‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 78 sur 252 · DISCOURS SUR L'ANNULATION DE LA MANIFESTATION · texte numérisé non relu

DISCOURS SUR L'ANNULATION DE LA MANIFESTATION

déclaré, être arrêtés, plutôt que de renoncer à la liberté d’agitation.

Tsérétéli, qui s’est révélé dans son discours authentiquement contre-révolutionnaire, a déclaré qu'il fallait. combattre les bolchéviks non avec des mots ou avec des résolutians, mais en les privant de toutes les ressources matérielles dont ils disposent. Bilan des révolutions bourgeoïises : armer d’abord le prolétariat, puis le désarmer pour qu'il n’aille pas plus loin. S'il a fallu interdire une manifestation pacifique, c’est que la situation est très sérieuse.

| Tsérétéli, venu au congrès des arcanes du Gouvernement provisoire, a manifesté le clair désir de désarmer les ouvriers. Furieux et frénétique, il a exigé que le Parti bol-. chévik soit mis au ban de la démocratie révolutionnaire. Les ouvriers doivent se dire avec sang-froid qu'il ne peut plus être question d’une «- mamfestation pacifique ». La situation est beaucoup plus sérieuse que nous ne le supposions. Nous allions à une manifestation pacifique pour exercer le maximum de. pression sur les décisions du congrès — comme c’est-notre droit — et l’on nous accuse de conspirer l'arrestation dy gouvernement !

Il n’y a pas, dit Tsérétéli, de contre-révolutionnaires en déhors des bolchéviks. L'assemblée qui nous a jugés avait été organisée avec une solennité particulière : le bureau du congrès, le Comité exécutif — dans son entier — du Soviet des députés ouvriers et soldats, les bureaux des fractions de tous les partis représentés au congrès. C'est là qu’on nous a livré toute la vérité, qu’on déclenche loftensive contre nous. | | :

Le prolétariat peut y répondre par le maximum de prudence, de tranquillité, d'organisation et en se souvenant bien que le temps des manifestations pacifiques est révolu. |

Nous ne devons pas leur fournir l’occasion d’une agression. Qu'ils attaquent, eux, et les ouvriers comprendront que nos agresseurs attentent à l'existence même du prolétariat. Mais la vie est avec nous et le succès de leur agression est bien problématique : il y a des troupes au

- front dont le mécontentement est très grand; à l'arrière

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règnent la vie chère, la débâcle économique, etc. Le Comité

central ne veut pas peser sur votre décision. C’est votre

droit légitime de protester contre ses actions et votre décision doit être libre.

Copie du procès-verbal de la séance du Comité de Pétrograd du P.O.S.D.R. (b) du 11 juin 1917.

Imprimé en 1923 dans la revue Krasnaïa Létopis, n° 9

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