‹ La royauté de Jésus-Christ [microforme] (volume 2)Chapitre 2 sur 2 · LE · texte numérisé non relu

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CARÊME DE 1916 Prêché à NOTRE-DAME DE MONTREAL Par

MGR LÉON - ADOLPHE LENFANT Evêque de Digne

2° Conférence, le Dimanche 19 mars

Droits réservés, Canada, 1916.

Mes très;chers frères,

Il est raconté, dans la magnifique épopée de la bienheureuse Jeanne d'Arc, qu’un jour elle osa demander au roi Charles VII son beau royaume de France; elle insista pour en avoir une donation en règle, dûment enregistrée par les notaires de la Cour; quand Charles VII, plein de confiance dans la sainte héroïne, eût accédé à son désir, lorsque Jeanne eût entre les mains l'acte officiel de dona tion, alors, mettant genou en terre, elle dit: “ Mon gentil prince, puisque le royaume de France est à moi, je vous le donne au nom du Roi du ciel et de la terre; de par Dieu, Notre-Seigneur, vous êtes roi de France!”

Ainsi fait le Sauveur du monde, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il veut être roi de VOS cœurs, de vos familles, des nations, du genre humain tout entier; nous avons vu comment et à quels titres, dans notre précédente conférence; mais si Jésus veut être ainsi roi, c’est pour tout offrir à son Père : vos Cœurs, vos familles, les nations, le genre humain tout entier. La première loi de son empire, la loi suprême à laquelle il ramène toutes les autres, c’est la loi de l’amour souverain envers son Père : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces.”

Nous verrons, dans la première partie de cette conférence, quelle est Vimportance de cette Loi

te

d'amour: importance capitale, essentielle, en notre tenps, comme en tout autre.

Nous admirerons, dans la seconde partie de cet entretien, la netteté, la splendeur, l'efficacité merveilleuse de la Loi d'amour, depuis que Jésus- Christ, fils de Dieu, l’a renouvelée et qu’il veille à son accomplissement sur cette terre.

Qu'il me soit permis d'ajouter un mot personnel, avant de développer chacune de ces deux pensées! Il y a quelques jours, l’un d’entre vous a bien voulu m’aborder, au moment où je traversais l’une de vos rues, et, sans préambule, simplement, énergiquement, en bon français, il m’a lancé’ cette petite phrase qui m’a été au cœur: “ Je vous aime beaucoup, parce que vous m'avez fait du bien Dimanche !”

Messieurs, je ne veux pas vous dire autre chose, en ce moment; ce sera avec la même simplicité, mais aussi avec la même force; moi aussi, je vous aime beaucoup parce que vous réjouissez mon âme de français et d’évêque par votre affluence, par votre sympathie grandissante, par votre fidélité admirable à l’Eglise'et à la France! soyez-en à jamais bénis ! ;

C’est une loi d'amour, la loi de l’amour le plus haut et le plus saint, la loi de l'amour envers Dieu son Père, que Notre-Seigneur Jésus-Christ met en tête de son Code royal; et précisément, par ce que c’est une loi d’un ordre très élevé, un cer-

l. ON. OR JON PT NN Sn,

+ tain nombre d’esprits, dans notre siècle d’affaires pratiques et de positivisme, seraient tentés ir penser : “ À quoi bon nous rappeler une tel?e Loi : nous ? elle concerne les âmes mystiques ; elle n’est pas faite pour le monde du travail et des résultats tangibles; notre société moderne a besoin d’autres lois; celle de l’amour envers Dieu ne l’intéresse d’aucune manière ! ”

Langage impie, mes très chers frères, et, en inèême temps, erreur grave, erreur lamentable!

Les hommes du vingtième siècle ont besoin, comme les autres, d'entendre et de pratiquer la première Loi de J ésus-Christ : “ Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute tor âme, de toutes tes forces.”

