pour les Juifs
M Les chiffres relatifs ;i la criminalité sont pris dans : Bapport General asupra Inchisorilor Centrale .«* Aresturilor Préventive par Gk. I. DiANU, Directeur Général des Prisons, Bucarest, 1898, pag. 45 et suiv.
On constate donc que la criminalité est sensiblement plus considérable chez les Juifs que chez les chrétiens.
Et il ne faut pas oublier que personne ne connaît comme eux les moyens de se soustraire au bras de la loi pour éviter la conséquence de leurs méfaits, à s'assurer la complaisance des autorités et à produire des témoins prêts à jurer en faveur d'ahbis aussi faux que sauveurs.
Leserm.nt Ce u'est guère qu'au moyen du serment more
more judako. j^^j^^..^^^^ prêté sulvaut tous les rites de leur religion qu'on peut avoir quelque chance de tirer la vérité des témoins juifs. Le serment ordinaire tel qu'ils le prêtent en général, devant les tribunaux, est une formalité n'ayant aucune valeur pour eux. Aussi font-ils leur possible pour se soustraire au serment more juday^o et pour obtenir que les tribunaux ne les y contraignent plus, en allégant que ce n'est qu'un prétexte pour les soumettre à une foule de cérémonies ridicules, humiliantes et complètement inconnues à leur religion. Si ces cérémonies exigées d'eux ne sont réellement pas conformes à leur religion, il serait certainement utile de les supprimer pour les remplacer par celles qui sont en accord avec leurs rites, sans pour cela abohr le serment more judaïco qui, je le repète, est le seul moyen d'obtenir d'eux la vérité \).
i, -vuus Uouvous dans l'ouvrage déjà citù de ThéopujleHalUlZ : Bes Juifs en France, p. 247 et suiv., quelques détails intéresants sur le question du serment more judaïco :
.,Nous avons dit, vers la fin de la prenùèie partie de notre ., ouvrage, qu'il existait pour les Juifs d'Alsace une formule de ser- . , nient toute spéciale, laquelle parait avoir été ordonnée d'abord par ..les rabbins, et qui de là passa dans la législation des empereurs ., d'Allemagne, et plus tard dans la jurisprudence du Conseil sou- ..verain d'Alsace.
.,Dès le 10 Avril 1809, la Cour de Colmar eut à décider si ,, cette forme de serment était encore obligatoire. Elle se prononça „pour l'affirmative, et ce qu'il y a de remarquable, c'est que cette ..délation de serment eut pour résultat un aveu constamment dénié .!jusque-là. La, cour de Colmar ne s'est jamais départie de cette ju- „Visprudence, elle l'a coniirmée, depuis l'abrogation du décret de ..1808, par plusieurs arrêts, dont le dernier est soumis en ce moment ..à la Coiir de Cassation.
., . . . Le serment more judaïco est réclamé presque ..toujours par les Juifs eux - mêmes, quand ils sont en litige ..entre eux. L'on en a eu des exemples remarquables relativement .,à l'affirniatidn des créances en cas de faillite, et à l'affirmation qui ..doit Atie faite lors de la clôture de l'invpnlioii aprcs décrs. Dps
adtratloD et
Ce qui est étonnant, c'est de voir Sincerus et '■;[,' "f^'^i^'-Y" d'autres se plaindre de la vénalité de la police et de jù'jnur r^* l'administration en Roumanie. Les faits qu'ils racon- "ùi'u'^poii! tent sont, la plupart du temps, tout aussi véridiques que les gravures du Monde Illustré et les persécutions de Giurgevo en 1877. Mais je ne fais aucune difficulté pour avouer que la police et l'administration laissent encore beaucoup à désirer sur beaucoup de points, il n'en saurait être autrement. Comme le fait observer si justement M. J. Laliovary: ,,Ce n'est pas en moins „d'un siècle qu'on peut arriver à avoir, à tous les „degrés de l'échelle, une administration absolument „irréprochable". Le temps fera son œuvre et les progrôs que la Roumanie a réalisés dans toutes les brandies du service public sont une garantie que l'administration 6t la police ne resteront pas longtemps en arrière.
„co-créanciers et des co-héritiers juifs demandèrent que ce.s alfirma- .,tions fussent prêtées m o r e j u d a ï c o.
„Le second fait, non moins grave, c'est que les Juifs ne prô- „tent qu'un tiers- des serments décisoires qui leur sont déférés dans ., cette forme •. que dans les deux tiers des cas ils transigent ou ,.même abandonnent complètement la réclamation.
„Le troisième fait enfin, c'est que les juges de paix placés, ..comme le dit l'auteur du Mémoire qui nous fournil ces détails, ,, auprès des parties, et connaissant très bien leur moralité, s'expri- ,,ment de la manière la plus énergique sur l'importance de main- ., tenir la formule more j u d a ï c o, comme étant seule un appel ,. efficace à la conscience des Juifs.
„Pour corroborer celte dernière assertion et pour donner une ,.idée de l'euqjire exercé sur la conscience de beaucoup d'Israélites ,,par les pratiques les plus superstitieuses, l'on nous permettra de ,, citer une anecdote très caractéristique et qui est bien connue dans ,,Ie pays. Nous supprimons le nom propre.
„Un Juif, plusieurs fois millionnaire, sur le point de prêter .,un serment qu'on lui avait déféré, prit la précaution de quitter ,, l'estrade carrée qui se trouve au milieu de la synagogue et d'aller ., s'appuyer sur un banc voisin. C'était ôler à l'avance toute effica- .,cité au serment. Mais l'adversaire de l'iugénieux Israélite, con- ,, naissant ou devinant ce moyen n'échapper aux liens du serment, .,fit observer au rabbin que le Juif n'était pas à la place prescrite. ,,Le rabbin reconnut la vérité de cette observation et le Juif, invité .,à se mettre en la place consacrée, demanda et obtint la remise a\i „lendemain pour réfléchir à la chose. La réflexion lui profita, et le ., serment ne fut pas prêté.
„Ces faits soni graves, et si. par respect pour la lettre de la „loi, l'on pense qu'il faille interdire le serment more judaïco, „ron reconnaîtra sans doute qu'il faudrait que la loi elle-même ffit ,,modifiée. Possédant un moyen dont l'expérience prouve l'efficacité „pour réprimer des fraudes constantes, l'on ne voudra pas le laisser ,, échapper, par respect pour nous ne savons quel principe abstrait. ,,qui, môme, n'est pas véritablement en cause''.
Voici maintenant des fragments des considérants de l'arrèl
Seulement les Juifs sont, moins que personne, en droit de se plaindre des défauts de l'administration et de la police en Roumanie, car c'est eux principalement qui ont contribué à la maintenir dans les ornières du passé et à la corrompre.
Ce sont eux qui, lors de la formation de la police et de l'administration, sous le régime réglementaire, ont commencé à payer leur complaisance coupable, d'abord pour pouvoir passer la frontière et s'établir dans le pays et, ensuite, pour éluder les règlements édictés à leur égard. Plus tard, ils n'ont jamais hésité à payer le droit de se mettre au-dessus de toute loi, de toute disposition, quelque juste qu'elle pût être mais qui les gênait dans leurs pratiques illicites ; à leur contact, la corruption, héritage inévitable de tant de siècles d'incertitude et de barbarie, s'étendait comme une tâche d'huile. Les pratiques pernicieuses léguées par le passé menaçaient de se perpétuer et même de prendre des
rendu le 18 Janvier 182S par la 3-me Chambre de la Cour de Colmar, pour résoudre la question de savoir si le serment déféré aux Juifs doit être prêté more judaïco.
„... que l'utilité et l'efficacité du mode de'sevment sont telles „que lorsqu'il a été prescrit de nouveau par l'arrêt de la cour du 10 ,, Février 1809, tel qu'il était prêté avant la révolution des Juifs, „auxquels ce serment avait été déféré, d'abord sans la formule spé- ,,ciale, et qui avaient eux-mêmes assigné, pour voir faire cette aflr- „mation pure et simple devant le juge, ont ensuite refu-sé de faire „celle qui leur a été imposée devant le rabbin, et ont préféré payer „des sommes importantes ;
„Que d'un autre côté, il est arrivé aussi, et à la même époque „que le Juif, chargé, par arrêt, de prouver avoir fourni valeur en- ,.tière et sans fraude, en conformité du décret du 17 Mars 180S, „avait offert de faire la preuve à lui imposée- et avait même as- „signé les témoins juifs, dont il entendait invoquer le témoignage ; .,mais, qu'au moj'en du mode spécial de serment, admis depuis cette ,, assignation, le Juif a renoncé à faire entendre ses coreligionnaires „comme témoins , qu'alors leur témoignage ayant été invoqué par „radversaire contre ce même Juif, ils n'ont pas hésité de déposer ,, contre lui, après le serment more j u d a ï c o qu'on leur a fait prêter.''
