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Cest pourquoi, au travers de la bigarrure, des nombreux drapeaux dé parti se feront jour, immanquablement, au cours de la campagne, les deux lignes politiques essentielles : la ligne du développement ultérieur de la révolution et la ligne de la contre-révolution.
Plus forte sera la campagne, plus acérée deviendra la critique du Parti, et plus ces deux lignes se détacheront en relief, plus intolérable sera la situation des groupes intermédiaires, qui s'efforcent de réconcilier l’irréconciliable, ‘plus évident sera pour tous le fait que les défensistes menchéviks et populistes, assis entre la révolution et la contrerévolution, freinent en fait la révolution, facilitent l’œuvre de la contre-révolution.
Le Parti de la « liberté du peuple ». — Depuis le renversement du tsarisme, les partis de droite se sont disloqués. Cela s’explique par le fait que leur existence, sous leur ancienne forme, était devenue désavantageuse. Où donc sontils passés ? Ils se sont rassemblés autour du Parti dit de la « liberté du peuple », autour du parti de Milioukov et consorts. Le parti de Milioukov est maintenant le parti le plus à droite. C’est un fait qu’on ne conteste pas. Et c’est pour cette raison précisément que ce parti est maintenant le centre d’attraction des forces contre-révolutionnaires.
Le parti de Milioukov est pour mater les paysans, puisqu'il est pour écraser le mouvement agraire.
Le parti de Milioukov est pour mater les ouvriers, puisqu’il est contre les revendications « excessives » des ouvriers; ajoutons que toutes leurs revendications sérieuses, il les proclame « excessives ».
Le parti de Milioukov est pour mater les soldats, puisqu’il est pour la « discipline de fer », c’est-à-dire pour rétablir la domination du commandement sur les soldats.
Le parti de Milioukov est pour la guerre de rapine qui a placé le pays au bord de la ruine et de la débâcle.
Le parti de Milioukov est pour les « mesures énergiques » contre la révolution, il est « résolument » contre la liberté du peuple, bien qu’il s'intitule Parti de la « liberté du peuple ».….
Peut-on espérer qu'un tel parti rénovera l’économie municipale dans l'intérêt des couches pduvres de la population ? |
Peut-on lui confier les destinées de la ville ?
Jamais ! En aucun cas! e
Notre mot d'ordre : aucune confiance au parti de Mi- Houkov, pas une voix pour le Parti de la « liberté du peuple » !
Le Parti ouvrier social-démocrate de Russie (bolchévik) . — Notre Parti est directement opposé au Parti cadet. Les cadets, c’est le parti des bourgeois et des propriétaires fonciers contre-révolutionnaires. Notre Parti, c’est le parti des ouvriers révolutionnaires de la ville et de la campagne. Ce sont deux partis irréconciliables; la victoire de l’un signifie la défaite de l’autre. Nos revendications sont connues. Notre voie est nette.
Nous sommes contre la guerre actuelle, parce qu’elle est une guerre de rapine, de conquête.
Nous sommes pour la paix, pour une paix générale et démocratique, parce qu'une telle paix est le moyen le plus sûr de sortir du Rem économique et de la erise alimentaire.
On se plaint du manque de pain dans les villes. Mais le pain manque parce que la superficie ensemencée a diminué par suite de Ja pénurie de main-d'œuvre, les travailleurs ayant été « jetés » sur les fronts de guerre. Le pain manque parce qu’on n’a pas même, pour les réserves existantes, le moyen de les transporter, les chemins de fer étant occupés à desservir la guerre. Cessez la guerre et l’on aura du pain.
On se plaint du manque de marchandises à la campagne. Mais les marchandises ont disparu parce que la plupart des fabriques et des usines travaillent pour la guerre. Cessez la guerre et l’on aura des marchandises.
Nous sommes contre le gouvernement actuel, parce que, appelant à l'offensive, il fait traîner la guerre en Jongueur, il aggrave la ruine et la famine.
Nous sommes contre le gouvernement actuel, parce que, protégeant les profits des capitalistes, il fait échec à l’inter-
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lutionnaires de Pétrograd et passant maintenant au retrait
vention révolutionnaire des ouvriers dans la vie économique du pays. | |
Nous sommes contre le gouvernement actuel, parce que, empêchant les comités paysans de disposer de la terre des propriétaires fonciers, il fait échec à l’affranchissement de la campagne du pouvoir des propriétaires fonciers.
