‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 179 sur 252 · LETTRE AUX MEMBRES DU PARTI BOICHÉVIK · texte numérisé non relu

LETTRE AUX MEMBRES DU PARTI BOICHÉVIK

Quand tous les documents seront publiés, la trahison de Kaménev et de Zinoviev apparaîtra plus nettement encore. Que les ouvriers se posent, en attendant, la question suivante :

« Admettons que la direction des syndicats de Russie ait décidé, après un mois de débats, à une majorité de plus de 80 %, qu’il y a lieu de préparer une grève, sans toutefois en publier ni la date ni quoi que ce soit d’autre. Admettons que deux membres de la direction, invoquant faussement, aprés décision, leur « avis personnel », ne se bornent pas à écrire aux groupes locaux pour demander la revision de cette décision, mais donnent encore aux journaux étrangers des copies de leurs lettres. Admettons, enfin, qu'ils attaquent eux-mêmes dans la presse étrangère au Parti la décision prise, bien qu’elle n’ait pas encore été publiée; admettons qu’ils se mettent à vilipender la grève devant les capitalistes.

> Les ouvriers hésiteraient-ils à exclure de leur sein de semblables briseurs de grève ? >»

Quant à la question de l'insurrection, aujourd'hui, si près du 20 octobre, je ne puis juger à distance du tort que l'action des jaunes dans la presse étrangère a pu nous faire. Il est hors de doute que le préjudice pratique est très grand. I faut avant tout, pour le réparer, rétablir l’unité du front bolchévik par l'exclusion des traîtres.

La faiblesse des arguments idéologiques produits con-

tre l'insurrection apparaîtra d’autant p'us évidente que

nous les mettrons mieux en lumière. J’ai envoyé, ces jours derniers, un article sur ce sujet au Rabotchi Pout et, si la rédaction ne juge pas possible de le publier, les membres du Parti en liront probablement le manuscrit.

Ces arguments « idéologiques » — si l’on peut dire : — se réduisent à deux. Premièrement, à « attendre » l’Assemblée constituante. Attendons, peut-être arriverons-nous à quelque chose, voilà tout. Peut-être s’en tirera-t-on malgré la famine, le délabrement économique, les soldats à bout de patience, les préparatifs de Rodzianko en vue de livrer Pétrograd aux Allemands (et aussi malgré les lock-outs). « Peut-être, espérons-le », voilà tout l’argument.

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Secondement, un pessimisme criard. Tout est pour Île mieux chez la bourgeoisie et chez Kérenski, tout va mal chez nous. Les capitalistes sont admirablement prêts, tout va mal chez les ouvriers. Sur la situation militaire les « pessimistes » crient à tue-tête, tandis que les « optimistes » se taisent, nul, sauf les traîtres, ne trouvant agrément à révéler quoi que ce soit devant Rodzianko et Kérenski.

Femps difficile. Lourde tâche. Grave trahison.

Le problème sera pourtant résolu, les ouvriers serreront les rangs, le soulèvement paysan et l'extrême impatience des soldats au front feront leur œuvre ! Serrons les rangs, le prolétariat doit vaincre !

Ecrit le 51 (18) octobre 1917.

Publié pour la première fois le 4 novembre 1927 ‘dans le n° 180 de la Pravda.

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