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LE COMPLOT CONTINUE

Les cadets « mêlés au complot » et qui, par leur présence au grand quartier général, masquent |” « ouverture du front », l’ « accord avec les Allemands », voilà les vrais « traîtres » et « félons ». |

Ces héros de l’ « ouverture du front » ont traîné notre Parti dans la boue durant des mois en l’accusant de « trahison », en parlant de l’ « argent » allemand. Pendant des mois entiers, cette fable a été répandue par les mercenaires à la solde des banques, par les jaunes de la Novoiïé Vrémia et des Birjévyé Védomosti, de la Retch et de la Rouskaïa Volia. Or, aujourd’hui, même les défensistes sont obligés d’avouer que la trahison au front est le fait du corps de commandement et de ses inspirateurs idéologiques.

1 faut que les ouvriers et les soldats se le rappellent !

Il faut qu’ils sachent que les clameurs provocatrices de la presse bourgeoïise sur la « trahison » des soldats et des bolchéviks ne faisaient que dissimuler la vraïe trahison des

généraux et des « hommes politiques » du parti cadet.

Il faut qu’ils sachent que lorsque la presse bourgeoise pousse des hurlements sur la « trahison » des soldats, c'est un indice certain que les inspirateurs de cette presse ont

déjà préparé la trahison et cherchent à en rejeter la res-

ponsabilité sur les soldats.

11 faut que les ouvriers et les soldats le sachent et en tirent les conclusions qui s'imposent.

Vous voulez savoir sur quoi ils comptent ?

Ils comptent sur l’ « ouverture du front » et sur | « ac-

. cord avec les Allemands », espérant gagner, par l’idée d'une

paix séparée, les soldats exténués par la guerre et les lancer ensuite contre la révolution.

Les ouvriers et les soldats comprendront qu’on doit être sans pitié pour ces traîtres du grand quartier général.

Le complot continue. Les événements se suivent. De nouveaux faits et bruits se succèdent rapidement devant nous. D’après des rumeurs encore non vérifiées, Kornilov serait en pourparlers avec les Allemands. On parle avec insistance de coups de feu échangés entre les régiments korniloviens et les soldats révolutionnaires près de Pétrograd, Un « manifeste » a été lancé par Kornilov qui s'y pro-

clame dictateur, ennemi et fossoyeur des conquêtes de la Révolution russe.

| Et le Gouvernement provisoire, au lie d’accueillir les ennemis en-ennemis, préfère délibérer avec le général Alexéev; il ne cesse de mener des pourparlers avec Kornilov et d’exhorter les eee qui trahissent ouvertement la Russie. |

Et la « démocratie révolutionnaire » se prépare en vue dune nouvelle « conférence particulière sur l'exemple de la conférence de Moscou, où seraient représentées toutes tes forces vives du pays » (Zzvestia).

D'autre part, les cadets aui, hier encore, criaient au « complot des bolchéviks », décontenancés par la découverte du eomplot, appellent à la « prudence » et à l « accord » (Retch).

On se propose visiblement de « monter » un nouvel accord avec ces mêmes « forces vives » qui, tout en criant au complot des bolchéviks, organisent elles-mêmes un complot contre la révolution et le peuple russe.

Mais ces partisans de l’accord règlent le compte sans le maître, puisque les vrais maîtres du pays, les ouvriers et les soldats, ne veulent avoir aucune espèce de conférence avec les ennemis de la révolution. Les renseignements qui par- viennent des arrondissements et des régiments concordent pour dire que les ouvriers mobilisent leurs forces; que les soldats sont sous les armes. Evidemment, les ouvriers préfèrent tenir aux ennemis un langage d’ennemi.

1 ne saurait en être autrement : on combat les ennemis, mais on ne confère pas avec eux. |

Le complot continue, préparez la résistance !

Rabotchi, n° 5, 2° édition spéciale, 10 septembre (28 août) 1917.

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