Ils en ont besoin d’abord, parce que ce sont des hommes, comme les autres; qu’ils soient nés au vingtième siècle après Jésus-Christ, plutôt qu’an vingtième siècle avant l’ère chrétienne, ils n’en ont pas moins la même nature humaine ; Or, On ne change pas la nature d’un être; on ne change pas la na’ are de l’homme qui est d’être religieux, essentiel ment religieux, pas plus qu’on ne pet modifier la nature de l’eau, du feu, ou de quelque autre élément matériel ; l’homme cherchera toujours à se mettre en rapports avec l’Infini, comme l’eau coule, . comme le feu brûle, comme le soleil éclaire; les préoccupations matérielles peuvent bien étouffer la pensée de Dieu, elles n’en détruisent pas le besoin ; l’âme humaine reste toujours la fille de Dieu; et de même que le soldat mourant sur le chzmp de bataille appelle ga mère, fut-elle comme la vôtre

au-delà Ge l’océan, à chers Canadiens des combats de l’Yser, de même instinctivement, l'âme humaine, quelle qu’elle soit, quand surgit le danger, quand viennent les grandes souffrances, ah ! surtout, quand la mort lui apparaît, avec son formidable inconnu de l’au-delà, l’âme humaine pense à Dieu, et souvent elle l’appelle à son aide, tant elle en a le besoin inné, impérieux, incoercible! oh! qui lui donnera Dieu ? :

Les hommes du XXe siècle ont besoin de Dieu, comme les autres, parce qu’ils ont un cœur d’homme, comme les autres, et que ce cœur, suivant l’admirable parole de St-Augustin, ayant été créé par Dieu et pour Dieu, ne trouve qu’en Lui la paix et le repos.

J’ajoute, les hommes du XXe siècle doivent aimer Dieu comme les autres, parce qu'eux aussi ils ont une âme à sauver; ils ont d’éternelles destinées à réaliser; ils sont en face de cette alternative qu’il n’est permis à personne d’éluder : le malheur irréparable sans Dieu ou le bonheur éternel avec Dieu! Qu’on soit l’homme d’un siècle ou d’un autre, il faut bien mourir ! O© mes frères du vingtième siècle, il faudra bien quitter comme les autres le bureau, le magasin, l'usine, le chantier, le siège de magistrat, de député, de sénateur, la villa sornptueuse ou le salon brillant que vous oc- Ccupez; il faudra bien vous aussi rendre vos comptes, puisque Dieu vous a créés libres, ét par conséquent responsables comme les autres il ftudra bien subir son jugement, vous aussi, puisque luiméme vous l’annonce, que ga parole est infaillible, et qu’il ne fait pas d'exception : Après la

ET

mort, c’est le jugement ” et à ce tribunal, nous ditil encore, il vous sera demandé compte de votre gestion à un centime près !” |

Eeureux alors, heureux serez-Vous, si vous avez mis l’amour de Dieu au premier rang de vos sollicitudes, si vous l'avez placé au-dessus de tout, si vous àe l’avez sacrifié ni aux intérêts matériels, ni au plaisir, ni aux honneurs, ni aux affections coupables. — Librement, par amour, vous avez dit : “Dieu d’abord! Dieu par dessus tout! je l’aime, je m’attache à Lui pour toujours !” c’est fait, vous avez Dieu pour l'éternité!

Malheur au contraire, trois fois malheur à l’homme assez épris de la matière pour dire: “ elle me suffit; je n’ai que faire d'aimer Dieu ! ” Ah! la matière vous suffit ! ah ! vous n’avez que faire de Dieu! eh bien! vous ne l’aurez pas! Dieu s’en va! ou plutôt, après son jugement, c’est vous qui partez! Dieu demeure, Lui! 11 demeure dans la plénitude immuable de toute vie, de toute perfection, de tout amour, de toute béatitude. Et vous, vous en allez, loin de cet Océan de bonheur, dans le feu éternel. — Recedite a me, maledicti, in ignem aeternum ! — feu dévorant, dont l’ardeur est encore dépassée par da rage de votre désespoir. — Vous voyez maintenant l’affreux néant de cette poussière, de cette boue peut-être, que vous avec préférée à Dieu ; non, non! c’est Lui, c’est Dieu que vous voulez! il est trop tard; vous n’êtes plus libre; le temps de l’é- Preuve esi passée; votre choix est irrévocable : vous n’avez pas voulu de Dieu; vous ne l’aurez pas... éternellement !

