‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 213 sur 281 · LIVRE III, CHAPITRE XL 6ΘΒΡ · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XL 6ΘΒΡ

vaincu par Pratys dans un combat de rhapsodes, était encore sale et portait les cheveux longs. C’est en cela surtout que les poëtes échouent, lorsque, tout célèbres qu'ils sont , ils n’observent pas 0885 règles et qu'ils s'expriment ainsi : « Il porte ses jambes tordues comme le persil, comme Philammon luttant au jeu du ballon. » Tous ces exemples sont des comparaisons, et les comparaisons sont des métaphores, comme nous l'avons dit souvent,

$ V. Les proverbes.

Les proverbes sont des métaphores d’éspèce à espèce. Si un home, par exemple , introduit chez lui une chose dont il attend du bien, et dont il éprouye du dommage, ou peut lui dire: « Le Carpathien ἃ voulu le lièvre 2° ; » car l'un et l’autre ont éprouvé le mène malheur.

$ VI. L'hyperbole,

Voilà à peu près comment on peut arriver à l'élégance du style, et l'usage qu'on en fait. Les hyperboles non vicieuses sont aussi des métaphores. On peut dire d’un visage meurtri : « Vous le ἢ preñdriez pour un pânier de mûres; » parce que les meurtrissures ont une couleur rouge; néanmoins l’exagération est trop forte. Quand on dit : « conre ceci et comme cela , » c'ést une hyperbele qui ne diffère que par l'expression. « Comme Pbilammon, luttant au ballon; » vous croiriez que c’est Philammon lui-même qui combat avec le ballon ; « comme le persil, portant les jambes tordues ; » on pourrait croire que ce ne

sont pas les jambes, mais le persil qui 6st ainsi tordu. Les hy- Π perboles ont. quelque chose de jeune ;-elles sont un signe d’ardeur. Aussi en use-t-on surtout dans la colère: « Quand il me donnerait autant d'or qu'il y a de sable et de poussière, je n'épouserai pas une fille d’Agamemnon, fils d'Atrée ; dût-elle par sa beauté le disputér à la blonde Vénus, et par son adresse à Minerve?l. » L’hyperbole est employée surtout par les orateurs attiques; il ne convient pas aux vieillards d'en faire usage.

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