‹ La Roumanie et les JuifsChapitre 4 sur 68 · OC · texte numérisé non relu

OC

.ëI-

âJ ♦j

•t ■£ bo

■fi 1

1 |^l-ill =

«1 '^î ' le

^ ^Sjg

ller^a

Herta

Dorohoï

Dorohoï

Botoçanî

Boto^anï

Hîrlâù

Hîrlâù

Suciava

Cîrligàtura

T.-Frumos

Ia?l

laçl

Niamtul

Piatra

T.-Niamt. —

Uoman

Roman

Bacâù

Bacàû

T.-Ocneï \ —

Putna

— ) Adjud

Covurlui

Gala|i

Tutova

Bêrlad

Vaslui

Vaslui

13Îi 180

Totaux

llnçï

Fâlciù —

'j Manuscrits de V Académie roumaine, No. 504. Publié dans les Vol. Vil et VllI de VUriçar de Th. Codresco-

Ce recensement présente, en ce (jui concerne les Juifs, les lacunes suivantes:

On y parle des Juifs de la ville de Fâlticenï et de ceux des bourgades de Burdujenï et de Vlàdenï mais ni leur nombre ni le montant de leur contribution n'est indiqué.

Les données par rapport à la ville de P'ocsanï, tant pour les chrétiens (jue pour les Juifs, font complètement défaut.

Enfin, si le montant de la contribution des -Tuifs habitant les villages du district de Botosanï est indiqué, leur nombre, est passé sous silence.

Il n'est, heureusement, pas difficile de combler ces lacunes, peu importantes d'ailleurs.

Le compte rendu des recettes et des dépenses pour l'année 1805 — 1806 nous donne, au. chapitre de la contribution des Juifs hnsovolitï des villes, comme montant mensuel de la contribution des Juifs de Fâlticenï, de Burdujenï et de Vlàdenï les sommes de 290 leï, 110 leï et 80 leï respectivement, ce qui fait, par an: pour Fâlticenï 3480 leï pour Burdujenï 1320 leï pour Vlàdenï 960 leï.

Les Juifs habitant le chef lieu et les bourgs du district de Suciava payaient donc en 1805, c'est-à-dire deux ans après le recensement d'Alexandre Morouzi, une contribution totale de 5760 leï.

11 appert du tableau précédent que la contribution que payaient les Juifs était loin d'être la même pour tous. Nous la voyons varier pour les Juifs établis dans les villages de 12 à 80 leï par an, pour ceux étabhs dans les villes de 12^/4 leï à 24 leï par an.

Si nous adoptons comme moyenne de la contribution annuelle des Juifs établis dans les villes et les bourgs du district de Suciava, la somme de 16 leï, nous serons, probablement, au dessous de la vérité et si nous divisons la somme totale de la contribution de ces Juifs par 16, nous obtiendrons pour la population juive de ces villes et de ces bourgs un chiffre supérieur à la réalité. La contribution totale de 5760 leï divisée par 16 nous donne un nombre de 360 Juifs habitant le chef lieu et les bourgs du district de Suciava, chiffre que nous devons ajouter à celui de 2029 ') donné par le

') Edm. SiNCERUS, dans son livre : Les Juifs en Roumanie depuis

recensement de IS03 comme étant le nombre des Juifs établis dans les villes de la Moldavie en cette année.

Quant au mani^ue de toute indication relative à la population de la ville de Focsani, je ne pense pas qu'elle soit de quelque importance pour le sujet qui nous occupe. Il ne parait pas y avoir eu de colonie juive à Focs.inï en 1S03 car on n'en trouve aucune mention ni dans le compte rendu pour l'année 1805- 1806 ni même dans ceux des années suivantes. Ils ne paraissent dans cette ville que beaucoup plus tard. Pour le nombre des Juifs établis dans les villages du district de Botosanï, il est facile de l'établir d'une façon très approcliée puisque nous connaissons le montant de leur contribution qui était de 832 leï.

Le recensement nous montre que les Juifs établis dans les campagnes des districts limitrophes, de Dorolioï et de Hirlâû, payaient environ 18 leï par an. Ces deux districts se trouvant, alors comme à présent, dans des conditions économiques absolument identiques à celles du district de Boto.sanï, on peut hardiment conclure que les Juifs établis dans les villages de ces trois districts payaient la même contribution. C'est donc 46 Juifs à peu près qui étaient établis dans les campagnes du district de Botosanï en 1803 ce qui, ajouté aux 498 Juifs donnés par le recensement comme établis dans les villages de la Moldavie, porte le chiffre de cette catégorie à 544.

