V. — Industries textiles et Vêtements
Les industries textiles sont au premier rang. Parmi elles, la filature et le tissage du coton occupent une place importante.
En 1812, le nombre des broches dépasse 1 million; la production s'élève à près de 10 millions et demi de kilogrammes. On compte plus de 200 filatures mécaniques, dont 60 sont des plus considérables. Il y a 70.000 métiers à tisser ; 10.500
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métiers pour la bonneterie. Le commerce du coton paraît porter sur 190 millions de francs. |
C'est une industrie toute nouvelle. Avant la Révolution, la filature mécanique était presque inconnue en France. L/introduction des premières mull-jennys et métiers continus est postérieure au traité de commerce de 1786. Depuis cette époque, les mécaniques les plus parfaites ont été importées, puis perfectionnées par nos inventeurs, par Pouchet, Calla, dePafontaine, Albert, Werther. La filature mécanique a fait d'immenses progrès, et seuls les numéros les plus fins, nécessaires à nos fabriques de mousseline de Tarare et de Saint-Quentin, sont encore demandés à la contrebande.
Le tissage a fait des progrès analogues. A la fabrication des mouchoirs de coton, dont Rouen et Montpellier fournissaient
au commerce, dès avant 1780, pour plus de 15 millions, se
sont ajoutées celles des nankins, crépons, basins, mousselines, percales, organdis, calicots, tulles unis ou façonnés, tricots de Berlin, tricots à mailles fixes, bas à coins à jour. Dans l'Ain, la Seine-Inférieure, la Somme et le Nord, on tisse par an plus de 1.500.000 pièces de nankin.
Les progrès de la filature, du tissage et du coton, eurent leur répercussion sur ceux de la laine et du lin. Chaptal attira en France un des meilleurs constructeurs de la Grande- Bretagne, Douglas, lui forma un établissement et, en peu de temps, nos fabricants purent se pourvoir non seulement de mécaniques nécessaires à la filature, mais de toutes les machi-
nes nécessaires aux nombreuses opérations de la draperie.
On compta bientôt, rapporte Chaptal, plus de 300 équipages complets de mécaniques et une quantité prodigieuse de ma-
chines détachées, soit pour la filature, soit pour le lainage,
soit pour le tissage. Les améliorations furent surtout importantes dans la filature pour la draperie fine et dans la tonte des draps. Dols et Richards adaptèrent à la filature de la laine les machines employées à la filature du coton, l’adoption de la navette volante accéléra le travail, en épargnant la
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