DÉNOMINATION
Kilogram¬
mes
Valeur
lei
Kilogram¬
mes
Valeur
lei
in
Ministériel .
Vélin, marqué .
„ et colorié ....
Demi-vélin .
A écrire, blanc, natur,
affiches .
A imprimer, blanc, à
empaqueter .
A empaqueter, supé-
rieur .
Brun satiné ... ...
^ cole •••••«•
Papier de paille ....
Art. 34
Papier et carton, spécial.
Carton blanc, gris,
brun .
Papier pour timbres etc.
Total . . .
La vente du papier aux commerçants se fait par «l’Office de Vente» des fabriques de papier du pays, qui reçoit
L’INDUSTRIE ROUMAINE
une commision de 9—11% sur le prix du catalogue officiel; les libraires obtiennent un rabais de 2—4% sur les commandes qui dépassent 2000 ou 5000 lei.
Le prix du bois revient chez nous à 20—22 lei le m.c tandis qu’au Autriche-Hongrie ce prix est de 9 lei ; cette différence explique pourquoi certaines fabriques préfèrent, malgré le prix de transport et la douane, employer du bois de provenance étrangère. Le coût du combustible est aussi plus élevé chez nous. Nous avons importé aussi beaucoup de machines.
Dans ces conditions on s’explique pourquoi nos fabriques de papier ne sont pas en état d’exporter. En revanche nous exportons de la cellulose pour des sommes importantes ; en 1913 nous avons exporté 3619 tonnes valant 824.956 lei.
La protection douanière pour le papier représente 24 — 46 % de la valeur, ce qui nous permet de soutenir la concurrence étrangère sur notre propre marché. Nous sommes encore tributaires de l’étranger pour certaines spécialités comme le papier à lettres (15.650 lei), le papier pour registres, le papier pelure (6452) le papier filigrane (39,702) le papier buvard, (39,942) le papier de porcelaine (113.222 lei) le papier vélin (132.481 lei) et le papier à tapisser (63.672 lei) etc.
L’industrie métallurgique l)
Les progrès réalisés par notre pays dans toutes les branches de l’activité économique ont eu pour conséquence une augmentation considérable de l’emploi des machines ainsi que de la consommation des métaux et des objets en métal.
L’extension des cultures a exigé un plus grand nombre de machines agricoles; les fabriques qui ont été fondées depuis 1877 ont réclamé l’emploi de machines de plus en plus perfectionnées; l’industrie du pétrole, notamment, a fait augmenter dans des proportions inattendues, la demande d’outils et de machines de toutes sortes, d’appareils électriques et de moteurs; les constructions monumentales, les habitations particulières, emploient de grandes quantités de fer; les chemins de fer, les ponts consomment des quantités énormes de métaux. L’armée, pour ses arsenaux et ses différents établissements, demande chaque année des quantités plus grandes de métaux.
q Industria mecanicâ metedurgicâ , studiu economico-statistic de I. Gigurtu, inginer, inspecter industrial, Craiova.
Aussi l’importation des métaux, des objets en métal et des machines représente un chiffre considérable.
Voici un aperçu des principaux articles que nous importons :
Tonnes
Valeur
Tonnes
Valeur
Tubes en fer laminé,
tournés .
Tôte et plaques en fer j laminé, étirées, non au-
trement ouvragés . . .
Fer laminé en barres i
et fer pour tréfileries .
Tôte et plaques en fer
! laminé, étamé etc. . .
Ouvrages et objets en fer laminé non dénommés, même combinés
! avec la fonte et le bois .
Rails pour chemins
de fer .
Ouvrages et objets en fer laminé non denom-
més passés à la meule .
Fer laminé, de formes
spéciales .
Chaudronnerie de cuivre ou de ses alliages, tuyaux et conduits en
feuilles de cuivre . . .
Charrues, herses, rouleaux, cultivateurs, binots, binettes et partie
de ces appareils . . .
Locomobiles et machines agricoles en tous
genres .
Machines et moteurs hydrauliques, machines à vapeur, à gaz. à pé-
trole .
Machines d ynamoélectriques, électro-mo-
teurs, etc .