Le nombre de ceux qui vivaient dans les villes étant de 2389 (y compris le chiffre calculé par nous pour Fâltirenï, Burdujenï et V'iâdenï) le nombre total des Juifs étabhs en Moldavie en 1803. aurait donc été de 2933 chefs de famille, soit, en chiffres ronds: 3000.

Quant aux chefs de famille chrétiens, leur nombre, population d'après le même recensement, se serait monté à 101517. MoM';,\i'êeu

Ce chiffre ne comprend ni les boyards, grands et

iso:!.

le traitr de Berlin jusqu'à ce jotir, dit, à la page 2\ 1 : ,.qu'uue stalislii^ue des contribuables moldaves de 1803 nous donne plus de 4UU0 contribuables juifs" et nous renvoie précisément à la Condicu Liiizilor publiée par Codresco dans son Uricar. Sincerus oublie sans doute de retrancher du compte les Juifs de la Bessarabie, sans cela il n'en aurait certes pas trouvé plus de 2527. Mais il me semble quemême avec ceux des districts d'au delà du Pruth, ravis à la Moldavie en 1812. on pourrait difficilement arriver au total de 4.000 chefs de famille qu'indique Sincerus. Je l'engag-e vivement a vérifier ses additions.

petits, ni leurs domestiques libres, ni les Tziganes, esclaves des monastères, des particuliers ou de l'Etat, ni les ordres religieux ni, enfin, la nombreuse catégorie des nevohiicï ou incapables d'acquitter l'impôt: vieillards, veuves, infirmes etc., sans compter les fraudes et les omissions.

11 est donc probable qu'en ajoutant, pour ces diverses catégories, 45*^/o au chiffre donné par le recensement, nous arriverions à un résultat se rapprochant beaucoup de la réalité.

Cela nous donnerait un total de 151.049 chefs de famille clirétiens et 8000 chefs de famille juifs.

En multipliant par 4 le nombre des chefs de famille chrétiens nous obtenons comme nombre total des habitants chrétiens de la Moldavie un peu plus de 604000 âmes.

Le nombre Pour obtculr cclui des Juifs il faudrait prendre

".u'passilir un coefficient moindre car, l'immense majorité de cette on isn:i. population était récemment immigrée.

De là où, en 1792, il n'y avait de communauté juive qu'à lassy, en 180:> nous en voyons dans tous les chefs-lieux du pays sauf Focsanï. Celles de Botosanï, Dorohoï. Herta, Hîrlâû et Fàlticenï sont, relativement, très nombreuses. Partout nous voyons les Juifs désignés par la dénomination de hrisovolitî, littéralement: établis en vertu d'un chrysobulle ou décret princier.

Nous avons vu que les comptes rendus des recettes et des dépenses de la Moldavie jusqu'en 1792 et y compris celui de cette année, ne mentionnent qu'une seule communauté juive, celle de lassy.

Donc les autres, celles qui figurent sur le recensement de 1803, ont pris naissance entre 1792 et 1803 et sont indubitablement dues à une immigration qui a amené en Moldavie plusieurs milliers de Juifs. iMmilii^niuon La causG de cette immigration n'est, du reste, pas

■'Molivi,?. difficile à trouver. C'est, sans aucun doute, un des effets des deux derniers partages de la Pologne, en 1793 et 1795. L'état de choses créé par ces événements dans les provinces annexées par les trois puissances partageantes ayant ssensiblement amoindri les privilèges de la noblesse polonaise, il est naturel que les Juifs polonais (lui vivaient de l'exploitation de ces privilèges, privés de leur gagne pain aient, du moins en partie, clierché fortune ailleurs.

Or, ce ne sont certes pas les pères de nombreuses familles ni les hommes âgés qui se sont expatriés

mais bien les gens jeunes, entreprenants et sans impedimenta.

Du reste, tant les statistiiiues consciencieuses faites par le gouvernement autrichien en Bucovine après la prise de possession de cette province, ({ue le recensement fait en Moldavie en 1831, prouvent que les familles juives récemment immigrées étaient, en général, fort peu nombreuses ^).

Je pourrais, me basant sur ces données, pour avoir le total des Juifs établis en Moldavie en 1808, multiplier le nombre des chefs de famille par 8\2. ^lais, désirant iaire une large part aux omissions, je multiplierai le nombre des chefs de famille juifs par -t, ce ([ui nous donne un total de 12000 âmes, chiffre probablement supérieur à la réalité.

