‹ La Révolution FrançaiseChapitre 300 sur 303 · GEORGES WASHINGTON · texte numérisé non relu

GEORGES WASHINGTON

A l'heure où la République agonisait en France, et où un aventurier de génie, encouragé par la mort des hommes les plus énergiques de la Convention et aussi, il faut bien le dire, par la lâcheté et la corruption des gouvernants, à donner l’exemple de la plus coupable ambition, s'emparait du pouvoir par la violence, Washington, une des plus nobles, des plus hautes, des plus lumineuses ligures de l’histoire, s’éteignait doucement au milieu du peuple enthousiaste auquel il venait d’offrir l’indépendance et la liberté Parmi les images des Barras, des Trcilhard,dcs Barthélemy ,des Fouché, des Tallcyrand... qui se multiplient â la tin de cet ouvrage, celle-ci nous parait se détacher avec un singulier éclat et devoir produire sur le lecteur une impression consolante.

Georges Washington naquit en Virginie, le 22 février 17^2 II mourut à Mount-Vernon le 14 décembre 1 799* L'espace nous fait ici défaut pour raconter les débuts de la vie militaire de Washington, qui porta d’abord les armes contre nous sur l'Ohio. En 177?, au montent de la rupture avec l'Angleterre, il est nommé par le Con giés de Philadelphie général en chef des troupes américaines. On a pu dire que, dès ce moment jusqu’à la fin du siècle, ce fut de lui que vécut l’Amcrique. Après Unc lutte acharnée, pendant laquelle la France lui apporta son précieux concours, Washington

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D’APRÈS l \ PORTRAIT

DF. JOHN JENNINBULL’

obligeait les Anglais à la paix le 20 janvier 1783. L’indépendance des États-Unis était fondée. Washington licencia son armée et se plongea dans la retraite. Mais il en fut vite retiré par ses compatriotes qui, malgré son opposition, l’élurent ù l'unanimité président de l'Union (178g), et ce fut lui qui, en cette qualité, inaugura 1ère de la République américaine.

Quatre ans après, il était réélu de nouveau; mais après huit années consécutives de présidence, et malgré les instances de ses compati iotes, il refusa un nouveau mandat et se retira pour toujours dans la vie privée. Rien ne fut plus propre a la consolidation de la République américaine que la sorte d'abdication volontaire de cet homme alors tout-puissant, ci dont le prestige était sans égal sur l'esprit des foules. Dans une magistrale introduction à lu I ie Je Washington, Guizot parle ainsi du héros et en résume en quelques lignes la psychologie : Que l’occasion fut grande ou petite, les conséquences prochaines ou éloignées, Washington convaincu n'hésitait jamais à se porter en axant sur la foi de sa conviction.

On eût dit, à sa résolution nette et tranquille, que c'était pour lui unc chose naturelle de décider des affaires et d'y répondre, signe assure d’un génie ne pour gouverner, puissance admirable quand die s’unit â un désintéressement consciencieux. *

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