Machines et appareils non spécialement dénom-
1 més .
Câbles pour transmission de courants élec-
triques .
Appareils électriques pour télégraphe, télé- ! phone etc. Machines-
| outils .
Cette énumération dénote un grand mouvement industriel.
Nous avons dans le pays, en dehors de 200 ateliers pour réparations mécaniques, des sociétés puissantes qui s’occupent en grand de la réparation et même de la fabrication de certaines machines.
Mr Gigurtu divise les fabriques métallurgiques en quatre catégories :
1) Fabriques de machines, ateliers mécaniques et fonderies ;
2) Fabriques de clous, vis, rivets.
3) Fabriques de meubles et de poêles en fer.
4) Ateliers de ferblanterie et d’ornement,
La première catégorie comprend, en 1914, 36 fabriques, représentant un capital de 14.644.359 lei. Leur force motrice est de 2854 H. P. La valeur des matières premières employée est de 10.076.525 lei et la valeur de leurs produits est de 20.251.589 lei. Les principales sociétés qui fabriquent des machines sont: la société „Vulcan** qui est en train d'installer une fabrique de vagons, la société „Fernic** qui possède un chantier naval à Galatz; la société ,,Astra“ a fondé une usine pour la fabrication des bidons; la «Société roumaine d’automobiles** a installé des ateliers pour la réparation des automobiles.
Le seconde catégoire comprend 11 usines pour la fabrication des fils de fer, des clous, des aiguilles et agrafes; elles ont investi un capital de 6.697.112 lei, et emploient des matières premières valant 8.377.287 lei.
La production de ces usines a pu suffire à la consommation intérieure.
En 1914 la maison suédoise O. Musstaadt fils a fondé à Galatz une fabrique de clous pour fers à cheval et crampons à ferrer. L’importation de cet article a été en 1913 de 263314 kgr (418.261 lei) dont 161.776 kgr importés de Suède.
Les fabriques actuelles pourraient développer leur production en fabricant des câbles en fer, des vis, des boulons des rivets etc. que nous importons actuellement pour des sommes importantes.
Toutes les fabriques de cette catégorie jouissent d’une protection très efficace: 30—50% sur la valeur des objets importés.
Les fabriques de meubles et de poêles en fer disposent d’un capital de 1.392.826 lei et emploient des matières premières pour 741.464 lei.
Les fabriques de bidons, emballages et ferblanterie au nombre de 8 disposent d’un capital de 4.176.589 lei et emploient des matières premières valant 4.457.148. Ces fabriques travailleut pour les exploitations pétrolifères.
Il est incontestable qu’un grand nombre d’outils et de machines pourraient être fabriqués dans le pays, par exemple les moteurs à benzine, les locomobiles etc. Leur fabrication pourrait être encoursagée en accordant des exemptions de taxes douanières pour les matières premières ainsi que pour certaines parties des machines qui doivent être procurées de l’étranger.
Une question qui devra nous préoccuper à l’avenir est celle de la fabrication des armes. Nous avons importé en 1912 et 1913 les quantités suivantes:
Armes blanches, sabres, fourreaux, poignées . 10.157 kgr. (101.750 lei) 6.393 kgr. (63.930 lei)
Canons et accessoires . 2.291.857 » (20.626.713 » 819.261 » (7.373.349»
Armes de tir tels que carabines, pistolets, revolvers . . . 23.066 » (421.035 » 33.314 » (499.716 »
Armes de chasse . 33.959 » (679.180 » 57.138 » (1.142.760 »
Tous nos fusils et une grande partie de nos munitions sont de provenance étrangère.
L’industrie du pétrole
Nous nous sommes occupés de l’industrie du pétrole dans différents chapitres de notre ouvrage 1). Nous ne reviendrons pas sur ce qui a élé dit; nous ajouterons seulement quelques chiffres et quelques observations.