Il est important de remarquer que la presque totalité de cette population se trouve dans le Nord de la Moldavie: dans les districts de Ilerta, Dorohoî, Sueiava, Botosanï, Hîrlàù, Cârligàtura et lassy. Très clairsemés dans ceux de Niamtul, Roman et Bacau. les Juifs se trouvent eu nombre insignifiant dans Putna, Tecueï, Covurlui, A^asluï et Fâlciu.

La proportion des Juifs aux chrétiens en Moldavie, en 1803, était, d'après les chiffres qui ont été établis ci-dessus, de 2%.

Si cette proportion n'avait pas cliangé depuis, il n'existerait certes pas, aujourd'hui, de question juive on Roumanie.

Le mouvement d'immigration des Juifs en Mol- juT^ITroudavie continua après 1803. C'est ce qui résulte, entre "'"*"« ^" '^^•'• autres, d'un anapltom ou référé adressé, au mois de Juillet 1804, par les boyards du Divan au Prince ^). Ils s'y plaignent vivement du nombre toujours croissant des Juifs venant de l'étranger pour s'étal»lir dans le pays au détriment des indigènes.

Nous possédons de nombreux comptes-rendus des recettes et des dépenses de la Moldavie pour les années postérieures à 1805. Dans ces comptes rendus, il y a toujours un chapitre spécial comprenant le détail des encaissements opérés au compte de la contribution des Juifs hrisovoUfï.

En 1820 le Prince Michel Soutzo fît procéder à ^'•'''^"■;',:î;,';"* '•''

Pour ce (jui est relatif ;i la Bucovine voirie Chapit e VIII. Manuscrits de V Académie Roumaine. Xo. .97, p. 237.

un nouveau recensement de la population, recensement dont nous résumons les résultats relatifs aux Juifs dans le tableau suivant M.

TABLEAU II

Nombre des chefs de famille juifs en Moldavie d'après le recensement de 1820

Her|a Dorohoï

Botoçanï

Hîrlàù Suciava

Oârligâtura laçï

Niam|,ul

Roman Bacâù

Putna

Tecucï

Covurluî

Tutova

Vasluï

Fâlciû

Totaux

j manque

Her|;a

Dorohoï

Botoçanl

Hîrlàù

Fâlticenï

T.-Frumos laijï

Piatra

Rômau Bacâvi

— j Foc^ani

— j Tecucï

— j Oalatï 15 Bcrlad 06 Vasluï 15 Ha^i

T.-Niamt

Mihâileni Sulicioaia

Burdujenï

Stefâneçtï

Moineçtï

Adjud Odobesti

manque I

manque

•=) Sujets autricbiens.

manque manque

•-) 664 indigènes Tv -1 T-rv l'-*! sujets vusses.

/0|!lk!oO/ 264 sujets autricliiens.

110 =:-.) r, Sujets <5traiigers .

Fàlciii

45 ml

'■■) Sujets russes et autricl'iens.

roi 13553

Dq même que celui de 1803, le recensement de 1820 présente certaines lacunes. Il ne nous donne ni le nombre des Juifs établis dans les campagnes du

') Succursale de l'Arcliive de l'Etat à lassy. iJosfiiers tJn recemement de 1S20. Trsp. 166. Op. 181, No. 7 et suiV.

district de Dorohoï et dans la ville de ce nom ni celui de ceux (|ui formaient l'importante communauté juive de Botosanï, ni enfin, celui des communautés moins considérables de Piatra et de Tîr^-ul-Niiimt.

Pour compléter ces lacunes, nous aurons recours aux données des comptes rendus des recettes et des dépenses de la ^loldavie pour les années postérieures à 1820 et nous verrons ce que les Juifs établis dans les endroits ([ui nous intéressent payaient en fait de contriliutions.

Nous constatons par ce moyen (lue les Juifs établis dans la ville de Dorohoï payaient, pour le 2-me trimestre de 1823, conjointement avec ceux de Tîrgul- Noû (plus tard Miliailenî), une contribution de 1430 leï M, or, comme le com.pte du 1-er trimestre de cette année nous montre (jue les Juifs deTîrgul-Noû payaient 500 leî pour ce trimestre, il s'en suit que la quote-part de ceux de Dorohoï était de 930 leï par trimestre ou 8720 leï par an. En prenant 10 leï comme montant de la contribution de chaque Juif, chiffre pouvant être certainement considéré comme un minimum, nous obtenons comme résultat un nombre de 232 Juifs établis dans la ville de Dorohoï.

