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religieux, et en particulier avec celle de la Charité. Elle choisit l’ancienne propriété des Bénédictines de Notre-Dame-de-Liesse, couvent situé rue de Sèvres, au delà de la Barrière, devenu vacant par la suppression même de la communauté et la fit aménager. Le loyer payé à M. de Montgolfier, économe de l'Archevéque, était de 3,600 livres par an (1). Mais M*e Necker avait obtenu du gouvernement, en 1779, une subvention annuelle de 42,000 livres (2).
L'hôpital possédait 120 lits, et 24 personnes étaient employées au service des malades ou de la maison, au moment de la visite des commissaires du Comité de Mendicité, savoir : 12 Sœurs de la congrégation de Saint-Vincent-de-Paul et 12 officiers et domestiques à gages.
« Chaque sœur, chaque employé et domestique ont leur tâche » particulière à remplir. La supérieure embrasse elle seule l’en- » semble de toutes les parties de l'administration , elle règle la » dépense, tient l'argent, les livres et les registres : un médecin » est logé dans la maison et ne s’en absente que très rarement : » 1l fait régulièrement deux visites chaque jour ; 1l y est accom- » pagné de deux sœurs, du chirurgien et de l’apothicaire de la » maison ; la sœur de chaque salle lui rend compte de tous les » événements survenus aux malades depuis sa dernière visite. » L'élève de chirurgie veille les malades si leur état l'exige : rien » n'est mieux entendu que la distribution de temps et l’ordre » qui règne dans cet hôpital » (3).
Tout avait été fait pour assurer la salubrité du nouvel établissement :
« L'hospice de Saint-Sulpice établi dans un ancien couvent, » n'offrait pas à l'égard du renouvellement facile et continu de » l'air, de grands avantages; maisles difficultés ont été vaincues;
(1) Cf. États mensuels des recettes et dépenses de l’hospice de charité de la paroisse de Saint-Sulpice, dressés par la sœur Cassegrain, supérieure, et approuvés par M. Mayneaud de Pancemont, curé de Saint-Sulpice. 1789. Minutes (12 p.) Archives nationales, F1?, 397. Tuétey. Op. cit, Tome I, P. 505$, n° 155.
(2) Rapport du Comité de Mendicité Archives parlementaires. Op. cit. Tome XXIL p. 386.
(3) Rapport du Comité de Mendicité. Archives parlementaires. Op cit. Tome XXII, p. 386.
» toutes les salles, à l'exception d’une de six lits, ont des croisées » opposées et moyennant la direction des corridors et l'effet des » ventouses multipliées, il y a, dans chacunes d'elles, un courant » d’air que l'on peut augmenter, diminuer et modérer à volonté.
» .…. Les corridors, qui règnent le long des salles, tempèrent » les ardeurs de l'été, et modèrent, en hiver, la rigueur du froid: » des poëles placés aux endroits les plus convenables, y distri- » buent une chaleur suffisante » (1).
Les latrines étaient à l'anglaise et d’un système perfectionné. Chaque pensionnaire avait un lit et était bien nourri. La propreté était parfaite, la tranquillité absolue. On avait même placé au pied des lits une pancarte indiquant le régime prescrit pour chacun des malades. Maret, chirurgien en chef des Petites- Maisons, et le médecin Beauvais-Despréaux (2) faisaient leurs visites avec assiduité (3). Cependant la mortalité était considérable.
Du début de l’année 1779 à la fin de 1788,0,941 malades étaient entrés à l’hospice : 1,402 étaient morts(4). La mortalité était donc un peu moindre qu'un septième. Dans l'espace de six ans, du 1% janvier 1779 jusqu’à et y compris 1785, Doublet avait relevé un décès sur 6 malades «et par un autre supputation comprenant cinq années » un décès 7 2/25. L’Hôtel-Dieu seul, parmi les grands hôpitaux, semblait avoir une mortalité supérieure.
Les Commissaires du Comité de Mendicité donnent les raisons de cet insuccès :
« Il est vraisemblable que la maison et les bâtiments n'ayant » point été construits pour servir d'hôpital, les salles y sont trop » basses, et le nombre de lits, dans chacune d'elles, trop consi- » dérable ; il en résulte que chaque malade n'a pas une quantité
(1) Article de Doublet sur l'hospice de Charité, document cité in «Journal de Médecine, etc., de Bacher » (Février 1790. Tome LXXXII, p. 195 et 198).