,, . . . La première (observation) eu droit, est que, comme on ,,1'a déjà indiqué, les Juifs du Midi, eu faveur des quels „c e s arrêts sont intervenus suivent le rite hébraïque „pourtugais et la seule loi de Moise, abstraction faite „d e s c 0 m e n t a i r e s qui forment 1 a T a 1 m u d ; t a n d i s (j u e „c e m ê m eTalmud est l'uniiiueloi que suivent lesJuifs ,,d 'Alsace; que, sous ce rapport, on peut aduiettre, nue forme spéciale ,,de serment, sans qu'elle soit pour cela obligatoire pour les Juifs ,, d'Alsace, et que réciproquement, on peut décider que le rite adopté ,,par les Juifs du Midi n'admet aucune formule spéciale quant au j.sorment, sans que cetio (Ii'risioTi soit exacte et obligatoire pour les ..Juifs d'Alsace ..."
proportions plus considérables. Elles n'étaient nullement l'apanage exclusif de la police et de l'administration. Il 3' a quarante ans on pouvait encore citer bien des magistrats ayant chacun son Juif, chargé de négocier le prix de sa compUiisance. Grâce à la stabilité peu-à-peu introduite depuis Tavénement de la dynastie, grâce aux tendances au progrès, innées dans la nation roumaine, la corruptibilité de la justice est une cliose du passé. La police et l'administration sont déjà bien supérieures à ce qu'elles étaient il y a un quart de siècle : il n'y a pas lieu de douter que leurs progrès ne feront que s'accentuer et qu'elles ne tarderont pas arriver au niveau de celles des pays plus anciens. Mais il est certain que personne ne criera à
„ . . . Que la seconde observation que comporlent ces arrêts ,,esl que ce qui serait le plus à désirer, tant pour les Juifs d"Alsace que, ,,pour les habitants de cette province, serait que l'on puisse, avec vérité, ,, plaider devant la Cour de ce ressort comme on parait l'avoir faitde- „vant celle de Nîmes; que depuis dix années aucun Juif n'a paru „sous le poids d'un délit ou d'un crime ; que quant à l'habitude „d'usure qu'on leur a tant reprochée, deux seulement ont été pour- „suivi dans tout le Midi, et encore sur de légères accusations, dans „ces derniers temps, où mille procédures ont signalé tant d'usuriers.
„Que l'énorme disproportion qui existe, sous ce ,,r apport, entre les deux localités, explique assez l'é- „norme différence diantre les Juifs qui les habitent, „et que si, en fait, les juges du Midi ont la douce satis- „f action de ne voir dans les Juifs qu'ils ont sous les „yeux que des hommes probes, actifs, industrieux, en ,,un moi, des citoyens qui, àl'égard de tous, sont utiles „àleur patrie comme à eux-mêmes, on conçoit qu'ils „peuvent avec pleine sécurité de conscience pour les jjjusticiable s, se relâcher d'une formule spéciale d(» ,,seraieut qui n'est plus nécessaire, ou qui peut même ,,n'avoir jamais été légalement prescrite, quant à ces „Juifs du Midi, mais qu'encore une fois, ces arrêts ne ,,dé ci dent rien quant aux Juifs d'Alsace, puisqu'ils „ontunrite et une législation spéciale, surtout quant „au serment, etqu 'il importe d'autant plus d'en main- „tenir la formule, qu'elle remplit plus efficacement „lebut de la loi, celui d'ajouter le lieu religieux au „lien civil; Th. Hallez- Op. cit., p. fi.jJ et suiv".
La Cour de Colmar, on le voit est, sévère pour les Juifs d'Alsace. Il va sans dire qu'elle se prononça pour le maintien du serment mo r e j udaïc o. Si une cour d'appel française, en 1828, se prononçaitd'une manière aussi catégorique pour le maintien du serment more judaïco en Alsace, je crois qu'on peut hardiment soutenir son maintien, en 1903, en Roumanie ou, sauf les Juifs espagnols de Bucarest, tous les autres sont des Juifs talmudistes allemands, venus de Pologne et se trouvant dans uu état de culture autrement bas que celui des Juifs d'Alsace en 1828.
l'arbitraire et à la violence autant que les Juifs quand tous les moj'-ens usités par eux pour fléchir l'inexorabilité des règlements seront devenus vains.
C'est alors que, plus que jamais, la Roumanie sera
dénoncée au monde comme un pays barbare.
immiKraient"en Lcs Julfs, cu arrivEut, cu Moldavlc, ont eu l'im-
sSnwols mense avantage de savoir tous lire et écrire : on com-
lire et écrire, prendra aisément l'énorme supériorité qui résultait
pour eux de ce fait, la population roumaine étant,
alors, presque complètement illettrée.
Vu les circonstances exposées dans les chapitres précédents, on pourrait croire que cette supériorité culturale des Juifs vis-à-vis des Roumains, a dû nécessairement tenir le pas avec leur supériorité économiijue. Il n'en est rien: sous ce rapport les Roumains gagnent rapidement du terrain et lemoment où leur niveau général de culture sera supérieur à celui des Juifs est proche.
^^ifs%''r Les Juifs, exclusivement absorbés par les préoc-
'*tZ"'ui"imlra're cupati dc lucrc, ne se sont adonnés ni aux lettres «t sdentifique. jjj r^y^ scieuccs ui aux arts. Le fait est d'autant plus remarquable que, grâce aux fortunes rapidement faites, il y avait parmi eux. déjà peu après 1830, un nombre relativement grand de familles aisées: de gens pour lesquels le souci de l'existence journalière n'existait pas. Ils restèrent claquemurés dans le domaine des affaires d'argent. Bien peu parmi ceux qui furent envoyés à l'étranger suivirent des cours universitaires, presque tous se bornaient à ceux des écoles commerciales : la profession médicale qui assurait des profits considérables et rapides fut, seule, embrassée par eux.
Aussi, sauf un grand nombre de médecins, parmi lesquels il n'est que juste de reconnaître qu'il y en a eu et qu'il y en a d'éminents sous tous les rapports, n'ont-ils produit, à ma connaissance, sur le domaine scientifique, qu'un professeur de mathématiques. Si l'on y ajoute quatre ou cinq hommes de lettres et deux ou trois musiciens, on a tout ce que la race juive a produit en Roumanie sur le domaine cultural depuis un siècle. Et, je le répète, il n'y avait, déjà alors, plus un seul illettré parmi eux.
Il faut avouer que les Roumains, partis de rien, ont fait, sous ce rapport, des progrès autrement considérables. Ils ont, dans toutes les branches de la science, des hommes marquants et connus à l'étranger, ils
Lfis Juifs (Je manie sont
possèdent une pléiade d'hommes de lettres dont ([uelqaes uns de tout premier ordre. Le nombre des médecins roumains est trés-considérable, ils ne sont nullement inférieure, tant s'en faut, aux médecins juifs: beaucoup d'entre eux se sont fait connaîtra à l'étranger par leurs travaux. Nos ingénieurs, enfin, peuvent supporter la comparaison avec ceux de n'importe quel pays.
L'immense majorité, je puis dire que presque la totalité de la population juive en Roumanie, est restée enfermée dans ce que le Dr. Ganz appelle si bien: le Ghetto intérieur. La préparation de spéculations peu scrupuleuses, dictées par un esprit de lucre étroit et sordide avec la pratique des préceptes du Talmud, absorbent toute l'activité actuelle de cette race si supérieurement douée sous le rapport intellectuel.
Les Juifs de Roumanie, à l'exception de la colonie r^ espagnole de Bucarest, appartiennent à la br.inche des {!'Œistes^ Juifs Aschhenazi qui, d'Allemagne ont, à diverses époques du Mo^^en-Age, émigré en Pologne. Nous avons vu plus hautla différence qu'il faut faire entre eux et leurs congénères d'Espagne et du Portugal, appelés Sephardim. Tandis que ceux-ci s'en tiennent aux seuls préceptes de l'ancien Testament, les Ascltkenazi suivent les doctrines du Talmud. Nous avons vu avec quel mépris mal déguisé, Hugo Ganz lui-même, parle de ces doctrines: voici une opinion beaucoup plus ancienne mais émanant également d'un Juif:
„La religion des Hébreux a subi, il y a vingt 'TJus'ÙMes" ,,siècles, un changement notable dans les principes '"'""^i^te^- ,,comme dans la pratique: le code de la Bible a été „remplacé par une loi de tradition. Cette^éforme a pro- ,,duit un résultat tout opposé à celui que nous rencon- „trons ailleurs; au lieu d'éclairer l'esprit, elle l'a, au „contraire, obscurci; au lieu de supprimer les erreurs, „ce changement n'a fait que les engendrer. La Parole „de Dieu brille par sa clarté et a pour but le bien cor- „porel et spirituel de l'homme, tandis que le Talmud ,,a émis des ordonnances confuses, inexplicables, et a ..rendu celui qui les observe, moralement et matériel- ,,lement malheureux.