Qui oserait dire encore “ je n’ai pas besoin de ! Dieu ”? — Nous avons tous besoin de le sentir près & de nous, de l’invoquet, de Vaimer, dans les dé- | tresses de la vie présente: nous aurons besoin de % le posséder et de jouir de sa béatitude pendant M l'éternité: voilà nos deux premières réponses.

Si maintenant il se trouvait un esprit incrédule dans cet immense auditoire, et si cet esprit s’obsti- 1 naït à ne pas croire à nos ét2rnelles destinées, mal- 4 gré le témoignage même de Dieu qui nous les en- À seigne, je lui dirais d’abord: Que vous y croyiez ou non, cela est! vous pouvez nier l'existence même | du Soleil — les Kantistes vont jusque là — cela n’empêche pas le soleil de vous inonder de sa lu- k mière au moment même où vous doutez de sa lu- | mière ; de même vous pouvez ne pas croire à la justice de Dieu, cela ne l'empêche pas de suivre son À tours au moment même où vous la niez; Jésus l’a dit: “ Le ciel et la terre passeront, mais ma parole » ne passera pas!”

Allons plus loin, mes frères, et ce sera notre seconde réponse aux sceptiques endurcis qui osent mettre en doute le témoignage même de Dieu.

Quand même le précepte de l’aimer ne répondrait #i pas à un besoin essentiel de notre nature, quand ! même l’amour de Dieu ne serait pas pour nous une À question de bonheur ni de malheur éternels, je dis 4 qu’en nous plaçant au seul point de vue des intérêts de cette vie, il nous importe extrêmement 2 d’avoir une bonne Loi, une Loi de vérité, une Loi ! nette et ferme qui règle nos rapports avec Dieu et Fu nous impose de l’aimer par dessus tout. Cette Loi ! N

adrait

quänd À iS une à je dis 4 inté- :

À est plus qu'utile,. eHe est néeessaire! et pour le À prouver il. suffit d'en appeler à l'expérience des À siècles, que dis-je, aux événements mêmes les plus + ‘douloureux de l’heure présente,

© Ils nous disent donc, eux, les hommes d’affaires

à outrance, eux, les calculateurs émérites, ils nous

Ÿ disent: “En quoi l'amour de Dieu peut-il nous 4 être utile sur cette terre ? quels services précis, positifs, peut-il nous rendre ? que Dieu soit aimé {ou non ? petite question; qu'il le soit d’une ma- { nière on d'une autre! petite question ; qu’il le soit

au nom de Jésus-Christ, ou de Luther, ou de Ma-

M homet, petite question. Que chacun les tranche à #sa guise! nous n’en réussirons Pas moins dans nos

affaires; nous ne nous en porterons pas plus mal !” 2 Je vous arrûte là: c’est bien votre intérêt cepen-

Dieu n’est pas là pour

fne règne plus sur les Linterdit plus de vous

ment %

e Loi :

eu et :

e Loi

l’histoire du avant Jésusfemmes, des ore ou qu’on

égorge; des nations entières, spoliées, trainées en esclavage, livrées aux bêtes des auiphithéâtres, anéanties, des millions de chrétiens, d'êtres purs et inoffensifs, martyrisés dé toute manièré! Dites. moi, les lois humaines n'étaient donc pas là pour ‘les défendre ? Non seulement. les lois humaines ne les défendaient pas, maïs c'étaient les lois éllesmêmes qui les condamnaïént à l'esclavage, au süpplice ou à la mort, lois de Ninive, lois de BabyÏône et de Memphis, lois d'Athènes, de Carthage et de Rome; peuples et rois, transformaient leurs passions les plus honteuses, et se transformaient euxmêmes en divinités qu’il fallait adorer sous peine de mort: ah! que de ruines, de larmes, de sang aurait épargnés la Loi de l'amour envers Dieu si les peuples. de l'antiquité l'avaient connue et pratiquée! Les hommes du vingtièm2 siècle nous répondent: “ Sans doute; les peuples anciens y auraient trouvé leur profit; mais nous, nous n’en avons plus besoïn ; nous sommes des races civilisées! nos lois nous suffisent!” —— Nos jois du vingtième siècle nous suffisent ? je recourrai donc, puisque vous m’v obligez, ô mon frère qui ne voulez pas que je condamne votre: indifférence religieuse, et vous que ma voix voudrait atteindre dans ce monde des affaires. où vous leur sacrifiez Dieu lui-même et votre âme, je recourrai à des faits d’une trop brûlante actualité : Les lois humaines suffisent Pour nous Protéger au vingtième siècle, affirmezvous; je vous le demande, le diriez-vous encore si vous étiez le Pauvre Arménien, traqué comme nne bête faûve, arraché à son foyer, cruellement