(2) Beauvais-Despréaux recevait 850 et Maret 300 livres par an (Voir Tuetey. Tome I. Op. cit., p. 505. Document cité).
(3) Les convalescents recevaient souvent à leur sortie, une somme proportionnée à leurs besoins. Cf. Doublet. Article cité plus haut. Tome LXXXII du « Journal de Médecine de Bacher », p. 199.
(4) Rapport du Comité de Mendicité. Archives parlementaires. Op. cit. Tome XXII, p. 386.
Mac-Auliffe} — 13.
» suffisante d'air libre à respirer. Cette circonstance a certaine- » ment augmenté la mortalité; il nous semble donc qu'il fau- » drait diminuer le nombre des lits dans les salles. »
Ils considéraient pourtant l'hospice St-Sulpice « comme un des hôpitaux les mieux ordonnés de Paris, un établissement précieux et digne de la plus grande faveur. »
Ce quasi-échec fut douloureux pour M”: Necker. Elle stimula le personnel très intelligent et très dévoué dont elle avait doté l'établissement, mais elle fut bien forcée, malgré son désespoir, d'accepter l'inévitable. Comme l'excellente statistique de mortalité de l'hôpital de la Charité lui semblait un reproche, elle en examina les détails avec attention et découvrit que les frères de Saint-Jean-de-Dieu ne gardaient ni les phtisiques, n1 les vieilards (1).
Le prix de la journée de malade avait été de 18 sols 11 d.en 1788 ; mais on se rappelle que le décret du 31 mai 1788 avait supprimé les franchises des hôpitaux. Le Comité de Mendicité prévoya que pour cette raison ce prix pouvait, en 1700, s'élever à 22 sols. On avait accordé à l’hospice 11.400 livres d’indemnité en remplacement de l’exemption des droits d'entrée (2).
Lorsque Mme Necker suivit son mari en exil, l'administration qui, en fait, revenait à la sœur Cassegrain, fut confiée à celle ci, au curé de Saint-Sulpice, Mayneaud de Pancemont, sous la surveillance de l'ardente collaboratrice et amie de Mr: Necker, la
duchesse de Duras.
(1) D' Raymond Gervais. Op. cit., p. 38.
(2) D' Raymond Gervais. Op. cit., p. 133. Pièce L. Le « Tableau des Hôpitaux de Malades » (Archiv. Nat. F!° 3578) indique comme prix de la journée . commune du malade : 17 sols 7 deniers.
Hôpital royal des Quinze-Vingts
(Rue de Charenton)
Depuis 1780, l'hôpital des Quinze-Vingts s'élevait sur son emplacement actuel, dans l’ancien hôtel des Mousquetaires Noirs, rue de Charenton. Il avait été établi précédemment rue Sant-Honoré, dans un vaste enclos qui faisait face à la rue Richelieu et qui fut démoli. C'était un bâtiment insalubre qui obstruait les abords du Palais-Royal, masquait le Louvre en partie et rendait impraticables les rues avoisinantes. Sa démolition fut bien accueillie du Roi et de la famille d'Orléans, dont elle dégageait les palais, mais aussi de la bourgeoisie parisienne, à qui elle donnait, au centre même de la ville, de larges espaces pour des constructions neuves (1).
Le cardinal de Rohan, supérieur général des Quinze-Vingts, qui fut l'instigateur de cette opération excellente à tous lepoints de vue, fut accusé d'avoir trafiqué avec les entrepreneurs adjudicataires et d’avoir touché des « pots de vin » (2).
La vente de l’erclos avait rapporté 6 millions 312.000 livres. Cinq millions furent versés au Trésor royal. Rohan fut accusé « d’avoir assigné à ses besoins personnels et enlevé à ceux de l'Hôpital dont il était la propriété et qui n’en a jamais vu l’em ploi », le sixième million {3). :
(1) Cf. J. Jaurès. Op. cit. p. 126.
(2) Le terme était déjà employé. Cf. Observations pour M. le Cardinal de Rohan contre un libellé en forme de requête, etc. (Tuetey. Op. cit. Tome II, É ie maison, écrivaient aussi les aveugles, est bien riche, mais ses richesses sont bien mal emploiez, car il ne sont qu’au profie de seux qui la gouverne (Tuetey. Op. cit. Tome Il, p. 11).
(3) Tuetey. Op. cit. Tome Il, p. 20.
. l'abbé de Pernon, maître des requêtes, rue d'Anjou, faubourg
L'administration de l'hôpital était composée comme suit :