‹ La route fleurieChapitre 32 sur 51 · VIVIERS · texte numérisé non relu

VIVIERS

A Henri Sée.

Nid rocheux, nid sanglant d'où les durs éperviers Épiaient les troupeaux dus à leurs faims voraces ! Le soleil roi blanchit tes herbeuses terrasses, 0 toi qui gardes la passe étroite, ô Viviers !

Quelquefois, paysans asservis, vous rêviez Les jours chantants, les jours joyeux des libres races : Alors, les larges faulx s'ébréchaient aux cuirasses Et les portes geignaient du poids lourd des leviei s.

Des flots rouges coulaient par les sombres ruelles. Puis les vainqueurs, heureux de leurs luttes cruelles, Enterraient au hasard, sans les compter, les morts.

Mais l'heure est douce, et, sous la brise qui parfume, En ton voile léger de lumineuse brume, 0 ville que les temps lassèrent, tu t'endors.

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