SAS à VERS

martyrisé, égorgé enfin impitoyablement ? et des <entaines de mille, hommes, femmes, enfants, ont été massacrés, en ces années 1915 et 1916 ! — Ils avaient des lois humaines cependant pour les protéger! et encore, un grand vizir, un sultan! des armées! tous se sont tournés contre eux pour les anéantir! O sanglante ironie des faits! Et sans aller jusqu’à l'Orient, non, vous ne parleriez plus de la force des lois humaines, Ô vous qui récusez celles de Dieu, si vous étiez l’un de ces malheureux belges qui ont vu périr ceux-ci, leurs prêtres, ceuxlà, leurs femmes, celles-là, leurs maris, leurs enfants dans l’incendie qui a dévoré jusqu’à la dernière pierre de leur foyer! —Les lois, les traités humains, ah! ne savez-vous pas qu’à certaines heures de nécessité d'Etat, ils ne sont plus qu’un <hiffon de papier ? et quels gendarmes protecteurs enverrez-vous contre la main qui déchire le chiffon de papier, contre la main qui pille et incendie les paisibles demeures d’un pays neutre, contre la main qui tue les prêtres, les femmes, les enfants, si cette main criminelle a derrière elle, pour la défendre, des millions d'hommes, armés de fusils et de canons formidables ? :

Ab! vous ne voulez que la matière! la voilà!

terrible, organisée, monstrueuse, vomissant la mitraille, le feu, l’asphyxie, écrasant le Droit, s’em- Parant même du nom de Dieu pour en fairé V’instrument d’une ambition césarienne et le pourvoyeur de la cupidité de tout un peuple!

Sachons-le, mes très chers frères, la disparition des forces morales, le triomphe .de la matière.sur l'esprit, la victoire de l'intérêt brutal sur l’amour

ee,

de Dieu sonf le plus effroyable fléau qui puisse

jamais s’abattre sur l'humanité. pre : Et si en ce moment même, l’Europe est à feu et à sang, c’est précisément pour ignorer la loi d’amour imposée par Jésus-Christ au monde ou pour ne pas l’avoir acceptée. Re

La nécessité d’une Loi d’amour envers Dieu est écrite en lettres gigantesques à chaque page ‘de l’histoire du monde et par tn burin trempé dans des flots de sang humain. À F,

Oh! Jésus apparaissez done, parlez-nous ! nous du moins, nous saurons reconnaître, acclamer et suivre, éOûte que coûte, votre Loi d’amour.

: Le mont Sinaï est un massif d'environ deux mille mètrés de long sur mille de large; son pié le plus élevé atteint près de deux mille, cing ceñt mètres; l’un de ses dômes offre à son sommet ün Plateau presque unique: “ Du haut de cette plateforme, écrit un voyageur français, le panorama lé | Plus étendu que j'ai jamais embrassé ge déroulait : ! autour de nous: la mer Rouge et le golfe Persiquè se relitient comme deux bras à l'extrémité de lu presqu’île.. ; tne dalle immense, formée natuürellement, est indiquée comme Pendroit où Dieu appérüt à Moyse’et où les tables de la Loi lui furent données; aux pieds de cette immense tribune, $e déploie comme üne forine gigantesque, la plaine PErRatäb” He |

: C'éét là, loin du bruit des cités, dans là solitude ri désert, au milieu dés teintés, variïnt à chaque

M} dr

heure du jour, d’un splendide paysage oriental, que se fit entendre pour la première fois la voix de T''2u, demandant à son peuple de l’aimer de toute son âme et de toutes ses forces.