Nous sommes contre le gouvernement parce que, ayant
commencé son « œuvre » par le retrait des troupes révo-
des ouvriers révolutionnaires (le décongestionnement de Pétrograd !), il condamne la révolution à limpuissance.
Nous sommes contre le gouvernement actuel parce que, d’une facon générale.-il est incapable de faire sortir le pays de la crise.
Nous sommes pour que tout le pouvoir soit remis entre les mains des ouvriers, des soldats et des paysans révolutionnaires.
Seul un tel pouvoir est capable de mettre un terme à la guerre de rapine qui dure. Seul un tel pouvoir est capable de mettre la main sur les profits des capitalistes et des propriétaires fonciers pour faire avancer la révolution et préserver le pays d’une ruine totale.
Enfin nous sommes contre le rétablissement de la police, de l’ancienne police exécrée, détachée du peuple et soumise aux « gradés » désignés d’en haut.
Nous sommes pour une milice générale, élue et révocable, car seule une telle milice peut être un rempart pour les intérêts du peuple.
Telles sont nos revendications immédiates.
Nous affirmons que sans réaliser ces revendications, sans lutter pour ces revendications, aucune réforme municipale sérieuse, aucune démocratisation de l’économie municipale ne sont possibles.
Quiconque veut assurer le pain à la population, quiconque veut mettre fin à la crise du logement, quiconque veut faire supporter les impôts municipaux aux riches seuls, quiconque tient à ce que ces réformes soient réalisées en fait, et non pas seulement en paroles, doit voter pour ceux qui sont contre la guerre de conquête, contre le gouvernement des propriétaires fonciers et des capitalistes, contre le rétablissement de la police, pour une paix démocratique, pour le passage du pouvoir aux mains du peuple lui-
même, pour une milice populaire, pour une démocratisation effective de l’économie municipale.
Sans ces conditions, la « réforme municipale radicale » sonne creux. |
Le bloc des défensistes. — Entre les cadets et notre
Parti se situent une série de groupes intermédiaires, qui hésitent entre la révolution et la contre-révolution. Tels sont lPEdinstvo, le Bund, les défensistes menchéviks et socialistes-révolutionnaires, les « troudoviks », les « socialistes » populaires. Ils agissent dans certains rayons isolément et dans d’autres ils font bloc et présentent une liste commune. Contre qui font-ils bloc ? En paroles, contre les cadets. Mais en est-il bien ainsi ?
Tout d’abord ce qui saute aux yeux, c’est que leur bloc montre une absence totale de principes. Qu’y a-t-il de commun, par exemple, entre le groupe bourgeois radical des troudoviks et le groupe des menchéviks-défensistes, qui se croient « marxistes >» et « socialistes » ? Depuis quand les troudoviks, qui prêchent la guerre jusqu’à la victoire, sontils devenus les compagnons d’armes des menchéviks et des bundistes, qui s’intitulent « zimmerwaldiens » « n’acceptant pas la guerre » ? Et l’Edinstuo de Plékhanov, de ce même Plékhanov, qui, déjà, à l’époque du tsarisme, après avoir répudié le drapeau de l’Internationale, s’est placé délibérément sous un drapeau étranger, sous le drapeau jaune de l’impérialisme — qu’y a-t-il de commun entre ce chauvin avéré et, disons, le « zimmerwaldien » Tsérétéli, président d’honneur de la conférence des menchéviks défensistes ? Il n’y a pourtant pas longtemps que Plékhanov appelait à soutenir le gouvernement tsariste dans la guerre contre l'Allemagne, et le « zimmerwaldien » Tsérétéli « fulminait » pour cette raison contre le chauvin Plékhanov. La guerre entre l’Edinstvo et la Rabotchaïa Gazéta bat son plein, et ces journaux, faisant mine de ne rien remarquer, ouvrent déjà la « fraternisation ».…
N’est-il pas évident que seul un bloc fortuit et sans principes pouvait résulter de la combinaison de ces élément disparates; ce n’est pas le principe, maïs la crainte d’un échec qui les guidait lors de la formation de ce bloc.
