. Leurs chefs construisent leurs hautes églises sur les ruines de nos saintes pagodes; ils trompent les ignorants, nuisent à la jeunesse,
88 HBKSI COBDIBU.
arrachent le cœur et les yeux pour en composer des philtres; ils empoisonnent les puits. Un lettré, ne pouvant tolérer ces erreurs, alla en Tille pour les dénoncer; mais, hélas! le mandarin, yénal, corrompu par l'argent, le traita cruellement, de sorte que le bon peuple, ne sachant que devenir, d*un commun accord voulut apprendre la boxe. L'esprit Tchang*tien-chen a informé-Yu houang de cet état de choses. Yu-houang, dans sa colère, envoie une troupe de dieux qui, descendant du ciel, vient aider le peuple à détruire les chrétiens. Il en est temps: que les diables d'Occident meurent. Les I-ho-k*iaen sont dans une cloche d'or, de sorte qu'ils ne craignent ni le glaive, ni la hache; ils peuvent se garantir des fusils et des canons.
«Peuples, levez* vous; n'ayez qu'un cœur et qu'une âme pour tner les diables d'Occident et détruire la religion chrétienne!
«Depuis l'antiquité, on distingue les Chinois de l'Empire du Milieu et les barbares étrangers; actuellement les peuples sont pêle-mêle; à qui appartient l'empire? Gonfucius et Meng tseu ne cessent de pleurer, et leurs larmes inondent leurs poitrines!» '^)
Quelques fonctionnaires protestent timidement:
Le sous-préfet de Wou-E'iao, homme prudent et sage, fit répandre cette réponse anonyme:
«I-ho-k*iuen, qui êtes cachés dans une cloche d'or, vous violez la loi, vous vous écartez du droit sentier. Je vous exhorte à ne pas ressembler à des insensés, car l'invincible armée est proche en avant; ce sont des fusils perfectionnés. En arrière, il y a des canons aux projectiles puissants. Quand vous serez attaqués, vos ancêtres et vos maîtres seront impuissants à vous secourir; alors les incantations seront sans effet. Quand ces malheurs fondront sur vous, il sera trop tard pour vous repentir. Repentez-vous au plus tôt, ne vous entêtez pas».
22) Eeudes, p. 390—1.
LA BÉT0LUTI09 EN CHIKB. 39
Le sous-préfet de Hien-hien alla jusqu'à la proclamation publique. Il s'exprimait ainsi:
«Les I-ho-k'iuen, par les doctrines perverses, trompent les foules; ils disent; « Ceux qui s'exercent dans notre art, le fusil, le glaive, le couteau, ne sauraient leur nuire». Ainsi, le peuple ignorant est trompé par eux. Ou réunit des bandes nombreuses, on occasionne des troubles, on blesse beaucoup de monde. Peuples et notables, exhortez*vou8 mutuellemeut à ne pas vous a£Blier à cette secte, ainsi vous pourrez conserver votre vie et celle de votre famille: la vie est le bien le plus précieux. S'il y a des sectaires qui cherchent à vous séduire, il faut prendre ces pervers, leslier et me les amener '').
Décembre 1899».
Le Tice-roi du Tche-li, Yfl Lou, cherche dans un décret à calmer les esprits: «Chrétiens et non-chrétiens sont tous des sujets chinois, et la cour les traite avec une ^ale bienveillance. C'est pourquoi les non-chrétiens ne doivent pas pour vexer les chrétiens, susciter des affaires. Les chrétiens ne doivent pas non plus chercher des prétextes pour insulter les non-chrétiens; beaucoup moins doiventils par des rapports mensongers exciter les missionnaires à prendre leur défense, afin d'obtenir gain de cause sous leur protection».
Ce mouvement des Boxeurs qui s'étend du Chan Toung au Tche H, et à la Mandchourie ne dépasse pas ces provinces, malgré les émissaires envoyés dans la vallée du Ejang. Les autres mouvements dans le Ngan houei, le Hou nan, le Yun nan, sont indépendants, mais il est certain que sans l'énergie des étrangers, toutes ces rébellions partielles se seraient terminées par une rébellion générale, dont l'Empire entier aurait été le théâtre.
On ne saurait douter de la connivence de la cour avec les Boxeurs
28) MXudet, p. 898.
