‹ La Révolution FrançaiseChapitre 282 sur 303 · PORTRAITS DE NE Y · texte numérisé non relu

PORTRAITS DE NE Y

NBY (.1792)

Lieutcnont Je hussards.

D'après le UMeau d'Adolphe Ilnioc, prs«d par Danois, i Cul lr< lion de M Napoléon-Noj y

LU MARÉCHAL NBY Duc d'Elchingen, prince de la Moskowa, Pair de France.

D'après le portrait de Gérard, graié par Tardieu.

Michel Ney, duc d'Elchingen, prince de la Moskowa, maréchal de France, naquit à Sarrelouis le 10 janvier 1769e! fut fusillé à Paris le 7 décembre i8i5. Il s'engagea le ô décembre 1788 dans un régiment de hussards. Enfant du peuple |son père était tonnelier), il était condamné à végéter dans les grades inferieurs de l'armée, lorsque In Révolution éclata et lui fournit rapidement l'occasion de révéler scs qualités d'homme de guerre, et d’atteindre les grades les plus élevés de l'armée. Il lut de toutes les campagnes, de tous les combats, se battit comme un lion en Allemagne, en Égypte, en Italie. Le iR mars 1799, il était nommé général de division, après lu prise de Manheim, dont il s’était emparée avec cent cinquante hommes. Peu de temps après, il buttait les Autrichiens ù Fraenfclde, à Altikoiv, à Wintherthur, où il était ble-.sé deux fois. 11 recevait bientôt encore de nouvelles blessures sous les murs de Manheim. Toujours il payait de sa personne comme un simple troupier; aussi ses soldats l'avaicnt-ils appelé le Brave des braves, le Lion rouge, u cause de la couleur de scs cheveux. Le 3 décembre 1800, il contribuait puissamment h la victoircde I lohcnlinden, le 10 mai 1804. Napoléon le nommoit maréchal de Fronce. Ce fut lui qui acheva la défaite des Prussiens à Iéna(i8o6) qui s'empara d'Erfurth, de Magdebourg, coupa lu retraite des Russes ù Eylau. En 1808, il recevait, en souvenir de la grande victoire rapportée par lui sur les Autrichiens en 180J, le titre de duc d'Elchingen. Puis il se bat en Espagne, y fait d'inutiles prodiges de valeur, et lors de la déclaration de guerre à la Russie (tSta), est mis è la tête du 3* corps. Pendant toute cette terrible campagne, l'héroïsme de Ney fut extraordinaire. Il est d'ailleurs devenu légendaire. .. Quand nous lisons la

chevaleresque conduite de Ney pendant toute cette campagne, dit le maréchal Wolseley dan» son livre : Le Déclin el la chute de Kapolcon, nous ne pouvons nous empêcher de sentir quelles pauvre» créatures étaient les héros d'Homère comparés à lui. » — Et ici c’est un Anglais qui parle. — E° 181 3, le prince de la Moskosva était grièvement blessé à Luticn. Pendant la campngncde France, il lut admirable. • Il étoit toujours au premier rang, dit Rabbe, animant scs soldats et leur faisant retrouver, malgré leur petit nombre, cette confiance héroïque qui les avait soutenus aux )ours de bonheur. • A la chute de l'Empereur, Ney, au lieu d'entrer dignement dans la retraite, «e mit su service des Bourbons. Ce fut la grande faute de sa vie, qu’il devait expier cruellement. Chargé lors du retour de 1 île d'Elbe d'arrêter Napoléon, il ne put résister & la vue de son ancien empereur, de son ancien compagnon de gloire, tomba en pleurant dans se» bras, et signa la fameuse proclamation (sa condamnation à mortl qui commençait par ces mots : « Ollicicr», sous-olîicicr» et soldat», la couse des Bourbons est jamais perdue... • et qui se terminait par ce cri : « Vive l'Empereur! • Aux Qu.itrc-Bras, à Waterloo, cet héroïque soldat fut épique. Couvert de blessures et de sang.il appelait la mort en agitant en l'air son tronçon d'épée : « Ah! je voudrai», s'écriait-il, que tou» «» boulets m'entrassent dnns le ventre! • — « Tu étais réservé à de* balles française*, infortuné! • Le 7 décembre 181 5, le gouvernement des Bourbons faisait fusiller, avenue de l'Observatoire, Michel Ney. duc d'Elchingen, prince de la Moskowa, maréchal de France, le Brave des braves, le Lion rouge des soldats.

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