C’est un immense avantage pour la Roumanie de posséder des gisements pétrolifères d’une grande richesse, qui lui procurent pour son industrie, ses chemins de fer et sa marine un combustible de premier ordre ; ces gisements, qui ne sont encore exploites qu’en partie, font de notre pays un centre d’attraction pour les capitaux étrangers en quête de
0 Voir en ce qui concerne la production page 123; relativement au capital des sociétés pétrolifères page 147. Le chapitre 1* Expansion allemande en Orient contient des détails sur les exploitations allemandes en Roumanie. Le dernier chapitre s’occupe de la question du monopole du pétrole.
L’INDUSTRIE ROUMAINE
placements fructueux, le pétrole roumain et ses dérivés étant un article d’exportation de premier ordre. La concurrence étrangère pour l’extraire, le raffiner et le diriger vers les centres consommateurs de l’Europe a pris, d’ailleurs, dans les derniers temps, le caractère d’une lutte internationale très intense.
La consommation intérieure du pétrole est encore faible; elle ne représente pas même 40% delà production totale, de sorte qu’il reste disponibles pour l’exportation de très grandes quantités. Jusqu’à présent les capitaux roumains se sont peu intéressé aux affaires de pétrole, où les risques sont grands et où il faut disposer de moyens financiers très puissants si on veut avoir quelque chance de succès. La plus grande partie des entreprises pétrolifères est entre les mains des étrangers, surtout des Allemands.
L’Etat, qui possède sur ses domaines des gisements pétrolifères qui passent pour être très productifs, n'a mis en valeur que quelques parcelles. En 1895, à l’occasion de la promulgation de la loi des mines, on a élaboré un règlement qui limite les concessions pétrolifères de l’Etat à 40 hectares pour une durée de 30 ans; le concessionnaire est astreint à une redevance de 4% du revenu net et à un impôt de 2% sur le même revenu. En 1900 la loi des mines a été modifiée et l’impôt de 2 % a été remplacé par un impôt de 1 % sur le revenu brut; l’étendue maxima qu’on pouvait prendre en concession était de 100 hectares; les grandes sociétés pouvaient prendre jusqu’à 5 périmètres de 100 hectares chacun. La durée de la concession était de 50 ans; la redevance était de 10 — 14% du produit brut. Sur la base de ces nouvelles dispositions on a donné 8 concessions comprenant 288 hectares. Sous le régime du règlement de 1900 on a donné 82 concessions comprenant 2.930 hectares et sur la base du règlement de 1900 on a donné 12 concessions comprenant 405 hectares1).
En 1905 le gouvernement présenta une nouvelle loi pour la concession des terrains pétrolifères de l’Etat; on introduisit cette fois le principe que l’Etat devait participer au bénéfice net des entreprises.
Cette loi, nous dit l’exposé des motifs de Mr A. Djuvara, loin de contribuer à mettre en valeur les terrains de l’Etat, était un obstacle à toute exploitation par suite du tissu inextricable de formalités et de conditions qu’elle prévoyait.
p Voir pour tous ces détails l’Exposé des motifs du projet de loi de Mr A. Djuvara.
Aucune demande de concession n'a été faite sous le régime de cette loi. La loi de 1899 voulut rémédier à cet état de choses. Le principe de la loi était de concessionner l'exploitation sur la base de la participation directe de l’Etat à la production. Cette participation consistait dans le prélèvement d’une redevance qui devait augmenter progressivement à la richesse des sondes. La loi de 1909 prévoit que la concession se fera en petits lots et par adjudication des propriétés pétrolifères de l’Etat des régions en exploitation. Les terrains pétrolifères étaient divisés en trois catégories: un quart restait indisponible comme réserve pour l’avenir, le second quart était réservé aux sociétés qui se formeraient par actions nominales qui ne pouvaient être possédées que par les Roumains et la moitié était donnée sans distinction à toute personne ou société qui se présenterait à l’adjudication dans les conditions prévues par la loi.
Les conditions et les formalitées exigées par la nouvelle loi étaient tout aussi onéreuses que celles de la loi de 1905, de sorte qu’elle ne donna, non plus, aucun résultat.