40 hbKei cordieb.
en lisant ces lignes dn correspondant indigène de Peking dn North- China Herald insérées dans le numéro du 16 mai 1900 de ce journal: «Laissant de c6té ce sujet quelque peu déplaisant, j'en viens à un antre qui devrait être sérieusement pris en considération par les lecteurs étrangers de votre journal, car c'est une question qui les concerne tous et peut arriver à chaque instant. C'est une inimitié avouée des conservateurs contre tous les étrangers, excepté, peut-être, les Russes. J'écris en toute sincérité et sérieusement pour vous informer qu'il y a un grand plan secret, ayant pour but d'écraser tous les étrangers en Chine et leur arracher de force tous les territoires qui leur ont été loués à bail. Les chefs principaux de ce mouvement sont l'impératrice douairière, le prince lE'ing, le prince T*ouan (le père de l'héritier présomptif), Eang Yi Hi||^, Tchao Chou-k'iao et Li Ping-héng ^ f^ ^ ^*)* Les forces qui seront em-
2%) Le fameux Li Ping-hdag Tient de marquer aon retoar à Peking par Texécation de Sin King-tch'eng et de Tnen Tch'ang, tooa les deux membres da Tsong-li-Yamen. Il est originaire de la province de FÔng-Tien (Mandohonrie) et son premier poste important a été celoi de commissaire financier dn Konang<Si en jaillet 1886; il combattait contre nons k Lang S'on; mais sa notoriété date de son goavernement dn Chan-Toang» époque à laquelle les missionnaires allemands Nies et Henle furent assassinés (l*' novembre 1897); l'Allemagne demanda sa déposition et il fut remplacé par ïft H'ien, qui ne vaut pas mienx que lui. Li passe pour "être honnête, mais ponsse au dernier degré l'esprit réactionnaire et la haine de l'étranger; un rhumatisme chronique dans lesjambes peut lui servir dn prétexte dont a souvent besoin un fonctionnaire chinois pour ne pas se rendre aux appels qui lui sont adressés de la capitale. Ses principaux amis, qu'il recommanda chaudement à l'impératrioe à la fin de 1899» sont Yû-H*ien, Mandchou, son propre successeur au Chan-Toung, Si Liang, également Mandchou, trésorier de la provinoe de Hon-Nan, liang Ting-fln, Chinois de Canton, membre de l'Académie des Han Lin, Wan Tin-siang, des Bannières chinoises (Ha» knm), censeur. Li avait attiré l'attention de l'impératrice douairière comme haut commissaire de la Mandchourie méridionale; il allait être nommé gouverneur du Chan-Si à la place de Hon P'intehi, révoqué à cause de ses dépenses exagérées, lorsque le chargé d*afiaires d'Angleterre, Mr. Bax Ironside, opposa son veto. On le désigna pour le Se Tchouen à la place de lÂeou Ping-tchang, mais l'opposition des Allemands le fit encore écarter de ce poste qui fut donné à YQ Lou. Qne faire du personnage? Un conseiller k la courP Mais c'était susciter une influence déplaisante pour le prince K'ing et Joug Lou d'une part, pour Kang Yi d'une autre. Il fallait Téloigner à tout prix. N'étaitil pas utile k ce moment même de vérifier si les vica-rois Tchang Tche-tong et Lieou Kouen-I avaient so* lidement assuré la défense du Kiang contre l'étranger. Il irait porter sur le Yang-Tsé,
ployées pour arriver à cette fin sont toutes mandchoues, par exemple: la Force de la Plaine àe Peking (50,000 hommes) sous le prince E'ing; le corps Hou Gheng j^ ^ ou les € Tigres glorifiés» (10,000 hommes) sous le prince Touan; et les divers corps des Bannières des gardes impériales (12,000 hommes) sous Kang Yi et autres. Ces 72,000 hommes doivent formei; le nœud de V ^Armée des Vengeurs» , tandis que ]es Boxeurs sont compta comme auxiliaires dans cette grande lutte qui est plus imminente que les étrangers à Peking on ailleurs ne peuvent se Timaginer. Tous les Chinois des classes élevées savent cela, et ceux qui comptent des étrangers parmi leurs amis les ont prévenus, mais, à ma connaissance, on s'est moqué d'eux plutôt que de les remercier de leur anxiété au sujet de leurs amis d'Occident».