„Nous n'avons pas besoin de démontrer théori- ,.(]uement la nullité de la tradition rabbinique et le mal ,,que cette innovation religieuse a causé aux Juifs: les „faits (jui se passent sous nos 3'eux en sont des preuves ,.irrécusables.
,, Pendant les quatorze siècles qu'il pro-
„fessait le culte enseigné par les patri- ,,a r c h e s, Israël grandissait comme n a t i on , „et chacun de ses membres prospérait en „tout: mais depuis qu'il observe la loi des «Pharisiens, sa nationalité est brisée en „morceaux et la grande majorité du peuple „]uif gémit dans une profonde misère.
..L'œuvre des pères de la synagogue, quoique „faite avec une entière bonne foi, est pourtant une „vraie calamité, pour la race d'Abraham: elle seule ..exerce plus de ravages parmi la nation „exilée, que toutes les tyrannies réunies ,,d e s gouvernements despotiques. Enchaînés „à une foule de cérémonies bizarres et impraticables, „le fidèle doit passer sa vie dans les angoisses con- „tinuelles du péché ; il lui faut prendre tant de pré- „cautions pour sa nourriture, que l'action de manger „lui devient un vrai péril : il à tant de prescriptions à „ remplir pendant le sabbat, que ce jour de repos est „pour lui une charge écrasante. La tradition à même ,,édicté des lois concernant la mise et la coiffure de ,,riiomme, et cette ordonnance ridicule expose les mal- „heureux Juifs habitant le Nord de l'Europe, à la risée ,,de la populace.
„Nous n'exagérons pas en disant qu'il est impos- „sible de vivre sous le régime d'une rehgion qui dé- ,,fend tout, attache le péché à chaque pas de l'homme, «martyrise le corps et épouvante l'âme du croyant.
„Ce serait donc une folie d'admettre qu'Israël, «rétabli dans sa n at i onali té , conserve une «religion qui porte dans ses flancs les éléments d'une «destruction inévitable ^)".
On m'avouera qu'une population fanatiquement attachée à une rehgion telle quelle est décrite ci-dessus ne saurait constituer, un élément de progrès et de civilisation pour aucun État.
'"d'es^Suf/s!""^ Cette rehgion étroite, constitue aussi l'obstacle
contre lequel se brise et se brisera toute tentative d'assimilation. Le Juif est aussi Juif aujourd'hui en Roumanie, qu'il l'était il 3^ a cent ans. Que dis-je ? 11 l'est même plus, il l'est ouvertement. jïi?"'Bonii.s;^8 Le sionisme a fait des progrès en Roumanie aussi une ua;..... à y^^^^^ ^^^^^ ^^^^ ^^^ autrcs pays d'Europe. C'est au grand
Jour (jne les chefs des communautés juives du pays,
•) Du Rétablissement delà Natio'>^aHté Juive par l.FRAi<(KEL,Psirii^ 1868, p. 30.
le Di\ Niemrower, le Dr. Naclit et d'autres, proclament ([Lie le peuple juif doit sortir de sa, captivité chez les gentils et se refaire une patrie dans la terre de ses ancêtres.
Lesdiscourstenusàl'occabion de l'arrivée de Bernard Lazare, lors de sa visite au club sioniste de lassy, ceux qui se tiennent au congrès sioniste réuni dans la même ville au moment où j'écris ces lignes, ne sauraient laisser le moindre doute à ce sujet. Ce ne sont là, du reste, (lue des manifestations du grand mouvement sioniste qui remue tous les Juifs d'Europe et qui est un fait indubitable, ne pouvant être nié de personne.
Je m'empresse de déclarer que je ne saurais trouver un seul mot de blâme à l'adresse des Sionistes. Si j'étais .luif, je serais certainement avec eux de cœur et d'âme.
Mais alors, pourquoi s'indigner quand les Roumains ne veulent pas croire aux sentiments roumains de ces Juifs impatients de retrouver une véritable patrie sur les bords du Jourdain?
Et nulle part le fait que les Juifs forment un peuple à part, ayant une autre langue, d'autres aspirations, d'autres intérêts, d'autres lois que les indigènes ne ressort comme en Roumanie.
Leur langue usuelle, celle qui est parlée dans la p^'oumàn'ie, parfamille, celle dans laquelle ils pensent, n'est pas le àansTe^l?goS! roumain, mais un jargon fait d'allemand et d'hébreu, ''lemlnT'" corrumpus tous deux ^). En Moldavie il n'y a pas de Juif en état de parler le roumain sans accent trahissant son origine à une oreille exercée.
Leurs noms patronymiques sont ceux en usage dans l'ancien testament ou bien des formes corrompues de ces noms: Itzic, Isaak: Avram ; Moake, Moise ; Schmil, Samuel ; Tule, Naftule, Nathaniel : Leib, Leibisch. Levy : Strub Israël; Dudi, David; etc., etc.
Quant, à côté de ce nom hébraïque, ils portent aussi un nom en usage chez les chrétiens, c'est toujours un nom usité parmi les nations de l'Europe occidentale : Albert, Adolphe, Arthur, Emile, Edouard, Léon. Jacques, etc., presque jamais un des noms orthodoxes en usage dans la pays. (Je dis presque jamais, parceque je connais deux Juifs portant tous deux le nom de Constantin).
Noms des Juifs.
M V. aussi J. Lahovaey. Op. cit.
Leurs noms de famille sont, pour la plupart, des noms allemands : l'or, l'argent, les pierres précieuses, les couleurs, les noms de ville, d'animaux et de végétaux entrent presque exclusivement dans leur composition : Goldstein, Goldbero-, Goldmaan, Freigold, Feingold, Silbermann, Silberfeld, Silberberg, Silberstein, Diamant, Rubin, AVolf, Baer, Katz, Ochs, Rosenstock, Rosenberg, Rosenzweig, Weiss, Schwarz, Griin, etc., ou bien des noms liébraïques slavisés : Herscovitz, vSolomonovitz, Bercovitz, Marcovitz, etc.
Ce sont toujours les mêmes noms qui reviennent, je suis sûr qu'il n'y a pas cinq cents noms différents pour les cinquante mille familles juives de Roumanie V).
Ce n'est que dans les tout derniers temps qu'un certain nombre de Juifs à profité des facilités accordées par la loi sur les noms pour traduire les leurs en roumain. De Bergmann, Schwarz,Weiss,Wolf, Goldberg, etc., ils ont fait: Deleanu, Negreanu ou Cernea, Albu, Lupu, Aurescu, etc. C'est du reste à ceci que se sont bornés jusqu'à présent leurs efforts pour s'assimiler aux Roumains.
^des^jaifs."" Ces deux éléments habitent la même ville, souvent
la même maison mais restent complètement séparés : leurs goûts, leurs aspirations, leurs mentalités diffèrent du tout au tout.
Jamais le Juif ne fera ses achats dans un magasin chrétien tant qu'il trouvera les mêmes objets chez un Juif.
Jamais un Juif n'oserait employer un artisant chrétien tant qu'il y a des artisans juifs exerçant la même profession.
Tout ce qu'il dépense doit, autant que possible, profiter à son peuple.
Si les Juifs avaient le droit d'exercer la profession d'avocat, il n'y aurait plus guère que des Juifs exerçant ce métier en Moldavie car, 1 e s J u i f s a y a nt 1 e m on o p o 1 e des affaires, n 'employ e raient que des Juifs et imposeraient leur emploi aux chrétiens. Il ne faut pas oublier qu'en Roumanie, o îi (il n'y a point de notaires, ce sont les a v ocatsqui rédigent les actes notarjés).
'cZ'm'GôU'ra?' L'orgaulsation dés Juifs, en Etat dans l'Etat rou-
'8u?'réiut"de°" main, a été rendue manifeste surtout à l'occasion des
clioHes existant
A Durai «a ni en . ,
') V. aussi J. Lahovary, Op. cit., loc. cil.
différends que les Juifs de Darabani ont eu avec Madame Cimara, la propriétaire de la terre et du bourg, de ce nom, différends qui ont donné lieu aux excès du 22 Mai 1877, dont il a été question plus haut.
