‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 131 sur 252 · LETTRE AU COMITÉ CENTRAL DU P.0.S.D.R · texte numérisé non relu

LETTRE AU COMITÉ CENTRAL DU P.0.S.D.R

ment, nous demandera-t-on, il ne faut donc pas combattre Kornilov ? Certes, il faut le combattre. Mais ce n’est pas une seule et même chose; il y a une limite entre les deux, et cette limite quelques bolchéviks la franchissent en cédant à l « esprit de conciliation » et en se laissant entraîner par les événements.

Nous faisons et nous continuerons de faire la guerre à Kornilov, comme les troupes de Kérenski, maïs nous ne soutenons pas Kérenski, nous dévoilons, au contraire, sa faiblesse. Il y a là une différence. Elle est assez subtile, mais essentielle et on ne saurait l’oublier.

Quelle est donc la modification de notre tactique après la rébellion de Kornilov ?

C’est que nous modifions la forme de notre lutte contre. Kérenski. Sans atténuer le moins du monde notre hostilité envers lui, sans rétracter aucune des paroles que nous avons dites contre lui, sans renoncer à le renverser, nous déclarons qu’il faut fenir compte du moment, que nous = n’essayerons pas de renverser Kérenski en ce moment, que

ee nous le combattrons maintenant d’une autre facon en sou-

“2 Hgnant aux yeux du peuple (qui combat Kornilov) la faiblesse et les hésitations de Kérenski. Nous le faisions déjà auparavant. C’est maintenant devenu le principal. Et c'est en cela que consiste le changement.

Autre changement : : nous mettons également en ce moment au premier plan le renforcement de l’agitation pour ce qu’on pourrait appeler des « revendications partielles > adressées à Kérenski : arrête Milioukov, arme les ouvriers de Pétrograd, appelle les troupes de Cronstadt, de Vyborg

Ke et de Helsingfors dans la capitale, dissous la Douma, arrête Se Rodzianko, légalise la transmission des domaines des propriétaires fonciers aux paysans, établis le contrôle ouvrier sur les céréales et sur les fabriques, etc., etc. Et ce n’est pas seulement à Kérenski, ce n’est pas tant à Kérenski que nous devons adresser ces revendications qu'aux ouvriers, aux soldats et aux paysans entraînés dans la lutte contre Kornilov. Il faut les entraîner plus loin encore, les encourager à sommer les généraux et les officiers qui se prononcent pour Kornilov, les engager à réclamer immédiatement la transmission de la terre aux paysans, leur suggérer la

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nécessité d'arrêter Rodzianko-et Milioukov, de dissoudre la Douma d'Etat, de suspendre le Retch et d’autres journaux bourgeois et de les déférer aux tribunaux. Il importe surtout de pousser dans cette voie les socialistes-révolutionnaires « de gauche ».

On aurait tort de croiré que nous nous sommes éloignés de notre tâche principale: la conquête du pouvoir par le prolétariat. Non. Nous nous en sommes, au contraire, considérablement rapprochés, pas en ligne droite, mais par un mouvement tournant. Et il faut, à cette minute précise, faire contre Kérenski plutôt de l’agitation indirecte que de l’agitation directe, mais la faire précisément en exigeant une lutte active, aussi active que possible — et révolutionnaire — contre Kornilov. Seul le développement de cette lutte peut nous amener au pouvoir, mais c’est une chose dont il ne faut guère parler dans notre agitation (tout en sachant fermement que les événements peuvent, dès demain, nous porter au pouvoir et que nous ne le lâcherons plus quand nous l’aurons pris). Il faudrait le dire, à mon avis, dans une lettre (non publique) aux agitateurs, aux commissions d’agitation et de propagande et, en général, aux membres du Parti. Quant aux phrases sur la défense du pays, sur le front unique de la démocratie révolution- naire, sur le soutien du Gouvernement provisoire, etc., etc., il faut les combattre impitoyablement, justement parce qu’elles ne sont que des phrases. L'heure est à l’action : ces phrases, MM. les socialistes-révolutionnaires et les menchéviks, vous les avez galvaudées depuis longtemps. L'heure est à l’action. La guerre avec Kornilov doit être faite révolutionnairement, en entraînant les masses, en les soulevant, en les enflammant (or Kérenski à peur des masses, a peur du peuple). A cette heure précise, il faut des actes dans la guerre contre les Allemands : il faut leur proposer la paix immédiatement et sans réserve, à des conditions déterminées, On peut ainsi obtenir ou une paix prompte, ou la transformation de la guerre en une guerre révolutionnaire. Autrement, tous les menchéviks et les socialistes-révolutionnaires resteront les larbins de l’impérialisme.

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P.-S. — Ayant lu, après avoir écrit ces lignes, six numéros du Rabotchi, je dois dire que nous sommes parfaitement d'accord. Je félicite, de tout cœur, les auteurs des

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excellents éditoriaux, des commentaires sur la presse et des . articles signés V. M-n et Vol-ski. Sur le discours de Volo-

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LETTR leurs vœux

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Publié le 7 novembre (25 octobre) 1920 dans le n° 250 de la Pravda.

Ecrit le 12 septembre (30 août) 1917.

darski, j’ai lu la lettre de ce dernier à la rédaction; cette . lettre < annule >» mes reproches. Salut, encore une fois, et

J. STALINE

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