‹ La révolution et l'égliseChapitre 31 sur 92 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. J'ai dit un mot de cette propagande dans mon livre sur les Origines des cultes révolutionnaires, Paris, Cornély, 1904, p. 101-107.

continuité de leurs travaux enlèvent tant d'occasions de savoir ce qui se passe et de juger avec discernement les intérêts de la chose publique ». Et il exprimait comme le regret que la lecture au prône n'ait pu être maintenue et généralisée : « Il existe pour eux [pour ces illettrés] dans quelques endroits un usage simple et dont la loi avait même imposé le devoir aux curés, celui des lectures faites à haute voix au peuple rassemblé. Cet usage devrait être général et, au défaut des curés, les juges de paix, les notaires, tous les hommes publics auraient dû s'occuper de le répandre et de le maintenir. Chercher à rétablir cet usage, faire lire les pièces de conviction et d'instruction que l'Assemblée nationale et le gouvernement répandent dans l'Empire ^.. «(tel est le premier devoir des patriotes).

Les conseils de Roland furent suivis. A la fin de 1792, il n'était si petite commune patriote qui n'eût son leclew\ Beaucoup de ces lecteurs deviendront, moins d'un an après, les anti-curés des messes républicaines célébrées le décadi.

Ainsi la résistance des prêtres aristocrates eut des conséquences que ceux-ci n'avaient pas prévues. Pour se défendre contre les entreprises de la Révolution, ils avaient invoqué le principe de la séparation des deux puissances. Les révolutionnaires peu à peu les prirent au mot. Ils séparèrent de plus en plus, non pas l'État de rÉghse, mais l'État de l'ancienne Éghse. Ils ne changèrent pas pour cela de mentalité. Ils ne devinrent pas laïques à notre sens. Ils se bornèrent à remplacer les prêtres par des lecteurs qui feraient

1. Circulaire de Roland, aux archives de Condé-sur-Noireau (Calvados). La fin manque.

roffice que les prêtres avaient décliné*. Quand ils se brouillèrent en 1793 avec les prêtres constitutionnels eux-mêmes et qu'ils firent la guerre au catholicisme, ils ne cessèrent pas pour autant d'avoir Tâme religieuse. Leurs lecteurs enseignèrent au peuple la religion de TÉtat, la religion de la Patrie. 11 n> eut de changé qu un calendrier et que le contenu du culte.

L'étude quon vient de lire était à peine imprimée que je mettais la main sur de nouveaux documents qui m'obligent maintenant à la compléter, sinon à la rectifier. J'aurais pu la remanier entièrement. A la réflexion, fai préféré lui laisser sa forme primitive, afin de ne pas en rompre le mouvement. Les lecteurs ne seront peut-être pas fâchés de se rendre compte, par un exemple pris sur le fait, de la manière dont se bâtit et se détruit l'édifice historique. Ils me pardonneront de les introduire au milieu même du chantier de travail. Ils comprendront mieux ainsi pourquoi l'histoire religieuse de la Révolution est encore dans r enfance '^.

Je croyais que l'Assemblée Constituante n avait été saisie du projet d'utiliser les curés comme proclamateurs de ses actes que par Tabbé Grégoire, à la séance du 9 février 1790. Le procès-verbal officiel de TAs-

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