CARTE D’ÉLECTEUR
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ET PORTRAIT
CAlITB d'ULBCTBUH l'OlJ II LA CONVENTION NATIONALE
L’nbbé Fauchct, qui devait monter sur l'échafaud avec les Girondins, dont il avait favorisé les menées fédéralistes dans le Calvados, joua un rôle important dans le mouvement révolutionnaire, auquel il prit dès le début une part ardente. On le voit en effet, en costume de prêtre et le sabre à la main, conduisant une colonne populaire à l'attaque de la Bastille Chargé par la Commune de l’oraison funèbre des citoyens morts le 14 juillet, il prononça un discours retentissant, dont voici un des principaux passages : « Rend cç a César, dit -on, ce qui appartient à César! Oui, mais ce qui n'est point à lui, faut-il aussi le lui rendre: Or, la liberté n'est point il César, elle est il la nature humaine. Le droit d'oppression n'est point ù César, et le droit de défense est ù tous les hommes. Les tributs! ils ne sont au prince que quand les peuples y consentent. Les rois n'ont droit dans la société qu'a ce que les lois leur accordent, et rien n’est ù eux que par la volonté publique, qui est la voix de Dieu .
L'éloquence réelle de Fauchct, éloquence chaude et colorée qui avait grande prise sur le peuple était souvent mise à contribution. Lors de la distribution des drapeaux des districts ce fut lui qui fut chargé de prononcer le sermon patriotique
adressé aux soldats citoyens et ce fut encore lui qui, au nom de la Commune de I Paris, prononça le 21 juillet 1790, l'éloge solennel de Franklin, en présence des députés, des autorités municipales et des citoyens des départements venus pour assister à la fête de la Fédération. Ce morceau oratoire, rempli d'un grand souflle fut imprimé par ordre de la Commune. De lu Législative et de la Convention, il siégea à l'extrême gauche, et ne manqua jamais l'occasion de tonner contre les prêtres insermentés. Il rédigea avec Bonneville, le journal la Bouche de fer, et avec ce même Bonneville, auvsi illuminé et aussi exalté que lui, il fonda le fameux club du Cercle social où, dans des prédications enflammées, ci souvent avec une réelle éloquence, il se lit l'apôtre de doctrines étranges, où les préceptes de l'Êvangilc. les formules maçonniques, les articles de la Déclaration des Droits de l'homme, les maximes philosophiques les plus audacieuses, se mélangaicnt de bizarre façon. II fut soupçonné d’avoir eu des entrevues avec Charlotte Corday, lors de l'arrivée de celle-ci à Paris, et fut arrêté peu apres l'assassinat de l’Ami du peuple. II fut exécuté le 3i octobre
L'abbé Fauchct était évêque constitutionnel du Calvados.