LIVRE II. - CHAPITRE I
ment pendant le mois qui suivra leur suppression ou démission et la moitié du traitement le second mois 3. »
Pour remplir ces emplois et obtenir la faveur gouvernementale, il n’est pas inutile de faire preuve d’absence de préjugés religieux. Nous voyons, le 22 brumaire an 2, le Ministre de l’Intérieur, Paré, admettre « au bureau des secours en qualité de commis le citoyen Pichon, âgé de 27 ans, ci-devant curé à Provins, lequel a renoncé à sa cure et a abjuré le caractère de prêtre^ ».
Les fonctions d’inspecteur sont supprimées durant toute cette période ^ ; il est curieux de noter seulement qu’un arrêté du pré-
3. Modèle de la lettre adressée aux employés supprimés (A. N., 429).
[Pièce imprimée).
Paris, le 29 messidor an 3 de la République une et indivisible.
La commission des secours publics au citoyen .employé dans ses bureaux,
2° division : C’est avec regret, citoyen, que nous vous annonçons que vous êtes compris dans la réforme ordonnée par le décret du 29 prairial dernier. Vous savez que des'vues d’économie ont porté la Convention nationale à étendre au tiers des employés le nombre de ceux dont cette mesure a ordonné la suppression, ies motifs de la Commission, en vous y comprenant, ne portent aucune atteinte à vos droits et à l’espoir que vous avez sans doute de trouver un' autre emploi. Nous savons que la plus grande partie de nos collaborateurs mérite des regrets, et nous ne manquerons pas d’appuyer les réclamations qu’ils pourront former pour obtenir d’être occupés dans les autres administrations.
Salut et fraternité.
Les commissaires aux secours publics,
Signé ; Martigue, Derniau.
4. Lettre du citoyen Pichon au citoyen Ministre de l’Intérieur: « Citoyen ministre, Pichon porteur des vœux de ses concitoyens de Provins à la Convention, portant suppression absolue de prestres dans cette commune, a été choisi pour cette mission, parce qu’avant que ce vœu fut prononcé, il avait donné l’exemple de la renonciation entière à sa cure et d’un dépouillement total de sa qualité de prêtre. C’est à ce titre, citoyen ministre, qu’il vous demande de l’emploi dans vos bureaux ; il vivra honorablement désormais, puisqu’il vivra de son travail.
« Salut et fraternité.
« Pichon, âgé de 27 ans.
« 21 brumaire de l’an second de la République une et indivisible » (A. N., F'-’’, 246.)
5. «En l’an 8, dit Clavareau [op. cit., p. 194), sous le ministère de Lucien Bonaparte, il y eût encore un inspecteur général des hospices (M. Paroisse), mais un voyage que fit cet inspecteur, lui ayant fait remettre sa place entre les mains du ministre on n’en a plus nommé ».
LE PERSONNEL ADMINISTRATIF
fet de l’Oise (1®'’ ventôse an 9) charge le citoyen Larochefoucault- Liancourt « de se transporter sur tous les points du département où se trouvent placés des hospices civils et des maisons de détention, pour les visiter, prendre connoissance de tous les détails de l’administration de ces établissemens à l’effet de proposer ses vues d’amélioration soit particulières à chacun d’eux,, soit applicables à leur généralité... ». Par lettre du 18 ventôse, le Ministre de l’Intérieur approuve « cette mission momentanée » (Arch. nat., Pi’, 387).
Après les fonctionnaires de l’administration centrale, nous trouvons les personnes placées à la tête des établissements hospitaliers des départements.