MOYENS POUR EMPÊCHER L'ESSAIMAGE
Pour empêcher l'essaimage, il est indispensable de prévenir tout malaise, tout besoin,nvant quelacolonie le ressente; car nous avons remarqué que quand les abeilles ont gagné ce qu'on à nomimé avec raison la fièvre d'essaimage, il est absolument impossible de les empêcher d'essaimer, à moins que le temps ne devienne défavorable à lu production du nectur dans les fleurs.
La première condition est done d'employer des ruches présentant une surface suflisante pour loger toute la ponte de ln reine, et qui soient basses et longues pour qne le couvain ne soit pas surmonté d’une provision de miel.
La seconde condition sine qui non, c'est de donner aux abeilles des rayons vides qui soient aussi rapprochés du couvain que possible ; qui ne scient, par conséquent, séparés de lui ni par du miel ni par une planche : et d'entretenir ces rayons plus où moins vides tant que durera la récolte. Par rayons vides, nous n'entendons pas seulement de la cire
gaufrée, car quanil la récolte est abon lante, les cellules de la
cire gaufrée ne S'allongent pas assez vite ; nous voulons dire de vrais rayons, auxquels on pourra mélanger quelques cadres de cire gaufrée.
La troisième condition, c'est «le ne pas attendre que les abeilles aient besoin de ces rayons, mais de les mettre aussitôt que la principale récolte commence. On reconnaît que ce moment est arrivé, quand on voit le dessus des rayons
de la chambre à couvain blanchir par la cire neuve que les abeilles y ajoutent pour les allonger et y mettre du miel. Il vaut mieux placer les rayons de surplus trop tôt que trop tard.
Les conditions accessoires, c'est d'empêcher une trop
grande production de inâles ; entin, c'est de tenir la ruche bien ventilée, dans un endroit où elle soit à l’abri des rayons du soleil de midi, ou de l'ombrager de quelque façon, comme en plantunt une treille on des arbrissenux dont le feuillage la garantisse des rayons trop ardents, ou en la couvrant d'un
toit provisoire.
Nous employons les moyens précédents, dit Dadant, depuis de longues années et réussissons à n'avoir pas plus de deux à trois pour cent d’essaims. M. Bertran:l, directeur de la Revue Internationale d'Apiculture, à Nyon, Suisse, et M. Cowan, directeur du British Bee Journal, de Londres, ont tous deux adopté cette méthode avec les meilleurs résultats. ;
En supprimant l’essaimage naturel, on se dispense d’une surveillance très assujettissante et on évite l’affiiblissement des populations au moment de lu yrande miellée, ce qui est, comme nous l'avons déjà expliqué, d'une importance capitale au point de vue de°la récolte, principalernent dans nos contrées où la miellée est de courte durée. Il faut alors, si l'on veut augmenter le nombre de ses colonies et n’entretenir que des reines jeunes et fécondes, recourir à d’autres moyens de multiplication et d'élevage.
L’essaimage artificiel est basé sur ce principe qu’une colonie d'abeilles privée de sa reine en élève de nouvelles pour la remplace”, si elle est en possession d'eufs ou de jeunes larves d’ouvrières. Cet élevage ne peut aboutir qu'aux époques où il existe des mâles pour féconder les reines, et il ne se fera dans de bonnes conditions que s'il y à récolte au dehors, ou si les abeilles sont nourries artificiellement.
mn TU
Première manière — Voici comment peut s'y prendre le commençant pour faire un essaim : A l'époque de la grande floraison et par une belle journée, après avoir fait choix d'une forte colonie riche en Couvain, ce qui est une condition essentielle, il en cherche la reine et place le rayon qui la porte, avec les ubeilles qui le recouvrent, dans une ruche vide. Il prend un seconi rayon de couvain, mais suns les abeilles,et même un troisième si la ruche en possède plus de cinq contenant du couvain ! plus un rayon de miel : il les met à côté du premier et ferme ln ruche, sans oublier d'en claver les rayons entre deux partitions, puis il installe cette ruche à la place de celle qui vient d'être divisée.