La question est encore à résoudre. En 1912 Mrs Vintila Bratiano et C. Halaceano ont publié une étude intéressante intitulée: La politique de l'Etat dans la Question du pétrole. Les deux auteurs préconisent une «action directe» se manifestant, entre autres, par des mesures légales et règlementaires, consistant dans la concentration dans les mains de l’Etat et la transformation en service d’intérêt public de tous les moyens de transport et d’emmagasinage ainsi que dans la protection de la petite et moyenne industrie de raffinage par la répartition de la consommation intérieure du pétrole lampant1).
Mr Bratiano et Halaceano sont, en même temps, partisans d’une «pénétration progressive» du capital roumain dans l’exploitation du pétrole, pénétration qui doit avoir pour effet la substitution de ce capital aux organisations existantes. La formule qui faciliterait cette transformation serait la suivante:
«Réserver les terrains de l’Etat seulement pour l’action du capital roumain et faciliter au moyen de ces terrains, la constitution d’une société nationale de pétrole, en collaboration en ce qui concerne le raffinage et la vente, avec une partie des grandes entreprises du pays».
9 Voir pour de plus amples détails dans le Mouvement Economique 8-eme année, p. 35—29, où nous avons reproduit la conclusion de l’ouvrage.
L’INDUSTRIE ROUMAINE
Partant de cette formule, on pourra organiser une société d’exploitation à capital roumain1), dans laquelle l’Etat apportera, comme co-associé, d’une part ses terrains pétrolifères et d’autre part les terrains rachetés aux sociétés qui voudraient entrer dans cette combinaison. L’Etat gagnerait, par ce fait, le contrôle sur le combustible.
Le raffinage serait réservé à une collaboration du capital roumain avec le capital étranger. La vente au dehors se ferait soit par des participations dans les organisations de vente européene, soit par des pénétrations directes dans les pays où les intérêts des capitaux roumains et étrangers unis, rencontreraient une situation privilégiée.
Dans le «Rapport sur le budget général de l’Etat pour l’exercice 1916—1917», ainsi que lors de la discussion du budget, Mr Vintila Bratiano s’est occupé de nouveau de la question du pétrole. Cette fois-ci il soutient l’idée d’un monopole d’Etat.
«Il ne peut être question — dit-il — à qui doit revenir cette énergie du pays, concentrée dans le pétrole, à quelques sociétés étrangères ou bien dans les mains du protecteur de tous les intérêts généraux de ce pays, l’Etat».
Mr Vintila Bratiano n’est pas entré dans les détails pour nous expliquer comment sera organisé ce monopole; il est plus que probable qu’il persiste dans les idées qu’il a a émises dans son ouvrage fait en collaboration avec Mr Halaceano et qu’il entend le monopole sous la forme d’une association entre l’Etat et des capitalistes roumains.
Les idées de Mr V. Bratiano ont soulevé de très vives critiques; l’opposition s’est déclarée hostile à toute idée de monopole qui mettrait l’industrie du pétrole sous la dépendance complète de l’Etat.
L’État est déjà trop puissant chez nous.
La main mise sur une des branches de production des plus prospères et des plus importantes, ajouterait encore à son omnipotence si préjudiciable chez nous, à tout esprit d’initiative et d’indépendance.
Le projet de monopole en lui même est d’une application très difficile étant donné que l’exploitation du pétrole est une des industries les plus aléatoires et qui demande des capitaux considérables, une grande expérience et un esprit
l) Cette société doit être exclusivement roumaine,
d’initiative qu’on rencontre rarement parmi les organes de l’Etat.
Nous reviendrons sur cette question, d’une manière détaillée, dans le dernier chapitre.
L’Etat n'est pas resté jusqu’à présent, impassible dans la question du pétrole; il s’est efforcé, tout en accordant les plus grandes facilités à l’exploitation et au commerce du pétrole, de s’assurer le contrôle des exportations de ce produit. L’exportation se faisant surtout par mer, il a construit des réservoirs et une station de pompage à Constantza; les exportateurs doivent passer par celle voie, moyennant une redevance. En 1914 il y avait à Constantza 39 réservoirs d’une capacité de 5000 m3 et un réservoir de 1250 m8 qui pouvaient contenir:
Pétrole raffiné . 60.000 me.
„ distillé . 5.000 „
„ essence . 71.250 „
„ résidu . 60.000 „