LE COMPLOT CONTINUE
Qui sont-ils ? Hier nous écrivions que les inspirateurs de la contre-révolution: étaient les cadets. Nous nous basions non seulement sur des « bruits », mais sur les faits. connus de la sortie des cadets du ministère aux heures critiques de la « reddition » de Tarnopol en juillet, et du complot de Kornilov en août. Car ce ne“pouvait être l'effet du hasard qu’en juillet comme en août les cadets se sont trou-
- vés dans le même camp que les traîtres au front et les pires contre-révolutionnaires à l’arrière agissant contre le peuple russe.
Aujourd’hui, les Zzvestia et les défensistes, ces partisans avérés d’un accord avec les cadets, confirment sans réserve la déclaration que nous avons faite hier sur les cadets : |
Lvov n’a pas dissimulé — écrivent les défensistes —-que non seulement le général Kornilov, mais encore un certain groupe d'hommes politiques qui se trouvent en ce moment au grand quartier général, la souhaïtent [c’est-à-dire la dictature militaire |.
Par conséquent :
C’est un fait que le grand quartier général est le quartier général de la contre-révolution.
| C’est un fait que le quartier général de la contre-révo- Jution se compose d’ « hommes politiques connus ».
Mais qui sont ces « hommes politiques » ?
Ecoutez plus loin :
La participation au complot de toute une série d’hommes no idéologiquement et personnellement très liés avec
es représentants du Parti cadet est établie avec certitude (Izvestia).
Par conséquent :
C’est un fait que messieurs les défensistes qui, hier encore, s’accolaient avec les « forces vives » du pays en Ia personne des « représentants du Parti cadet », sont forcés aujourd’hui de les dégrader au titre de conspirateurs contre la révolution.
C’est un fait que le complot a été organisé et est conduit par les « représentants du Parti cadet ».
Notre Parti avait raison d’affirmer que la première condition de la victoire de la révolution c’est la rupture avec les cadets.
Sur quoi tablent-ils ? Hier nous écrivions que le parti de Kornilov était le pire ennemi de la Révolution russe, qu'après avoir rendu Riga il ne s’arrêterait pas devant la reddition de Pétrograd pour assurer le triomphe de la contre-révolution.
Aujourd’hui, les Zzvestia confirment sans réserve cette déclaration :
Le chef du grand quartier général, le général Loukomski, qui est en fait l'âme de la rébellion, annonce que la lutte intestine sur le front, au cas où le Gouvernement provisoire rejetterait les revendications du général Korniiov, pourrait provoquer une rupture du front et l’apparition de l'adversaire sur des points où nous l’attendons le moins. | |
Voilà qui ressemble singulièrement à la menace de rendre, mettons Pétrograd.
Mais voici une déclaration plus précise encore :
Le général Loukomski s’efforçant de faire aboutir le com-
plot, ne s’arrêtera visiblement pas devant la trahison manifeste ‘ de la patrie. Sa menace que le refus d'accepter les revendications du général Kornilov entrainerait la guerre civile au front, l'ouverture du front et la honte d’une paix séparée, ne peut être considérée autrement que comme la ferme résolution de passer un accord avec les Allemands pour assurer le succès du complot.
Vous entendez : « l'accord avec les Allemands », « l'ouverture du front », « la paix séparée »…