‹ La route de PoissyChapitre 14 sur 23 · SCENE XVI · texte numérisé non relu

SCENE XVI

EVELINA, HIPOLITTE.

HIPOLÎTE.

Evelina !

EVE LIN A

Quoi! c'est vous, Hipolile!

HIPOLITE.

Je vous cherche depuis voire départ de Paris... Vous éloigner, sans ire prévenir !

EVELINA

Le pouvais-je?... et à quoi vous servira de m'a voir retrouvée? Vous ne connaissez pas ma famille , tout espoir de mariage, entre nous, parait impossible.

HIPOLITE.

Oh! je ne sais que trop la distance qui nous sépare! mais nos parens ne nous aimejit-ils pas assez pour sacrifier de vains préjugés au bonheur de leurs enfans.

ÊVELfNA., à pari.

Saurait-il que mon père...

HIPOLITE, à pari , voyant quelle se parle bas. Lui aurait-on dit que je suis le fils d'un bouvier [haut) Je verrai votre père , je lui parlerai , je l'attendrirai.

EVELINA

Mais le vôtre...

HIPOLITE.

Oh! le mien! je réponds de son consentement... Il vient justement d'arriver dans cette maison, où il ne s'attend pas à me trouver.

EVE LIN A

Ah! mon Dieu! il pourrait nous surprendre!... que je serais honteuse !.. De grâce , Hippolyle , repartez pour Paris , où une brillante carrière vous attend, et ne pensez plus à moi.

HIPOLITE.

Moi , vous oublier !

AlR : À soixante ans il ne faut pas remettre.

Je suis aimé... sûr de votre constance,

Pour notre hymen j'ose tout espérer,

Et ce n'est pas notre naissance

Qui , pour jamais, pourra nous séparer.

Oh ! les grandeurs ne sont qu'une chimère ,

Et, pour un fils, j'ose en croire mon cœur,

Le plis heau nom est celui de son père,

Le plus heau litre est d'être homme d'honneur.

ÉVEL1NA.

Cher Hipolite, je n'ose partager votre espoir.

Hipolyte lui baise la main.

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