Ce même correspondant ajoute:
«Je donnerai maintenant seulement deux exemples pour montrer
comme Yn H'ieo dans le Ohan-Si, le message de gaerre contre le Barbare d'Occident. L'impératrice s'empare avec empressement de cette idée et, en novembre 1899, elle bombarde Lî haut commissaire du Tang-Ts^. Ce titre lai donnait le rang des vice-rois des provinoes dont il ^tait complètement indépendant et sa juridiction s'étendait snr les conrs d'eaa des cinq prorinces de Kiang-Son, Kiang-Si, Ngan-Hoaei, IIoa-Nan et Hoa-Fé; il avait même le droit de condamner k mort dans l'armée sans en référer anx vice-rois; il était responsable de ses actes à Tempereur seul. Il paraît qae tel pouvoir n'avait été accordé qn'nne fois depuis l'avènement des Mandchous: P'êng Tâ-lin, né en 1834 à Hèng-Yang, dans le Hon-Nan, avait été le secrétaire de son compatriote, le grand Tseng Kono-fisn, et se distingua pendant la guerre des T'aT Ping; aussi fut-il chargé de la défense da grand fleuve; il était connu sous le sobriquet populaire de l'amiral k T6te de fer. Peng était en outre, ce que n'est pas Li, commandant en chef des forces navales des cinq provinces; ce poste est occupé par Houang Tchan-k'ioun. Arrivé par terre le 27 mars 1900 & Wou-Tohang, capitale du Uou-Pé, an grand ennai du vioe-roi Tohang Tche-tong, il met en émoi la vallée du Tang^Tse, dont il voudrait drainer les troupes et les entraîner k sa suite vers le nord le long du canal impérial. Véritable accusateur public, il dénonce an trftne le maréchal Sou pour nous avoir donné Kouang-Tobéon ouan, le Mandchou Tû Tch'ang, gouverneur du Ho-Nan, frère de Yii Lou, vice-roi du Tche-Li, et Tch'ang Tch'onn, Mongol, Inspecteur général de l'armée du Nord. Il est à son tour dénoncé par Li Hongtohang, qui s'en mordit les doigts. Resté sourd à deux appels, li Pin(^h6ng se décide à retourner à Peking, oii l'impératrice le nomme général en second sous Jong Lou; il épure le Tbong-li Yamen et se prépare à arrêter la marche des armées alliées. Il paraîtrait s'être suicidé après la bataille de Peï Tsang.
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la grande faveur dont jouissent les Boxeurs aux yeux des pouvoirs qoi sont à Peking. En premier un censeur nommé Wang, natif du Tche-Li, fiit reçu dernidrement en audience par Timpératrice douairière; arrivée au sujet des Boxeurs, celle-ci dit au censeur: «Vous êtes originaire de «cette province et devez ainsi savoir. Que penses-vous des Boxeurs du «Tche-Li? Croyez- vous réellement que, lorsque le moment d'action sera «arrivé, ils se joindront réellement aux troupes pour combattre les «diables étrangers»? — Je suis certain de cela. Votre Majesté. De plus, les principes appris aux membres de cette société sont «protéger jusqu'à la mort la dynastie céleste {Tien TeKab 5^ ^) et mort aux diables {Kouei^tseu J^ ^)^' 'Po\a la part de votre serviteur, je crois si profondément à la destinée de cette société d'écraser les « diables > que, jeunes et vieux de la famille de votre serviteur pratiquent maintenant les incantations des Boxeurs, chacun de nous s'étant joint à cette société pour «protéger la dynastie céleste et jeter « les diables » à la mer. Si j'avais le pouvoir qu'on m'a donné, je conduirais volontiers les Boxeurs dans l'avant-garde de l'armée vengeresse quand le temps serait venu et avant ce temps, je ferais tout ce que je pourrais pour les aider à s'organiser et à s'armer.» « L'impératrice douairière approuva de la tête et, après avoir ruminé dans son esprit, s'écria: «Oui! c'est. une grande société. Mais je suis efi&ayée que, n'ayant justement pas maintenant d'hommes expérimentés à leur tête, ces Boxeurs agiront précipitamment et mettront le gouvernement dans l'embarras avec ces Tang kouei Ueu avant que tout soit prêt. » Alors, après une courte pause: « C'est cela. Ces Boxeurs doivent avoir quelques hommes reponsables au Tche-Li et au Chan-Toung pour guider leur conduite.» Et l'audience prit fin. Le matin suivant, un décret parut '^), nommant ce censeur, Wang, gouverneur de Peking. C'est-à-dire un fonctionnaire de sixième
26) Wang Pei-ya a été effet promu aa poète de goavernenr de Peking, k la place de Ho Nai-ying. {QazetU de Peking, 18 mars 1900).
