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JOURNÉE DU «3 VENDÉMIAIRE

au titre de general de brigade dans l’arme de l'artillerie. En réalité. Bonaparte était commandant en chef de l'armée de Paris, avec les pouvoirs les plus étendus. Le i3 vendémiaire au matin, il prit scs dispositions d'attaque contre les sectionnaires qui, sous la conduite du général Danican, marchaient en nombre contre la Convention par plusieurs issues différentes. Bonaparte avait appelé à son aide les meilleurs officiers généraux de la République, alors à Paris : Verdier, Montchoisy, Brune, Berruyer, Vachal, Duvigier, et jusque son ancien général en chef, le brave Carteaux. Les dispositions prises par le jeune général furent des plushabiles. Bavait tout prévu, et avait même fait distribuer huit cents fusil» aux membres de la Convention.

En quelques heures il eut raison des insurgés, et son énergie sauva la Convention et la Constitution, qu'il devait d'ailleurs renverser lui-même trois années plus tard. Dans cette superbe lithographie, Ralfct nous montre Bonaparte au milieu des soldats de la Convention, dirigeant l’écrasement des sectionnaires massés sur les marches de l'église Saint-Roch. Cette date sanglante fut le réel point de départ de son éblouissante fortune militaire.

Le parti royaliste, qui se fortifiait chaque jour de mécontents de tous les partis, s’agitait aussi > Paris. Presqu’ouvertement ses émissaires, les Charles Lacretelle, les La Harpe... excitaient le peuple à la révolte contre la Convention, que la Réaction voulait dissoudre avant qu'elle eût établi définitivement un gouvernement républicain régulier. Les partisans de la contre-Révolution augmentaient chaque jour parmi les sectionnaires, et plusieurs sections, comme la section Le Pelletier, étaient totalement gagnées à la cause royaliste. L'audace des conspirateurs devient bientôt intolérable. Dans un remarquable discours sur l'état des choses, Daunou signala l'attitude insurrectionnelle des sections ; à la suite de ce discours la Convention prit les mesures vigoureuses qui, seules, pouvaient assurer son salut.

Elle fit fermer la salle des séances de la section Le Pelletier. Le pouvoir exécutif fut délégué ù une commission de cinq membres. Le commandement en chef de la force armée de Paris et de l’intérieur fut confié au général Barras, représentant du peuple, qui s'adjoignit comme commandant en second le jeunegénéral Bonaparte, alors sans emploi, par suite de son refus de se rendre en Vendée,

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