Les réclamations des deux parties avaient été tellement vives et s'étaient tellement multipliées que le gouvernement, dans le courant de Tannée 1876, avait chargé d'une enquête le Procureur Général auprès de la Cour d'Appel de Bucarest, Rémus Oprano, un magistrat jouissant dans toute le pays d'une réputation très-méritée d'intégrité et d'impartialité.
Voici quelques passages du rapport que ce magistrat adressa au Ministre de la Justice après avoir terminé son enquête *).
„. . . Il ne m'a pas fallu long temps, Monsieur le «Ministre, pour voir que je me trouvais en face de „deux causes distinctes: celle des Juifs de Darabani „et celle de M. Cimara. Pour vous les faire connaître, „il est indispensable qne je vous donne quelques dô- ,,tails sur leurs intérêts et les forces dont elles dispo- „sent.
„Le commune de Darabani consiste en un bourg „( Darabani proprement ditj et plusieurs villages.
„Les villages sont habités par des paysans rou" „mains agriculteurs; le bourg est composé uniquement „de Juifs. Une fois qu'on est entré dans le bourg de Da- „rcxbani, on ne peut plus se considérer en pays rou- „main. ^
„À chaque barrière, deux grands poteaux re- „lié3 par des fils de fer, sous lesquels il faut passer „pour entrer dans le bourg, montrent que la Roumanie „ne va pas plus loin ....
..L'église, située au centre de la localité, a l'appa- „rence d'un temple désert: toutes les maisons qui l'en- .,tourent appartiennent à des Juifs qui ne paraissent „avoir aucun respect pour l'endroit dans lequel, aux Jours de fête, on célèbre encore les rites de la reli- „gion de l'État roumain. Lx cour de l'égUse, qui ser- „vait autrefois de cimetière, a été creusée en dessous „pour servir aux caves des cabaretiers juifs, les os des ..morts chrétiens ont été enlevés de leurs sépultures ..et jetés de tous côtés. Et cette profanation de tombeaux .,s'est faite sans (ju'on y prête attention, tellement les
') Proceaul lociiitorilor din 1) rabanl iiiaintea Cartel eu Jura^l din Borohol, Bacure^tl, F. Giibl, 1879, p. ix.
«indigènes se sont desliabitués de considérer le bourg- ,,de i)arabani comme territoire roumain.
..Le bourg est étranger, non seulement par sa „ population mais encore par la langue et les habitu- ,,des. Les Roumains y venant pour affaires ont l'air ..d'arriver dans un pays inconnu: ils se perdent dans ,,la foule des Juifs qui les entourent de tous côtés.
,,Le nombre des familles juives habitant le bourg ..de Darabani varie de 350 à 400: je ne crois pas que .,ce chiffre puisse être déterminé, à un moment donné, ,,avec précision.
..Car ce bourg, de même que le- .,autres: Radàutï, Herta etc., situés à ..proximité delà front'i ère, sert aussi ,, comme une espèce de dépôt pour la ,. population juive qui immigre en Rou- ,.m a n i e. 11 y a des f a m i 1 1 e s. q u i ^v p o s - ..sèdent.des maisons bâties depuis la .-fondation du bourg. Mais il y en a beau- ,.c 0 u p qui viennent d'au-delà de la ,.frontière en se glissant furtivement ,.entre les piquets, se mêlent à leurs ,. coreligionnaires, y apprennent par- ,.fois quelques mots de roumain, y ,,obtiennent ceux des objets de pre- ..mière nécessité dont ils ont besoin — ..grâce au système d'assistancemu- ..tuelle admirablement organisé et, ..ensuite, se répandent vers le Sud du l-pays.
,.Ces familles dont la plupart sont ,.en réalité sans aveu, sans profession. ..sans aucune fortune, viennent de Rus- ..sie ou d'Autriche où ilparaît que la ..chance neleurapas souri et, après ,. s'être bien organisées sur la limite ..de notre territoire, elles se répan- ..dent dans l'intérieur du pays.
„Les Juifs de Darabani forment une communauté ..serrée, compacte, puissante. Leur union, les moyens ..et les soutiens tant visibles (lu'occultes dont ils dis- .. posent, en font une force réellement formidable pour ..la localité. Us savent que pour que la communauté ..soit puissante, ainsi qu'ils le comprennent, elle a be- „3oin d'un fonds commun servant à ses intérêts et à „ses objets.
„C'est poun^uoi les plus m^iniuants et les plus „eonsidérables d'entre eux sont élus pour former un „comit6 destiné à diriger les afïaires et les intérêts „communs. Ce comité est occulte, il travaille à l'om- „bre, mais il ne m\a pas fallu de grands efforts pour „établir son existence indubitable ainsi que le fait «[uMl „est composé de Motal Horovieï, l'entrepreneur des „octrois communaux, de Scliaï Kahale, l'avocat et le „courrier de la communauté, de ScliimscliaHeclit, Ilaim „Nussen Segal, Schoil Sclior et d'autres. Le comité „impose des taxes sur la viande, la volaille, la farine, „la levure, les œufs, le poisson et même sur le gâteau „de Pâques. Il encaisse de cette façon une somme an- „nuelle variant de 1500 à 2000 ducats (18 à 24 mille „rrancs). Cette somme sert, en premier lieu, à acquitter „les contributions personnelles de la communauté, le reste „demeure disponible pour tout besoin éventuel.
,,J'ai pu constater à Darabani Thorreur que les „Juifs ont du recrutement ainsi que la peur que leur ,,inspire toute autorité ne s'inspiratit pas de leurs inté- „rêts. Ces faits n'ont pas besoin d'explication. Le comité „a soin d'y veiller. — C'est à lui de faire en sorte qu'aucun ,.Juif, si possible, ne soit recruté, et d'arriver à ce que „rautorité locale soit toujours à leur dévotion. Depuis ..1870 jusqu'à présent et y compris l'année courante, ..parmi les 38 jeunes gens qui ont été recrutés dans „la commune, ou ne voit figurer que deux Juifs et „parmi ceux-ci, Aron Boronceanu, frère d'un sergent- „ma]or baptisé, appartient à une famille excom- „muniée p ar la communauté. Comment cela s'est- „il fait? Il est évident que la population juive formant „à-peu-près la moitié de la population totale de la „commune de Darabani, devait fournir la moitié du „ contingent de la commune ... Il ressort d'une j.pétition que j'ai reçue dans la localité et d'après „toutes les informations prises, j'ai tout lieu de croire ..ces affirmations véridiques, que 106 Juifs en âge de „tirer au sort ont réussi à éluder cette obligation ..."
„. . . Aux élections communales, les Juif quoi- ,,que ne possédant pas de droits politiques, prennent ..un part plus active que les paysans roumains qu'elles „ne laissent que trop indifférents ... Et comment „la communauté juive ne s'intéresserait-elle pas à la „personne du maire et à celle des conseillers muni- „cipaux?
..Toutes les entreprises communales sont aux mains
,de3 Juifs, tout ce qui se produit dans la commune ,est exploité par eux. Bêtes et gens sont autant de jsources de profit pour eux. Dans cette infinité de .relations avec les paysans, relations de chaque jour ,,et même de chaque minute, que feraient les Juifs si ,rautorité communale était sévère et honnête? Per- ,mettez-moi, Monsieur le Ministre, de vous exposer .quelques exemples des relations existant entre les .paysans et les Juifs de Darabani.
„Le Juif Gherschen Russu fait charrier du blé à Mamornita par le paysan Nicolas Molniceanu et le ,trausport fait, il lui retient, de sa propre autorité, 20 .francs 60 centimes.
„Le Juif Sendol Sacagiu donne à Grigore Vecliuc .un jeune beuf à nourrir contre payement. Au bout .de 32 jours, il voit Vecliuc passer devant la mairie .avec le jeune bœuf et il le lui prend sans lui rien .payer pour le temps pendant lequel le paysan avait nourri le bœuf.
„Toader Moga charrie du vin d'Odobesti pour le .compte dii Juif Itic Croitoru. Celui fait si bien les .comptes, qu'au retour du paysan qui, en route, avait .perdu son chariot et ses beufs, il lui prend 15 brebis et un jeune bœuf . . . qu'y-a-t-il besoin encore de jugement à Darabani ?
„Constantin Andronic ne demande pas la protection de la loi parce que, après avoir payé deux fois, au même Itic Croitoru, une dette de 9 ducats (105 .francs 75 ct.j, celui-ci l'appelle devant le juge de paix .pour la lui payer une troisième lois. Toader Naucu .avait, chose étonnant, 20 ducats (285 frcs.), à prendre .de David lancu Russu. Il se juge avec lui et obtient .une décision condamnant le Juif à lui payer 18 ducats .(211 frcs. 50 et.), plus BO francs de frais de justice.
