SCÈNE V
SAINT-PHAR,HORTENSE {vêtue en paysanne ).
s AiNT-PHAn, continuant.
Je la vois , et je n'ose.... Est-elle encore a moi ? Suis-jedigne ?... Quel troubleenmoncœurvientde naître !
HORTENSE. {Elle s^ai>ance lentement jusquauprès de
Saint-P/iar, et lui parle sans lever les yeux. ) Monsieur, de ce logis est sans doute le maître ?
s AIN T- PMA R.
Oui ! c'est elle ! Ai-je pu même la comparer A celle que tantôt j'osais lui préférer ? Sophie !
Il G R T E N s E.
Oh ! ciel ! que vois-jc ? Est-ce lui?
s AIN T- PU A K.
C'est moi-même ; C'est moi que vous aimiez ; c'est Saint-Phéir qui vous aime
HORTENSE
Oui , je le reconnaîs ; je reconnais s;i voix.
Hélas ! que ce langage était doux autrefois :
J'y croyais.
SAmx-PHAn.
Et bientôt vous y croirez encore.
Je rae justifîrai,
HORTENSE
Vous !
SAINT-PHAR
Oui , je vous adore.
Je n'ai jamais cessé de vous aimer.
HORTEJVSE.
Monsieur , Rompons cet entretien. Trop long-temps mon malheur Vous a donné le droit d'en abuser. J'esjjère Que j'aurai profité d'une leçon si chère. Heureuse que vous seul , en brisant nos liens , Vous ayez a rougir ! Heureuse !...
Ah ! j'en conviens , Trop coupable envers vous d'une réelle offense , De mille autres encor coupable eu apparence , Vous devez me haïr si vous ne m'entendez.
Vous le voulez , Monsieur. Eh bien donc , répondez : Osez dire a quel sort vous m'aviez destinée , Quand, sans ménagement, par vous abandonnée, Sans f|[u'un mot, une lettre eût prévenu ce coup..»