PIASTRES
Il est très difficile de se procurer des renseignements exacts et détaillés sur le commerce d'il y a vingt ou trente ans. On publiait alors toutes les statistiques et les renseignements de nature économique en langue roumaine, et les rapports avec l’étranger n’étant pas aussi développés que de nos jours, nous manquons, pour cette époque, des informations fréquentes que donnent aujourd’hui les consuls.
Vers 1870, les rapports diplomatiques étaient à peu près les seuls documents à consulter, et encore étaient-ils peu nombreux. De plus, ils traitaient surtout de ce qui se passait dans leur circonscription, nous laissant ignorer les mouvements
commerciaux du reste du pays. Ceci expliquera les lacunes involontaires et regrettables qu’on trouvera dans ces pages.
En 1868, le Gouvernement adopta un nouveau système monétaire, se rapprochant du système français, puisque le leu, divisé en cent bani, vaut un iranc. Le ban, par conséquent, a la valeur du centime.
En 1873, on se félicite déjà du progrès des relations commerciales. La Commission européenne du Danube a commencé ses travaux, dont on prévoit les heureux résultats. On parle d’améliorations de tous les côtés, par l’extension des lignes de chemins de fer, des travaux sur les voies fluviales, sur les routes ; améliorations destinées à faciliter les échanges, et, par cela même, à accroître l’importance de la production.
Les marchandises arrivant presque toutes par mer, on ne peut pas établir exactement leur nombre et leur valeur, qui, pour échapper aux taxes de douane, n’est pas toujours déclarée telle qu’elle est en réalité.
Nous voyons que l’exportation est évaluée, en moyenne, vers 1873, à deux cents millions par année, et l’importation à 160 millions de francs, dont le blé représente, pour l’exportation, la majeure partie, tout comme les lainages et les tissus pour l’importation.
Le tableau ci-après indique le mouvement commercial pour 1872.