„0n l'appelle à la mairie et là, devant le maire .et l'adjoint, il reçoit de son débiteur 11 ducats (129 .frcs. 75 et.) Il donne quittance pour la somme reçue, .en apposant en guise de signature, car il ne sait ni .hre ni écrire, son doigt sur le signe de la croix. Il .avait à. prendre encore 7 ducats (82 frcs. 25 et.) plus •les frais de justice. Q)u'est ce qui arrive?
„La quittance faite devant le maire et l'adjoint .portait que Toader Naucu avait reçu toute la somme .qui lui était due. Cette escroquerie ou ce faux, selon .que vous voudrez bien le qualifier, a été constaté par .le procureur près le tribunal de Dorolioi qui m'accom-
„pagnait, mais il est en son espèce digne de toute atten- „tion. Toader Naucu avait été 7 fois chez le juge de ^paix de RAdclu^ï pour son procès! La fille de Toader .,a Iriiieï, une enfant de 7 ans, trouve sur le fumier un „pot en terre. Elle Je prend, le lave et le pose, plein ..d'eau, sur le feu. Était-ce un piège? La juive Keila, „femme de Marcu, vient avec l'adjoint du maire et le ..commissaire de police du bourg, faire une visite do- ..miciliaire chez le paj'san. On trouve le pot sur le feu, „car il n'y avait pas pourquoi le cacher. Toader a Irineï „est immédiatement conduit à la mairie où, à son effroi, ,.il entend l'accusation suivante : on a volé à la Juive „Keila une foule d'objets parmi lesquels un pot en ., terre, c'est Toader a Irineï qui est l'auteur du vol. Il „ira certainement en prison. Le malheureux se défend, „jure qu'il est complètement innocent, mais en vain. „Enfin, après plusieurs heures de détention, on lui fait „une proposition: S'il donne sa vaclie — c'était je crois „sa seule fortune — la Juive Keila le sauvera et il ne „sera pas enfermé.
„Que pouvait faire le malheureux ? Il donne tout „ce qu'il possédait et ce n'est qu'à ce prix que l'adjoint „du maire concilie les choses, met l'inculpé en liberté ,,et, tenant sa parole, ne dresse aucun acte. Quel est le ..prix touché par le fonctionnaire communal pour cette „opération? Tous ces faits ont été constatés par le pro- „cureur.
,,L^n mineur, Vasile Molniceanu, était serviteur chez .,1e meunier juif Itzic Kohn. Il lui vola une charge de „de farine. Le maire arrive, amené par le plaignant, „arrête l'inculpé et le maintient en état d'arrestation «pendant une demi-journée puis, pour ne plus donner „cours à l'affaire, il donne à Kohn deux chevaux, une „vache ainsi que tous les effets personnels de Molni- „ceanu. M. le procureur, à la suite de mon intervention, „a fait une enquête et a établi ce fait aussi.
„Les réclamations de cette nature paraissaient, du „reste, ne plus devoir prendre fin. Pour finir, je men- „tionnerai encore le fait suivant :
„Le Dimanche, 3 Octobre passé, M. le procureur „se rendant dans le bourg, voit plusieurs paysans se „disputant avec les Juifs et maltraités par ces der- „niers.
,,ïl intervient et apprend que les négociants juifs «vendaient et achetaient avec de fausses mesures. Le
„procureur instruit la plainte et constate que FoIm V) n'a ,.que 240 drames. (60 ''/(, de son poids légal). 11 saisit «l'instrument et constate que les balances n'ont point ,. d'aiguille à la poignée et que ce sont des pierres de „ toute sorte qui servent de poids. On a trouvé une „aune (65 centimètres) ayant une largeur de main de ,. moins qu'elle n'aurait dû avoir.
„Ces fraudes sont prouvées et quatorze Juifs sont ,. reconnus coupables. A Darabani de pareils faits se ,. passent journellement.
„IJn Juif, surpris des constations de M. le procu- ,,reur Ropalâ, eut l'audace de me dire que ceci était „de la compétence de l'administration, nullement de „ celle du procureur et qu'il allait dénoncer aux jour- ,,naux le fait de cette immixtion.
„Telles sont. Monsieur le Ministre, les relations ,,entre les Juifs du bourg de Darabani et les paysans ..roumains. J'ajouterai encore quelques mots pour com- ,.pléter ce tableau du bourg de Darabani. Dans une ,. commune qui ne comprend pas plus de 4 à 500 fa- ,, milles chrétiennes, il y a 4=2 cabarets. Les consom- „mateurs de spiritueux ne sont, en général, que des „clirétiens. Combien de familles cela-fait-il donc par „r'abaret? Les licences sont payées par les Juifs et fi- „gureut sous leurs noms. L'article 8 de la loi des li- „cences parait ne pas avoir encore été promulgué pour «Darabani — qui est une commune rurale — quoiqu'il „soit en vigueur dans les autres communes rurales ,.de la Moldavie. Il est facile de comprendre l'état dans ,Jaquel ces cabarets nombreux et les spéculants de „ toutes les catégories et en toutes choses ont amené ,,les paysans de Darabani? Dans toute la commune il „n'y a pas plus de dix cultivateurs ayant leur charrue «propre. C'est ce qui m'a été assuré par toutes les ,.personnes que j'ai interogées à ce sujet. La plus grande «partie des paysans est dans la misère et ceci, comme «pourra s'en convaincre n'importe quel^ observateur «impartial, uniquement à cause de Tavidité et du manque «de scrupule des Juifs du bourg. Les malheureux Rou- „ mains sont trompés et spoliés à chaque pas, il parai- «trait qui leur existence n'a pas d'autre objet que de «nourrir et d'entretenir à la sueur de leur front les
') L'oIm est une ancienne mesure pesant environ 1250 grammes. Elle se divisait en 400 di'ames.
..nombreuses familles juives établies à Darabani ou pas- .,sant par ce bourg;.
„De ce qui précède, il est facile de comprendre ..l'intérêt qu'avait la communauté juive de Darabani de ..posséder une autorité communale favorablement dis- ,.posée pour elle. Ils ont réussi jusqu'à-présent. Le peu ,,d'exemples que j'ai cités suffisent à le prouver. Rien ,,de plus vrai que les paroles échappées à un des nom- ..breux plaignants qui se sont présentés à moi : Quand ,,le Juif a mis la main sur quelquechose, il devient im- „possible au paysan de lui faire lâcher prise. Le Juif ,.ne cède jamais. C'est toujours eux qui finissent par ,. avoir raison."
Si les paysans de Darabani, un an après ce rapport, ont rosse les Juifs de ce bourg et saccagé leurs boutiques, il faut avouer que les provocations n'avaient pas manqué. Et maintenant, je le demande, des paysans français, italiens, allemands ou anglais n'auraient ils pas été, en de semblables circonstances, beaucoup moins patients que ceux de Darabani?
J'ai déjà dit que le magistrat auquel est dû le îlro'pHifi^e'^prr rapport dont nous avons extrait les fragments ci-dessus '^^ •^""*était un homme jouissant d'une haute réputation d'intégrité et d'impartialité.
Aussi son rapport est-il loin d"être une œuvre partiale, faite pour le bénéfice des propriétaires de Darabani. La fin de cette pièce contient une critique sévère de certains actes de M. Cimara et des ses employés auxquels il reproche d'être trop enclins à se faire justice eux-mêmes. Mais à quelles provocations n'avaient-ils pas été en butte?
Écoutons encore le Procureur Général :
„ Après avoir essayé de livrer M. Cimara à l'exé- ..cration publique sans avoir pu y réussir ... la „communauté Israélite, par son comité, ne borna pas à „ceci son action. Elle chercha à frapper et de toutes ,,ses forces, dans les intérêts du propriétaire. Elle tenta, ,.des fois avec succès, de pousser les paysans paisibles „et contents de leur sort à ne pas exécuter les travaux „ contractés avec M. Cimara, afin que ses champs res- ,,tassent non cultivés ou que les récoltes ne pussent ,,être rentrées.
..L'autorité communale remplissait bien les forma- „lités prescrites par la loi des travaux agricoles mais „les réclamations fréquentes et l'inefficacité des mesures „prises justifient le soupçon qu'elle était loin de rester
„indifférente dans cette lutte d'intérêts et qu'elle ne „se bornait pas à faire purement et simplement son „devoir. Mais ceci ne lui suffisait pas non plus. Les „magasins à céréales du propriétaire restaient fermés Jusqu'à ce que les prix avantageux eussent passé.