Jésus-Christ à renouvelé le premier commandement, mais cette fois en s’adressant au monde tout entier et en nous apportant, pour l’accomplir, des précisions et des secours de premier ordre.

11 nous a d’abord appris ce qu’est le bon Dieu; 4 le monde l’ignorait; les plus fameux philosophes ® de l'antiquité n’avaient fait que balbutier sur la } notion de Dieu et n’ay aient rien dit de sa bonté; les plus illustres orateurs n’avaient même pas essayé d’inspirer un peu d'amour pour Lui; il était vraiment pour les peuples “le Dieu inconnu ” ; les .Israélites eux-mêmes étaient divisés par la manière de l’honorer ; les Sadducéens ne lui rendaient presque plus de culte; les Pharisiens bornaient leurs hommages à quelques pratiques extérieures et légales, souvent hypocrites: c'était tout!

: Jésus-Christ parle et ’edresse aussitôt toutes les idées sur Dieu ; il fonde le culte de Dieu en esprit et en vérité; patiemment, chaque jour, il élève les esprits à la pensée d’un Dieu Providence qui veille sur les moindres détails de notre vie; “pas un chevea ne tombe de notre tête sans ga permission” Jésus nous montre Dieu ouvrant son sein pour recevoir l’âme humaine, au sortir de cette terre : Umnes vivunt ei ; nous devencns ses enfants par le saint baptême, comme Lui, Jésus, est son Fils, par nature; désormais quand vous le Prierez, nous ditil, vous devrez l’appeler “ Notre Père! que votre

Confiance n’ait point de bornes! « Demandez et

EE

vous recevrez!” — Est-ce qu’un père refuse du pain à son enfant, ou lui donne-t-il une pierre, au lieu de pain ? Voyez comme votre Père céleste a revêtu ce lys des champs, comne il nourrit les oiseaux du ciel! comment ne s’occuperait-il pas de vous qui êtes ses enfants et des Ames immortelles ? Si vous l’avez offensé, revenez à Lui, sans crainte; il est le pèrè de l'enfant prodigue, il Vaccueille, sitôt qu’il l’aperçoit, avec la plus tendre bonté ; oh! plus encore! Il vous a tant aimés qu’il m’a envoyé vers vous, qu’il m'a donné à vous, qu’il m’a laissé mourir pour vous sur un gibet d’infamie, moi, son Fils, son Unique, l'éternel objet de son amour !

Quelle puissance déjà dans l’enseignement de

Jésus-Christ pour exciter notre amour envers’ À

Dieu! Le Dieu qu’il s’agit d’aimer n’est plus le Dieu vague de rationalisme, ni le Dieu froid à" protestantisme, ni le Dieu: redoutable du Mahométisme; C’est le Dieu vivant et dsordant d'amour; c’est Dieu le Père qui a créé chacune de nos âmes et qui continue à s'occuper de nous avec la sollicitude du cœur le plus aimant; c’est Dieu le Fils qui nous a rachetés au prix de son sang et qui s’immole quotidiennement pour nous sur l'autel ; c’est Dieu le Saint-Esprit qui habite avec délices dans Pâme en état de grâces et qui travaille avec amour à la sanctifier chaque jcur davantage! Déjà, “comme notre cœur est attiré, soulevé, entraîné vers Dieu!

Jésus ne se contenie pas de nous apprendre à aimer son Père; il nous en donne la grâce et ‘ap- ! titude, si jose dire; il crée en nous un cœur filial ;

il nous envoie son Esprit pour crier en nous : Abbé ! Pater ! Père !

Puis, troisième secou :, il nous donne le signe infaillible auquel nous pourrons recounaître gi nous l’aimons, comme il convient: c’est l’accom-

{ plissement de sa sainte volonté; joindre ses mains,

4 plier les genoux, adorer Dieu le front dans la poussière, c'est bien, mais cela ne suffit pas poür lui prouver la sincérité de notre amour! non! la reli-

{ gion n’est pas seulement un rite qui s’accomplit

4 à l'église, c’est un souffle de sainteté qui doit pépétrer notre vie entière, Pour aimer Dieu vrai-

À ment, que faut-il donc ? il faut être des hommes, des femmes de devoir; le devoir, c’est la volonté

4 de Dieu sur chacun d’entre nous: il faut l’accomplir tout entier envers Lui, envers nos semblables, envers nous-mêmes, et toujours simplement, humblement; par amour pour Lui !

