‹ La Révolution FrançaiseChapitre 2 sur 303 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Par un choix tris circonspect de documents sincères, tous de l’époque, sauf quelques rares exceptions justifiées par des motifs purement esthétiques. nous avons voulu faire de ce vaste album une sorte de miroir où se refléterait fidèlement l’image de la Révolution, image à la fois héroïque et sinistre, ruisselante de sang et couverte de lauriers, mais toujours grande. J'allais dire toujours belle, nous souvenant de ce dialogue entre le comte Charles de Lastevrie et Michelet :

4 ... lui parlant de ces temps et de l’impression qu’il en eut (lui fort exposé, en péril) : — J’en tirai, dit l'illustre historien, ce mot seul : * Monsieur, c’était très beau! » — Mais, vous pouviez périr! Vous cachiez-vous? — a Moi, point. J'allais, j’errais en France. J’admirais . oui. c’était très beau! ■

Et maintenant que l’œuvre est terminée, que sur ces feuillets laborieusement rassemblés nous pouvons contempler la suite éloquente de tous ces documents du temps où revit et s’agite le passé, nous nous demandons avec une certaine inquiétude, si notre sincère désir de restituer par l'image, à la Révolution, sa physionomie vraie, est complètement réalisé. Sans doute les uns nous reprocheront d avoir cherché, par un choix de gravures signées de noms suspects, à attendrir, à apitoyer, au détriment de la vérité historique, le lecteur sur le sort de

la famille royale. D’autres, au contraire, nous feront peut-être un grief d’avoir, quand il s'agissait de représenter les figures terribles et les actes impitoyablement énergiques des défenseurs de la liberté, trop exalté leur héroïsme farouche... A cela nous répondrons que malgré la richesse incontestable des documents révolutionnaires. I.i pièce décisive nous faisait quelquefois défaut, et que si, d’un autre côté, nous nous dispensons, dans le laconisme de nos commentaires. Je flétrir solennellement. comme il est de mode aujourd'hui, tel acte de violence désespérée, de barbarie terrifiante, accompli par ceux qui avaient assumé la tâche formidable de défendre la patrie contre l’Europe entière massée aux frontières, et contre les traîtres de l'intérieur, c’est que toujours revenait à notre souvenir cette belle et profonde parole de Renan : a En faisant un choix dans les actes de la Révolution qui forment un tout indivisible, en défendant l’un et en attaquant l’autre, on se trouve acculé à des difficultés sans nombre. Admirer les résultats obtenus par la Révolution et en attaquer les ardeurs et les excès, c’est illogique. Car ce sont les excès de la Révolution l’on admire, n

qui ont produit ces résultats que

Armand DAYOT.

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