„Les acheteurs dans cette région sont tous Juifs. „ Quand ils se préparaient à acheter les produits de M. „Cimara et qu'ils se dirigeaient vers Darabani, Scliaia jjKahal, le membre le plus actif du comité, les arrêtait „en route en leur disant que le propriétaire les trompe- „rait sans faute et qu'ils risquaient leur vie à Dara- „bani. J'ai eu des preuves positives des pertes qui «avaient été causées au propriétaire de cette manière. „Un espèce de siège en règle contre le propriétaire est „ entrepris, siège qui, se resserrant de plus en plus, „devait arriver à écraser l'ennemi commun ou à le „forcer à se déclarer vaincu. Dois-je encore parler „de la tentative d'assassinat dirigée contre M. Cimara?^ «m^Sé roi'i- Nous avons vu que les Juifs, furieux d'avoir vu
ca\ weinbeS!'un Julf : Moïsc Bacal Weinberg déposer en faveur du propriétaire, avaient fait lancer contre luiTexcommunication majeure, au son de la corne de bélier, par cinq cents Juifs de Botosanï, où il avait son domicile. Voici le facsimile de cette pièce. ^)
») Ibid, p. XVII.
-) Ibid, p. 409.
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I HT 0 T n -a i.Tiaynn app i-nr^in j'p»
D'Iran an or a-.? -/n e nuuv 1 k c 1.0 r 2
Voici maintenant la traduction.
,,Béni soit le nom de l'Eternel,
„Ecoutez, vous tous, qui vivez à l'époque présenté,
„Vous avez entendu et vous connaissez, ô nos „ frères, les atrocités auxquelles ont été en butte de la ..part du terrible oppresseur Cimara — que son nom „périsse — nos frères du bourg de Darabani ; c'est-à-dire „qu'en un jour ils ont été pillés, tués, battus, blessés ,,et ont vu leurs maisons saccagées ! Quel cœur n'a ,,pas tremblé d'effroi et n'a pas tressailli en entendant „ cette infamie ?
„Quel est celui qui, possédant un cœur de chair, ..même ne fut-il pas Juif, ne se sent pas troublé en
„voyant des hommes cruels et sans pitié se jeter ,.sur des gens lionnêtes pour les battre sans miséri- „corde, anéantir leur avoir et les laisser se tordre „dans leur sang nus et dans la misère — quoiqu'ils ne „se soient rendus coupables d'aucune injustice ? Les „cris de désespoir de cette malheureuse communauté „arrive jusqu'aux extrémités du monde et, dans chaque „ville, les Juifs éprouvent une profonde douleur: tous „les plus illustres parmi nos frères, hommes notables et „honorés dans les pays civihsés, font retentir le cri : à l'in- „justice, aux oreilles de ceux des gouvernements et „des princes, qui régnent avec équité et gouvernent „avec raison, les suppliant de diriger leurs regards vers „ce qui se passe dans ce pays et d'améliorer notre si- „tuation car, autrement, nous disparaîtrons bientôt ayant ,.tous péri. Nous avons apporté devant les juges du ,,pays les preuves de notre malheur pour qu'ils nous ,, jugent avec un jugement droit car, à la vérité, le gou- „vernement nous regarde d'un œil favorable et il dé- „sire que justice nous soit faite : mais comment se „fait-il qu'il ue punisse pas le misérable scélérat et „ qu'il ne lui fasse pas subir un châtiment proportion- „nel à son crime? Comment se fait-il qu'il garde le «silence quand de pareilles infamies se passent dans „le pays qu'il gouverne ?
..Lorsque les juges appelèrent les témoins qui „avaient vu les faits se produire, pour entendre leur té- „moignage. ils appelèrent aussi un de nos frères nommé „Moïse Bacal Weinstein qui habite ici, dans „notre ville, depuis plusieurs années, qui en réalité n'a „pas vu et ne sait pas comment se sont passés les „iaits de Darabanï, mais il avait autrefois habité ce „bourg et il était un ami de l'oppresseur et lui voulait ,,du bien car l'oppresseur Cimara, était connaisseur „du droit et des lois et il avait souvent aidé M o ï s e „B a c a 1 W e i n s t e i n de ses conseils (légaux) dans „ses entreprises de lucre. Ce Moïse, par son témoignage „menteur, à donc justifié l'oppresseur devant les ju- „ges en disant que c'était la main des Juifs qu'il fal- „lait chercher dans l'infamie qui avait eu lieu, qu'ils «avaient été coupables et qu'ils avaient nui au sieur „Cimara : tandis qu'il ne leur avait été causé aucun «dommage car ils étaient tous pauvres et ne possé- «daient rien dans leurs maisons.
,,A la suite de ce témoignage les juges ont pro- ,,noncé une sentence injuste car l'oppresseur Cimara
„est sorti du procès innocent et justifié de i'accusa- ,.tion qui pesait sur lui et ce furent seulement les mal- „heureux Juifs qui se virent condamnés à une am.ende „et à la prison. Lorsque l'action du misérable, du ma- ..niaque, du scélérat qui, en vue de son avantage per- „sonnel, a vendu les fils de son peuple et les a livrés ,,en proie à l'outrage et au mépris des ennemis qui „nous persécutent, est parvenue à nos oreille*^, eUe nous „à frappés d'épouvante ! Et nous nous eftbrçons en ce „moment même, nous mettons tous nos efforts pour „nous disculper des accusations et des infamies que nos „ennemis inventent contre nous pour excuser et jus- ,,tifier les atrocités qu'ils commettent. Ali ! que de let- „trés et que d'hommes de bonne volonté se lèvent en „ce moment pour proclamer devant le monde notre „droit ! Ah combien d'hommes illustres „interviennent en notre faveur auprès des „rois de la terre pour que ceux-ci nous ou- „ V r e n t leur cœur et que les f i 1 s d e 1 ' i n f a m i e „ae puissent plus nous torturer. Et main- „tenant s'est levé un misérable entre nous, un pervers „et un scélérat qui à prononcé ces paroles Infâmes „pour accuser les justes et exculper les scélérats ! „Même les Nazaréens (chrétiens) qui ont un cœur «droit et savent combien les pauvres (Juifs de Dara- „banï) ont raison, demeurent pétrifiés en entendant les „paroles prononcées par ce maniaque et ne peuvent ,,pas en parler sans émoi, car ils disent : Votre perte „et votre malheur sont partis d'entre vous. C'est de „votre milieu même que sont sortis des mécréants „pour vous faire du mal !
„C'est pour cela que nous nous sommes assem- „blés, nous, la communauté de Botosanï, au nombre ,,de cinq cents hommes pour maudire et expulser „de notre sein le misérable qui s'appele Moïse Bacal ,, Weinstein — que son nom périsse — et le vouer au „mal: en conséquence, que sur lui retombe tout l'a- ..nathème qui se trouve écrit dans la livre de la loi „de Moïse sur l'homme qui détourne son cœur de son „Dieu pour suivre les errements de ses sentiments per- „vers, en disant: pourvu que moi seul j'aie le pain! ,,et n'a pas de compassion pour le malheur de son „peuple.
„Celui-ci aussi a commis des méfaits faisant tom- „ber sur nous le malheur et la honte sans crainte de „Dieu ! Mais vous tous, ô nos frères, sachez que nous
Déposition de
Moïse lîacal
AVeiii'lein ;"i
l'audience,
alyant iiiotivC
'anatliènie.
..l'avons maudit au son du cor et d'après tous „les rites prescrits par nos lois : c'est pourquoi il est „défeDdu d'échanger une parole avec lui, ou de de- „meurer en sa compagnie et qu'il n'entre pas dans la ,.S,ynagogne car il n'est que de la chair souillée pour „rEternel et pour Israël. Haïssez-le avec haine „et qu'il soit pour vous un objet d'épouvante, car il est „maudit. Botosanï, Dimanche, le 9 Elul, la veille du ..jour du Grand Pardon').-
Et maintenant, si en Allemagne, en France, en Angleterre, en Italie, en n'importe lequel des pays se trouvant aujourd'hui à la tête de la civihsation, on voyait affiché, sur les murs du temple de nïmporte quelle confession, un pareil blasphème envers un habitant du même pays, un pareil appel à Tintervention étrangère, un pareille dénonciation du pays et de ses institutions, le peuple ne se souleverait-il pas comme un seul homme pour châtier ceux qui ont osé proférer de pareilles paroles?
On n'attendrait, certes, pas que la justice informe mais, le soir du jour même où on aurait découvert le blasphème, il ne serait plus resté pierre sur pierre de l'édifice dans lequel il aurait été prononcé.
Les grands coupables sont les autorités roumaines qui ont eu la faiblesse et l'insouciance de laisser impuni ce défi audacieux jeté à leur pays, à leurs lois, à la civilisation moderne.
Les Juifs peuvent-il, après ceci, nier qu'ils forment aux sein de l'État roumain, un État à-part, ayant ses institutions, ses coutumes, ses lois, ses tribunaux et, qu'aux décisions delà justice roumaine, ils opposent les décisions de la justice juive ?
