‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 90 sur 252 · SERREZ LES RANGS · texte numérisé non relu

SERREZ LES RANGS

Les événements des 3-4 juillet ont été provoqués par la

crise générale que traverse le pays. La guerre qui dure et

- l'épuisement général; la cherté sans précédent et la sousalimentation, la contre-révolution grandissante et le déla-

brement économique, la dissolution de régiments au front et

le renvoi de la question de la terre, le désarroi général qui

règne dans le pays et l’ineapacité du Gouvernement provi-

soire de tirer le pays de la crise, voilà ce qui avait fait

descendre dans’la rue lés masses les 3-4 juillet.

Expliquer cette démonstration par l’agitation insidieuse de tel ou tel parti, c’est se placer au point de vue des gardeschiourmes qui teñndent à expliquer. tout mouvement de masse par linfluence de ‘«< meneurs » et d’ « instigateurs ».

Pas un parti — le Parti bolchévik compris — n’appelait à la démonstration du 3 juillet. Bien plus, à Pétrograd, le Parti bolchévik, le plus influent, invitait encore le 3 juillet les ouvriers et les soldats à s’abstenir. Et lorsque le mouvement a néanmoins éclaté, notre Parti, ne se croyant pas en droit de s’en laver les mains, a fait tout ce qui était possible pour donner au mouvement un caractère pacifique et organisé. |

Mais la contre-révolution veillait. Elle a organisé des -Coups de feu provocateurs, elle a assombri les journées de la démonstration par. une effusion de sang et, s'appuyant sur certaines unités venues du front, elle a pris l'offensive contre la révolution. Le noyau de la contre-révolution, le Parti cadet, comme s’il prévoyait tout cela à l’avance, était sorti du ministère pour avoir les mains libres. Et les menchéviks et les socialistes-révolutionnaires du Comité exécutif, pour conserver leur position ébranlée, ont perfidement qualifié d'insurrection contre les Soviets et la révolution la manifestation en faveur des pleins pouvoirs. des Soviets, en excitant contre le Pétrograd révolutionnaire les couches arriérées des

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unités amenées du front. Aveuglés par le fanatisme de fraction, ils ne se sont pas aperçu qu’en portant des coups AUX ouvriers et aux soldats révolutionnaires, ils affaiblissaient ainsi tout le front de la révolution en ranimant les espoirs de la contre-révolution.

Résultat : le déchaînement de la contre-révolution el

la dictature militaire. |

La mise à sac de la Pravda et de la Soldatskaia Pravda, la destruction de l’imprimerie Troud et de nos organisations de rayon, les assommades et les assassinats, les arrestations sans jugement et les représailles « spontanées », la basse calomnie des méprisables mouchards contre les chefs de notre Parti et le déchaînement des forbans de la plume dans la presse vénale, le désarmement des ouvriers révolutionnaires et la dissolution de régiments, le rétablissement de la peine de mort, voilà le « travail » de la dictature militaire.

Tout cela sous Pétendard du « salut de la révolution », « sur l’ordre » du < ministère » Kérenski-Tsérétéli, soutenu par le Comité exécutif de Russie. De plus, apeurés par la dictature militaire, les Partis socialiste-révolutionnaire et menchévik au pouvoir livrent, d’un cœur léger, aux ennemis de la révolution les chefs du parti prolétarien, passent sous silence les dévastations et les excès, ne réagissent pas conîre les représailles « spontanées ».

L'accord tacite entre le Gouvernement provisoire el l’état-major de la contre-révolution : le Parti cadet, contré les ouvriers et les soldats révolutionnaires de Pétrograd et conclu avec la connivence manifeste du Comité exécutif, tel est le tableau de la situation actuelle.

Et plus les partis au pouvoir sont accommodants, plus impudents deviennent les contre-révolutionnaires. De l’attaque contre les bolchéviks, ils passent déjà à l'attaque contre tous les partis soviétiques et contre les Soviets eux-mêmes. His saccagent les organisations menchéviks de rayon dans Îles quartiers Pétrograd et Okhta. Ils mettent à sac la section du syndicat des métallurgistes au delà de la Porte Nevski. Is font irruption à la séance du Soviet de Pétrograd et arrêtent

ses membres (le député Sakharov).ills organisent sur la

perspective Nevski des groupes spéciaux pour faire la chasse aux membres du Comité exécutif. Des rumeurs précises circulent au sujet de la dissolution imminente du Comité exécutif sans parler déjà du « complot » contre certains

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