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LAZARE CARNOT

Ni a Nolay (Côtk-d'Ob), i.e i3 mai i j53, mort mi v Magderourg, le 2 août i8»3-

Le vrai rôle politique de Lazare Carnot ne commence que sous lu législative, dont il fut membre. Il y représentait le Pas-de-Calais. Détail curieux et peu connu, ce fut en 1783, étant capitaine du génie, que son Eloge de Vanta» obtint le prix offert par l'Académie de Dijon. Le jeune officier lauréat fut couronné de la main même du prince de Condé, gouverneur de la Bourgogne, futur généralissime des émigrants.

Au lendemain du 10 août, il fut un des officiers envoyés à l'armée du Rhin pour faire reconnaître la Révolution. Lv Pas-de-Calais le porta de nouveau à la Convention. Il vota la mort du roi, motivant ainsi son vote : « Dans mon opinion. la Justice veut que Louis meure, et la politique le veut également. Jamais, je l’avoue, devoir ne pesa plus lourdement sur mon cœur que celui qui m’est imposé, mais je pense que pour prouver votre attachement aux lois de l'égalité, pour prouver que les ambitieux ne vous effrayent point, vous devez frapper de mort le tyran. » Après avoir rempli, toujours avec une énergie triomphante, diverses missions à l'armée du Nord, il fut nommé membre du Comité de salut public, où il fut chargé du personnel et du mouvement des armées.

C’est alors que le rôle de Carnot atteignit des proportions vraiment épiques.

Il organise, met en action, relie entre elles les quatorze armées de la République, leur communique le sentiment irrésistible de leur force, et enfin, suivant une heureuse expression du temps, mérite le titre « d’organisateur de la victoire ». En octobre 1793, il accourt à l'armée du Nord, prend part ft la bataille de w attignic s, où 1! d une colonne, un fusil à la main. Après la victoire, il revient au sein du Comité prendre part à ses immenses travaux. Voici quel fut le résultat des opérations militaires dirigées par le Comité de salut public, c est-ù-dirc en grande partie par Carnot, pendant dix- sept mois de campagne à jamais mémorables : 27 victoires dont 8 en batailles rangées, 120 combats, 80.000 ennemis tués,

5o.ooo prisonniers, 17 i places fortes ou villes importantes occupées, ,3o redoutes ou forts enlevés, 3.Soo touches à feu, 7°-o<” t.'.ioo milliers de poudre et 3o drapeaux tombés en notre pouvoir. « L.ut on cherche une campagne semblable dans les annules J Europe. » s écrie tribune anglaise ! .

Bien que n’appartenant à vrai dire à aucun pmi politique, Carnot votait presque

toujours avec la Montagne. Préoccupé par-dessus tout de la déiensc nationale, ce grand patriote, qui n'avait guère le temps de suivre les fluctuations de la politique de chaque jour, se trompe parfois sur des questions particulières, et on pourrait lui reprocher en effet dans su conduite politique, quelques contradictions. Mais, comme on l'a dit avec raison, en présence de scs immenses services, qui donc aurait le courage de s 'en souvenir? 11 survécut à lu République, et après s’être soumis au coup d'Etat de brumaire, et avoir accepté le portefeuille de la guerre en 1800, il protesta contre le Consulat a vie, puis contre le rétablissement de l'Empire. Il vécut dès lors dans la retraite, malgré les sollicitations de Napoléon qui lui dit un jour : « Monsieur Carnot, tout ce que vous voudrez, quand vous voudrez, et comme vous voudrez. » A l'heure des revers, il offrit U l'Empereur, qui en ce moment suprême personnifiait la Patrie envahie de toutes parts, son bras « sexagénaire ». Wl || reçut le gouvernement d'Anvers,

I A qu'il défendit et administra mervcil-

Icusement jusqu'à l’abdication. Pendant les Cent -Jours, il fut ministre de l'Intérieur. Proscrit par les Bourbons, il se retira à Mogdcbourg, où il mourut. Nous croyons bien faire en ■ donnant pour conclusion à ce résumé W biographique, l’opinion de l’illustre hisf toricn allemand Niebuhr, sur ce grand citoyen qui fut aussi un savant des plus distingués, comme l'attestent scs divers ouvrages sur les mathématiques : Réflexions SUr la mithaphvsiquc du calcul infinitésimal ; Théorie des transversales; Géométrie de position, . u Carnot, dit Niebuhr. est en quelques points,

lAXAIir. CAItXOT D’apr*» lo médaillon de DaOd ( Collection du Cabin»! doa M<*

lv plu. grand homme de ce siècle. Sa Venu est d'une turc cs.iuisc. Mes idée» politiques diffèrent des siennes, on amour pour lui peut sembler une anomalie, mais mour existe. S'il ne me restait au monde qu'un morceau de pain, in serais fier de le partager avec Carnot. »

.. -i . d'assez nombreux portraits de Carnot, mats

Il existe u««« . --- ■ . .....

4 tous nous préférons de beaucoup le médaillon si .. x r» . 4 et où l'illustre artiste, fidèle à sa méthode dart,

nerveux, du , aN 1 J & ’ . , . . lj et avec une extraordinaire intensité

a SU résumer sous une forme r ‘ m( .«c un impec-

même sujet. ta

Cette singulière Estampe est ornée de lu légende lutine suivante : FL vc dicit Dominas Dais :

quia tulisli rasa dtcoris lui de aitro ineo ,. .. et siwipsisti restiment a multicoloria ...et /arnica la es cum Jiliis Ægypti... ecce ego cnngregabo unirersos , quos mieras, super le undique ; et nudabo ignominiam tuant... dabo in saitguinent furoris, et -ch... et dabo le in inanus eorum. Telles sont les douces paroles, sorte de paraphrusc du manifeste de Brunswick, que l'auteur imaginatif de cette Estampe, fait tomber des

Compotilfon allégorique, do tenp,. .igné» de» Initiale, L. \.

lèvres de la Vierge qui, assise sur un trône de nuages, ci une paire de clefs h la main, indique d'un geste très significatif aux chefs de la coalition, prêts il sc ruer sur la France, que le royaume des cieux sera la récompense de leur sainte croisade. Déjà la République fuit éperdue, avec un geste d'effroi, devant la formidable invasion. La suite des événements nous apprendra que l'auteur de cet héroïque composition sc faisait quelque illusion sur les résultats de la mission providentielle des ennemis de la Liberté.

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