Voyons maintenant si la déposition de Moïse Bacal Weinstein, à l'audience du 8 Septembre 1877, était de nature à justifier un pareil anathème.
Je l'extrais du compte rendu sténographié des débats.
„0n introduit le témoin Moïse Bacal Weimtein.
,,Moïse Bacal Weinstein. Je ne sais rien par rap- „port à l'incident du 22 Mai 1877. — Moi, M. le Prési- „dent, j'ai quitté Darabanï il y a trois ans et, depuis, „je ne me suis plus intéressé à ce qui s'y passait.
,,/ve Président. Pourquoi avez-vous quitté Darabanï?^
') Je dois cette traduction à l'amabilité de M. Octavian Iso- PESCUL, Docteur en théologie de l'Université de Czernowitz.
„Motse Bacal Weinstein. Je me suis retiré à Boto- „sanî parce que mes enfants demeuraient sans in- „struction à Darabanï où il n'y a pas d'écolo et puis, „aussi, parce que les négociants juifs de ce bouri;- me ,. témoignaient quelque haine.
„M. Cimara. Que le témoin veuille bien nous ,,dire si, à l'époque où il vivait à Darabanï, il ne se „tr()uvait pas dans les meilleures relations avec moi! ,,8'il ne venait pas intercoder auprôs de moi tantôt en „faveur d'un des commeroants tantôt en fa\'eur de „rautre et s'il n"était pas à me prier sans cesse de „rendre service à l'un d'entre eux? Et si à cause de „ceci il n'était pas soupçonné par les commerçants „d"(3tre trop lié à moi contre leurs intérêts tels qu'ils „les comprennent? En un mot, qu'il dise si ce n'est „pas leur haine qui Fa forcé à c|uitter Darabanï?
,,3Ioïse Bacal Wemstein. J'étais en très-bonnes re- „lations avec M. Cimara, j'insistais auprès de lui pour „beaucoup de commerçants ; c'est toujours par mon «intermédiaire que les conflits étaient aplanis. Quand „il s'élevait quelque mésintelligence entre mes core- „ligionnaires et les gens de M. Cimara, ce dernier „me faisait toujours la faveur de donner raison aux «commerçants et, ceci, souvent à son détriment.
„M. Cimara. Je prie le témoin de dire s'il n'a pas ,,été forcé de quitter Darabanï à cause de ses core- „ligionnaires ?
,,Moi.se Bacal Weinstein. Oui c'est ainsi.
„J/. Cimara. A-t-on apporté au témoin, à Darabanï „une thora pour qu'il l'achète.
,,Mo(se Bacal Weinstein. Une thora appartenant à „uno de mes filles a été laissée par celle-ci, en «mourant, en partie à la synagogue et en partie à «son mari. Je n'ai pas voulu l'acheter car j'aurais «dépensé mon argent en pure perte vu que la thora, «ne pouvant pas se partager, serait tout-de-même restée «à la synagogue. S'il avait été question d'une thora „entière, je l'aurais achetée mais ceci se passait il y ..a deux ans.
„M. Cimara. Je vous prie de dire, si pendant «le temps que vous êtes resté à Darabanï, vous (jui «dans ce bourg étiez le seul Juif honnête et ayant do ,,la fortune, et qui connaissez mes relations avec les «autres commerçants, si vous nous avez vu, moi ou «ma femme, commettre une injustice à leur égard.
„Moise Bacal Weinstein. Dieu préserve! Au con-
,,traire, vous leur faisiez beaucoup de bien et souvent „vous pardonniez les torts qu'ils avaient envers vous.
„il/. Cimara. Lors de l'incendie qui menaçait de „réduire en cendres les habitations des Juifs, n'ont- „ils pas envoyé tous leurs effets au château pour plus „de sûreté?
„3Ioïse Bacal Weinstein. C'est exact, mes effets aussi ,.y ont été envoyés.
„il/. Cimara. Le bourg aurait-il échappé à l'in- „cendie si je n'étais pas accouru au secours avec mes „gens dont plusieurs se trouvent en ce moment parmi „les accusés ?
„Moïse Bacal Weinstein. C'est exact, personne ne „peut nier que vous êtes venu au milieu de la nuit „avec Madame et tous les gens du château et que „vous nous avez sauvés de l'incendie.
„M. Cimara. Je prie le témoin de dire ce qu'il „sait du cimetière.
,^Moïse Bacal Weinstein. Vous avez fait cadeau aux „ Juifs du terrain nécessaire à leur cimetière.
„M. Cimara. Et la chaussée, comment a-t-elle été ,, faite ?
„ Moïse Bacal Weinstein. La chaussée a été faite par .,vos insistances, auparavant les enfants se noyaient .,dans la rue au milieu du mois de Juillet.
,.M. Cimara. Que le témoin veuille bien nous dire „ quelle est la fortune qu'a eu ou qu'à Sim§a Hecht.
,,Moïse Bacal Weinstein. Qui-est-ce qui peut connaître „la fortune exacte d'un autre ... Il n'a pas eu de for- „tune considérable.
,,M. Cimara. Fait-il un grand commerce?
,.Moïse Bacal Weinstein. Il ne fait que peu d'affaires.
,,M. Cimara. Ne prête-il pas de l'argent?
,M6(se Bacal Weinstein. Non. Il faisait, il y a dix ..ans, le commerce des céréales, mais il ne le fait plus.
,,ilf. Cimara. Avait-il du crédit?
„Moïse Bacal Weinstein. Il avait peu de crédit.
..M. Cimara. Lui auriez-vous prêté, sur son crédit „personnel mille ou deux mille ducats.
,, Moïse Bacal Weinstein. Non.
„M. Cimara. Lui auriez vous prêté deux cents „ducats ?
.,Mo'ise Bacal Weinstein. Non.
„M. Cimara. Mais lui auriez-vous, au moins, prêté ,,cent ducats ?
,,Moi.se Bacal Weinstein (quel(|ue peu à contre- ,,cœurj. Non.
,,M. Cimara. Mais sa maison était-elle richement ,,meublée ? 11 a dit ici qu'elle l'était aussi bien (lue „celle de Michel Daniel à lass}^
„Moïsc Bacal Weinskin. Ses meubles étaient comme „ceux d'ici (il montre les fauteuils recouverts de toile „cirée sur lesquels siègent les jurés) : pourquoi mêler „à tout ceci un nom comme celui de Michel Daniel ?
,.J/. Cimara. N'avez vous pas entendu ([ue Simi^a „IIecht étant allé chez Jean Molocea pour acquitter à „eelui-ci un billet de cent ducats et Molocea lui ayant „donné un paquet de créances afin qu'il y choisisse „]a sienne, Simsa Heclit a profité de cette confiance „pour voler' son billet?
..Mo'ise Bacal Weinstein. J'ai entendu . . .
..il/. Ciwam. Lequel des deux croyez-vous ? Molocea ,,(jui prétend avoir été volé ou Simsa qui nie.
,,Moi se Bacal Weinsirin. Jean Molocea est un honnête „homme.
., J/. Cimara. Dites si vous ne connaissez pas Simsa „Hecht comme un homme chicanier qui aime les dik- „putes et les intrigues?
„3Ioïse Bacal Weinstein. Ce n'est pas précisément ..un liomme tranquille.
,.il/. Cimara. Pendant tout le temps que vous êtes „resté à Darabanï, c'est-à-dire pendant trente ou qua- ,,rante ans, avez-vous vu une persécution quelconque „dirigée par les chrétiens contre les Juifs ?
,,Moise Bacal Weinstein. Non ! Jamais ! V)"'
Il est difficile d'imaginer une déposition plus anodine que celle qui précède et que j'ai transcrite en entier.
