‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 356 sur 391 · I.A II o si: ai: moyiîx AC b · texte numérisé non relu

I.A II o si: ai: moyiîx AC b

gigantesque rosier de magnifiques roses doubles, dont les deux femmes portent aussi des couronnes1. Les roses de cette fresque, représentation d’une scène de la vie commune, servaient en même temps à orner les murs de la salle où elles se trouvaient. La peinture finit en effet par employer les roses comme motif de décoration, comme le faisait déjà l’enluminure ; c’est ainsi qu’elles servirent, avec les autres fleurs, d’encadrement aux tableaux, en particulier aux portraits. Les artistes y trouvèrent aussi le sujet de quelquesunes de leurs plus gracieuses compositions; mais ce ne fut guère que dans la seconde moitié du xvie siècle que les peintres cherchèrent, dans la reproduction des fleurs et des roses, la matière à de véritables tableaux ; elles avaient longtemps auparavant pris place dans la tapisserie et sur les étoffes.

Dès les premiers siècles du moyen âge on avait recherché les « draps de soie » et les « pailes » ornés d’animaux, d’oiseaux ou de fleurs. Si on cessa peutêtre pendant plusieurs siècles d’en faire en Occident, ces étoffes continuèrent toujours d’être fabriquées en Orient. C’était de là qu’on les faisait venir. Dans un document du xme siècle2, il est question

1. Àlvin Schulz, Deutsches Leben imx iv. uncL xv. Jarhundert. Wien u. Prag, 1892, in-8, pl. 9.

2. « Item capa magistri Joh. de S. Claro de quodam panno Tarsico, viridis coloris, cum plurimis piscibus et rosis de aurifilo contexlis. » — « Ilemcasula de panno Tarsico, indici coloris, cum pisciculis et rosulis aurels. » Visit. facta in thesauro S. Pauli Lond. ap. Fr. Michel, Recherches sur les étoffes de soie, d’or et d’argent. Paris, 1852, in-4, vol. II, p. 164, note 1.

LA «OSE DANS L ART

d’une chape faite de « drap de Tharse, de couleur verte, orné de poissons et de roses brodées en or », ainsi que d’une chasuble de même étoffe, mais de couleur bleue, décorée de petits poissons et de rosettes d’or. Les poètes du xme, du xiv° et du xve siècle parlent souvent de ces étoffes, dont les grands aimaient à se parer, et qu’on fabrique maintenant en Italie1 et bientôt dans les Flandres.

Ils sont d’un drap d’or a oisiax

Vestu, a Hors et a lunettes2 3,

lit-on dans le Roman de l'Escoufle. Il est fait mention, dans l’Inventaire du mobilier de Charles Y, d’un « chaperon fourré, orné de broderies et à plusieurs roses », ainsi que d’une pièce de « soudanin sur champ d’azur semé de petites feuilles et de petites roses d’or'1 ». Le roman de Perceforest parle d’un roi « vestu d'une cotte de samyt blanc, estincelée de rosettes d’or4 ». « Il était couvert de broderies, dit Chaucer de son écuyer5, et l’on eût dit une

1. « Cinq pièces de drap de soye de Lucques blancs, ouvrez a grans osteaulx... et a petites rosettes ou milieu. » Inv. du mobilier de Charles V, n° 3355.

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