Jésus-Christ nous aide à monter encore plus haut; au-dessus de ses commandements, le premier 4 il nous révèle les conseils évangéliques ; l’amour

dé Dieu jusqu’au dépouillement complet de nos biens: c’est la pauvreté parfaite ; l’amour de Dieu À jusqu’au sacrifice des joies de la famille: c’est la 4 chasteté parfaite; l'amour de Dieu jusqu’au renoncement quotidien à notre volonté propre : c’est l’obéissance parfaite! # Mon fils, ma fille, vous êtes généreux; vous voulez aimer mon Père jusque là; suivez-moi!” et depuis. bientôt deux mille ans, à & chèque génération, on voit ce spectacle prodigieux 4 qui remue jusqu’au fond des entrailles: des mil-

liers et encore des milliers d’âmes s’arrachant au monde et à elles-mêmes pour suivre Jésus-Christ jusqu’au suprême témoignage d’amour envers Dieu !

Je me trompe; “ le suprême témoignage d'amour, Jésus nous l’a dit lui-même, c’est de donner sa vie pour celui qu’on aime.” Depuis que Jésus est monté sur le Calvaire pour Y mourir le premier par amour pour son Père, des millions de créatures humaines l’ont suivi jusqu’à cette cime sanglante ; à leur tour, elles ont donné leur vie pour Dieu, quels que fussent leur âge, leur sexe, leur condition, leur pays, leur siècle, des enfants comme des vieillards, d’numbles femmes ainsi que d’intrépides soldats, des servantes, des esclaves à l’égal d’illus- ‘res patriciennes, les fils du Nouveau-Monde à l’envi des fils de V'Ancien, l’Occident à l'exemple de l’Orient.

Quelles forces pour arracher l'humanité à ellemême et la jeter, toute frémissante d'amour, au pied du trône de son Père!

Et cependant, l’immense tendresse de Jésus- Christ pour son Père, trouvé encore dans les t deux moyens d’a l'infini la perfect

Le premier a notre représenta auprès le Dieu;

Lui dans nos ado

mour, dans toutes nos souffrances,

de notre pauvre amour la valeur infinie du sien; tel le roitelet, emporté sous l'aile de Vaigle, et participant à la puissance de son vol; tel encore l’atome entroîné par le mouvement des astres et prenant leur vitesse vertigineuse.

Regardez donc! quelqu'un vient de s’agenouiller' devant le tabernacle d’une église catholique. — Qui est-ce ? — Un écolier, une écolière, une jeune fille, un travailleur de l'atelier ou de l'usine qui a laissé sur le seuil l'outil de son rude labeur, ou bien quelque femme du monde dont l'élégance se cache dans le recueillement de la prière, ou encore un vieillard inclinant devant Dieu la majesté de ses cheveux blancs ? qu'importe! cette âme n’est pas seule ! elle s’est unie au divin Médiateur; Dieu ne voit plus un enfant, une jeune fille, un ouvrier, une femme du monde, un vieillard; Dieu voit son Fils, son Jésus en qui se confond et ne fait plus qu’un ce chrétien en prière, son Jésus qui donne une valeur infinie aux hommages de sa créature envers son Père; non! ce n’est plus une créature, c’est un Dieu, Dieu le fils qui adore son Père, qui rend grâces à son Père, qui répare envers son Père, qui prie son Père, qui s’offre à son Père, dans la personne de chacun de.ses fidèles; c’est l'infini devant l'infini, l'infini de l'hommage égalant l’infini de la grandeur et de la Bonté!

