‹ La rose mystique effeuillée ou Le Saint rosaire expliqueChapitre 1 sur 67 · APPROBATIONS · texte numérisé non relu

APPROBATIONS

Ayant examiné, par ordre des supérieurs, un opuscule intitulé : La Rose mystique effeuillée^ par le R. P. M amb- Augustin, des Frères Prêcheurs, nous n'y avons rien trouvé que de pieux et et d'édifiant. En conséquence, nous déclarons approuver cet ouvrage, espérant qu'il pourra servir à propager et à rendre plus éclairée la dévotion du très saint Rosaire, toujours si chère à notre Ordre.

Fait à Lyon, au couvent du très Saint-Nom -de- Jésus, le 28 août 1861, féte de saint Augustin.

Fr. Pib, Fr. Ambhoise,

des FF. Préch . des FF. Préch .

Vu l'approbation donnée par les examinateurs à l'opuscule susdit, nous en autorisons l'impression, en vertu des pouvoirs spéciaux qui nous ont été commis, et en réservant les droits de l'Ordinaire.

Fait à Lyon, le 28 août 1861.

Fr. Airroiuit, des FF. Préch.

Imprimatur.

Lyon, le 29 août 1861.

Db Sbbbbs.

Vtc. ge'n.

L'âme tressaille d'allégresse à ce doux nom de Marie, le cœur s'épanouit comme une fleur an souffle matinal d'une brise embaumée. Ah! c'est qu'il nous rappelle de si grands mystères d'amour :

Il nous rappelle l'incarnation du Verbe divin pour le salut du monde.

11 nous rappelle le sacrifice d'une mère aux pieds de la croix.

Il nous rappelle la douce consolatrice des affligés, l'avocate des pécheurs, la protectrice de l'innocence, le refuge assuré de tout ce qui souffre ici-bas.

Marie... N'est-elle pas notre Mère, notre médiatrice, notre espérance, notre

amie, notre bonheur, notre tout après Jésus?

N'est-ce pas d'elle, comme d'une source intarissable, que découlent nos

joies et notre salut? Elle est Mère du Sauveur.

N'est-ce pas d'elle, comme d'un vase précieux, que se répand toute grâce qui convertit et sanctifie? Elle est la Trésoriére de Dieu.

C'est bien elle aussi qui adoucit nos maux, qui essuie sur nos fronts la sueur de l'agonie, nous montrant le ciel dont elle est ia porte éblouissante. Fulgida cœli porta.

0 Mère plus précieuse et plus puissante que toutes les créatures, plus douce que l'harmonie des cieux, plus gracieuse que la grâce elle -môme, que ton nom suave et parfumé comme les senteurs de l'Orient soit toujours sur nos lèvres pour les rafraîchir, et ton souvenir au fond de nos cœurs pour les soutenir et les consoler.

Marie.,. Les anges dans le ciel la révèrent, les Archanges et les Trônes sont ses messagers fidèles; les Dominations devant elle déposent leurs couronnes, et les Chérubins se font gloire de célébrer

ses grandeurs. Sur la terre, les grands génies planant bien haut dans le monde des intelligences, comme l'aigle dans la nue, ont voulu Ja chanter. Les Augustin, les Bernard, les Thomas d'Aquin et mille autres ont entonné à sa gloire des hymnes d'une ravissante harmonie.

D'autres, plus petits et plus modestes, comme la fauvette sur l'églantier fleuri, ont cherché à bégayer aussi quelque cantique d'amour. Tous sentaient au fond du cœur un entraînement irrésistible qui les portait à chanter Marie.

Le chant n'est-il pas le langage de l'amour? Et l'amour de Marie comme celui de Jésus n'est-ce pas le pain des hommes comme le pain des Anges?

Nous aussi nous voulons chanter Marie, nous aussi nous voulons mêler notre voix, quoique faible, à ce concert solennel qui, depuis dix-huit siècles, s'élève à la gloire de la Vierge immaculée. Nous' la chanterons en effeuillant son Rosaire, nous la chanterons en montrant à ses enfants les richesses et les beautés con-

ténues dans cette Rose mystique que la sainte Eglise nous fait saluer dans ses litanies : Rosa mystica, ora pro nobis.

Le Rosaire, c'est la couronne de saphir qui resplendit autour de votre front, ô Marie !

Le Rosaire, c'est le diadème royal aux diamants précieux qui repose sur votre tête auguste, ô Marie I

Le Rosaire, c'est le vêtement aux mille couleurs qui descend en plis ondoyants de vos épaules saintes, ô Marie I

Le Rosaire, n'est-ce pas la guirlande de roses qui relie le cœur de vos enfants à votre cœur maternel ?

Nest-ce pas l'échelle mystérieuse de Jacob qui conduit au cielî

N'est-ce pas la harpe sainte du roi David sur laquelle nous chantons vos louanges en méditant votre Rosaire?

c'est donc vous que nous célébrons, ô divine Reine des cieux !

Le Rosaire, qu'est-ce encore, qu'est-il dans son essence?

La sainte Eglise, nous parlant de Ma-

rie, lui donne le nom de Rose mystique.

Rosa mystiça.

Cette Rose mystique, comme toutes les roses, a un cœur qui en forme l'excellence et la beauté, et le cœur divin de cette Rose mystique c'est Jésus.

Cette Rose mystique, Marie, s'épanouit en quinze feuilles ou pétales :

Cinq sont d'une blancheur éclatante comme le lis de la vallée. Elles se nomment Annonciation, Visitation, Nativité, Purification et Recouvrement au temple.

Ce sont les Mystères joyeux.

Cinq sont tachetées de sang comme la rose empourprée. Elles se nomment:

Agonie, Flagellation, Couronnement d'épines, Portement de croix, Crucifiement.

Ce sont les Mystères douloureux.

Les cinq dernières sont dorées comme les épis d'une moisson que le soleil a mûris. Elles se nomment : Résurrection, Ascension, Descente du Saint-Esprit, Assomption de Marie et son Couronnement dans le ciel. Ce sont les Mystères glorieux.

Voilà donc le Rosaire. Il n'est autre chose dans son essence que l'épanouissement de cette Rose mystique dont le divin cœur est Jésus.

Aux quinze mystères correspondent quinze dizaines d'Ave Maria. Et réciter le Saint-Rosaire, c'est effeuiller cette Rose mystique en parcourant de les mystères pendant que nos lèvres prononcent les Ave Maria.

Le Rosaire est donc quelque chose de grand, puisque c'est Jésus et Marie s'épanouissant dans le monde en quinze mystères, et le développement de ces quinze mystères forme le christianisme tout entier.

Méditer votre Rosaire, c'est donc vous honorer, ô Marie! c'est donc célébrer vos grandeurs et chanter vos vertus, divine Reine des anges.

Avant de prendre en mains la lyre mystique qui doit résonner de vos louanges , laissez - nous , humblement prosternés à vos pieds, implorer votre secours. Nous sommes faibles, sans ta-

AVIS IMPORTANT. il

lent et sans amour ; mais un regard de vos yeux illuminera notre intelligence, un sourire de vos lèvres réchauffera notre cœur, et une bénédiction de votre main maternelle nous donnera force et courage. Bénissez-nous donc, ô Mère bien-aimée, et avec nous tous les enfants du Rosaire!

Nos cum proie pia Benedicat virgo Maria !

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