INTRODUCTION
Parmiles maladies qui viennent frapper le petit être humain tout nouvellement appelé à la vie et le menacent dans son existence, la rougeole est des plus graves mais est heureusement exceptionnelle avant six mois. Il est à peine besoin de faire remarquer que celte affection incomparablement contagieuse exerce surtout ses ravages dans les milieux d'enfants et plus particulièrement dans les villes où la rougeole est considérée comme une maladie à peu près inévitable. Rares, en effet, sont ceux qui échappent à la contagion pendant la jeunesse: ainsi s'explique la rareté de la rougeole chez les adultes car une première atteinte confère en général une immunité solide et durable. A l'opposé le carac- tère exceptionnel de l'infection mortelleuse chez le tout jeune nourrisson a toujours frappé le médecin, mais jusqu’à ces deraières années on n'avait fourni aucune explication de ce phénomène que l’on se contentait d'enregistrer. Le contraste, en effet, est
frappant entre ces deux siluations, celle du nourrisson de moins de six mois contractant exceptionnellement la maladie malgré l'intensité de la contagion et celte de l'enfant plus agé qui n'échappe presque jamais à la maladie en dépit d'un contact en apparence insignifiant.
La rougeole congénitale est également d’observation peu commune. Dans les Traités de pathologie il en est fait à peine mention, et tout ce que le public médical en connaît est dû en grande partie aux observations qui furent l’objet de communications à des sociétés médicalés où qui parurent sur les périodiques.
Nous avons eu l’occasion d'obsérver pérsonnellement ün cerlain nombre de cas de rougeole au cours du premier semestre de la vie. Notre maitre, M. le professeur agrégé Robert Debré, nous a autorisé à réproduire un cas de rougeole éongénitale observé par lui en février 1923. Dès lors, réunir dans une étude comiunñe ces deux formes cliniques, rares, de la rougeole, tel est lé sujet de thèse qu'il nous a inspiré. Travail intéressant du resté qui se rattaché à la orotection de la toute première enfance, si fragile, et à une série d'importants travaux de notre maitre ayant abouti pour la plupart à des résultats décisifs notamment sur le lérrain de là prophylaxie par le sérum de convalescent de rougeole.
Le premier chapitre de notre travail sera consacré à l'étude de la rougeole congénitale : après ün historique auquel nous avons éru dévoir donner uné cer-
— li — £
laine étendue, nous envisagerons successivement la réceptivité de la fe:1me enceinte vis-à-vis de la rougeole, l'influence exercée par celle-ci sur la grossesse et le sort réservé ultérieurement à l'enfant. Nous étudierons d’abord les cas les plus communément O6bservés el nous en dresserons le tableau clinique d’ensemble ; nous passerons ensuite aux éventualités exceptionnelles et pour finir nous dirons un mot du pronostic et de la prophylaxie.
Le second chapitre sera réservé à l'étude de la rougeole des premiers mois de la vie. Nous traiterons d’abord de l’immunité avec quelques détails ; puis nous publierons nos observations personnelles (l’une de ces observations a été recueillie en partie dans le service de notre président de thèse, M. le professeur Léon Bernard, qni a bien voulu nous permettre de la publier ; nous l’en remercions infiniment). Quelques remarques tirées de nos observations serviront d'introduction à une courte étude clinique, et nous terminerons par le pronostic et la prophylaxie.
Qu'il nous soit permis enfin d'exprimer à notre Maître Robert Debré toute notre gratitude pour le précieux enseignement que nous avons eu l’heureuse fortune de recevoir de lui : nous lui devons le meilleur de notre formation en clinique infantile.
Que nos remerciements aillent aussi au D' Joannon : dans nos recherches il a toujours élé un guide obligeant et sûr, et nous avons fait à sa thèse de
très larges emprunts.
Pour la part de documentation éclairée qu’il nous
a apportée dans la rédaction du chapitre de pathologie générale, que le D' Lelong trouve ici l’expres-
sion de notre reconnaissance.