INTRODUCTION
L'apieulture est une des branrhes de l'agriculture que l'on néglige trop duns notre pays.
On a pu, pendant longtemps, redouter les rigueurs du climat pour s'adonner à lu culture des abeilles, mais l'objection ne saurait tenir aujourd hui qne des expériences ont été faites non seulement dans les parties les plus tempérées du Canada, mais dans les régions où les rigueurs de l'hiver se font le plus Ilcagtemps sentir. Nour savons maintenant, que dans la partie de la province de Québec qui est exploitée, il n'est pas d« localité où l'on ne puisse créer un rucher avec toutes les chances de succès. Grace aux progrès réalisés surtout depuis vingt ans duns ln conduite des ruchers, l'apiculture est devenue une science, mais cette science ne saurait effrayer personne, car elle n'offre que des difficultés relatives pour les personnes intelligentes qui veulent faire preuve de quelque bonne volonté.
Le miel, sirop naturel, demi fluide et de saveur sucrée, qu'élaborent les abvilles et qu'elles déposent dans les alvéoles de leurs gâteaux de cire, est un produit à la fois très nutritif, très sain ei qui jouit d'une grande faveur dans toutes les failles qui peuvent s'en procurer. Il est aussi très économique, car il fuit beaucoup plus de protit que n'importe quelles confitures. Il y a donc là une source de richesse qui reste ignorée.
Les habitants des cumpagnes peuvent puiser à cette source, sans se détourner de leurs autres occupations agricoles, car la culture des abeilles ne demande que peu de travail, et n'exige au début qu'un faible capital.
me: À}
Si l'apiculture prenait tonte l'extension qu’elle peut avoir, les cultivateurs, et, par suite, les habitants des villes, les ouvriers des fabriques, auraient à leur portée une substance alimentaire saine, naturelle dont ils pourraient toujours vérifier l'origine.
Aucune occupation rurale n'est mieux à la portée de tous que la culture des abeilles et ne demande un capital plus modique. Il n'est pas besoin de beaucoup de terrain, l’espace nécessaire pour placer quelques ruches suffit, et si les abeilles du pauvre vont dans les champs du voisin riche s'enparer du nectar de ses fleurs, elles lui donnent une large compensation en fécondant celles qu’elles visitent.
Dans les pays où l’apiculture est plus dévéloppée, le
miel s'écoule très facilement et il n’est guère de produits de la ferme, s’il en est même, qui rapportent de profits plus nets ; car l'expérience nous démontre, qu'en proportion du rendement, les déboursés et la main-d'œuvre sont absolument insignifiants.
3% Le but de cet ouvrage est de mieux faire connaître l’apiculture, ses ressources, ses avantages tout aussi bien que la conduite du rucher. Il nous a fallu nous tenir dans un cadre restreint pour ne pas fatiguer le lecteur et l’apprentiapiculteur, par une série de détails très intéressants sur les abeilles, mais qui auraient pu paraitre un peu fastidieux. L'on ne trouvera 4 1e dans ce volume que ce qui est nécessaire à ceux qui veulent s’'adonner à la culture des abeilles
Comme ilest bon de profiter des résultats de l'expérience, nous devons ici reconnaître que nous avons largement puisé aux sources les plus autorisées en la matière. L'ouvrage de Dadant ‘“l'Aheille et la Ruche”, celui de Ed. Bertrand “ Conduite du Rucher ” ouvrages très complets et qui font autorité, nous ont été d'un secours précieux tout aussi
bien que les conversations que nous avons eues avec MM. L, N. Péloquin, de St. Hyacinthe, Verret et le Dr. Gauvroau de
Charlesbourg, Luce Dupuis, du village des Aulnaies, qui depuis de longues années s’adonnent avec succès à l’apiculture
et qui aujourdhui aiment d'autant plus leur travail qu'il leur
rapporte de bons bénéfices
Lest bon de mentionner ici, pour prouver les résultats que l’on peut atteindre dans notre province par la culture des abeilles, qu'aux expositions de Paris 1900 et Glasgow 1901, c'est le miel du Canada, provenant de chez M Luce Dupuis, qui a obtenu les plus hautes récompenses,
Nous pouvons donc, même en dépit de notre c'imat rigoureux, obtenir d'excellents résultats non seulement quant à la quantité, mais aussi quant à la qualité, comme on le verra quand nous parlerons de la récolte du miel.
C’est le motif qui nous a fait condenser dans un aussi petit volume que possible, ce qu'il est nécessaire de connaître et si nous pouvons, en le publiant, rendre quelques services à nos compatriotes, nous serons satisfaits du but que nous aurons atteint