Dans cette dernière, qu'on désigne sous le nom de souche, les rayons restants auront été rapprochés ; ceux à couvain seront groupés au centre et l’un d'eux au moins devra contenir des œufs, * Elle sera installée à un autre endroit du rucher. Ses butineuses retourneront à leur ancien emplacement et renforceront l'essai, tandis que ses jeunes abeilles, se sentant orphelines, élèveront de nouvelles reines. La colonie montrera fort peu d'activité pendant quelques jours, ayant perdu ses butineuses ; il faudra lui donner un peu d'eau dans le nourrisseur, et même du miel le soir si le temps est mauvais pendant l'élevage des larves royales. [Il est infiniment peu probable qu'elle jette un essaim, malgré son élevage (le reines, ayant en sa population considérablement réduite. Elle se refera petit à petit par l'éclosion du couvain qui lui restait lors de sa division, et du reste on pourra la renforcer plus tard en lui donnant un rayon de couvain pris dans une autre colonie.
Au lieu de luisser la ruche orpheline é!'ever des reines,
(1) On prend à la souche environ la moitié de son conuvain, comme elle perd de ses butineuses, il est nécessaire de diminuer la proportion du couvain Par rapport au nombre «les nourrices laissées pour le soigner, vu qu'elles
seront seules pour le réchauffer.
ET: ee
on peut, avec avantage, lui en présenter une sous cage le jour même de son déplacement,
L'essain devra naturellement, ainsi que la souche, être surveillé au point de vue des provisions et de l'agrandissement de l'habitation selon les besoins.
Deurième manière — Une autre méthode est celle que recommande en premier lieu le livre de M. Dadant, L'Abeille et lu Ruche de Langstroth.
Quelques jours avant l'époque hubituelle de ln sortie des essaims naturels, c'est-à-dire lorsque les ruches sont bien peuplées, on prélève toutes les abeilles d’une forte colouie ‘que nous désignons par A, et on les met dans une nouvelle ruche à la place de la souche. Celle-ci est mise elle-même À la place d'une autre bonne colonie B, qui est portée dans un nouvel emplacement
Pour faire le prélèvement des abeilles, on prend d'abord le rayon portant la reine et on le place tel quel dans la nouvelle ruche, avec quelques endres amorcés où garnis de cire gaufrée, où même avec des rayons bâtis si on en possède, Les abeilles des autres rayons sont brossées sur un drap devunt la ruche, ou secouées lorsque les rayons ne contiennent pas trop «le nectur fraîchement récolté.
Les rayons débarrassés des abeilles qu'ils portaient sont immédiatement rendus à la souche, mais il ne sera que bon d'en donner à l’essaim un contenant du miel.
Deux colonies participent ainsi à la formation d’un essaim. L'essain est très fort et la souche qui recoit les butineuses de la ruche B, reste également très peuplée.
Elle pourra bien essaimer si on lui laisse tout son couvain, mais on diminuera ce risque d'essaimage en raison de la quantité qu'on lui en ôtera, ivrs du prélèvement de ses
abeilles, pour l'ajouter à l'essaim formé.
La ruche B déplacée perd ses Lbutineuses, mais sa popu-
lation se reconstitue très Promptement par l'éclosion journalière «le son couvain.
Troisième manière — Voici entin la méthode simplifiée à laquelle M. de Layens donne lu préférence :
Dans le procédé que nous allons décrire, on se propose de faire un essaim artificiel non pas au moyen d'une seule ruche, mais en y faisant concourir deux fortes ruches.
Par ce système on obtient en définitive trois ruches dont l'ensemble, contiendra souvent autant de miel et de cire à la tin de la saison quen auraient contenu les deux ruches employées !,
Supposons que nous ayons choisi deux fortes colonies du rucher, qu’une visite préalable nous a montrées riches en couvain et en population.
Ce seront par exemple les ruches A et B, représentées dans le tableau ci-dessous. Nous aurons placé non loin de là, une