Pour les Juifs établis dans les villaç^es du district de Dorohoï, nous nous servirons du même compte rendu qui, le premier, contient un chapitre spécial relatif;! l'encaissement de la contribution des Juifs cabaretiers des campagnes, contribution levée à partir du 1-er Janvier 1824 et s'élevant pour le district de Dorohoï à 865 leï -) par trimestre ou 3460 leï par an. En divisant cette somme par 18 (nous avons vu qu'en 1803 les Juifs établis dans les campagnes de Dorohoï payaient en moyenne environ 18 leï par an) nous obtiendrons un total d& 192 Juifs établis dans ces mêmes campagnes en 18z0.

Quant aux Juifs habitant la ville de Boto.sanï, leur contribution pour le 2-me trimestre de 1823' était de ii750^) leï ce qui fait 11000 leï par an. Si nous admettons qu'ils payaient une contribution moyenne de K) leï par an, chiffre certainement plutôt au dessous qu'au dessus de la vérité, nous obtenons un total de 511 contribuables juifs établis à Botosanï.

'» Académie Honniaine. Matiufoit Xo. Hi)l ^) Ibid, ibid.

") Ibid, ibid.

Pour calculer le nombre probable des juifs de Piatra et de Tîrgul-Niamt nous prendrons, dans le compte rendu pour 1822 — 1823, c'est-à-dire pour Tannée la plus rapprochée de 1820, le chiffre de la contribution trimestrielle des -Juifs de ces villes ^).

Il est de 160 leï pour la première, de 400 leï pour la seconde soit, respectivement, 640 leï et 1600 leï par an. En comptant, en moyenne, 16 leï par contribuable, nous aurons 40 Juifs à Piatra et 100 à Tîrgul-Niamt. jJifs^nMoî.iawe Si maintenant, au chiffre de 792 donné par le

^isooo'en'îsi" tableau ci-dessus comme représentant le nombre des chefs de famille juifs établis dans les campagnes, nous ajoutons les 192 contribuables juifs établis dans les villages du district de Dorohoï, nous obtenons un total de 984 chefs de famille juifs habitant en 1820 les campagnes de la Moldavie.

Si, de même, aux 2761 Juifs (lui, d'après le même tableau, étaient établis dans les villes et les bourgades, nous ajoutons les contribuables juifs de Dorohoï, Botosanï, Tîrgul-Neamt et Piatra. au nombre de 983, nous obtenons un total de 8744 chefs de famille juits liabitant les villes et les bourgs de la Moldavie.

Le nombre total des juifs dans la Principauté en 1820, aurait donc été de 4728 ^j chefs de famille ce (|ui, en comptant 4 personnes par famille représente environ, 18912 âmes

Cela nous donne un accroissement de 5 8,33 0,0 pour une p é r i o d e d e d i x - s e p t a n s, ou près de 3.43 c o par an en moyenne.

Il ressort, également, delà comparaison des résultats de ces deux recensements que, pendant ces dixsept ans les Juifs n'ont fait c^ue peu de progrès dans les districts de la Basse Moldavie et que ce n'est que sur ceux du Nord qu'a porté leur accroissement. Cet accroissement est surtout considérable dans les deux plus grands centres: lassy et Botosanï.

A lassy leur nombre s'élève en dix-sept ans de ()52 à 1099 chefs de famille, ce qui équivant à un accroissement de 5 3o;o. /v Botosanï il s'é-

') Ibid, Manuscrit No. S90.

'') L'exactitude de ce calcul m'a été confiruiée quelque temps après que je l'eus établi. Un ami m'ayant signalé dans le manuscrits de feu Béizadé Nicolas Soutzo, un état des contribuables pour 1821, c'est-à-dire pour l'année qui suivit le recensement, je trouvai la pièce dans le 10-me volume de ces manuscrits, à la page 108 (No. 1033 des Manuscrits de l'Académie). Le nombre des contribuables juifs en 1821, d'après celle pièce, aurait été de 4054.

lève de 350 à (511 cli e f s d e f a m i ] 1 e , c " e s t à - di r e ([ u ' i 1 a a u g m enté de 74 o o.

L'immigration des juifs parait avoir encore augmenté d'intensité de 1820 à 1S27. Les comptes rendus des recettes et des dépenses pour les années postérieures à 1820 montrent des accroissements continuels des contribuables juifs dans tous les districts, particulièrement dans ceux de lassy et de Botosanï. Nous commenvons aussi à les voir apparaître dans les districts de Putna et de Tecucî.

La souche du rcMe des contributions pour le 2-me ^'"^^^^^; semestre de 1827 nous permet de calculer approxi- i«^'mativement le nombre des Juifs établis en Moldavie en cette année ^ ).

Voici le résumé des données de ce registre :

oiuripotir

Page 1