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gmàe faif par an trait de plume, éleTé à an poste métropolitain de quatrième grade, — un sous-préfet à la charge d'un juge pro- Yincial! Wang aura par là Toccasiou qu'il souhaite, priucipalement d'oi^niser, d'aviser et d'armer ses amis les Boxeurs.
«Le second exemple que je donne est pour montrer sous quel jour sont considérés les étrangers en ce moment; depuis le massacre de Tien^tsin en 1870, tous les fonctionnaires — excepté les plus fervents parmi les conservateurs — avaient proscrit le terme ^yang Icouei tseu 7^ J^ «^ > (diable étranger) ; des hommes même reçurent des coups de bambou lorsque les fonctionnaires les entendaient. Eh bien, non seulement nous voyons que ce terme est le cri de guerre des Boxeurs, mais qu'il a même reçu une sanction ofiBcielle des lèvres de l'impératrice douairière elle-même.
< Quant à Jong-Lou, il est resté tranquille trè^s longtemps et l'on croit qu'il a décidé de rester près de l'empereur si quelque chose arrivait par suite des machinations des princes K'ing et Tooan, Eang Ti et Tchao Ohou-k'iao à Peking et Li Ping-hêng dans les provinces. De plus, il est du fond du cœur un ami des Anglais. Gela je le sais. Il n'y a pas longtemps, à une session du grand conseil, lorsque la question des demandes de l'Italie et de la France de territoires dans le Sud fut discutée. Joug Lou seul donna le conseil au gouvernement de se mettre sous la protection de la Grande-Bretagne, démontrant que les Etats-Unis et le Japon aideraient la Grande-Bretagne si la Russie et la France menaçaient de représailles. Mais il fut dominé par le prince K'ing, le prince Touan, Eang Ti et Tchao Chou-k'iao. «Car, dit Eang Yi, nous avons des comptes à régler avec la Grande-Bretagne pour le pillage du palais de Youen-ming-Youen, avec le Japon pour la prise de Formose, et avec les Etats-Unis qui traitent les Chinois qui y vont et aux Philippines, pas mieux que des chiens. Contre la Bossie, nous n'avons rien. D'autant que, si la France aide la
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Russie, quoique nous ayons de profondes haines contre la France, nous ne serions que par cela même plus forts. Je décide de rester dans la plus intime amitié avec la Russie, car avec elle pour nous, nous pouvons défier le monde. Seulement, avec la Russie pour nous, la Grande-Bretagne se tiendra courbée à l'écart». Ces sentiments ayant été unanimement approuvés par le reste du conseil, y compris Timpératrice douairière qui approuvait de la tête vigoureusement, Jong Lou devint silencieux et ne dit plus rien».
D'ailleurs les houei ^^^ sociétés, étant illégale, Ia I Ho kHuen hotÂeij sur le conseil de l'Impératrice, pour ne pas être confondue avec la Ta Tao Houei^ la Société du Qrand (Jouteau, se transforme en / Ho KHuen T'ouan |^ ^ ^ §9 (volontaires ou milice).
On aura une idée de la haine inspirée par les étrangers par ce fait rapporté par un correspondant du North^China Herald (20 juin 1900) qu'un décret promulgué à Pekiug annonçait qu'aux prochains examens littéraires, les auteurs des essais devaient s'abstenir de se servir de certains caractères. Parmi les caractères proscrits se trouvaient ^f ^i !^9 j^i ^ et Q employés comme équivalents chinois de l'Angleterre, la Russie, la France, l'Italie, l'Amérique et le Japon. Aucun essai renfermant l'un de ces caractères ne serait reçu.
