jl
Il résulte de ce tableau que les Juifs possi'dent 31^' 0 de la propriété^ foncière dans les communes urbaines de la Moldavie.
J'ai déjà dit que la banque est complètement entre leurs mains. En Moldavie, à de très-rares exceptions près, tous les capitaux de queiqu'importance se trouvent entre leurs mains.
Quand les Juifs parlent de la misère et des souffrances de leur congénères en Roumanie, c'est évidemment, surtout de ceux de la Moldavie qu'il s'agit, car c'est dans cette province que se trouve leur gros.
') D'après les renseignements pris au Ministère des Finances. 69056 20
En Valachie, sauf à Bucarest, Braïla et Crajova leur nombre est partout insignifiant. C'est de Moldavie qu'est partie la masse des émigrants juifs dans les trois dernières années.
^tuauoVécliî Est-il possible de prétendre que cette émigratiou
"""uifs.^^^ des Juifs de la Moldavie est due à des persécutions, à un état légal intolérable, à une impossibilité de gagner leur existence journalière, quand nous voj^ons cet élément, qui représente 10,7^0 de la population du pays:
Posséder la presque totalité des capitaux en numéraire, avoir le monopole des affaires,
Exploiter les p]us beaux domaines de la Moldavie (sauf ceux soignés par leurs propriétaires], la plus grande partie des forêts.
Posséder les trois quarts, au moins, des entreprises industrielles de la Moldavie,
Posséder 31 ^o de la valeur des propriétés urbaines.
Figurer pour 53,7^'o dans le nombre des patentaires,
Posséder plus de 60^/o des raisons de commerce,
Former (30^/o des artisans dans les villes, et 46% du nombre total des artisans de la campagne ?
Et qu'on n'oublie pas que toutes les professions libérales, sauf celle d'avocat, leur sont ouvertes.
Mais, si les Juifs avaient plus que ce qu'ils ont au] our d'iiui, que resterai t- il donc aux Roumains de Moldavie?
ïastovaiiTer' Si Ics Roumalus. seuls, cultivent la terre, c'est
la terre, parcc quc Ics Juifs ont horreur de l'agriculture faite par leurs propres mains, nous en verrons les preuves dans le chapitre suivant.
Il est faux que la culture de la terre leur soit interdite parce qu'il ne leur est pas permis de demeurer dans les communes rurales, jamais la permission d'amener des ouvriers agricoles, de quelque nationalité ou de quelque religion qu'ils pussent être, n'a été refusée à personne.
Le salaire moyen d'un ouvrier agricole en Moldavie pendant les mois de Juin, Juillet, Août et Septembre est de 60 frcs. par mois plus la nourriture, de la moitié pour les femmes de même que pour les filles et les garçons au-dessous de 16 ans. Dans les districts de Hraïla et de lalomita (Valachie) ce salaire varie de 3 à 5 francs par jour pour un homme. La demande de travailleurs est illimitée.
Chaque année, dès le printemps, des milliers de o.'Sr/trln- Hongrois, de Bulgares, de vSerbes, de Macédoniens, ^Koumanie^" de Rutliônes sont amenés dans le pays pour remédier au manque de main-d'œuvre agricole.
Voici les chiffres pour les travailleurs amenés e n groupes de 1884 à 1001 ^}.
TABLEAU L
Nombre des travailleurs entrés en groupes en Roumanie, depuis 1885.
Nombre des
travailleurs
entrés dans le
pays par
groupes
Années
lcS95
Nombre des
travailleurs
entrés dans le
pays par
groupes
Comme le dit très-judicieusement M. Bibicesco: „ce ne sont pas les persécutions qui chassent les Juifs „du pays, mais bien le fait qu'ils sont impropres au ,,travail qui, en Roumanie, est le plus nécessaire, ou „bien qu'ils ne veulent pas s'adonner au travail agricole, „pénible et peu rémunérateur -)."
L'inaptitude, l'ayersion du Juif pour les travaux agricoles a, du reste, de nouveau été illustrée par les essais infructueux de ,1a ,,Jcwish Agricultural and Industrial Aid SocieUf^ aux États-Unis.
Cette association a essayé de placer dix familles d'émigrants de Roumanie dans des fermes choisies avec soin aux environs de Wo.odbine : huit d'entre elles ont déjà abandonné leurs fermes.
^) D'après I. Bibicescu. O^). cit., p. 26. =) Ibid., p. 27.
.\rrêt des travaux de bâ-
Les essais faits en Asie Mineure n'ont guère mieux réussi ^).
C'est dans cette obstination des Juifs à fuir le travail des champs qu'il faut chercher la raison principale de la misère régnant dans certains centres juifs, misère qui les pousse à Témigration.
Nous avons vu au chapitre précédent, le Dr. Ganz avouer que les mesures législatives prises par les Roumains ne sont pas cause de l'émigration des Juifs.
