‹ La rose dans l'antiquité et au moyen âgeChapitre 90 sur 391 · SECVTVS PIETATEM COL. CENT · texte numérisé non relu

SECVTVS PIETATEM COL. CENT

HORTOS CVM AEDIFICIO HVIC

T . VETTIVS T . L. HERMES SEPLASIARIVS.

MATER GENYIT MATERQ. RECEPIT HI. HORTI. ITA. VTI. O. M.

QVE. SVNT. CINERIBVS SERVITE MEIS NAM. CV

SEPVLT A IVNCTOS VIVOS DONAVIT VT EX REDITV EOR LAR GIVS ROSÆ. ET. ESCE PATRONO SVO ET Q.VANDOQ.VE SIBI PONERENTVR.

RATORES. SVBSTITVAM VTI. VESCANTVR. EX. HO RVM. HORTORVM. REDI TV NATALE. MEO ET. PER ROSAM. IN. PERPETVO HOS HORTOS NEQ.VE DIVI DI VOLO NEQ. ABALIENARI.

LA ROSE DANS I.’aNTIQUITÉ.

nous montre un parfumeur, nommé L. Vettius Hermès, laissant des jardins « excellents et vastes » — il défendait de les diviser et de les aliéner — pour l’entretien de ses cendres. Des curateurs, auxquels il léguait pour vivre le revenu de ces jardins, devaient, le jour de sa naissance, faire à perpétuité une offrande de roses sur son tombeau. On connaît aussi une inscription grecque1, où un certain Longus laisse au sénat une somme d’argent pour offrir des roses (poo'Xea Oxi) sur son monument.

On voit, par ces exemples, qu’il eût été facile de multiplier, quelle place occupaient dans les honneurs funèbres les offrandes de roses, et combien on tenait à ce qu’elles fussent Alites avec soin et au jour marqué. On y attachait une telle importance que ceux qui n’étaient pas assez riches pour laisser des legs analogues à’ ceux dont il vient d’être question faisaient, dit-on2, graver sur la pierre qui recouvrait leurs cendres une inscription par laquelle ils priaient les passants de répandre des roses sur leur tombeau, tant l’hommage de ces fleurs symboliques était regardé comme un devoir indispensable h la mémoire des morts.

1. Aov-fo; ... à-olèccdV y apoualy X. B. <1*. â~i tw pooiÇtdOai aùtov. Corpus inscriptionum graccaruin, éd. Aug. Bœckh. Berlin, 1848, in-fol. vol. II, p. 960.

2. D’Orbessan ( Essai sur les roses, p. 312) cite une inscription de ce genre commençant par les mots :

Sparge, precor, rosas, supra mea busta, viator ; mais il ne dit pas où il l’a remarquée.

Comme dans les usages de lu vie et dans la poésie, la rose avait pris place dans les œuvres d’art. On la rencontre surtout, cela s’explique, dans les représentations des divinités, à qui elle servait d’attribut, ainsi que dans celles des cérémonies religieuses ou des événements de la vie auxquels elle était associée. C’est ainsi que sur un sarcophage de la villa Albani1, qui représente les noces de Pélée et de Thétis, parmi les divinités qui viennent offrir des présents aux nouveaux époux, on voit l’Eté apportant une immense guirlande de roses. Dans une fresque de Pompéi2, dont une des figures principales paraît être l’Arcadie, celle-ci porte une couronne où se trouvent deux roses parfaitement doubles. Un des monuments publiés par Edouard Gerhard3 nous montre aussi une déesse que l’on reconnaît pour Flore à la couronne de fleurs et peut-être de roses qui lui ceint le front. Sur un autre monument4 de la même collection, on voit une tête de femme également couronnée de roses.

1. Winckelmann, Monumenti antichi inediti spiegati ed illustrati. Roma, 1767, in-fol., vol. Il, p. 151 et vol. I, pl. 111.

2. W.Zahn, Die sciions le» Ornamente und Gemalde aus Ilerculanum, Pompeii in Italien. Berlin, 1828-45, in-fol. Vol. III, pl. 1.

3. Antike Bïldwerke , München, 1827, in-fol. Tafel LXXXVII, 7.

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