‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 3 sur 108 · LIVRE II LÉPOQUE SYNCRÉTISTE · texte numérisé non relu

LIVRE II LÉPOQUE SYNCRÉTISTE

Que le peuple juif ait cherché dans la conquête religieuse du monde la revanche de sa ruine nationale, et dans le triomphe du Messie loubli du malheur de ses rois, le fait est très digrne de remarque : on ne voit pas que le peuple d'Hannibal ou de Persée, de Mithridate ou d'Antiochus, de Viriathe ou de Vercins^étorix ait attendu de la venir semblable réparation.

Une chose, pourtant, est plus curieuse encore que ce rêve dont s'illumine lÉgUse d'Israël : regarder comment il s'incarne dans les faits et se vérifie dans riiistoire. Le rap])ort des religions païennes et juive depuis le temps d'Alexandre jusqu'au temps des Sévères se détinit dun mot : convergence^.

Le lent progrès vers l'unité de Thistoiro ancienne aboutit et se couronne durant les trois siècles qui précèdent et les deux siècles qui suivent la naissance de Jésus. Le monde méditerranéen trouve alors son équilibre

' Voir t. L 32^.

-Voir t. L 1T-:Î4.

4 L EPOQUE SYXCRETISTE

politique. L'empire oriental, réorganisé par Alexandre \ n'est pas longuement défendu par ses successeurs contre l'empire occidental, péniblement élevé par les Romains ; Carthage ^ et Mithridate ^ sont domptés tour à tour; l'Occident et l'Orient, écrasés dans le sang ou étranglés dans les mensonges, apportent leurs richesses aux pieds du vainqueur; de l'Espagne jus-

* Alexandre [356-323], roi de Macédoine [336]. fils de Philippe qui a dompté la Grèce, conquiert l'empire perse [334-330]; il travaille à le réorganiser en associant au grand œuvre Grecs et Perses, lorsqu'il meurt. Voir Pauly-Wissowa ; les histoires générales de Duruy (1887-89. Paris^. Gurtius (trad. Bouché-Leclercq, 1880-83, Paris)'. Grote (trad. de Sadous, 1864-67, 10 vol.)-

- Les Lagides en Egypte, les Séleucides en Syrie, les Attalides à Pergame sont les plus fameux de ceux-ci : ils réalisent dans une certaine mesure l'œuvre rêvée par Alexandre. Mais ils ne savent pas faire bloc avec la Macédoine et la Grèce pour résister à Rome. Après Cynoscéphales [107],Pydna [168], Leucopétra, la Macédoine et la Grèce deviennent provinces romaines [146]. Vaincu à Magnésie [101], Antiochus III de Syrie doit reconnaître le protectorat de Rome. Attale III lègue son royaume de Pergame au Sénat, qui en fait la province d'Asie [133-129]. — Voir les histoires de Mommsen, Duruy, Guglielmo Ferrero : Grandeur et décadence de Rome. I, 1004. Paris; Rouché-Leclercq : Histoire des Laff ides, Paris. 1003-1004. 2 vol.; Hertzberg : Histoire de la Grèce sous la domination romaine: Susemihl : Gesch. der qriech. lit t. in der Alexandrinerzeit, Leipzig, 1801-92; Croiset : Hist. litl. grecque, V, 1890, Paris.

^ La possession do la Sicile met aux prises Carthage et Rome, [264-241]- peu s'en faut qu'avec Hannibal[vl83|, Carthage n'écrase Rome [Trasimène 217, Cannes 216]. Mais, vaincue à Zama [202], Carthage est détruite en 146. Voir Hennebert : Histoire d'Hannibal 1870-78, 2 vol.

*■ Mithridate Eupator [111-03], roi de Pont, rappelle Hannibal parla haine qu'il a vouée à Rome et les dangers (ju'il lui fait longtemps courir. — Voir Théodore Reinach : Mithridate Eupator, roi de Pont, Paris, 1890.

Page 1