La misère régnant parmi les Juifs a naturellement été exaspérée par le manque total de récolte en 1899, et par la crise qui s'en suivit.
Pour donner un exemple de l'intensité de cette crise, j'emprunte à l'excellent opuscule de M. Bibicesco le tableau suivant montrant la diminution étonnante des travaux de bâtiment dans la capitale qui en fut une des conséquences.
TABLEAU LI
Bâtisses construites et surfaces bâties à Bucarest de 1896 à 1903 -).
Bsitisses à 1 étage
Bâtisses à 2 étages 1
Bâtisseç à 3 étages
Bâtisses à 4 étages
Année
5 1 Surface = : bâtie o 1 „,. c.
Surface bâtie m. c.
Surface bâtie m. c.
• Surface
3 bâtie
1 lan. ' 1 Oft. ,
Il est évident que cette stagnation du bâtiment a été, en proportion, tout aussi forte dans les villes de province. Le nombre de maçons, ferblantiers, charpentiers, menuisiers, vitriers, peintres,etc., restés sans ouvrage fut très grand. Les Italiens qui, dans certaines villes, avaient la spécialité de ces travaux, quittèrent
') Ibid., p. 82.
=) Ibid., p. 32.
le pays en masse. Il tombe sous le sens que les artisans juifs, en Moldavie, partagèrent cette détresse qui ne se bornait pas aux professions plus particulièrement engagées dans le bâtiment mais était naturellement commune à tous les métiers, et au commerce.
Ce sont là les causes de l'accélération du mouvement d'émigration des Juifs.
Il est certain que ce' mouvement, qui existait déjà depuis longtemps, a pris des proportions très-considérables depuis 1899. .^.^^^^ ^^^^^.^^
Les statistiques publiées par les Ministère de Tin- ^ven^ilùàn rieur accusent un total d'environ 2000 Juifs ayant quitté le pays. Ce chiffre me semble être au-dessous de la vérité et je crois que celui qui à été communiqué au mois de Janvier, par des Juifs de Galatï, au Colonel Trotter, Consul Général britannique dans cette ville et transmis par lui dans son rapport au Foreigne-Office du 28 Janvier (n. s.) 1903, se rapproche beaucoup plus de la vérité.
D'après les renseignements du Colonel Trotter, le nombre des Juifs ayant quitté la Roumanie depuis 1899, aidés par les fonds de diverses sociétés juives, se monterait à 31615 qui auraient été dirigés sur les endroits de destination suivants :
New-York 8654 en 1900.
Philadelphia 2000 de 1900 à ]1902
Canada 2500 „ ,, „ ,.
République Argentine 500 „ „ „ „
Egypte 1500 „ „ „
Londres et Paris 3000 „ ,, „ „
A ce total de 31615 émigrants assistés par diverses sociétés, il faut ajouter celui des Juifs émigrés par leurs propres moyens.
Il est, bien entendu, très-inférieur au premier ; je crois qu'il faut l'évaluer à un nombre compris entre 5 et 8000 nous donnant pour l'émigration juive de 1899 à 1903 un total qui serait de 36 et 40000 âmes.
Voici les raisons qui me font adopter ce chiffre :
Le tableau suivant nous donne le mouvement et ifpÔSfon^a l'accroissement de la population en Roumanie, par re- ,um"irpériode' ligion, pour la période 1895—1901.
lS95-l9i)l.
TABLEAU Accroissement de la population en Roumanie par
Natalité
MorUlité II Excédent
Omis et Immigrants 2)
Population nu 1 Décembre
ftnie.s
Nombre total des naissances
Nombre total des morts
Proportion
l)ar lOtKi lin-
bitants
li|
Population orthotJoxe
Moyenne
223iîl6 40.7
218767 41 .tJ
Popuialion catholique et protestante
IBôi
Hoyenno
Population juive
Hoyenne
') Ce tableau, établi sur la base des chiffres des recensements ofconsciencieux et entendu que modeste, qui m'a prié de taire son nom.
^) Cette colonne est destinée à mettre d'accord les chifires du du recensement de 1899 qui méritent toute confiance.
