MINUTE DE LA LETTRE MINISTERIELLE
Paris, le 13 vendémiaire an 5.
Le Ministre de VIntérieur aux administrateurs du departement de Laisne.
Vous transmettrez aux administrateurs de l’hospice civil de Chateauthyery. Citoyens, les 2 circulaires ci-jointes de la commission des
secours des 20 vendémiaire et 12 brumaire dernier, ensemble le modèle de comptabilité énoncé en la première et vous leur ferez connoitre que quoy quils nayent encore reçus aucun secours ils sont néamoins egallement tenus de rendre compte de leur gestion depuis le commencement de l’an 3 jusquà aujourdhuy et de continuer ainsi à la fin de chaque trimestre. Soit qua lavenir le gouvernement pourvoie aleur besoins soit que les revenus dans la jouissance auquel ils sont rentrés et dont il doivent envoyer letat soient suffisans pour y subvenir.
Je viens au surplus d’authoriser la trésorerie nationale a mettre a votre disposition pour cette maison mille francs en valeur métallique cette somme sera incessamment versée dans la caisse du payeur général vous pourrez la faire retirer.
Je vous recommande de veiller a ce que les administrateurs se mettent promptement en réglé sur lobjet des deux circulaires susenoncées et que leur compte soit dressé suivant le modèle y joint. Cette derniere mesure vous a déjà été recommandée par la Commission par sa lettre du J1 brumaire dernier en vous faisant passer le même plan de comptabilité afin que vous puissiez vérifier si les administrateurs sy etoient conformés.
DÉTRESSE DE L’HOSPICE CIVIL DE CHATEAUROUX(INDRE), THERMIDOR AN 4 (Archives nationales, F'^, 264).
Citoyen Ministre,
Chargés le premier messidor dernier pour être administrateurs de l’hospice civil de cette commune notre premier soin a été de nous occuper de remplir vos vues énoncées dans votre lettre du 5 prairial dernier.
Ce que vous demandés à l’administration établira pour l’avenir dans la comptabilité un ordre nouveau, mais toujours nécessaire et indispensable.
Pénétrés de ce principe nous avons strictement suivi la marche tracée dans les modèles joints à votre lettre.
Nous vous adressons donc les états des trois trimestres antérieurs à
celuy de messidor dernier : ils vous seroient parvenus beaucoup plutôt s’il nous avoit été possible de nous procurer tout de suite les renseignements dont nous avions besoin.
Les états de recette et dépense sont faits sur les pièces qui nous ont été transmises par nos prédécesseurs.
Les expressions nous manquent, Citoyen Ministre, pour vous peindre la triste et malheureuse position dans laquelle se trouve cet hospice.
Le peu de revenus qu’il avoit en hiens fonds a été vendu ou converti en inscriptions sur le grand livre.
Il ne peut se soutenir qu’avec les secours du Gouvernement, et ce mode de secours ne peut luy être d’aucune utilité, puisqu’on ne veut vendre qu’en valeur métallique.
D’ailleurs cet hospice destiné dans son origine uniquement pour les citoyens et les enfants naturels de cette commune se trouve aujourd’huy obligé de recevoir tous les militaires malades et fatigués ; tous les citoyens malades de ce département qui résident dans des cantons ou il n’y a point d’hospice ; enfin tous les passagers.
Le onze messidor le département vous a fait parvenir l’état de la nourriture des enfants naturels qui se monte à 13.502 liv. dont nous n’avons encore rien reçu.
Au moment ou nous vous écrivons nous n’avons ni grains, ni vin, ni médicaments ni linge, ni étoffe à l’usage du corps soit des malades soit des enfants ; ni aucun fonds pour nous en procurer :
Le boucher chargé depuis longtems de l’approvisionnement de la maison nous a déclaré qu’il ne pouvoit plus continuer son service si on ne le payoit pas en valeur métallique, attendu qu’il ne trouvoit que de cette manière les moyens de se procurer de la marchandise.
Enfin la maison n’a aucune provision de bœurre, graisse, huile, sel, savon, charbon, chandelle et bois :
Les nourrices n’ont pas été payées depuis le premier germinal dernier ; beaucoup ont même refusé le traitement du trimestre de nivôse attendu sa nullité.
Plusieurs d’elles ne trouvant pas dans le prix de vingt cinq livres par mois en mandats les ressources qui doivent les indemniser des soins qu’elles donnent aux enfants, les râportent journellement à l’hospice ou ces malheureux orphelins trouvent une mort très promte, faute d’avoir la nourriture nécessaire et les vêtements de première nécessité :
Nous sommes obligés de vous dire que les malades et les enfants manquent absolument de vêtements pour couvrir leur nudité.
L’administration a été obligée de sacrifier une grande partie du linge de la maison : les sœurs préposées aux soins des malades et des enfants sont réduites aujourd’huy à consacrer a cet usage leur propre vêtement.
Nous penserions, Citoyen Ministre, qu’il seroit convenable d’affecter les secours en grains que les besoins de l’hospice exigent sur les magazins destinés au recouvrement des contributions en nature : ce moyen seroit moins dispendieux pour le Gouvernement et plus profitable à l’établissement qui seroit toujours certain de trouver des ressources.
Nous penserions aussi que pour se procurer plus facilement des nourrices pour les enfants naturels il conviendroit de les payer en nature.
Telle est. Citoyen Ministre, la position de l’hospice; en vous en traçant le tableau c’est être sur que vous vous empresserés d’y apporter un remède promt et efficace.
Ce sont nos vœux les plus ardents et c’est notre espoir ./.
Chateauroux le 24 thermidor an 4® de la rep®, etc., etc.
Les administrateurs de l’hospice civil de la commune de Chateauroux, en bureau général.
{Suivent les signatures.)
Vû par nous administrateurs du département de l’Indre, en séance. Chateauroux le 24 thermidor an 4® de la Rep® f® une et indivisible.
{Suivent les signatures.)
Les représentans du peuple actuellement en congé dans le département de ITndre soussignés sont témoins de la pénurie extrême qu’eprouve l’hospice de Chateauroux, le b ort surtout des enfants naturels fait frissonner d’horreur et de pitié, les nourrices les abandonnent ou ne veulent pas s’en charger et ils meurent de besoin et de misère ; ils prient leurs collègues de voulloir bien faire les démarches les plus actives pour procurer à cet hospice de prompts et très prompts secours, on pourroit affecter aux nourrices une portion de grain dans ceux qui sont encore dans les magasins du département. A Chateauroux 24 thermidor an 4® de la Rép.
Le Grand. Thabaud.
DÉTRESSE DE L’HOSPICE DE LAON (AISNE), FRUCTIDOR AN 4 ET VENDÉMIAIRE AN 5.
(Archives nationales, F*®, 277),
COMMUNEDELAON - ' . ï /