Voilà jusqu’à quelle hauteur Jésus-Christ & su élever le culte de l’amour envers son Père, fût-ce avec une seule âme! et maintenant, autre ingpiration de son Cœur, à la place d’une seule âme en prière dans une église catholique, considérez une

assemblée comme celle-ci, lorsque dans quelques instants, Dieu verra tous vos genoux fléchir ét touk vos fronts se courber devant Lui, représentez-vous toutes les foules qui remplissent chaque Dimanche les églises catholiques, dans tous les pays du monde; contemplez les millions de fidèles se preseant à la sainte Table, un jour de Pâques, par exemple, et s’unissant tous plus étroitement que jamais à Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour rendre

avec lui gloire à son Père ; Songez à toutes les fêtes

si belles, si touchantes, si nombreuses de l'Eglise militante, en l’honneur des saints, des anges, de la T. S. Vierge Marie, de Jésus et de ses mystères, de Dieu et de sa vie intime et qui toutes ont pour but de le faire aimer davantage ; pensez encore à la multitude des âmes qui sont au ciel, pères et mères, ouvriers, commerçants, industriels, magistrats, guerriers, hommes illustres par leur parole, par leurs écrits, par leurs œuvres, prêtres et pontifes, religieux et religieuses, héros et martyrs, apôtres, saints, élus de toutes sortes, tous sauvés par Jésus-Christ, et dites-vous que de toutes ces âmes, âmes de l'Eglise militante, âmes de l'Eglise triomphante, âmes aussi de l'Eglise souffrante, le Fils de Dieu, fait un hommage à son Père, hommage d'amour incomparable, unique, rivalisant avec les chœurs angéliques, d’élan, de force et de beauté, et vous proclamerez avec moi que le Roi de nos cœurs a réussi et que voulant renouveler la Loi d’amour envers son Père, il a su lui donner les effets les plus inattendus, les plus merveilleux, les plus ravissants, dès la vie présente et pendant l'éternité.

Lite que Lil SRE à) LS

Pour nous résumer, l’homme a besoin de Dieu, un besoin profond, universel, indestructible; or, d’un côté, partout où n’est pas Jésus-Christ le culte envers Dieu est froid, vide, cruellement insuffisant et nous le voyons time chez les peuples païens, dévier jusqu'aux erreurs les plus monstrueuses, les plus ridicules, ou les plus malfaisantes, Au contraire, où règne Jésus-Christ, le culte envers Dieu s'élève jusqu’à l’amour le plus pur, le plus généreux, le plus fécond en œuvres et en vertus de toutes sortes.

Concluons donc, premièrement: Honneur immortel à Jésus-Christ notre Roi! rendons-lui l’hommage que l’Eglise redit chaque jour dans les prières du canon de la messe : Per ipsum, cum 4p80, in ipso, est tibi Deo, Patri omnipotenti, omnis honor et gloria! — C’est par lui, c’est avec lui, c’est en Lui, Ô Dieu, Ô Père tout puissant que toute gloire vous est rendue, sur la terre comme dans les cieux! ;

Concluons, secondement : Jésus Christ, notre Roi, ayant renouvelé si admirablement pour nous la Loi du premier amour, nous devons être heureux et fiers de mettre tout notre cœur à Pobserver; prions-le chaque jour de nous apprendre de plus en plus à connaître, à aimer, à servir Dieu son Père, comme il le veut, pour le voir, le posséder, le bénir là-haut éternellement.

Enfin, troisième conclusion : sachons reconnaître et dire bien haut que les sociétés modernes ont fait fausse route en excluant Dieu de leurs préoccupations, contrairement à ia première Loi de Jésus- Christ. Non! il ne suffit pas à l'humanité de tra-

vailler pour des satisfactions matérielles ; le genre humain a autre chose à fafre aussi q1à vivre et à mourir pour l’orgueil d’un Kaiser, pour l'avenir . d’une dynastie, ou Pour les appétits d’une race #— quaerite primum regnuin Dei et alia addentur vobis. — Cherchez d’abord le règne de Dieu et le reste vous sera donné par surcroit.”

Arrière, au loin les pensées viles, les intérêts bas, les ambitions mesquines !

Pour le salut des nations comme des individus, Pour la prospérité de notre vieille race française, pour le bonheur du genre humain tout entier, place à Dieu! place à son infinie Sagesse qui sait mieux que personne où est le bonheur de l’homme! place à sa justice, place à son amour qui le veulent pour tous ! Amen !

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