Portement de croix
Vie naturelle. Tout l'histoire du Chemin de la Croix. — Jésus est condamné à mort par la sentence la plus inique. — Traîné sur la montagne du supplice, il est abreuvé d'ignominie par une populace en furie. — Ses chutes trois fois répétées. — Simon le Cyrénéen lui aide à porter sa croix. — Saintes femmes. — Rencontre douloureuse de la sainte Vierge, — Sainte Véronique essuie en pleurant la divine face de Jésus. — Oh! que de choses à méditer dans ce mystère, bien propres à faire impression sur notre âme !
Vie eucharistique. La croix qui pèse sur Jésus-Hostie est bien lourde. Toutes les souffrances de la passion se renouvellent, nous l'avons vu, d'une manière mystique dans la sainte Eucharistie :
— Et Yagonie occasionnée par la froideur et l'indifférence des hommes;
— Et la flagellation occasionnée par les insultes des hérétiques et des impies;
— Et le couronnement d'épines renouvelé par les chrétiens lâches et infidèles.
Jésus souffre tout avec la même patience qu'aux jours de sa vie mortelle. Il porte cette croix tous les jours, et il la portera jusqu'à la fin du monde sans se plaindre, priant sans cesse pour les pécheurs, comme autrefois lorsqu'il montait au Calvaire. Non seulement il porte sa croix sans se plaindre, mais s'oubliant lui-même, il nous adresse du fond de son tabernacle de tendres paroles pour nous consoler. Oh! semblable à Véronique, venons essuyer la divine face de Jésus par des baisers spirituels dans de ferventes visites au saint autel; lavons cette face auguste par les larmes d'une véritable componction, et notre âme purifiée parviendra un jour sur la montagne du salut.
Vie mystique. Celui qui veut venir après
l rc PARTIE. — MYSTÈRES DU ROSAIRE. 83
moi, nous dit Notre-Seigneur dans le saint Evangile, qu'il se renonce soi-même., qu'il porte sa croix et qu'il me suive. C'est ainsi qu'il veut vivre en nous, en cherchant à nous rendre semblables à lui.
— Quand Jésus nous fait subir des agonies mortelles, c'est sa croix qu'il nous impose.
— Quand il nous flagelle par la souffrance, c'est sa croix qu'il nous impose.
— Quand il nous accable par de petites misères et contre-temps, c'est encore sa croix qu'il nous impose. Et il veut qu'à son exemple nous portions toutes ces croix, sans nous plaindre, avec générosité, jusqu'à la mort qui est pour nous le Calvaire. 0 mon âme, courage et résignation; après avoir participé à la
croix de Jésus, nous participerons à sa gloire.
o. Le Crucifiement.
Vie naturelle. Scène douloureuse du crucifiement. — Les clous s'enfoncent dans les pieds et les mains adorables de
Jésus. — Soif ardente. — On lui donne à boire du fiel et du vinaigre. — Crucifié ainsi entre deux voleurs, Jésus expire en nous donnant Marie pour mère. — Descente de croix. — Jésus sanglant et défiguré entre les bras de sa mère. — Mater dolorosa.— Désolation de Marie.— Non, il n'est pas de douleur semblable à celle-ci. — Méditons bien ce mystère, et le péché ne pourra jamais plus pénétrer dans notre âme.
Vie eucharistique. Parmi les mystères de la Passion qui se renouvellent dans la sainte Eucharistie, un de ceux qui nous frappent le plus, c'est le Crucifiement. La sainte Messe surtout n'est autre chose que la reproduction mystique de ce mystère. Là tout nous rappelle le Calvaire :
— Et les ornements en forme de croix ,
— Et le prêtre qui tient ses bras en croix,
— Et les signes de la croix qu'il trace su]P lui et sur les oblations,
i fe PAHTIÊ. — IITSTÈRES DU ROSAIRE. 88
— Et l'élévation de l'hostie après la consécration r
— Et la séparation du sang dans le calice d'avec le corps dans le linceul du corporal. Tout nous rappelle le crucifiement de Jésus. Aussi appelle-t-on le saint sacrifice de 1» me3se le sacrifice non sanglant de la croix. Avec quelle dévotion profonde ne devrions-nous pas y assister? Jésus est immolé d'une manière mystique au saint autel pour notre salut ; il a soif des âmes comme sur la croix. Sitio, j'ai soif; mon Père, donnez-moi des âmes !... — Et les communions indignes, peut-être les nôtres...
Voilà bien pour nous tous une source intarissable de douleurs et de larmes.
Vie MYsTiotffi. La mort, la mort, la mort, voilà la source de la véritable vie !
Tout en nous doit être crucifié avec Jésus : nos pieds, nos mains, nos yeux, notre esprit, notre cœur, nos convoitises, tous nos sens ; parce que tout en nous ayant péché, tout doit être purifié et réformé.
Marie en qui il n'y avait rien à réformer et à purifier, Marie immaculée jusqu'à son dernier jour, a participé pleinement à ce crucifiement de Jésus.
Saint Augustin nous dit que son cœur maternel et le cœur de son Fils étaient comme deux miroirs qui se réflétaient mutuellement leurs souffrances. Et nous, enfants coupables, nous refuserions de nous associer aux souffrances de notre Maître? 0 crucifiement mystique! ô bienheureuse mort qui nous donne la vie, soyez notre héritage et Fhéritage de tous les enfants de Marie !
MYSTÈRES GLORIEUX