‹ La RougeoleChapitre 49 sur 67 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

précautions, qui pourraient sembler superflues sont cependant utiles, lorsqu’on |a affaire aux enfants surtout, qui se découvrent facilement dans leur lit, mettant en'défaut la surveillance la plus empressee.

S ms fuir le jour, on évitera cependant de placer le malade la face dirigée en pleine lumière; on ne doit pas oublier que, dans certains cas, la photophobie est intense, et que l’éclat d’une lumière trop vive peut amener de l’agitation.

La température de la pièce ne devra pas être trop chaude, ainsi qu’on avait tendance a le faire autrefois : 17 à 18 degrés sont une température ' convenable en hiver, et qu’on entretiendra nuit et jour au moyen d’un feu de cheminée. Si ce chauffage est impossible, et qu’on doive se contenter d’un poêle, on devra recommander de placer en permanence un récipient contenant de l’eau chaude, afin de ne point augmenter le fonctionnement des muqueuses malades par un air trop sec. ■.

En été, ou quand la température extérieure le permettra, les fenêtres seront tenues ouvertes pendant la belle période de la journée L aération de la pièce sera ainsi établie. Lorsque la tempéiature ne le permettra pas, on aérera la chambre du malade indirectement, ou, si onnelepeut, on ouvrira les fenêtres au milieu de la journée en protégeant le malade au moyen de couvertures et de voiles en gaze. Si la température est trop froide, on devr | se contenter de l’aération indirecte, ou de celle qui est produite par le tirage delachemmee. Lorsqu on dispose de deux pièces voisines et communiquant

largement, d’un chauffage facile en hiver, on peut transporter le lit du petit malade dans l’une des deux pendant le j our ,et réserver l’autre pour la nuit.

Le malade sera suffisamment couvert dans son lit où on évitera qu’il se découvre. Lorsque la rougeole est très légère, et que les enfants sont peu malades, ce dernier point est difficile à obtenir. Je pense qu’on peut sans inconvénient dans ces .cas, et dans ces cas seulement, autoriser l’enfantà jouer ou à s’occuper sur'son lit. Une camisole de laine, un jersey de laine épaisse,etc., leur couvriront alors la poitrine et les bras.

Ces précautions doivent être observées non seulement dans la période aiguë — prééruptive ou éruptive — de la maladie, mais encore dans les jours qui suivent l’éruption.

A l’hôpital. — Les salles de morbilleux devront être larges, hautes, bien disposées pour l’aération, et pour éviter en même temps les courants d’air froid ‘. Les lits devront être espacés; dans aucun cas et sous aucun prétexte, le médecin ne doit y tolérer de l’encombrement. Bien qu’il ait à exiger la plus grande propreté, il devra cependant modérer les excès de balayage et d’époussetage qui transportent les germes et infectent l’atmosphère. Les malades devront avoir leurs ustensiles de toilette ou de repas personnels, ne servant qu’à eux; de même pour le linge de lit ou de corps, pour les

1. Malheureusement, la plupart des locaux hospitaliers qui ne sont que des pavillons d’isolement d’occasion, sont loin de remplir ces conditions !

traitement.

iouets- — les règles pour,1e chauffage ét pour l’aération sont les mêmes que' plus haut. J’insiste tout spécialement cependant sur Vaération qui devra être surveillée d’autant plus que le nombre des malades hospitalisés sera plus grand.

Il serait très important d’avoir des salles spéciales pour les convalescents, ou inversement pour

les morbilleux gravements atteints. En leur absence, les convalescents qui se lèvent devront éviter le plus possible de séjourner dans les salles, et surtout de s’approcher, sous prétexte de jeu ou autre des malades encore couchés et plus sévèrement frappés. On devra, autant que possible, les reunir dans une portion des salles d’isolement, qui leur

sera plus spécialement réservée.

Les enfants seront maintenus au lit pendan t une période variable après l’éruption et qui dépend naturellement de bien des facteurs que nous ne saurions tous analyser ici. C’est a 1 initiative prm pre du médecin qu’il convient de prendre, le cas échéant, une résolution à ce sujet, tout ce que nous pouvons dire, c’est que, dans la rougeole simple, il est bon de maintenir les enfants couchés de dix à quinze jours après l’éruption : meme dans les cas les plus bénins, cette règle est prudente, car les enfants, une fois levés, échappent facilement a la surveillance, quittant la chambre ou ils devaient primitivement demeurer. La première sortie au dehors dans ces mêmes conditions peut être pe mise au bout de vingt à vingt-cinq jours a partir de l’éruption.

Le traitement hygiénique comprend encore un certain nombre de mesures qu’il est indispensable de prendre surtout quand il s’agit -de malades hospitalisés. Nous avons vu que l’on trouvait dans les cas de rougeole les plus simples, des micro-organismes divers appartenant aux espèces pathogènes et qui, ainsi que nous le dirons en parlantdes complications de la rougeole, jouent un rôle considérable dans la pathogénie de celles-ci. Il est donc important de réaliser, dans la mesure du possible, l’antisepsie des muqueuses et des cavités naturelles. Cette mesure est d’autant plus nécessaire que le catarrhe morbilleux est lui-même plus intense et prépare un terrain plus favorable à l’éclosion des complications ultérieures. Les lavages, les lotions antiseptiques sontdonc indiqués, à titre prophylactique des complications, dans le cours de la maladie. Et, à moins d’indications spéciales qui attirent l’attention sur la conjonctive, le nez, les organes génitaux, c’est surtout la cavité buccale qu’il importe de surveiller, en raison du plus grand nombre de microbes pathogènes qui s’y trouvent.

On peut employer dans ce but un grand nombre d’antiseptiques, mais le salol, les lavages à l’acide salicylique, au phénosalyle, sont les plus fréquemment employés.

On pourra plusieurs fois par jour faire nettoyer la Cavité buccale avec un tampon de ouate imbibée du collutoire suivant :

Salol. 1 à 2 grammes

Glycérine.20 à 30 —

traitement. ■ 181

Dans certain cas de coryza intense, les lavages du nez sont indiqués, soit avec de la solution a l pour 1000 d’acide salicylique chaud, soit avec la soin tion de phénosalyle. • ,

La conjonctivite trop intense demande des compresses boriquées, de même la vulvite.

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