AUTOGRAPHE ET PORTRAIT DE HOCHE
Lame Moche qui s’était engagé a dix-huit ans dans les gardes françaises, venait d’être nomme caporal lorsque la Révolution éclata. I.c futur commandant en chef de l'armée de la Moselle sortait des entrailles mêmes du peuple. Orphelin ii deux ans, il fut élevé par une tante, fruitière à Versailles, et avant d’être garde française, il fut successivement enfant de chœur, puis attaché comme palefrenier surnuméraire aux écuries royales. Il devint un des adeptes les plus sincères de la Révolution qu'il ne devait jamais trahir. Le 3i août 1789, il entrait avec le grade de sergent dans la garde nationale soldée. Le 1" janvier 1792 il était adjudant sous-oflicier au 104'' régiment d infanterie. Cinq mois plus tard, il était lieutenant au 5X*. Le 1" septembre de la même année il gagnait les galons de capitaine Le 3t mai 1793 il était, grJee ù l’appui de Carnot, qui faisait de lui le plus grand cas, nommé adjudant general.
Son habile défense de Dunkerque contre les Anglais, lui valut d'être nommé général de brigade (le 10 septembre 1793) et général de division (le a3 octobre 1794). « En deux cumpagnes, il venait de passer par tous les grades et chacun avait été le prix d'une action d’éclat. » Hoche avait vingt-cinq ans à peine lorsqu’il fut appelé A commander en chef l'armée de la Moselle.
Le 2.' décembre, le gouvernement de la République lui donnait le commandement en chef des armées de la Moselle et du Rhin, et bientôt il battait complètement Wurmser près de Wissembourg, débloquait Landau, s'emparait de Gernesheim, de Spire et de VVorms, et chassait complètement les Autrichiens
de l'Alsace. Dans cette campagne étonnante, où se révélât avec éclat tout le génie militaire de Hoche, le jeune général se couvrit d'une gloire immortelle.
Dès lors l'envie et la jalousie s’acharnèrent contre lui. Pichegru, qui devait bientôt trahir la République, réussit à faire croire à Saint-Just que le jeune héros, le soldat le plus désintéressé de la Révolution, aspirait .1 la dictature. I loche triompha de scs Idchc* calomniateurs dans une protestation indignée. Il fut nommé général en chef de l'armée d'Italie. C’est dans les plaines de la Lombardie et du Piémont qu'est le véritable champde bataille avec l’Autriche - avaitil dit. Mais, poursuivi sans rchlche par scs adversaires politiques et l'infatigable envie de scs compétiteurs militaires, il fut arreté au milieu de ses soldats, conduit ù Paris et jeté en prison. Cette cruelle injustice ne lui inspira ni haine ni découragement. Il ne fut rendu ù la liberté qu'après les journées de Thermidor. A la tin de l'année 1794, il était appelé au commandement de l'armée des cotes de Bretagne, où il se montra aussi habile homme de guerre que politique avisé. Après l'installation du Directoire, Hoche prenait le commandement des trois armées de l'ouest. Le 1 5 juillet 1796, un message du Directoire annonçait que la lutte contre les insurgés de l'ouest était entin terminée, et le meme jour un décret proclamait que l’armée de l'Océan et son chef avaient bien mérité de la patrie. Hoche reçut le surnom glorieux de Pacificateur Je la l'enJée. Le 19 septembre 1797 il mourait subitement d'un mal mystérieux, à son camp de Wctzlav, au milieu de son armée de Sambre-ct-Meusc. Il avait vingt-neuf ans. La mort de ce héros, enlevé à lu République à la fleur de l'dgc, frappa de stupeur la France tout entière.
Au Quartier général de l’Armée des Côtes de l’Océan , à Rennes , le 19 germinal, 4” année républicaine.
les proclamations de Hoche sont d’une éloquence noble, simple et surtout honnête. Celle que