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Ce qui saute encore aux yeux, c’est que dans deux arrondissements, Kazanski et Spasski (voir les « listes de candidats ») l’Edinstvo, le Bund et les défensistes menchéviks et socialistes-révolutionnaires ne présentent pas leurs listes, tandis que le Soviet des députés ouvriers et soldats, dans ces mêmes arrondissements — et seulement dans ces arrondissements-là — présente sa propre liste, contrairement à la décision du Comité exécutif. Apparemment, nos courageux partisans du bloc, craignant d’échouer aux élections, ont préféré se cacher derrière le Soviet d’arrondissement, décidés qu’ils sont à mettre à profit l’autorité de ce dernier. L’amusant, c’est que ces nobles gentlemen, qui se targuent de leur « responsabilité », ont manqué de courage pour agir visière levée : ils ont préféré se soustraire lâchement à la « responsabilité ».…
Qu'est-ce donc pourtant qui a réuni en un bloc tous ces groupes disparates ?
Cest que tous, également hésitants, emboïtent fidèlement le pas aux cadets; c’est que tous, dans une mesure égale, n’aiment décidément pas notre Parti.
Tous, comme les cadets, sont pour la guerre, mais pas pour les conquêtes (jamais de la vie !), mais pour. « la paix sans annexions ni contributions ». La guerre pour la paix...
Tous, comme les cadets, sont pour la « discipline de fer », mais pas pour mater les soldats (évidemment non !), mais dans l'intérêt. des soldats eux-mêmes.
Tous, comme les cadets, sont pour l'offensive, mais pas dans l'intérêt des banquiers anglo-français (jamais de la vie !), mais dans l'intérêt. « de notre jeune liberté ».
Tous, comme les cadets, sont contre les « velléités anarchiques des ouvriers de s'emparer des fabriques et des usines » (voir la Rabotchaïia Gazéta du 21 mai), mais pas dans l'intérêt des capitalistes (quelle horreur !), mais pour ne pas effrayer les capitalistes par la révolution, c’est-àdire dans l'intérêt... de la révolution.
D'une façon générale, ils sont tous pour la ‘révolution, mais pour autant (pour autant !) qu’elle ne fait pas peur aux capitalistes et aux propriétaires fonciers, pour autant qu'elle ne marche pas à l’encontre des intérêts de ces derniers.
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Bref, ils sont tous pour les mêmes mesures pratiques que les cadets, mais avec de petites réserves et de petits mots sur la « liberté >, sur la « révolution », etc.
Et étant donné que les mots restent des mots, il en résulte qu’en fait ils appliquent la même ligne que les cadets.
Les phrases sur la liberté et le socialisme ne font que masquer leur essence cadette.
Et, précisément, pour cette raison, leur bloc n'est pas dirigé contre les cadets contre-révolutionnaires, mais contre les ouvriers révolutionnaires, contre le bloc de notre Parti avec les « inter-rayons » et les menchéviks révolutionnaires.
Peut-on, après ce qui a été dit, compter que ces gentlemen presque cadets soient capables de rénover et de réorganiser l’économie municipale désorganisée ?
Comment peut-on leur confier le sort des couches pauvres de la population, lorsque, à chaque heure, ils foulent aux pieds les intérêts de cette population, en soutenant la guerre de rapine et le gouvernement des capitalistes et des propriétaires fonciers ?
Pour démocratiser l’économie municipale, pour assurer à la population denrées et logements, pour affranchir les couches pauvres des impôts municipaux et reporter tout le fardeau fiscal sur les possédants, il est nécessaire de rompre avec la politique de conciliation, de mettre Ia main sur les profits des capitalistes et des propriétaires d'immeubles. N’est-il pas évident que les gentlemen modérés du bloc défensiste, qui craignent de fâcher la bourgeoisie, ne sont pas capables de telles mesures révolutionnaires ?…
La douma actuelle de Pétrograd compte ce qu’on appelle le « groupe municipal socialiste », composé principalement de défensistes socialistes-révolutionnaires et menchéviks. Il a désigné dans son sein une « commission des finances », chargée d'élaborer des « mesures immédiates » pour lassainissement de l’économie municipale. Eh bien ! ces « rénovateurs » ont trouvé que pour démocratiser l'économie municipale il était nécessaire: 1. d’« augmenter la taxe sur l’eau » ; 2. d’ « augmenter le tarif des tramways ».
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