‹ La richesse de la RoumanieChapitre 22 sur 34 · VALEURS · texte numérisé non relu

VALEURS

Allemagne . . . 9.202 3.172 1.990 14.341.489 9.512.843 4.387.087

France .... 988 490 1.327 4.730.480 5.063.842 3.499.359

Autriche-Hongrie 2.098 1.418 15.980 2.694.977 4.005.800 12.238.888

D’Allemagne nous avons importé des wagons-réservoirs (7 millions et V2), des automobiles (4 millions), des organes et pièces d’automobiles et d’aéroplanes (V2 million) des vélocipèdes, bicyclettes (1 million).

D& France nous avons importé des automobiles et motocyclettes pour 3 Va millions, des organes et pièces d’automobiles et d’aéroplanes pour 300.000 lei, des aéroplanes pour 120.000 lei.

L’Italie nous a envoyé des automobiles pour une valeur de 850.009 lei, l’Angleterre pour 600.000, et l’Autriche-Hongrie pour 500.000. Nous avons importé d’Angleterre des aéroplanes pour 140.000 lei.

L’importation des caoutchoucs, gutta-percha, sucs végétaux s’élève pour l’année 1913 à 9 72 millions; la France importe pour à peu près 1 million, l’Allemagne pour près de 4 millions, l’Autriche-Hongrie pour un million et demi.

La même proportion, même plus défavorable pour la France, existe encore en ce qui concerne les légumes, fleurs et parties de plantes, le papier (la France 1.379.964, l’Allemagne 2.873.716), les terres, pierres et fabriqués, la verrerie (la France 316 576, l’Allemagne 3.049.271).

La France tient encore une bonne place en ce qui concerne les eaux minérales, la parfumerie, les cognacs et les vins mousseux.

Pour être exact, il faudrait ajouter cependant à ces catégories de marchandises, les importations «occultes» et représentées par les achats faits en France par les Roumains. Beaucoup de nos compatriotes achètent des effets d’habillement et différents menus objets à Paris même. Ces achats représentent au minimum une somme de 4 à 5 millions, qu’il faudrait ajouter au chiffre des exportations françaises en Roumanie.

Le commerce français trouve pourtant en Roumanie des conditions exceptionnellement favorables à son développement. Dans aucun autre pays d’Europe, exception faite des pays en partie de langue française, comme la Belgique et la Suisse, le français n’est aussi répandu; dans aucun autre pays les classes supérieures et moyennes de la population ne

témoignent d’une prédilection plus marquée pour tout ce qui est de fabrication française. Sans plus parler du fait qu’une grande partie de notre jeunesse fait ses études universitaires en France et apprend à y aimer ce pays, il y a en Roumanie bien peu de gens fortunés qui n’aillent en France, si ce n’est tous les ans, au moins tous les deux ou trois ans. Ils en rapportent naturellement la préférence de tout ce qui porte la marque du bon goût français.

Malgré ces conditions favorables, la situation du commerce français en Roumanie n’est guère brillante ainsi que nous l’avons vu plus haut.

Cette situation tient non seulement aux conditions spéciales où se trouve la Roumanie vis-à-vis du commerce français d’exportation, mais aussi à des causes d’un ordre plus général que nous examinerons plus loin.

A l’abri d’un tarif protecteur et de la loi pour l’encouragement de l’industrie nationale, la Roumanie a réussi à créer une industrie très importante. Les capitaux engagés dans cette industrie représentent près d’un milliard.

Les industriels et les capitalistes étrangers ont trouvé qu’il y avait tout avantage pour eux à créer des industries dans le pays même. Le taux du tarif douanier leur semblant de nature à entraver les exportations, ils ont préféré profiter de ce tarif pour retirer des bénéfices souvent considérables en fabriquant sur place les marchandises qu’il ne pouvaient pas expédier de leur pays d’origine en Roumanie. Cette production industrielle équivaut à une importation; le chiffre des bénéfices qui revient aux capitalistes étrangers devrait s’ajouter aux bénéfices résultant en général de l’importation étrangère en Roumanie; le pays en profite sous certains rapports, mais il est inutile d’insister sur les inconvénients, voire les dangers d’une grande industrie se trouvant entre des mains étrangères et surtout entre les mains d’étrangers appartenant à un seul groupe de nations.

La France, comme toujours, a peu profité de ces circonstances favorables.

Voici, en ce qui concerne la principale de nos industries, celle du pétrole, la répartition du capital *) d’après la nationalité :

x) Le capital nominal des sociétés au 31 Décembre 1915 s’élevait à 519.519.248 lei. Le capital réellement versé à 404.757.469 lei.

LES RELATIONS ÉCONOMIQUES

Capital allemand . . . .

„ roumain

„ hollandais . . .

„ français . . . .

„ anglais .

„ italien .

„ belge .

„ austro-hongrois .

„ américain . . . .

Les capitaux français sont assez importants; pourtant le rôle joué par la France dans l’industrie du pétrole n’est aucunement en rapport avec l’importance de ces capitaux. Le commerce du pétrole est entre les mains des Allemands et des Américains, et les affaires de banque qui dérivent de l’exportation, ou de la fabrication du pétrole sont monopolisées par les établissements de crédit dont j’ai parlé tout à l’heure.

Et pourtant la France est le meilleur client de la Roumanie pour le pétrole et ses dérivés.

Voici le tableau des pays où nous envoyons les plus grandes quantités de produits du pétrole:

Quantités Tonnes

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