‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 64 sur 252 · ARS TR A DST ER OT · texte numérisé non relu

ARS TR A DST ER OT

. En ce qui concerne le tarif du tramway pour les soldats, il a été décidé de s'entendre à ce sujet avec le Soviet des députés ouvriers et soldats (voir la Novaïa Jizn, n° 26).

Les membres de la commission avaient évidemment dans l’idée de faire payer les soldats, maïs ils n’ont pas osé le faire sans le consentement de ces derniers.

Au lieu de supprimer les impôts sur les pauvres, les bonorables membres de la commission ont décidé de les augmenter, de ne pas épargner même les soldats !

Tels sont les exemples de l’activité municipale des dé-

fensistes socialistes-révolutionnaires et menchéviks.

Cest bien cela !: Phrases grandiloquentes et prometteuses « plates-formes municipales », recouvrant la pitoya-

ble pratique municipale des défensistes.

Il en a été et il en sera ainsi.

Plus grande est l’habileté avec laquelle ils se masquent sous des phrases sur Ia « liberté » et la « révolution », plus résolue et plus implacable doit être la lutte conîre eux.

Arracher le masque socialiste du bloc défensiste, étaler au grand jour son essence cadéto-bourgeoïse, telle est une des tâches immédiates de la campagne actuelle.

Aucun soutien au bloc défensiste, aucune confiance à ces messieurs du bloc !

Les ouvriers doivent comprendre que celui qui n'est pas pour eux est contre eux; que le bloc défensiste n'est pas pour eux, par conséquent, il est contre eux.

Les sans-parti. — De tous les groupes bourgeois qui ont présenté leurs propres listes de candidats, les groupes sans-parti occupent la position la plus indécise. Ils ne sont pas peu nombreux, ces groupes sans-parti, il y en a toute une quantité, presque trente. Qui ne trouve-t-on pas parmi eux ? « Comités de maison unifiés » et « groupe d'employés aux établissements d'éducation », « groupe d’action sansparti » et « groupe d’électeurs hors-parti », « groupe des administrations d'immeubles » et « sociétés des propriétaires de logements », « groupe républicain au-dessus des partis » et « ligue de l'égalité des femmes », « groupe de l’union des ingénieurs » et « union du commerce et de l’industrie »,

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« groupe honnêteté, responsabilité, équité » et « groupe de l'édification démocratique », « groupe de la liberté et de l’ordre », etc. Tel est le tableau bigarré de cette confusion sans-parti.

Qui sont-ils, d’où viennent-ils et où portent-ils leurs pas ?

Ils sont tous des groupes bourgeois. Pour la plupart marchands, industriels, propriétaires d’immeubles, gens de « professions libérales », intellectuels.

Ils n’ont pas de programmes de principe. Les électeurs ne Sauront jamais ce qu'ils veulent obtenir, ces groupes qui invitent les habitants à voter pour eux.

Ils n’ont pas de plates-formes municipales. Les électeurs ne connaîtront jamais les améliorations qu’ils réclament pour l’économie municipale, et pour quelle raison, à proprement parler, l’on doit voter pour eux.

ls n’ont point de passé à eux, car ils n’existaient pas dans le passé.

Ils n’ont pas d’avenir non plus, car ils disparaïîtront après les élections comme les neiges d’antan.

Ils ne sont apparus qu’aux jours des élections et ne vivent qu’à la minute présente, pendant que durent les élections : se faufiler d’une manière ou de l’autre dans la douma d'arrondissement, et puis advienne que pourra.

Ce sont des groupes bourgeois sans programme, qui craignent la lumière et la vérité, et qui s’efforcent de faire

passer en contrebande leurs candidats dans les doumas:

d'arrondissement.

Obscurs sont leurs buts. Obscur est leur chemin.

Comment justifier Pexistence de ces groupes ?

On pouvait encore concevoir l'existence de groupes Sans-parti dans le passé, sous le tsarisme, alors que l’affilation à un parti, à un parti de gauche, était impitoyablement châtiée « par la loi »; alors que beaucoup se voyaient obligés de se présenter en sans-parti, afin d’éviter les arrestations et les poursuites; alors que la qualité de sans-parti servait de bouclier contre les gardiens de la loi tsariste. Mais aujourd’hui, dans les conditions du maximum de libertés, lorsque chaque parti peut intervenir ouvertement et en toute liberté sans risque d’être poursuivi: lorsque la

proclamation du programme et la lutte ouverte des partis:

politiques sont devenues un principe et la condition de

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l'éducation politique des masses — comment justifier au- Jourd’hui l’existence de groupes sans-parti ? Que craignentils et à qui cachent-ils, à proprement parler, leur vrai visage ?

Il n’est pas douteux que nombre d’électeurs issus des masses ne voient pas encore clair dans les programmes des partis politiques; que ce qui empêche d’éclairer rapidement leur conscience, c’est la routine et le retard politiques légués par le tsarisme. Mais n'est-il pas évident que labsence d'une physionomie politique et d’un programme avoués ne fait qu’affermir et consacrer ce retard et cette routine ? Qui oseraït nier que la lutte ouverte et loyale des partis politiques est un des moyens les plus efficaces pour réveiller les masses et élever leur activité politique ?

Encore une fois : que craignent les groupes sans-parti, pourquoi n'aiment-ils pas la lumière, et à la vue de qui veulent-ils, à proprement parler, se dérober ? Où est le secret ?

La vérité est que dans les conditions actuelles de la

Russie, avec le développement rapide de la révolution, avec

le maximum de libertés, quand les masses grandissent politiquement non pas chaque jour, mais à chaque heure, il est extrêmement hasardeux pour la bourgeoisie d’intervenir ouvertement. Formuler, en de telles conditions, des platesformes bourgeoises non déguisées, c’est se déconsidérer à coup sûr aux yeux des masses. Le seul moyen de « sauver la situation », c’est de mettre le masque de sans-parti et de se faire passer pour un groupe inoffensif, dans le genre du groupe « honnêteté, responsabilité et équité ». C’est si commode pour pêcher en eau trouble. Il n’est pas douteux que, sous le drapeau de listes sans-parti, se cachent des bourgeois cadétisants et cadétoformes, qui craignent de se montrer à visage ouvert, qui s’efforcent de s’insinuer en contrebande dans les doumas d’arrondissement. Chose caractéristique : il n’est pas parmi eux un seul groupe prolétarien; tous ces groupes sans-parti sont recrutés dans les rangs de la bourgeoisie, et seulement là. |

Et ils peuvent sans aucun doute attirer dans leurs filets bon nombre d’électeurs naïfs et: crédules s’ils ne rencontrent pas une résistance assez forte de la part des éléments révolutionnaires.

Là est tout le secret !

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