‹ La révolution et l'égliseChapitre 3 sur 92 · AVERTISSEMENT IX · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT IX

L'anticléricalisme est aussi vieux que l'Église, mais il n'a pas été plus immuable que l'Église ellemême. Il n'avait pas à beaucoup près, à la fin du xviii^ siècle, le même programme que de nos jours. J'examine dans ma première étude comment les philosophes français du xvnf siècle ont conçu les rapports de l'Église et de l'État. Il m'a semblé que ces anticléricaux n'étaient pas les esprits ce laïques » qu'on dit parfois, qu'ils se proposaient beaucoup moins de séparer l'Église de l'État que de les unir plus étroitement dans un mariage de raison où l'Etat aurait exercé tous les droits du mari, y compris le droit de correction.

Les hommes de 89 se sont appliqués avec une grande sincérité à réaliser le programme des philosophes. Ils ont essayé de nationaliser le catholicisme et de l'incorporer à l'ordre nouveau. Leur confiance dans le clergé était telle qu'ils ont tenté dès le début de l'employer à faire connaître au peuple leurs décrets, à les lui expliquer, à les lui faire aimer. Ma seconde étude, consacrée à la lecture des décrets au prône, nous fait pénétrer dans l'âme des révolutionnaires et dans lame des prêtres et met en relief les raisons profondes de leur rapide divorce. Entre la société parfaite qu'est l'Église et la société parfaite que rêvent les révolutionnaires Punion est impossible, parce que ni l'une ni l'autre ne veulent obéir qu'à leurs propres lois. Pour

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