Il est certain que l'Impératrice eut un moment d'hésitation avant de pousser plus loin sa vengeance. Les nouvelles de la province et de l'étranger étaient mauvaises; les protestations contre les mauvais traitements dont l'empereur était l'objet, affluaient à la Cour. Le préfet King Lien-chau, directeur des Télégraphes impériaux chinois, envoyait le 26 Janvier 1900 le télégramme suivant signé de lui et de 1231 résidents indigènes de Cbang-Haï:
«Quand nous avons reçu l'édit du 24 Courant, dans lequef
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TEmpereur propose d'abdiquer à cause de maladie, nous fûmes stupéfaits, et les mandarins, la noblesse et les négociants de toutes provinces résidant à Ghang Haï devinrent pleins d*anxiété et discutèrent la chose partout dans les rues. Cependant, nous vous télégraphions pour vous prier d*étre loyaux et fidèles et en faveur de la nation d'implorer l'Empereur de ne pas songer à abdiquer, quoiqu'il puisse être malade, de façon que l'Impératrice Douairière dans son âge avancé, n'ait pas le fardeau supplémentaire de gouverner un Empire désolé, et qu'ainsi les esprits de nos ancêtres puissent être en repos et le peuple vivre en paix». 12^»e Lone 26*' jour.
Eing Lien-chan fut obligé de fuir à Macao pour échapper aux conséquences de son acte de courage. Li Hong-tchang, alors gouverneur général de Canton, réclama des autorités portugaises de Macao son extradition sous prétexte de détournement au préjudice de l'administration des tél^^phes chinois de Chang Hai. Eing fut arrêté le 25 février 1900.
Le 4 Mars 1900, 80,000 chinois de Bangkok, adressaient à leur tour une protestation au Trône.
Dans la visite du vieux Lieou Eouen-I, gouverneur général des deux Eiang à Peking, celui-ci, à l'audience (Avril 1900) de l'Impératrice Douairière, lui fit entrevoir la possibilité d'uu soulèvement du Sud.
Cependant, les étrangers sont avertis du danger qui les menace; ils se contenteut de hausser les épaules. Les missionnaires plus expérimentés voyaient venir le danger; un père jésuite du Tche-Li me faisait part de ses craintes dès le mois de décembre.
Nouvelle Cassandre, le correspondant de Tien-Tsin du Hong" Kong TeUgraph écrivait le 15 mai:
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«L*iinpératric6 douairière et tous ses favoris (les Boxeurs) les appuient ouvertement, car ils croient que leur aide leur sera d'un grand secours quand le mouvement commencera. Ils attendent seulement que le plan soit mûr, ou quelque «jour heureux» pour commencer les opérations. Aucune note n*a été prise de tout ceci par les Légations, et le prophète de malheur est tourné en ridicule, mais la force de la Grande-Bretagne est entièrement dédaignée à Peking, et Ton suppose les Anglais, trop lourdement occupés dans le sud de l'Afrique pour compter d'une fiiçon sérieuse >.
Les mauvais présages ne manqueront pas non plus. Au mois de mars, deux parhélies avaient paru dans le Hou-Pé et les sages n'avaient eu garde de dire, faisant allusion à Peking, que le «Ciel n'a pas deux soleils».
Enfin, le 20 mai, des placards sont aflSchés sur les murs de la capitale, annonçant le massacre des étrangers pour le premier jour de la cinquième lune. Les membres du corps diplomatique se décident le 21 mai à adresser au Tsong-li Tamen une note collective reproduite dans les journaux. De nouveau, des gardes étrangères sont appelées à Peking, trop faibles pour les masses qui se préparent à assaillir les Européens.
Et comme le coup de tonnerre éclata à Tien-Tsin le 21 juin 1870, Peking allait voir fondre sur sa colonie étrangère la plus épouvantable catastrophe qui ait marqué sa trace sanglante dans l'histoire des relations des peuples d'Occident avec ceux de l'Extrême- Orient. Comme à Tien-Tsin en 1870, les avertissements n'avaient nullement manqué à Peking en 1900; une fois de plus, le présent n'avait pas su tirer leçon du passé.
IMF&IMKBJE ci-devant b. j. brill, lbidk.