LU
religions pour la péri
ode septennale
aj
si s
Sa -
Natalit*^ 1 Morialiti- j
Excédent
1 = 1 g - », Kg
i;- if ■iâ:-^
à: g. il ês l^g,
Jr a ' "-< a 1
Population d'autres religions (Arméniens, Mahométans, Lipoveni,
nconnus)
Moyenne
2248 37,8 1796 2305! .37,81 2249 2524 40,7i| 1915 2305:36,2'! lv33 2495; 38,4' 2094 24151 36,6' l')33 2512137.5;: 2068
T.el 1017 0,9| 1017 9,8; 1017 5,8 1016 6,2 1016 7,3| - 8,li -
i ! il
Population totale (de toutes les religions)
'1 1 II 5406250 238191 44,1 15.5702 5515835 232428' 42.1 ,166142 5609217 248845; 44.4 171808 5713349 21 4980| 37.3 155417 580U007 250318 43,2 1 649U0 59125201 3i8l3; 39,7 146144 60012U' 2407U4 40.1 lli0351
28,8 oO,) 30,6 27.2 28,8 24.7 -6.7
Moyenne
57083 14; 237 lb7, 41,5. 160066
Recapitulation par religion: moyenne de la période septennale 1895— 1901
Total
589li
ficiels de 1894 et 1899. a été mis à ma disposition par un tiMvailleur aussi recensement de 1894, exécuté d'une manière incomplète, avec ceux
fanté'ltmpTrél''- ^^^ tableau présente les résultats dûs à iVc-
croissement naturel et ne tient pas compte de Témigration dont les chiffres n'étaient pas connus à son autour. Il résulte des données du tableau relatives à la population juive que, pendant les cinq premières années de la période : 1895, 189G, 1897, 1898 et 1899, pendant que l'émigration avait un. caractère pour ainsi dire normal, la moralité chez les Juifs était, en moyeinie de 41,6 pour 1000: le mortalité de ::2,3 pour 1000. Pour les années 1900 et 1901, nous les voyons tomber brusquement la natalité à 33,5 en moj'enne, la mortalité à 20,2. Or ces chiffres sont, sans le moindre doute, beaucoup trop bas.
La natalité moyenne des orthodoxes, pendant les deux mêmes années a été de 40.4 pour 1000; la nataliié des Juifs est, en effet, inférieure h celle des orthodoxes mais elle ne l'est paScàce points. Le tableau nous montre que, pendant les 5 années 1895 — 1S99, la natalité moyenne des orthodoxes était de 42,5 pour 1000 c'est-à-dire supérieure à celle des Juifs d'environ 1 pour 1000.
Les chiffres de la natalité des Juifs en 1900 et 1901 nous prouvent donc que le total de la population juive pendant ces deux années, a été bien inférieur à celui qui est indiqué par le tableau.
^°robabie^*'dëf' Pour avolr le nombre très-approximatif des Juifs
Juifs. habit;int la Roumanie en 1900 et 1901, il faut calculer ce chiffre en admettant que la différence entre, la natalité des orthodoxes et celle des Juifs en 1900 et 1901 était sensiblement la même (^ue pendant la période quiiKiuennale 1895—1899. Ceci nous donnerait pour cette natalité (des Juifs) un rapport de 40,4 pour 1000 et pour le total des Juifs un nombre d'environ 225000 âmes. Ce calcul n'est, bien entendu, (qu'approximatif mais je ne pense pas que leur nombre dépasse en ce moment de beaucoup 230000 âmes. Ce seraient donc environ 40000 Juifs qui auraient quitté le pays depuis 1899.
Du tableau ci-dessus il résulte que si la natalité des orthodoxes est plus considérable que celle des Juifs, la mortahté de ceux-ci est, en revanclie, inférieure à celle de toutes les autres confessions habitant le pays. En effet, elle a été en moyenne, pour la période 1895—1899:
de 29,3 pour les orthodoxes
„ 27,9 „ „ catholi(iues et les protestants
„ 32,1 „ „ mahométans et autres.
Cette circonstance prouve que la situation matérielle présente des Juifs en Roumanie, loin d'être aussi mauvaise ([U'ils veulent bien le prétendre est, en moyenne, meilleure que celles des Roumains qui, soi-disant, les persécutent.
Si les Juifs n'étaient pas mieux logés, mieux nourris, mieux vêtus, s'ils n'exerçaient pas des métiers moins pénibles, moins dangereux que les Roumains, pour (juoi donc mourraient-ils moins qu'eux?
Mais cette différence, de surprenante qu'elle nous apparaît sur le tableau général devient el'frayante quand on prend en considération les statistiques relatives au mouvement de la population dans les villes.
Voici un tableau nous donnant le mouvement de la population chrétienne et juive des communes urbaines du pa\'s de 1870 à 1893, par districts.
TABLEAU Mouvement de la population des communes urbaines de la
DISTRICTS
Orthodoxes
Juifs
Total
Bacàû
Botoiyanï
Covuiiuï
Dorohol
Fâlciù
lasl
Nia m tu l
Putna
Roman
Suciava
Tecuci
Tutova
Vasluî
A. Moldavie
Arges
B rai la
Buzéù
Dâmbovita
Dolj
Gorj
lalotnita
Ilfov
Mehedintï
Muscel
Oltul
Prahova
Rîmnicul-Sârat
Roraana^i
Teleorman
Vâlcea
Vlasca
B. Valachie
Constanta
Tulcea