SCÈNE XXIII
Les mêmes, M. SIMART, M- SIMART, FRANCINE.
M. SIMAHT.
Qu'y a— t— il donc , messieurs? (Bas à Mme Simart.)
,5c vais gronder Tcissier.... ça aplanira les voies.... (Haut.) Qu'est-ce que je viens d'apprendre, monsieur Teissier?... votre oncle Marjolicr n'est point malade... Vous avez trompé ma religion...
TEISSIER
Permettez!...
M. SIMART.
Ne m'interrompez pas... Je vous dis que vous avez trompé ma religion... Il n'y a pas d'attaque d'apoplexie... il n'y a pas de succession... il n'y a pas de Mllc Grippard ! . . .
TEISSIER
Mais, monsieur Simart...
M. SIMART.
Ne m'interrompez pas!... Au lieu de monter en diligence, vous montez sur ce balcon... Vous retirez votre parole... Eh bien ! Franchie , à son tour, retire la sienne , et je vous déclare que tout est rompu.
TEISSIER, hors de lui.
C'est possible ! (Montrant Randeuil.) Mais monsieur veut épouser mademoiselle , et je vous déclare , moi , qu'il ne l'épousera pas !
FRANCINE, à part.
Que dit-il ?
M. SIMART, à Randeuil , d'un ton solennel.
Pardon, monsieur... mais, en effet, Mme Simart vient de m'apprendre... et vous me voyez tout surpris d'une confidence aussi imprévue...
RANDEUIL.
Veuillez m'excuser, monsieur, si l'indiscrétion ile mon ami me place dans une position aussi étrange , et devance l'expression d'un vœu... TEISSIER, l'interrompant.
Ne l' écoutez pas... il vous trompe... Ce mariage est impossible !
Mme SIMART, à part.
Que veut-il dire ?
TEISSIER
Il n'aime pas Mlle Francine!.. il en aime une autre!...
FRANCINE , à pari.
Qu'cntends-je !
TEISSIER
Il a une passion dans le cœur ! .'. . (A part.) Ma foi, tant pis, je lâche tout! (Haut, très vite.) Il aime un domino noir!... il aime une rose jaune!.. lia eu une aventure au bal de l'Opéra !... Il y a eu un masque arraché... un soufflet de donné... 11 adonné
un coup d'épée au souffleté... I! cherche son inconnue depuif deux mois , c( il ;i lit rose jaune mhjs son gilet !... (À part, d'un ahr dé triomphe. ) Abl...
tire-toi de là , si tu peux :
francine, à part, arec joie.
Qu'entends-je !
Mmc SIMART, à pan.
Comment! ce serait!..
M. SIMART, à part, regardant sa femme.
Il paraît que c'est le jeune homme aux belles dents !
C'était mon secret... je l'avoue... il ne m'est plus permis de le cacher... (A Francine , lui montrant la rose jaune.) La reconnaissez-vous?
francine , sautant au cou de Teinter.
Ah! monsieur Teissier, que je vous embrasse! Comment ! M. Randeuil m'aimait depuis long-temps sans me connaître!... il me cherchait partout!... il avait gardé cette fleur... et il s'est battu pour moi!... Oh! que vous avez bien fait de me l'apprendre !
TEISSIER , à part.
Je suis abasourdi!... Je dois avoir l'air bête comme un animal! (Haut, à Francine.) Comment ! c'était vous !
FRANCINE
C'était moi!
Mme SIMART.
C'était elle !
M. SIMART, montrant Randeuil.
C'était lui!.. (A Teissier, ouvrant ses bras.) Teissier ! Teissier !... mon ami , venez sur ma poitrine. TEISSIER , hors de lui.
Oh ! pour le coup, c'est trop fort !.. Allez vous promener ! J'en ai assez de votre poitrine !..
RANDEUIL.
Eh bien! Teissier... je venais pour être ton témoin... tu seras le mien.
M. SIMART, à part.
J'aime mieux ça. . . à cause de Mme Simart.
teissier, à part.
En voilà une boulette !... Je vais en donner une à Soliman.