‹ La RougeoleChapitre 25 sur 67 · FORMES ANOMALES DE L’ÉRUPTION · texte numérisé non relu

FORMES ANOMALES DE L’ÉRUPTION

Nous ne devons pas, dans tous les cas, oublier que l’éruption cutanée n’est que le second acte de la maladie. Aussi l’éruption des muqueuses se présente-t-elle avec des caractères plus constants. Cependant il est des cas où l’énantbème est si peu marqué dans la première période qu’il peut passer inaperçu. Dans la période d’éruption, il réapparaîtrait dans certains cas avec ses caractères sur les muqueuses des bronches et des conjonctives surtout, plus rarement sur la muqueuse du nez et de l’intestin (Sanné). Quant à son absence complète, elle est mise en doute par de nombreux observateurs, etM. Sanné fait remarquer qu’on a confondu alors des roséoles avec la rougeole. Une des preuves que cet auteur en donne, c’est que, chez ces malades, la rougeole ne serait pas rare dans les années qui suivent; ce qui, soit dit en passant,n’est pas un argument sans réplique.

Inversement, cet exanthème peut être d’une intensité extrême, et nous verrons que par lui seul il peut menacer la vie quand il se localise sur certaines muqueuses. Certaines épidémies ont pour caractéristique précisément ces localisations particulières de l’énanthème, créant ainsi des types cliniques où c’est bien l’agent morbilleux seul qui semble être en jeu.

L’exagération de la sécrétion muco-purulente,la photophobie, le gonflement énorme et la rougeur extrême des paupières avec chémosis, la tuméfaction des narines et de la lèvre supérieure, les symptômes laryngés et broncho-pulmonaires graves :

toux à timbre rude, aboyant, laryngite striduleuse, douleur à la pression sur le larynx et la trachée, dyspnée, anxiété hors de proportion avec son importance habituelle, tels sont les principaux symptômes de cette exagération de l’énanthème. Les symptômes intestinaux, outre une diarrhée abondante, peuvent se caractériser encore par des phénomènes dysentériformes — selles sanglantes et par du ténesme

II. Anomalies dans la durée des périodes. — La période qui correspond" à l’éruption des muqueuses est, comme nous l’avons vu, en général de quatre jours. Sans cause bien nette, cette durée peut être prolongée. Elle atteint cinq, six, huit jours (Trousseau), dix jours (Secrétan 1 2 ), treize jours (Rilliet), seize jours (Barthez). Mais ce sont là des cas exceptionnels. Les symptômes de catarrhe sont alors en général d’une intensité moyenne, et l’éruption cutanée qui les suit présente les mêmes caractères de confluence.

D’autres fois au contraire, ils]acquièrent une violence inusitée : dans ces cas, ou bien leur durée s’abrège, et on observe une éruption cutanée d’une confluence extrême (Sanné) 3 , ou bien au contraire

1. M. Laveran, dans l’épidémie de 1860, a observé des symptômes cholériformes, mais dans le décours de l'éruption cutanée, alors qu’aucun symptôme n’avait attiré dans les périodes précédentes l’attention sur l'intestin. Il est probable qu’il y a là, en raison de l’époque d’apparition, des phénomènes imputables à une infection secondaire.

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