Elle n'a, assurément, pu peser d'aucun poids sur la décision des jurés et n'a jamais pu être considérée que comme une marcjue très-mesurée de sympathie et de reconnaissance envers un ancien protecteur. Mais, d'un autre côté, c'était contrevenir au premier devoir du Juif polonais : celui de soutenir ses congénères avant tout, même (|uand ils ont tort et de charger le chrétien toujours, même au prix d'un parjure. 11 fallait, à la faute de Moïse Bacal Weinstein, une punition exemplaire: elle lui a été inlligée par l'autorité juive, en plein pays roumain, à la barbe des autorités roumaines. Pour échapper aux consé(iuences du hércm
') Proceftul locuitorilor din Daralant, p. 105.
qui auraient amené sa ruine complète et celle de sa famille, Moïse Bacal Weinstein dût se raclieter en payant une très-forte amende à la communauté. Les Juifs fout ij Le cas de Darabanï est loin d'être isolé: des hà-em '"^X^hérëm.^^sont lancés chaque jour en Moldavie, soit contre des Juifs soit contre des chrétiens. Le hoycottage de l'individu dont les intérêts sont contraires à ceux de la communauté est d'un usage courant. Du moment où le hérem est prononcé contre lui, le patient voit le vide se faire autour de lui. Les produits ou les marchandises qu'il a à vendre ne trouvent plus d'acheteurs si ce n'est à des prix dérisoires, ses serviteurs sont subornés et le quittent, ses ouvriers agricoles sont débauchés en une nuit et laissent sa récolte se secouer sur les champs : il lui devient impossible d'obtenir des charrois, enfin, c'est un homme ruiné s'il n'arrive à composition. Grand aua- L'anatlièmc qui est reproduit plus haut est un
thème et petit -, , ^ n • j •
anatMmo. hciou, sortc dexcommunicatiou majeure: prononcée pour un temps indéterminé.
Il y a en outre, une autre espèce de malédiction plus légère, appelée tiiddui, qui peut être prononcée même par un seul rabbin et^elle n'a qu'une durée de 30 jours, à l'expiration desquels le {)atient reçoit son pardon et se voit de nouveau accepté dans le sein de la communauté. Pendant tout le temps que le niddiii dure, le patient doit porter des vêtements de deuil et aucun fidèle ne peut l'approcher à moins de quatre aunes. Cette forme d'anathème ne se prononce que contre les Juifs qui se rendent coupables d'infractions aux règles du Talmud.
iiénem .le A la prcmlèrc forme du hérem se rattache l'ana-
thème qui va suivre et qui a ete prononcé par les Juifs de la communauté du bourg de Nova-Selitza (Bessarabie russe), contre celui des leurs qui oserait contrevenir à la défense qu'ils avaient faite de s'approvisionner d'eau-de-vie au cabaret du propriétaire, M. Michel Sturdza, qu'ils appelaient le Comte Sturdza.
Voici le facsimile de ce hérem, écrit en caractères cursifsjudéo- allemands (deutsch-jadische Kursive), tel que ]'e l'ai décollé moi-même de la porte d'une des sjmagogues de Nova-Sélitza pendant l'été de 1885, suivi de sa traiiscription en caractères hebra'iques. ^)
') La traduction de ce hérem ainsi que les explications qui le précédent et le suivent sont également dues à l'obligeance de M. Odtavfan IsOPESCUL, Docteur en théologie.
Facsimile de l'original du hérem de Nova-Sélitza
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Transcription en caractères hébraïques du hérem de Nova-Selitza
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Voici maintenant, la traduction de cette pièce : Décision de l'entière communauté d'ici, de Nova Selitza
„Nous nous sommes imposé par serment et avec „malédiction (hércmj, qu'il soit défendu à qui que ce „soit de notre bourg- de boire de l'eau-de-vie du caba- „ret d'ici, de Nova Selitza <iui appartient à Monsieur le
„Comte car il opprime et il tourmente les pauvres „gens d'ici pour les chasser avec leur hagaj^e. comme jjCela ne s'est pas encore entendu dans toutes les „communautés d'Israël, d'un bout du moude à l'autre „bout. C'est pouniuoi vous saurez, o nos frères, fils d'Is- „raël, que personne de "notre ville ne doit boire d'eau- „cle-vie venant du caharet d'ici, de Nova-Selitza.
„Que celui qui violera cette décision soit mordu „par le SERPENT, que celui qui l'observera soit béni ,,et heureux.
Nous les soussignés : Toute la communauté. Le mot serpent ^r/nj (nahasch) que j'ai transcrit
dans la traduction avec des majuscules, ainsi ciu'il se trouve écrit dans l'original est une sjmthèse cabalistique des trois mots suivants, dont les initiales le composent:
^m3 =nidui=exil. j^
Q-,^ = lierem = anathème. ^^^^.p^
^^p^^" = cliamtha = malédiction ''^
De sorte que les mots : ,:que celui qui violera cette décision soit mordu par le serpent", signifient en réalité :„que celui qui violera cette décision soit frappé d'exil, de malédiction et d'an a t 11 èm e.
Cette pièce est plutôt un acte de boycottage qu'un MoHfs^do hérem anathème car, ici, l'anathcme ne s'adresse qu'à celui qui oserait violer la décision prise par la communauté et cette décision est prise en vue de faire du tort au propriétaire du cabaret.
M. Sturdza et les Juifs de Nova-Selitza étaient en procès parce que le premier avait voulu forcer les seconds à acquitter l'emphj^héose et les octrois tels qu'ils étaient spécifiés dans les actes de fondation du bourg. Les Juifs avaient profité de la longue absence du propriétaire et du fait que pendant ce temps la terre avait été affermée à des coreligionnaires à eux pour s'exempter de la plupart des taxes dues au propriétaire. Fidèles à leur tactique liabituelle, ils voulaient affamer le propriétaire et l'amener à composition en ne fournissant pas leurs débits d'eau-de-vie provenant de son dépôt.
Il faut ajouter ([ue Nova-Selitza se trouve au point
où se rencontrent les frontières: roumaine, russe et autrichienne et que, par conséquent, la contrebande cVeau-de-vie y était exceptionnellement facile.
I^es événements prouvèrent que leur calcul était absolument juste : le propriétaire qui avait à paj^er des annuités considérables, privé d'un partie très-importante de son revenu, ne put effectuer ses payements à terme et se vit forcé de vendre sa terre pour ne pas être exproprié.
Ce qu'il y a de picjiiant dans cette affaire, c'est que M. Michel Sturdza était le propre fils de Madame Cimara, la propriétaire de Darabanï et celui même qui, venant voir sa mère le 22 Mai 1877, tomba à l'improviste dans la bagarre qui, en ce momoment, battait son plein et y mit fin par son autorité et son énergie. Il avait, à la suite de ce fait, été vivement loué par tous les journaux juifs, la Neue Freie Presse en tête. Isidore La^b, dans son ouvrage sur la situation des Juifs en Turquie et en Roumanie dit que „la belle conduite de M. Michel Sturdza se passe de tout éloge" ^). On voit donc que, dans nos pays, la faveur des Juifs est capricieuse et changeante.
Il me semble aussi que c'est bien à tort qu'on à attribué aux Irlandais l'invention du hoycottags.
Il est facile de s'imaginer le parti que des gens peu scrupuleux sont à même de tirer d'armes de cette espèce étant, surtout, donné le fanatisme et le manque de culture de la masse qu'ils dirigent.
Encore une fois, dans quel autre pays de pareils procédés resteraient-ils longtemps sans recevoir le châtiment exemplaire qu'ils méritent?
gaTes'pns^fpm" Lcs J ulfs douneut comme raison à l'intensité prise
n>mnu[M'nl's,mi' par Ic couraut d'émigration de leurs coreligionnaires l'émigra'uonVs'' dc Roumauîe, les lois d'exception dirigées contre eux .luifs. ^^y| ]g^^j. ferment, disent-ils, toutes les carrières, toutes les professions et les empêchent de gagner leur vie : ils émigrent pour ne pas mourir de faim.
Nous avons vu à quoi se réduisent les lois soidisant d'exception et spécialement dirigées contre les Juifs. Nous avons vu au chapitre précédent ce que le Dr. Ganz, qui ne peut guère être soupçonné de partialité pour les Roumains, pense de ces allégations.
Nous avons vu que les mesures prises étaient imposées par la plus élémentaire prudence . qu'elles
'j Isidore Lœb. Op. cit., p. 410.
étaient indispensables pour le relèvement économicjue du peuple roumain et que, jusqu'à un certain point, elles avaient atteint leur but.
Mais voyons si la situation créée aux Juifs est "'mS'îueacfue'i""' aussi intolérable qu'ils veulent bien le dire. Je m'oc- ''"'•'""^ui;"'^""cuperai surtout de la Moldavie, la question juive étant, malheureusement, une question exclusivement moldave.
Ce n'est pas le commer-ce qui leur a été fermé, nous avons vu qu'ils y ont la part du lion : sur 18062 raisons de commerce dans les treize districts de la Moldavie, il v en a 10942 entre les mains des Juifs, soit plus de (50";o.
Ce ne sont pas, non plus, les métiers car sur 27273 artisans, 12426, soit 46*'/o sont des Juifs. Si ce sont les chiffres des villes qu'on prend en considération, on a 10446 Juifs sur un total de 18106 artisans, soit plus de 58'^/o.
Si c'est le total des patentaires qu'on prend, voici "^'S'af-W.'^'' un tableau comparatif, pour la Moldavie, du nombre des patentaires juifs et chrétiens en 1903.