LA VICTOIRE DE LA CONTRE-RÉVOLUTION
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S'agit-il de rétablir la peine de mort sur le front ? — -Avec plaisir, Messieurs les insatiables… S'agit-il de dissoudre la Diète de Finlande, qui défend la plate-forme adoptée par les Soviets ?
— Ce sera fait sans différer, à maîtres, a fonciers et capitalistes !
S agit-il de modifier le programme du gouvernement ?
— Heureux de vous obliger, Messieurs les cadets.
Menchéviks et socialistes-révolutionnaires sont prêts à aller plus loin encore, pourvu qu'ils arrivent à s’entendre avec les cadets, à transiger avec eux d’une manière ou d’une autre.
Et la contre-révolution devient de plus en plus arrogante, elle exige de nouvelles victimes, acculant le Gouvernement provisoire et le Comité exécutif à se renier honteusement. Pour plaire aux cadets, on propose de convoquer à Moscou une <« assemblée extraordinaire >» composée de membres de l'ex-Douma d’Empire et de ceux qui avaient bénéficié du système électoral censitaire dans le chœur général desquels le Comité exécutif central restera en piteuse minorité. Les ministres, perdant la tête, déposent leurs portefeuilles aux pieds de Kérenski. La liste des membres du Gouvernement est dressée sous la dictée des cadets. Enterrer, avec l’aide de la Douma d'Empire et des cadets traîtres, la liberté conquise au prix du sang, voilà à quelle ignominie nous mènent les pilotes actuels de notre vie politique.
Pendant ce temps, la guerre continue, les souffrances s’aggravent au front et ils croient y améliorer la situation en rétablissant Ia peine de mort. Les aveugles ! Ils ne voient pas qu’une offensive ne peut compter sur la sympathie des masses que quand l’armée connaît clairement les buts de la guerre, quand elle y porte intérêt, quand elle a conscience de verser son sang pour sa cause à elle, la cause qui lui est chère; ils ne voient pas que dans la Russie démocratique, avec ses meetings et ses réunions de soldats librement organisés, une offensive de masse est impossible si cette conscience fait défaut.
Pendant ce temps, la ruine se propage, menaçant d'amener la famine, le chômage et la misère pour tous, et ils s'imaginent pouvoir, au moyen de mesures policières contre la révoltion, mettre fin à la crise économique. C’est là ce que veut la contre-révolution, Les aveugles ! Ils ne voient
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pas que, sans des mesures révolutionnaires contre la bourgeoisie, il est impossible de sauver le pays de la débâcle. Les ouvriers persécutés, les organisations détruites, les paysans lésés, les soldats et les marins arrêtés, la calomnie déversée sur les chefs des partis et, à côté de cela, les contrerévolutionnaires qui triomphent, calomniateurs et arrogants — tout cela, sous le drapeau du « salut de la révolution » — voilà où nous ont conduit les Partis socialiste-révolutionnaire et menchévik.
Et il est encore au monde des gens (voir la Novaïa Jizn) pour nous proposer, après tout cela, lunité avec ces messieurs qui sont en train de « sauver » la révolution en létranglant !
Pour qui nous prennent-ils donc ?
Non, Messieurs, jamais nous ne ferons route avec ceux qui trabissent la révolution !
Jamais les ouvriers n’oublieront qu'aux heures pénibles des journées de Juillet, au moment où la contre-révolution faisait rage, tirant sur la révolution, le Parti bolchévik fut le seul à ne point abandonner les quartiers ouvriers.
Jamais les ouvriers n’oublieront qu’en ces heures pénibles, les partis gouvernants — socialiste-révolutionnaire et menchévik — se sont trouvés dans le camp de ceux qui
désarmaient et maltraitaient les ouvriers, les soldats et les
marins.
Les ouvriers se souviendront de tout cela et surtout sauront en tirer les conclusions qui s’imposent.
Rabotchi i Soldat, n° 1, 1917.
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On appelle illusions constitutionnelles l’erreur politique que commettent les gens en considérant comme existant un (- régime juridique normal, basé sur le droit, ordonné et réglé - par la loi, « constitutionnel >» en un mot, qui n’existe pas en réalité. Il semble de prime abord que, dans la Russie actuelle, en juillet 1917, alors qu'aucune Constitution n’a encore été élaborée, il ne puisse même être question d'illusions constitutionnelles. Erreur profonde. La situation politique actuelle de la Russie est, en réalité, caractérisée par l’empire des illusions constitutionnelles sur des masses très grandes de la population. Sans se rendre compte de cette vérité, on ne saurait rien comprendre à la situation politique actuelle. On ne saurait rien entreprendre pour bien définir les tâches tactiques de la Russie moderne sans s’assigner pour tâche primordiale de dénoncer systématiquement, impitoyablement, les illusions constitutionnelles, d’en découvrir l’origine et de rétablir la juste perspective politique.
Considérons avec attention les trois opinions les plus typiques, des illusions constitutionnelles d'aujourd'hui.
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Voici la première : notre pays est à la veille de la réunion de l’Assemblée constituante; tout ce qui se passe en ce moment dans le pays n’a donc qu’un caractère provisoire, transitoire, pas trop essentiel, nullement décisif; tout sera bientôt revu et définitivement fixé par l’Assemblée constituante. Voici la deuxième : certains partis, les socialistes-révolutionnaires, les menchéviks, ou le bloc de ces partis par exemple, ont, dans le peuple ou dans les institutions « les plus influentes » telles que les Soviets, une majorité manifeste, incontestable; aussi la volonté de ces partis ou de ces institutions et, en général, la volonté de la majorité du peuple ne saurait-elle être tournée, ni, à plus forte raison, violée en Russie républicaine, démocratique, révolution-
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