‹ La Révolution FrançaiseChapitre 5 sur 303 · LA BASTILLE · texte numérisé non relu

LA BASTILLE

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Avec ses fossés, profonds de huit mètres et larges de vingt-six. ses murs de dix pieds d'épaisseur au sommet des tours, de trente ou quarante à la base, ses meurtrières armées, ses fenêtres garnies d ‘énormes barreaux de fer, mais surtout avec son passé, plein de lugubres souvenirs, la Bastille était pour le peuple de Paris, le symbole, toujours menaçant de l'arbitraire et de l'oppression. N était-ce pas entre ses sombres murailles, dans scs oubliettes profondes qu’avaient été entassés les malheureux protestants après la Révocation de l'Edit de Nantes;1 N'étnit-ce pas là qu'avait souffert jusqu'à l'échafaud l'héroïque Lally, gouverneur de l'Inde, coupable d'olfcnscs envers les courtisans N'était-ce pas là enfin qu'avaient été enfermés : Lcnglct-Dufresnoy, Voltaire,

Linguet, Latudc, cette victime si populaire de la Pompadour, La Bourdonnais, La Chalotnis, Le Maistre de Sacy.. et tant d'autres innocentes victimes: Cette abominable forteresse, cette prison infâme dont les murs avaient étouffés tant de sanglots et de cris d’agonie, apparaissait au peuple de Parts comme la sinistre image d'un passé tyrannique, et c'est pour cela qu'il inaugura le nouveau droit des nations en la rasant jusqu'à la dernière pierre.

Une suite d'estampes très curieuses racontera ultérieurement tous les détails de ce siège mémorable.

La première pierre de la Bastille tut posée le 22 avril 1 3f»u. La forteresse fut terminée en 1 533.

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